Vainqueurs d’Anglet mardi en quarts-de-finale de la coupe de France (5-2), les Brûleurs de Loups peuvent revenir sereinement aux affaires courantes de la Ligue Magnus. Depuis leur défaite à Anglet justement le 15 novembre (0-1), ils ont enchaîné quatre victoires consécutives qui leur permettent de consolider leur première place en tête de la Ligue Magnus. Une belle série qui doit continuer ce soir à Pôle Sud face aux Aigles de Nice, une équipe qui se bat pour rester dans les huit premières places qualificatives pour les play-offs. Vainqueurs successifs de Chamonix, Briançon et Amiens, les Aigles ne se sont inclinés qu’aux tirs au but dimanche face à Angers (4-5).Une belle performance qui souligne la bonne forme actuelle des Niçois. Lors de la première rencontre entre les deux équipes, les Brûleurs de Loups s’étaient imposés difficilement le 30 octobre sur la Côte d’Azur (4-3). Pour cette rencontre, Jyrki Aho a décidé de donner sa chance à deux jeunes espoirs U20 du club, Matias Bachelet et Paul Siraudin qui évoluent en quatrième ligne alors que Brent Aubin et Janne Jalasvaara sont toujours absents. Du côté niçois, Stan Sutor déplore les absences des attaquants Lucas Bonnardel et Arturs Mickevics ainsi que du portier Evan Weninger. C’est le Finlandais Conrad Mölder, arrivé il y a une semaine, qui est devant la cage niçoise ce soir.
Le jeu est très équilibré en première période avec deux équipes qui sont bien en place défensivement et ne prennent pas trop de risque offensif. La première escarmouche est à mettre au crédit des Brûleurs de Loups avec notamment une belle remise de Champagne derrière la cage pour Aurélien Dair, idéalement placé mais ses deux tentatives sont repoussées de la jambière par Mölder. Poukkula teste de nouveau le portier niçois sur un lancer suite à un engagement mais Koudri est trop juste pour reprendre le rebond. Stepanek est testé une première fois sur un lancer de Sutor. Puis c’est au tour de Fabre d’échouer une nouvelle fois sur Mölder suite à un bon service de Deschamps. Les Brûleurs de Loups mettent de plus en plus la pression sur la cage niçoise avec un nouveau lancer d’Aurélien Dair, repoussé par Mölder. Même si les Grenoblois sont les plus offensifs, Stepanek doit tout de même réaliser un double arrêt sur un lancer de Paasovaara alors que Stebih était présent au rebond. Poukkula et Mony s’accrochent le long de la bande ce qui amène une situation de quatre contre quatre.
Vainionpää prend le palet à Rouhiainen dans la zone grenobloise et prend un lancer qui heurte le poteau grenoblois. Les locaux ont été tout près de concéder l’ouverture du score alors qu’ils peinent à trouver la solution en zone offensive face à une défense compacte qui ne laisse pas de bonnes opportunités de tir aux attaquants grenoblois. Sur une belle séquence offensive, Dylan Fabre revient au centre et prend sa chance alors face à Mölder qui repousse mais une pénalité est appelée contre Stebih pour une crosse haute sur Deschamps. Avec un attaquant supplémentaire pendant l’avantage, les Grenoblois obtiennent une deuxième pénalité puisque Proux est sanctionné à son tour. A onze secondes de la fin du tiers, les Brûleurs de Loups évoluent donc en double supériorité numérique. Le délai est court pour marquer avant la pause mais suffisant puisque Joël Champagne fusille Mölder à bout portant suite à un service parfait de Deschamps à une seconde du coup de sirène (1-0, 19’59).
Il reste une pénalité à tuer aux Aigles de Nice au début de la deuxième période. Mais les Brûleurs de Loups ont du mal à installer le power-play en zone offensive. Rouhiainen prend finalement un lancer de la ligne bleue ce qui permet de positionner le jeu de puissance. Champagne prend un lancer détourné par Mölder puis Deschamps tire au-dessus de la cage après une bonne accélération en zone offensive. Le boxplay niçois tue finalement la pénalité et les Aigles peuvent souffler de retour à cinq contre cinq. Mölder parvient à bloquer le palet après une action confuse dans son slot. Les tirs se succèdent sur la cage niçoise avec Hardy qui tente sa chance à son tour. Une passe de Munoz pour Koudri semble décisive mais Mölder repousse la tentative du centre grenoblois. Finalement le portier finlandais finit par craquer sur un palet récupéré en fond de glace par Damien Fleury et remis en retrait sur Dylan Fabre qui reprend le palet à bout portant malgré la présence de Lucas Villain (2-0, 29’52). Galvanisés par ce deuxième but, les Isérois essaient d’enfoncer le clou sur une belle occasion menée par Koudri et Munoz. Les Aigles vont pourtant pouvoir souffler un peu sur une pénalité de Champagne, sanctionné pour une faute en zone offensive sur Belisle, une pénalité doublée pour cause d’incorrection envers les arbitres ce qui permet à Nice d’évoluer pendant quatre minutes en supériorité numérique.
