La semaine a débuté par deux mauvaises nouvelles pour la Finlande. Blessé en amical contre la Suède, Iiro Pakarinen a déclaré forfait pour le championnat du monde. L’arrivée programmée du buteur de NHL Patrik Laine est également devenu incertaine, il doit passer des examens et on en saura plus au cours du week-end. Mais il a largement été éclipsé par les deux renforts sortis du premier tour des play-offs NHL : le jeune talent Kaapo Kakko et surtout la superstar Mikko Rantanen, qui a conduit l’Avalanche du Colorado à la Coupe Stanley l’an passé et qui a mis la bagatelle de… 62 buts cette saison, dont 7 en 7 matches des play-offs !
Les Tchèques sont envieux. Ils comptent également sur un joueur des Rangers de New York, Filip Chytil, qui débarque ce vendredi. Mais ils espéraient surtout bénéficier eux aussi de leur meilleur joueur David Pastrnak, qui a toujours répondu présent pour la sélection. Mais la presse a commencé à expliquer qu’un problème personnel pourrait expliquer un refus cette fois. Le staff a confirmé que « Pasta » ne viendrait pas, mais l’a justifié par son état de santé. On se doutait qu’il en serait de même pour l’autre David, Krejci, qui a manqué des matches de play-offs sur blessure. Tomas Nosek a une opération de nez et le dédain de Pavel Zacha pour l’équipe nationale est entré dans les mœurs. De la colonie tchèque de Boston, un seul joueur – Jakub Zboril – sera donc au Mondial… sous réserve. « Juste parce qu’il joue en NHL, cela ne signifie pas qu’il a son billet assuré pour Riga », a prévenu le manager Martin Havlat. Il devrait jouer samedi et dimanche pour gagner sa place. La venue de ce jeune défenseur a en tout cas déjà coûté sa place à un autre, Radek Kucerik, que Kari Jalonen a prévenu jeudi matin qu’il faudrait faire ses valises.
On a appris un autre départ dans l’après-midi, bien plus définitif malheureusement : le match du soir entre Finlande et Tchéquie débute donc par une minute de silence en hommage à l’ex-international tchécoslovaque Petr Klima, décédé soudainement à 58 ans.
Le gardien Karol Vejmelka (Arizona Coyotes) joue pour la première fois un match avec la sélection nationale à Brno, ville où il a passé de longues années pour le club local, le Kometa. Les Tchèques ont trois avantages numériques lors du premier tiers mais n’arrivent pas à battre un solide Emil Larmi dans les cages. La Finlande est plus réaliste sur une contre-attaque avant la pause quand Harri Pesonen reprend la passe en retrait de Kasperi Kapanen, sous les bottes de Vejmelka (1-0).
Hormis ce duo Pesonen-Kapanen qui affiche une belle complémentarité, la Finlande est toujours en rodage. Valtteri Kemiläinen, champion olympique en balance pour un des postes en défense, n’aide pas sa cause avec une passe aveugle dans sa zone défensive qui offre le palet à Filip Chlapík. Celui-ci tire en pleine poitrine du gardien finlandais. Peu après, l’attaquant de Détroit, Dominik Kubalík, se présente lui aussi en face-à-face avec Larmi, sans arriver à envoyer le palet au premier poteau.
À dix minutes de la fin, c’est Ronald Knot qui trouve enfin la faille sur une belle passe de Kubalík. Arrivé sur le côté droit du but, le défenseur lève précisément le palet dans la lucarne proche pour son premier but en équipe nationale. C’est en revanche le but numéro 50 en sélection tchèque pour Roman Červenka (un de plus que Jágr) : le capitaine a encore à 37 ans assez de vitesse pour s’échapper dans le dos de Kemiläinen (encore pris à défaut), faire se coucher le gardien et marquer du revers (1-2, photo ci-dessous).
À deux minutes de la fin, Kasperi Kapanen part en prison pour accrochage et les Tchèques n’ont donc plus qu’à gérer avec un but d’avance et un homme de plus. Le vétéran Červenka a alors le mauvais réflexe d’accrocher une crosse finlandaise pour faciliter la vie à son coéquipier Kubalík. Cette pénalité à 32 secondes de la fin remet les équipes à 4 contre 4. Jukka Jalonen peut donc sortir son gardien pour provoquer une supériorité numérique. Dans la mêlée de joueurs qui lutte pour un rebond dans l’enclave, c’est Mikael Ruohomaa qui propulse le palet au fond des filets. En prolongation, c’est encore Ruohomaa qui masque le gardien sur le tir gagnant à mi-distance de Pesonen (3-2).
