En signant en KHL durant l’été, Yohann Auvitu avait surpris son monde, et il a fait l’objet de nombreuses critiques, en particulier en Finlande. Mais après un court intermède en Russie, il n’y aura pas de retour à la case départ.
Il a joué mais il a probablement beaucoup perdu. Fin août, Yohann Auvitu signait en KHL, pour le club du Neftekhimik Nijnekamsk. Un choix surprenant car, après une brillante saison au HIFK au cours de laquelle il avait retrouvé toutes ses sensations après plusieurs années de tracas et de pépins physiques, le défenseur de l’équipe de France écartait une éventuelle prolongation de contrat dans la capitale finlandaise, pour un choix de carrière douteux. En quittant la Finlande pour rejoindre la Russie, malgré le conflit et l’invasion de l’Ukraine, il avait alors mis dans l’embarras la fédération française de hockey, prenant le risque de s’exclure des Bleus.
Mais l’expérience en KHL a tourné court, 20 matchs très exactement. Le 24 novembre, le Neftekhimik l’a alors soumis au ballotage. Les autres équipes de la ligue avaient vingt-quatre heures pour le réclamer, sous peine de le voir rétrograder en ligue mineure. Sans réponse de la part des 21 autres équipes KHL, et plutôt qu’errer en VHL, le contrat a finalement été résilié entre les deux partis. Quatre ans après avoir tenté de se faire une place à Sotchi, le défenseur tricolore de 33 ans a connu un nouvel échec en KHL, probablement sa dernière chance pour percer dans ce championnat.
Le voilà donc désormais libre comme l’air. Alors, retour en Finlande, lui qui a disputé huit saisons en Liiga ? Certainement pas au HIFK en tout cas, où il a joué quatre d’entre elles. Le directeur sportif du club phare de la capitale finlandaise, Tobias Salmelainen, a été on ne peut plus clair en réponse au journaliste de Jatkoaika sur la possibilité de rapatrier le Français : « Les joueurs qui sont allés [en Russie] en temps de guerre ont pris leur décision en toute conscience. Les joueurs, comme lui, qui ont joué en Russie, n’ont pas leur place dans notre équipe. » Message similaire de l’autre club finlandais qu’a représenté Auvitu durant sa carrière, le JYP de Jyväskyklä : « la liberté individuelle induit une forme de responsabilité. »
La Finlande, pays détenu pendant plus d’un siècle par l’empire russe, conservait, avant le début de la guerre en Ukraine, une certaine défiance vis à vis de la Russie. Depuis le conflit en Ukraine, on y trouve l’une des oppositions les plus franches, le gouvernement finlandais planchant d’ailleurs sur le projet d’ériger un mur de 200 kilomètres sur la frontière commune avec la Russie.
Yohann Auvitu, qui compte plus de 300 matchs playoffs inclus en Liiga, ne devrait donc pas rebondir en Finlande, à moins qu’un autre club ne daigne le recruter. Des clubs suédois ou suisses lui ouvriront-ils leurs portes ?