Pourtant la première occasion est grenobloise sur une grosse accélération de Deschamps mais ce dernier ne cadre pas son tir. Les Aigles peinent à installer leur power-play pendant ces quatre minutes, se faisant régulièrement renvoyer dans leur zone. Paasovaara prend tout de même un bon lancer, bloqué en deux temps par Stepanek. Mais les quatre minutes d’infériorité sont tout de même tuées assez facilement par les hommes de Jyrki Aho. Grenoble retrouve la zone offensive à cinq contre cinq avec une reprise devant le slot de Treille bloquée par Mölder. Sur une accélération, Valtonen vient porter le danger sur la cage grenobloise mais Stepanek ferme bien son angle pour écarter le danger. Siraudin reprend à bout portant le palet sur un service de Bachelet. Mölder repousse et Flavian Dair ne parvient pas à prendre le rebond. Ce qui provoque une échauffourée entre l’attaquant grenoblois et Mathieu Mony. Les deux joueurs sont envoyés en prison. Grenoble continue de pousser en fin de tiers pour essayer d’accroître son avance et comme lors du premier tiers-temps, c’est dans les ultimes secondes que les Brûleurs de Loups finissent par marquer sur une remontée rapide du palet de Treille et Champagne : Champagne décale Treille qui dévie pour Aurélien Dair tout seul face à la cage, il marque à deux secondes de la fin du tiers (3-0, 39’58).
Ce nouveau but encaissé en toute fin de tiers fait mal aux Aigles qui se retrouvent dans une situation quasi insurmontable au début de la troisième période alors qu’ils étaient restés au contact jusqu’à présent. Ils essaient tout de même de réagir en début de période avec un lancer de Torres qui est capté de la mitaine par Stepanek. Mais les Brûleurs de Loups font ce qu’il faut pour maintenir les Niçois dans leur zone défensive en gardant le contrôle du palet. Jyrki Aho en profite pour donner un peu plus de temps de jeu à sa quatrième ligne. Mölder bloque le palet sur une déviation de Koudri. Les réactions niçoises sont sporadiques. Abramov prend un bon lancer suite à un engagement gagné en zone offensive mais Stepanek bloque le palet sans laisser de rebond. Un deux contre un entre Fleury et Deschamps aurait pu aller jusqu’au bout. Les Aigles finissent par accélérer et se montrent plus offensifs mais ils se découvrent et laissent parfois des espaces obligeant Mölder à multiplier les arrêts face à Champagne puis Rouhiainen notamment. Lamarche récupère le palet en zone offensive et file à la cage mais il subit un cinglage de Mathieu Mony au moment de tirer. Supériorité numérique pour Grenoble et sanction immédiate au bout de sept secondes : Treille remet le palet à la cage, il est dévié par Koudri ce qui surprend Mölder (4-0, 50’37).
Cette fois il n’y a plus guère de suspense dans cette rencontre, les Brûleurs de Loups déroulent au cours des dix dernières minutes alors que les Aigles n’y croient plus et subissent le jeu dans leur zone. Cela les conduit à commettre des fautes à l’image de Villain, pénalisé pour une crosse haute sur Koudri derrière la cage niçoise. Grenoble peut enchaîner avec une nouvelle supériorité numérique. Treille prend un bon lancer, repoussé par Mölder alors que le power-play est bien installé par les Brûleurs de Loups mais sans réussite cette fois. Un lancer de Crinon est bloqué par Mölder. La pénalité est tuée par Nice mais le retour à cinq contre cinq est encore plus problématique avec un nouveau but encaissé sur une inspiration de Deschamps qui passe derrière la cage et distille une passe parfaite à Fabre qui marque du revers à bout portant (5-0, 56’20). Les esprits s’échauffent suite à un lancer de Belisle bloqué par Stepanek alors que Vainionpää vient mettre un cinglage sur les bottes du gardien grenoblois. Il est envoyé en prison ce qui fait que les Niçois terminent la rencontre en infériorité numérique ce qui leur coûte un nouveau but sur un lancer de Fleury dévié par Fabre qui s’offre un triplé ce soir (6-0, 59’47).