Désignés joueurs du match : Emil Larmi pour la Finlande et Karol Vejmelka pour la Tchéquie.
Commentaires d’après-match :
Kari Jalonen (entraîneur de la Tchéquie) : « Avant tout, je voudrais que nous avions tous besoin de ce match. Le rythme et tout le reste, c’était un niveau complètement différent que contre l’Autriche. J’ai vu des progrès tout au long du match, en troisième période nous jouions vraiment bien. Mais dans les deux dernières minutes, nous n’avons pas été assez intelligents. »
Karol Vejmelka (gardien de la Tchéquie) : « C’est différent de l’entraînement. J’ai besoin de ce match pour prendre le rythme et être en situation de match. Je dois en tirer un bilan négatif, nous n’avons pas réussi à conclure. Nous avons commis une faute et nos adversaires nous ont punis. J’ai vu le palet tard sur le deuxième but, et pas du tout sur le troisième. Mais je me suis senti bien, tant physiquement que dans le jeu. La coopération avec les gars a fonctionné. Cela m’a redonné la chair de foule d’entendre les fans de Brno. Il y avait toute ma famille plus d’autres connaissances, 15 personnes au total. C’était un excellent test. La Finlande a une équipe de qualité chaque année. C’est bien d’avoir été compétitifs et même meilleurs sur certaines parties du match. C’est positif. »
(photos Jan Beneš, Český hokej)
Finlande – Tchéquie 3-2 après prolongation (1-0, 0-0, 1-2, 1-0)
Jeudi 4 mai 2023 à 18h20 à Brno. 5417 spectateurs.
Arbitres : Miroslav Štolc (SVK) et Michaël Tscherrig (SUI) assistés de Daniel Hynek et Jiří Ondráček (TCH).
Pénalités : Finlande 12′ (6′, 2′, 4′, 0′) ; Tchéquie 8′ (2′, 4′, 2′, 0′).
Tirs : Finlande 26 (11, 9, 4, 2) ; Tchéquie 36 (10, 15, 9, 2).
Évolution du score :
1-0 à 17’58 : H. Pesonen assisté de K. Kapanen
1-1 à 48’24 : Knot assisté de Kubalík
1-2 à 55’21 : Červenka assisté de Kubalík
2-2 à 59’37 : Ruohomaa assisté de Merelä et Manninen
3-2 à 62’12 : H. Pesonen assisté de Määttä
Finlande
Attaquants :
Markus Granlund – Sakari Manninen (2′) – Waltteri Merelä
Harri Pesonen (+2) – Antti Suomela (+1) – Kasperi Kapanen (+1, 2′)
Juho Lammikko (-1) – Mikael Ruohomaa (+1) – Joel Armia (-1, 2′)
Ahti Oksanen (2′) – Hannes Björninen (2′) – Marko Anttila (C)
Défenseurs :
Mikko Lehtonen – Atte Ohtamaa (A)
Olli Määttä (A, +1) – Valtteri Kemiläinen (-1)
Mikael Seppälä – Ville Pokka
Niklas Friman – Miika Koivisto (2′)
Gardien :
Emil Larmi [sorti de 58’58 à 59’37]
Remplaçant : Christian Heljanko (G). En tribune : Jussi Olkinuora (G), Nikola Matinpalo, Juuso Riikola, Petteri Lindbohm (D), Teemu Hartikainen, Toni Rajala, Jere Sallinen (A).
Tchéquie
Attaquants :
Roman Červenka (C, +1, 4′) – Michael Špaček – Dominik Kubalík (+1, 2′)
David Tomášek (-1) – Vladimír Sobotka (A, -2) – Jiří Smejkal (-1)
Tomáš Hyka – Lukáš Sedlák – Filip Chlapík
Martin Kaut (2′) – Jiří Černoch (-1) – Jakub Flek
Défenseurs :
Tomáš Kundrátek (+1) – Michal Kempný (+1)
Michal Jordán (A, -2) – Jan Ščotka (-1)
Jan Košťálek – Tomáš Dvořák (-1)
Ronald Knot – Jakub Jeřábek (+1)
Gardien :
Karel Vejmelka
Remplaçants : Šimon Hrubec (G), Daniel Voženílek (A). En tribune : Marek Langhamer (G), David Němeček, David Jiříček, Jakub Zbořil (D), Ondřej Beránek, Hynek Zohorna, Michal Kovařčík, Radan Lenc, Roman Horák (A).