Déjà impressionnante face à la Slovénie avec un 7-0 dont 4 buts en supériorité numérique, la Nati a désormais la vision définitive sur son équipe. Kevin Fiala fait le voyage ce week-end et jouera mardi, Künzle ayant donc déjà fait ses valises pour rentrer en Suisse. Deux joueurs des Devils du New Jersey, Nico Hischier et Jonas Siegenthaler, suivront et complèteront ainsi un effectif capable d’aller très haut. L’examen médical du jeune gardien Akira Schmid a en revanche révélé une blessure. C’est donc bien Joren van Pottelberghe qui a été le troisième gardien déclaré dans l’équipe suisse, mais il reste quand même en tribune. Patrick Fischer continue en effet de faire confiance aux remparts d’expérience. Après le blanchissage de Genoni hier, Robert Mayer, champion avec Genève-Servette, obtient sa chance… lui qui avait vécu la dernière défaite suisse face à la Norvège en 2016 !
C’est la preuve que les deux équipes ont évolué en sept ans. La Suisse a progressé, la Norvège a vu ses cadres raccrocher ou vieillir. Tout ce que risque Robert Mayer dans ce début du match, c’est de prendre froid… Le seul point noir pour la Nati arrive lors d’un 2 contre 1 sur lequel la passe de Christoph Bertschy est contrée par la crosse de Kåsastul. Calvin Thürkauf ne reçoit donc pas le palet… mais part en déséquilibre arrière et s’écrase en plein élan contre la balustrade. Il quitte la glace, blessé à l’épaule dès sa première présence.
Cette perte n’empêche pas la Suisse, réduite à onze attaquants, de dominer largement. Elle ouvre logiquement le score quand Dario Simion reprend à mi-distance une passe de derrière la cage de Marco Miranda (0-1, image ci-dessous).
Un second but part du même endroit, avec une passe levée de derrière le but de Denis Malgin reprise directement par Janis Moser. Pourtant, Tobias Johansson utilise son challenge en demandant de vérifier une interférence d’Anders Ambühl sur le gardien, pas évidente de prime abord. Le patin du doyen suisse touche bien Arntzen et le but est invalidé. On voit le coach de la Norvège, grand sourire, dire quelques mots à son poignet pour remercier son équipe vidéo avec qui il communique à distance. Cette vidéo ne fait que retarder une échéance inévitable, tant les vagues rouges se succèdent à un rythme constant. Le défenseur Andreas Glauser, qui n’hésite pas à porter le danger à la cage dans ce match, trouve une lucarne parfaite sur un palet laissé en retrait du revers par Miranda. Le score est donc bien de 0-2 à la pause.
La Norvège est inexistante et fait encore moins le poids que la Slovénie. Seul Arntzen empêche encore le troisième but quand Gaëtan Haas dribble Kåsastul à cinq mètres de but. Le compteur de tirs affiche 1 à 18 en début de deuxième période, une comparaison humiliante alors que les Scandinaves n’ont pas eu la moindre infériorité numérique. C’est paradoxalement en tuant leur première pénalité, une crosse haute de Kåsastul, qu’ils semblent enfin entrer dans leur match. Ils passent ensuite plus de temps en zone offensive, notamment par la ligne de Hoff et des frères Salsten, et provoquent des fautes helvètes : la crosse de Michael Fora monte au visage de Håvard Salsten, puis Fabrice Herzog pousse Olsen dans la bande. La Suisse joue donc à 3 contre 5 pour 28 secondes. Enzo Corvi gagne cet engagement-clé puis dégage le palet. Le temps fort norvégien est donc géré sans mal par les rouges qui gardent le contrôle. Nørstebø est même pénalisé à la sirène pour avoir retenu Senteler.
Néanmoins, la Nati a perdu son rythme initial et devient franchement complaisante. Lors de la supériorité numérique suisse du début du troisième tiers-temps, Ken Andre Olimb vole le palet à Dean Kukan et le donne dans l’axe à Mathias Trettenes, dont le lancer prend la direction de la lucarne… et touche l’intérieur du poteau. Il s’en est fallu de quelques centimètres que la Suisse subisse une punition méritée pour avoir trop manifestement levé le pied.
Même si Ambühl obtient pour la seconde fois une pénalité adverse (il est retenu par Lilleberg), le jeu de puissance suisse est décevant, loin du niveau d’hier. Et la production offensive à 5 contre 5, très satisfaisante pendant une moitié de match, s’est aussi éteinte. Bien organisée défensivement, jusqu’à l’ennui, la Nati ne fait plus qu’attendre les contre-attaques. Elle obtient un 2 contre 1 et Miranda décale Haas, mais Jonas Arntzen referme la mitaine sur ce tir. Tobias Johansson sort son gardien à trois minutes de la fin, mais la Suisse ressort le palet et Nino Niederreiter conclut en cage vide (0-3).