Les Brûleurs de Loups sont montés en puissance tout au long de cette rencontre qu’ils ont dominée de bout en bout, ne concédant que 14 tirs cadrés aux Niçois sur l’ensemble du match. La supériorité numérique s’est montrée très efficace avec trois buts marqués en power-play. Mais c’est surtout le timing des buts grenoblois qui a contribué à asseoir la victoire grenobloise : un but marqué en toute fin de premier et de deuxième tiers qui ont définitivement fait basculer la rencontre du côté des Brûleurs de Loups alors que Nice parvenait à résister avec Mölder qui multipliait les exploits devant la cage. On retiendra l’excellent match de Dylan Fabre, très réaliste ce soir avec un triplé mais aussi les matchs complets de Treille et Deschamps qui continuent sur leur lancée avec 3 assistances. Stepanek obtient un blanchissage après un match très sérieux de bout en bout. Les Brûleurs de Loups ont fait le plein de confiance avant la venue des Ducs d’Angers dimanche.
Pour Nice le score est sévère même si l’équipe de Stan Sutor n’a jamais réussi à se montrer dangereuse offensivement pour inquiéter les Isérois. Mais les buts encaissés en toute fin de tiers ont fait mal au moral, un problème de concentration avant que l’indiscipline niçoise au troisième tiers ne donne plus d’ampleur au score. Mölder a tenu la baraque malgré les six buts encaissés mais il n’a guère été aidé par sa défense qui a souvent laissé des espaces aux Grenoblois près du slot. Après le bon match contre Angers, c’est un coup d’arrêt pour les Aigles qui essaieront de se reprendre face au troisième gros morceau du championnat, les Dragons de Rouen qu’ils reçoivent dimanche.
Désignés meilleurs joueurs du match : Dylan Fabre (Grenoble) et Louis Belisle (Nice)
(Photos de Philippe Crouzet et Emmanuel Giraudeaux)
Commentaires d’après-match :
Nicolas Deschamps (attaquant de Grenoble) : « C’était un match assez complet, l’avantage numérique et le désavantage numérique ont bien fonctionné. Après on ne leur donne que 14 tirs donc c’était assez compliqué pour eux, et puis on les a laissés à l’extérieur donc c’était un match complet, un peu comme le dernier, ça fait deux matchs où a le dessus pendant 60 minutes donc c’est bien pour nous. C’est une équipe qui joue un peu différemment des autres, donc il faut s’ajuster un peu à leur style de jeu, ça a pris quelques minutes mais on a pris le dessus. Gros match de tout le monde, Kouba est resté concentré, il n’y a pas eu beaucoup de tirs et après on marque 6 buts donc c’est un beau match. En supériorité numérique, ça va de mieux en mieux, je crois qu’on a trouvé nos repères et puis la confiance est là aussi donc ça aide et puis des fois c’est une juste une question d’en marquer un et après ça débloque, tant mieux ! L’important c’est d’aider l’équipe à gagner à chaque match et ce soir on a fait le boulot et les quatre lignes ont fait le boulot donc chapeau à tout le monde. C’est très compliqué de prendre un but comme ça en fin de tiers, que ce soit nous ou eux, c’est dur comme ça de revenir après avoir pris un but à une seconde puis à deux secondes. Tant mieux, on n’a pas lâché jusqu’à la fin du tiers et ça porte ses fruits donc tant mieux. Angers, ça va être un gros match, c’est une équipe qui travaille extrêmement fort, puis ils ont le meilleur avantage numérique de la ligue donc il va falloir être solide et prendre le moins de prisons possible. On les aborde comme n’importe quel autre match, il va falloir jouer notre jeu à nous et être à 100%. »
Aurélien Dair (attaquant de Grenoble) : « Je pense qu’on a fait un match de 60 minutes, on n’a pas pris de but. Défensivement ils n’ont pas eu beaucoup d’occasions. Offensivement on a mis du tempo tout de suite au premier tiers, et après en seconde période les buts sont vite venus mais c’était un match complet pendant 60 minutes, 6-0, rien à dire là-dessus. Le but à une seconde de la fin il fait du bien à la tête, pour l’équipe et il fait du mal à l’équipe de Nice qui rentre au vestiaire avec un but encaissé à une seconde de la fin, c’est vrai que c’est difficile. Mais j’étais content et on avance comme ça. On prend tous les matchs de la même manière que ce soit Angers ou Nice, on va jouer de la même manière à 100% pendant soixante