Dans le derby des plaines, les Rouennais ont imposé leur loi sur leur glace de l’île Lacroix. Si les Picards ont ouvert les hostilités – comme le font souvent les visiteurs à Péchalat cette saison – par un but malicieux de Pierre-Olivier Morin, les troupes de Fabrice Lhenry furent déterminées, travaillant fort pour renverser la situation. À force de sape, de méthode et d’échec avant, ils ont d’abord passé 2 buts de Christophe Boivin à leur meilleur ennemi.
Ci dessous : la galerie photo : Rouen – Amiens du Vendredi 2 décembre 2022
Dans un match exigeant et rugueux voire féroce, qui a malheureusement fait deux blessés (Cantagallo à 12’40 et Plagnat à 20’00), Dragons et Gothiques ne se sont pas cachés. Les pensionnaires de l’île Lacroix ont poursuivi leurs efforts tout au long du match. À la faveur de bonnes combinaisons en équipe spéciales, ils ont contrôlé les répliques de visiteurs volontaires, mais peu organisés en attaque. Les coéquipiers de Loïc Lampérier ont été efficaces en infériorité numérique, ne craquant qu’une seule fois en 6 jeux à quatre contre cinq et ils ont été productifs en avantage d’un homme, à 3 reprises sur 10 possibilités. La partie a donc été hachée par des arbitres qui ont souvent dû expliquer leurs dissemblables sifflements.
La curiosité était de mise pour « Le » match de l’année entre Rouen et Amiens. Entre des locaux désireux de rester au contact des gros (Grenoble et Angers) et des visiteurs enclins à démontrer qu’ils méritent mieux que leur huitième place actuelle, le scénario n’était pas aisé. Les Normands ont déploré l’absence d’Aleksi Elorinne, malade, remplacé par Tournier, pendant que leur gardien, Matija Pintaric, faisait son retour sur la feuille de match, mais seulement comme suppléant de Caubet. Bastien Maïa apporte ses qualités au trio de Roman, orphelin d’ailier dominant sur sa ligne.
Chez les Picards, la liste des absents est beaucoup plus longue. Buysse, Bault et Baazzi manquent toujours à l’appel, tandis que le manège des étrangers surnuméraires propose, aux ailes, Tiala et Desbiens en lieu et place de Rajamäki et Bouchard. Malgré tout, la profondeur de banc des Nordistes est assez conséquente pour qu’ils évoluent à quatre lignes homogènes mais sans trio majeur.
Christophe Boivin et Rolands Vigners ont marqué chacun deux gros buts ! L’ailier gauche a mis à profit un bon travail de pressing, le long des balustrades, de Mallet et de Beauchemin, provoquant un revirement qui permettait à Boivin d’égaliser, du revers, juste avant la première pause (1-1 à 18’59). C’est encore un gros échec-avant d’Alexandre Mallet, dans la bande, qui a permis à Boivin, de nouveau démarqué dans le haut du slot, d’agir avec une vitesse d’exécution idéale, et de propulser son équipe sur de bons rails, le tout en moins de sept minutes (2-1 à 25’19).
En moins de deux minutes, Rolands Vigners, dans deux attaques installées, a profité de deux passes de Kelsey Tessier pour toucher deux fois les filets en supériorité numérique. La première du joueur de centre a mis le couvert, traversant le carré adverse pour être déviée au second poteau par Vigners (3-1 à 26’40). La seconde, partie du bureau de Gretzky, a été frappée de volée par le Letton au centre du cercle gauche (4-1 à 28’30). Rolands Vigners rentre ainsi dans le cercle des 13 buteurs à avoir inscrit au moins 10 buts en ligue Magnus !
Alexandre Mallet, encore dense et prépondérant ce soir, a parachevée son œuvre, l’agonie des Gothiques. Installé dans une attaque à cinq, l’ailier a marqué dans un filet ouvert à la suite d’une passe devant le but de Beauchemin (5-2 à 46’36). Avec, trois points inscrits, comme Mallet, le joueur de centre a été lui aussi productif et conserve, moyennant 33 points, sa position de meilleur pointeur de la ligue.
Là-dedans, les Amiénois ont existé pendant 10 petites minutes en fin de deuxième tiers. Ils auraient pu semer le doute dans l’esprit des Rouennais au premier tiers, lorsqu’ils ont ouvert le score par Morin sur la gauche du but, se servant du dos de Caubet pour ricocher un palet dans les filets du RHE (0-1 à 16’06). Mais ouvrir le score sur l’île Lacroix n’est pas une garantie. Tant de valeureux visiteurs l’ont réussi mais sont retournés chez eux bredouilles. Le AHE n’a, par contre, pas volé son second but acquis au terme de son seul moment fort. Simonsen, sollicité à gauche, en attaque placée à cinq contre quatre a profité que Tonin Caubet avait perdu le palet des yeux, pour réduire la marque à ras la glace (4-2 à 39’21).
Jusqu’ici le portier seino-marin avait bien fait en frustrant les Samariens de leurs tentatives dans cet exercice. Ainsi, il avait repoussé Lopachuk (7’13), Simonsen (8’16) et Sabatier (21’08) pendant leurs essais à cinq-contre-quatre. Tonin Caubet a brillé sur les à-coups du moteur 4 cylindres picard. Devant Tiala (17’59 & 30’47), Jago (35’58) et Ruel (36’38). La recrue basque a surtout volé un but à Simonsen en écartant, d’un réflexe de la jambière, un lancer du désormais co-meilleur buteur d’en face (34’33).