À la fin du premier week-end de championnat du monde, la Norvège a donc 0 point – et la France en a 3 dans son duel à distance au classement IIHF. Mais l’équipe scandinave est loin de penser à la localisation d’un tournoi de qualification olympique. Elle tremble surtout pour son maintien avant un match décisif face à la Slovénie mardi. Tobias Johansson devra choisir son gardien : Jonas Arntzen a fait un bon match ce soir, même s’il n’a jamais gagné une rencontre de championnat du monde. Peu convaincant hier, Haukeland a sans doute l’avantage de l’expérience.
La dernière fois que la Suisse avait obtenu deux blanchissages au début de championnat du monde, c’était en 1939… et elle avait fini avec la médaille de bronze. Elle espère même mieux cette année. Mais pour qu’une équipe puisse vraiment se considérer comme une prétendante au titre, elle ne peut pas se contenter de jouer une moitié de match.
Désignés joueurs du match : Emil Lilleberg pour la Norvège et Andrea Glauser pour la Suisse.
Commentaires d’après-match :
Jonas Arntzen (gardien de la Norvège) : « Nous devons être plus effrontés, nous devons essayer de jouer plus dur. Nous avions peur au début, nous devons jouer notre style de jeu. Nous avons essayé, nous avons sorti notre gardien à la fin. Nous pouvons jouer contre les meilleures équipes, c’est ce qu’il faut retenir. »
Patrick Fischer (entraîneur de la Suisse) : « Nous avons méga bien démarré, les Norvégiens n’ont pas vu le jour et nous aurions pu mener 3 ou 4-0. Nous les avons dominés physiquement et nous étions aussi meilleurs en patinage. Quand tu as un match sous contrôle, tu essaies un peu trop de choses. Nous avons perdu des palets, pris des pénalités et perdu le fil. Mais le boxplay a méga bien joué, ils ont eu peu d’occasions. Au dernier tiers, nous sommes revenus à notre jeu, rien de spectaculaire. Je suis satisfait. Nous avons le luxe d’avoir de très bons gardiens, Mayer aussi a été à la hauteur aujourd’hui. Nous n’avons pas de diagnostic définitif sur Thürkauf, c’est une lourde perte pour nous, un joueur extrêmement important. Sa ligne avec Richard et Bertschy fonctionnait bien mais ça ouvre la chance à d’autres joueurs. »
Dario Simion (attaquant de la Suisse) : « Tout le monde s’engage à défendre, même les attaquants. Nous avons eu un excellent tournoi la semaine dernière à l’Euro Hockey tour, qui a donné beaucoup de confiance à l’intérieur de l’équipe. Mais nous ne sommes pas satisfaits de notre seconde partie de match, nous devons mieux jouer. »
Norvège – Suisse 0-3 (0-2, 0-0, 0-1)
Dimanche 14 mai 2023 à 16h20 à l’Arena Riga. 3232 spectateurs.
Arbitres : Jan Hribik (TCH) et Liam Sewell (GBR) assistés de Nick Briganti (USA) et Daniel Hynek (FIN).
Pénalités : Norvège 10′ (0′, 4′, 6′) ; Suisse 14′ (2′, 6′, 6′).
Tirs : Norvège 14 (1, 11, 2) ; Suisse 26 (12, 9, 5).
Évolution du score :
0-1 à 08’13 : Simion assisté de Miranda et Glauser
0-2 à 19’28 : Glauser assisté de Miranda et Simion
0-3 à 57’46 : Niederreiter assisté de Bertschy et Richard (cage vide)
Norvège
Attaquants :
Thomas Berg-Paulsen (-1) – Markus Vikingstad (-1) – Thomas Olsen (-2)
Eirik Salsten – Håvard Salsten – Ludvig Hoff
Sondre Olden (-1) – Mathias Trettenes (A, -2) – Andreas Martinsen (-1, 2′)
Michael Haga (-1) – Ken André Olimb (C, -1) – Philip Granath (-1)
Défenseurs :
Emil Martinsen Lilleberg (2′) – Mattias Nørstebø (-1, 2′)
Johannes Johanessen (A, -1) – Ole Julian Bjørgvik-Holm (-1)
Ole Einar Andersen Max Krogdahl (-1, 2′) – Christian Kåsastul (-1, 2′)
Isak Hansen [3 présences]
Gardien :
Jonas Arntzen [sorti de 57’15 à 57’46]
Remplaçants : Henrik Haukeland (G), Petter Vesterheim (A). Réserviste : Tobias Normann (G).
Suisse
Attaquants :
Nino Niederreiter (C, +1) – Enzo Corvi – Fabrice Herzog (2′)
Sven Senteler – Denis Malgin (2′) – Andres Ambühl (A)
Marco Miranda (+2) – Gaëtan Haas (+2) – Dario Simion (+2)
Calvin Thürkauf – Tanner Richard (+1, 2′) – Christoph Bertschy (+1)
Défenseurs :
Christian Marti (A) – Dean Kukan (2′)
Janis Moser (+2, 2′) – Andrea Glauser (+2)
Tobias Geisser (2′) – Romain Loeffel (+1)
Michael Fora (+1, 2′)
Gardien :
Robert Mayer
Remplacant : Leonardo Genoni (G). Réserviste : Joren van Pottelberghe (G).