minutes mais c’est vrai que ça va être un gros match, on les a tirés en coupe de France donc il va falloir gagner ces deux matchs là et je pense que ça va être un bon match dimanche avec du monde à Pôle Sud. Ce soir le power-play a marché, c’est ce qui compte. On va prendre match par match, il y a des jours où ça va pas et des jours où ça va aller mais il y a eu deux trois changements qui ont marché ce soir donc je pense que ça va rester comme ça et continuer dans la bonne voie. Défensivement, on est devenus meilleurs, on s’entraîne beaucoup plus défensivement qu’avant et on travaille plus fort défensivement si on regarde les 5-6 derniers matchs on prend 5 ou 6 buts sur 5 matchs donc il y a un bon progrès là-dessus. Je n’aime pas trop comparer avec l’année dernière, maintenant c’est une nouvelle année, c’est fait autrement mais c’est similaire et si ça réussit tant mieux. »
Louis Belisle (capitaine de Nice) : « C’est toujours difficile de venir jouer à Grenoble, on savait à quoi s’attendre mais on a fait preuve d’indiscipline, je pense que ça nous a coûté cher dans le match. Il ne faut pas donner les chances à une grosse équipe comme les Brûleurs de Loups. C’est ça qui nous a fait mal tout au long du match et puis le résultat prouve l’allure du match donc ça a été difficile. Notre plan de match c’était d’être patient, d’attendre nos chances et puis de ne pas leur laisser trop de chances et de pouvoir profiter ce qu’on allait avoir… Au premier tiers, on pensait s’en être tiré avec une période sans but et puis celui-là il fait vraiment mal et puis on en a donné un deuxième en fin de deuxième tiers, ces buts ils font toujours mal avant de rentrer au vestiaire donc ce sont des choses qu’on va devoir travailler. On affronte successivement trois belles équipes donc il faut essayer d’aller accrocher un maximum de points, contre ces équipes-là c’est toujours du bonus, ça fait toujours plaisir quand on peut le faire mais malheureusement ce soir on n’a pas été en mesure d’accrocher Grenoble mais on va essayer de se reprendre contre Rouen. A l’aller, je pense qu’on avait respecté notre plan de match à la maison, on était bien près d’accrocher des points contre Grenoble et aujourd’hui l’indiscipline nous a vraiment fait mal, je pense que ça a été ça la différence aujourd’hui. On encaisse des buts en infériorité numérique, l’indiscipline dans notre plan de match, dans notre zone défensive contre une grosse équipe avec des individualités comme Grenoble, ça fait mal, ils ont profité de leurs chances et c’est ça qui s’est passé. »
Grenoble – Nice 6-0 (1-0, 2-0, 3-0)
Vendredi 2 décembre 2022 à 20h15 à Pôle Sud. 3839 spectateurs.
Arbitrage de Laurent Garbay et Geoffrey Barcelo assistés de Eric Briolat et Clément Goncalves
Pénalités : Grenoble 11’ (2’, 9’, 0’), Nice 17’ (6’, 5’, 6’)
Tirs : Grenoble 35 (11, 11, 13), Nice 14 (4, 6, 4)
Engagements : Grenoble 29 (10, 6, 13), Nice 22 (7, 9, 6)
Évolution du score :
1-0 à 19’59 : Champagne assisté de Deschamps et Treille (double sup. num.)
2-0 à 29’52 : Fabre assisté de Fleury et Deschamps
3-0 à 39’58 : A.Dair assisté de Treille et Champagne
4-0 à 50’37 : Koudri assisté de Treille et Rouhiainen (sup. num.)
5-0 à 56’20 : Fabre assisté de Deschamps et Raymond
6-0 à 59’47 : Fabre assisté de Fleury et Hardy (sup. num.)
Grenoble
Attaquants
Dylan Fabre – Nicolas Deschamps (A) – Damien Fleury (A)
Sacha Treille – Joël Champagne (C) (4’) – Aurélien Dair
Markus Poukkula (2’) – Adel Koudri – Julien Munoz
Flavian Dair (5’) – Matias Bachelet – Paul Siraudin
Défenseurs :
Bobby Raymond – Jere Rouhiainen
Kyle Hardy – Maxim Lamarche
Pierre Crinon – Lucien Onno
Gardien :
Jakub Stepanek
Remplaçant : Raphaël Garnier (G). Absents : Janne Jalasvaara (genou), Brent Aubin (blessé), Timothée Quattrone, Alexandre Pascal.
Nice
Attaquants :
Samuli Vainionpää (2’) – Eetu Paasovaara – Julius Valtonen
Ondrej Kopta (A) – Mikael Kuronen – Norbert Abramov
Daniel Babka – Hugo Proux (2’) – Kais Faure-Brac
Antoine Torres – Alexis Sutor
Défenseurs :
Jérémie Penz – Mathieu Mony (9’)
Yevgeni Nogachyov – Louis Belisle (C)
Miha Stebih (A) (2’) – Lucas Villain (2’)
Gardien :
Conrad Mölder
Remplaçant : Isaac Charpentier (G). Absents: Lucas Bonnardel, Arturs Mickevics, Evan Weninger.