Alors oui, telle la cavalerie qui arrive toujours après la bataille, l’armée gothique, indisciplinée, a caché ses insuffisances sous un gros tapis d’ardeur quand tout était perdu. Dans le dernier tiers, très tendu, après la foire d’empoignes, conduisant aux expulsions de Charlie Dodero (récent papa) et Tiala, juste avant la seconde pause. Tonin Caubet a continuité de transformer l’afterwork des patineurs des bords de Somme en black Friday. Alors qu’il n’avait plus devant lui que trois défenseurs de métier pour le protéger, contraignant Tessier à jouer arrière droit, il a dominé West à deux reprises (40’15 & 45’16). Ensuite, Desbiens (49’35), Lindroos (49’46 & 57’45), Sabatier (55’19) et Bruche (56’47) n’ont pas trouvé, non plus, de solution face à l’apprenti groom. « Leur meilleur atout. » qu’ils s’exclamaient !
Son vis-à-vis Victor Bodin, très sollicité sur 47 tirs cadrés, a été sérieux. Il a barré la route à Boivin (0’08 & 0’40) dans les premières secondes. Si le natif de Singapour n’a pas été décisif, il faut mettre à son crédit qu’il a retardé l’échéance et restreint l’ampleur du score devant Bedin (3’23 & 20’55), Tessier (14’08, 32’46 & 59’33), Mallet (28’52 & 57’01), Vigners (29’29, 32’28 & 47’11), Tomasino (52’16), et Lampérier (58’33).
Rolands Vigners a beaucoup produit (2 buts). Le Letton a été courageux, ne reculant pas devant le colosse Gibb, qu’il lui a fallu affronter aux poings le moment venu. Mais l’attaquant a été maudit en étant puni de deux prisons alors qu’il n’était pas coupable. Sur sa seconde pénalité injustifiée, le Letton n’était même pas sur la glace. Ulysse Tournier lui doit un verre sur l’autre.
Nous avons été étonnés du moment choisi par Mortas pour prendre son temps mort, après un faible écart, alors que ses hommes tiraient de l’arrière que de deux buts (3-1 à 26’40). Mais surtout à l’endroit situé après un but encaissé en infériorité qui pouvait être compréhensible ? Un moment choisi (en toute lucidité ?) comme si le coach ne faisait pas confiance au caractère de son équipe pour rebondir. De même, nous avons pu être frappés qu’Amiens ait changé le plan de match qui lui avait permis de revenir à deux buts d’écart en fin de période du milieu. Au dernier acte, les visiteurs ont effectivement relevé leur agressivité d’un cran, durs sur l’homme, comme si leur PK dominait. Que les Gothiques alignent autant de défaites ne peut être le fruit que du hasard.
En remportant un troisième derby d’affilée, Rouen assure sa position derrière Grenoble, tandis que les Picards, parmi la meute des potentiels candidats aux dernières places qualificatives, restent en dessous de Nice, galvaudent des points sur Bordeaux, échangent leur huitième place au profit de Mulhouse et cela même alors que leur avance comptable sur Anglet n’est pas tant assurée !
Rouen – Amiens 5-2 (1-1, 3-1, 1-0)
Vendredi 2 décembre 2022 à 20h00 à la patinoire Nathalie Pechalat.
Arbitres : MM. Furet et Fabre assistés de MM. Laboulais et Collin.
Pénalités : Rouen 72’ (4′, 6+ 2×5 +25’, 2+5+20’) ; Amiens 78′ (4′, 8+ 3×5 +20’, 6+5+20’)
Tirs : Rouen 47 (18, 14, 15) ; Amiens 37 (14, 13, 10)
Supériorités : Rouen 3/10, Amiens 1/6
Évolution du score :
0-1 à 16’06 Morin assisté de Simonsen et Leclerc
1-1 à 18’59 Boivin assisté de Beauchemin et Mallet
2-1 à 25’19 Boivin assisté de Mallet et Beauchemin
3-1 à 26’40 Vigners assisté de Tessier et Roman (sup.num.)
4-1 à 28’30 Vigners assisté de Tessier et Roman (sup.num.)
4-2 à 39’21 Simonsen assisté de Bruche et Lindroos (sup.num.)
5-2 à 46’36 Mallet assisté de Beauchemin et Lampérier (sup.num.)
Rouen
Attaquants :
Christophe Boivin – François Beauchemin – Alexandre Mallet
Loïc Lampérier (C) – Kelsey Tessier (A) – Rolands Vigners
Bastien Maïa – Ondrej Roman – Vincent Nesa
Joris Bedin – Kaylian Leborgne – Quentin Tomasino
Arrières :
Dylan Yeo – Charlie Dodero
Sacha Guimond – Enzo Cantagallo (sorti à 12’40)
Florian Chakiachvili (A) – Ulysse Tournier
Gardien :
Tonin Caubet (35 arrêts)
Remplaçant : Matija Pintaric (G). Absent : Aleksi Elorinne (malade).
Amiens
Attaquants :
Tomas Simonsen – Pierre-Olivier Morin – Ilies Djemel
Stanislav Lopachuk – Joe West – Florian Sabatier (C)
Baptiste Bruche – Teemu Siironen – Antonin Plagnat (A) (sorti à 20’00)
Taavi Tiala (A) – Nicolas Ruel – Jonathan Desbiens
Arrières :
Aku Alho – Dan Gibb
Tanner Jago – Alex Lindroos
Guillaume Roussel (puis Gibb à 40’00) – Nicolas Leclerc
Gardien :
Victor Bodin (42 arrêts)
Remplaçant : Benoît Demazier (G). Absents : Henri-Corentin Buysse, Tuukka Rajamäki, Danick Bouchard, Aziz Baazzi et Romain Bault.