En queue de classement, les Boxers de Bordeaux n’ont toujours pas remporté de victoire en temps règlementaire cette saison. Après des défaites inaugurales, dont une cuisante à domicile face à Nice, les Bordelais voient du mieux depuis leur succès aux tirs au but à Anglet. Malgré tout, il faut sortir du bas de tableau et enchaîner, tant dans le jeu que comptablement.
Les années précédentes, la réception des Diables rouges aurait été une aubaine, et l’occasion de se refaire la cerise. Mais en ce début de saison, le profil de l’équipe n’est plus du tout comme les années précédentes. Briançon est une formation un peu plus solide, et malgré ses cinq défaites, elle est plus compétitive et donne du fil à retordre à tout le monde.
Round d’observation
On sent du coup deux équipes prudentes sur le début de match, avec des Bordelais qui dominent mais qui se font contrer de manière assez saignante par des visiteurs prêts à jouer tous les coups qui leur seront donnés. Quentin Papillon est le premier alerté mais reste solide, malgré un 2 contre 1 bien sorti, ou ce palet sauvé par le poteau sur un rebond laissé. Frissons dans les travées de Mériadeck.
Les locaux tentent bien de faire circuler le palet pour se mettre en bonne position, mais manquent de précision dans le dernier geste, et tergiversent même parfois. La passe de trop est de mise, et lorsqu’ils parviennent enfin à frapper, c’est Jan Brož qui s’interpose, notamment devant Nikita Jevpalovs, ou CD Beaudoin qui venait de derrière la cage.
La fin du tiers est un peu plus enlevée, Nils Carnbäck nous gratifie d’un petit slalom dans la défense bordelaise mais bute sur Papillon bien placé. De l’autre côté, Alexei Polodyan essaie de créer des situations mais manque de punch devant le but. Pourtant, les Diables rouges avaient ouvert un tantinet la porte en concédant deux pénalités par Alexis Hermant (retenir) et Jesper Åkerman pour une charge avec la crosse, mais le jeu de puissance bordelais, pourtant installé en zone offensive, ne procure rien qui ne déstabilise le portier adverse malgré une pression assez constante. Le tiers se termine tel quel, sur un score de parité sans but.
Les Boxers montrent les crocs
Bordeaux, qui semble en avoir fini avec sa période observatoire, décide de revenir sur la glace complètement transformé. Un rouleau compresseur se met en place et les occasions se multiplient. Nikita Jevpalovs, Samuel Salonen, Loïk Poudrier ou Kevin Dusseau alertent Jan Brož tour à tour, suivi par Polodyan ou Salonen de nouveau.
Les Boxers passent la vitesse supérieure, monopolisent la rondelle dans la zone offensive et évoluent à égalité numérique comme s’ils jouaient en supériorité, mais toujours de manière inefficace, à cause d’un gardien adverse très bon, et d’une défense alpine vaillante, souvent en retard mais qui ne lâche pas. Kévin Spinozzi au-dessus, Aleksei Polodyan, toujours omniprésent dans la conservation du puck, ou Baptiste Bruche, très mobile et utilisant son impact physique, tentent en vain.
La lumière vient d’une action initiée à la bleue par un lancer de Kévin Spinozzi. Le palet revient sur Kevin Dusseau en coin de zone, qui délivre une superbe passe opposée au second poteau, qu’Aina Rambelo vient couper pour enfin ouvrir la marque. Mériadeck souffle car cela se débloque pour ses protégés, qui, par ailleurs, continuent d’appuyer sur l’accélérateur.
Si les Briançonnais n’ont que très peu de munitions, ils restent dangereux en contre. La preuve en est cette perte de puck de Julius Valtonen mal négociée à la bleue. Quentin Fauchon et surtout Dimitri Thillet (ci-dessous en photo par Anthony Mangeard) vont en profiter. L’ex-Gapencais se jouer de Ludovic Karsh venu à sa rencontre et bat Quentin Papillon d’un superbe revers, pour égaliser à la stupeur générale, tant les visiteurs n’avaient pas eu grand-chose à se mettre sous la dent.
On termine cette période sur cette marque de 1-1, et les regrets sont très clairement pour les Bordelais qui ont dominé de la tête et des épaules ce tiers mais se sont découverts une fois, suffisant pour effacer leur avance. Faire mouche, c’est justement ce dont les Boxers aurait besoin pour l’emporter.
Tout est à refaire
Si le 2e tiers avait été tout à l’avantage des Bordelais, le 3e voit encore les Boxers dominer, avec Briançon toujours enclin à se procurer de sérieuses situations, notamment grâce aux trois supériorités de suite obtenues, qui laissent les Bordelais se débrouiller comme ils peuvent.
Quentin Fauchon se retrouve seul devant Papillon qui reste bien campé et stoppe le tir. Le premier tournant du match intervient peut être via cette occasion de Dimitri Thillet, seul face à un but vide, avec un gardien bordelais battu, mais en verve, car le joueur alpin a tenté de la placer sous la barre pour éviter un potentiel retour de Paps. Le puck termine largement au-dessus et Briançon ne fait pas le break.
Il est vrai qu’en menant 1-2, cela aurait été malgré tout sévère pour des Boxers entreprenants mais pas assez tueurs devant la cage. Bruche, très remuant, Salonen, Jevpalovs ou Guillaume tentent, sans réussite. Jesper Åkerman est sanctionné par une obstruction un peu sévère suite à une mise en jeu, et le jeu de puissance bordelais se met en place. Beaudoin se charge d’allumer à la cage de l’impeccable Jan Brož, et c’est Nikita Jevpalovs qui dévie en passant. 2-1, et cela re débloque une situation périlleuse pour les Boxers.
Une succession de pénalités suivent, dont le second tournant de la partie, avec 1’37 » à 5 contre 3 pour Briançon, puis presque trentre secondes de plus à 5 contre 4. Gros danger sur la cage bordelaise mais Quentin Papillon veille au grain, héroïquement suppléé par une unité spéciale qui se jette sur tous les palets. Mériadeck explose et souffle car la fin de match est toute aussi dure, mais les Boxers ont laissé passer un très gros orage. Quentin Fauchon, notamment, fait une énorme déviation que QP arrête d’un magistral réflexe.
Ludovic Karsh touche la barre dans une fin de partie débridée. Si Briançon tente le coup de la cage vide, les Bordelais n’en profitent pas, mais s’imposent tout de même 2-1 dans le soulagement général. Une première victoire au forceps, qui les fait sortir de la toute fin du classement, et donne une bouffée d’air à tout un groupe qui va mieux depuis quelques matchs, mais qui a besoin de le convertir comptablement, surtout à l’aube d’un périlleux déplacement à Amiens, chez qui Bordeaux n’est pas toujours en veine.
Commentaires d’après-match
Olivier Dimet (entraîneur de Bordeaux) : « Succès logique. Nous avons largement dominé, mais n’avons pas su tuer le match dans nos moments forts. Nous avons joué face à une équipe bien en place avec un très bon gardien. Il faut arriver à nous rendre le match plus facile. Depuis le début du championnat, nous avons la maîtrise du palet mais nous ne sommes pas assez tueurs devant la cage. À la fin du premier tiers, j’ai demandé de jouer un peu avec urgence parce que c’est bien de tourner mais à un moment donné il faut entrer dans le slot, il faut aller où ça fait mal. Je crois que nous avons une entame de deuxième tiers de haut niveau. Nous les avons acculés sur leur zone. Nous l’avions dit, nous voulions une victoire pour lancer une dynamique.
Nous pouvons être plus exigeants avec le powerplay, où nous nous compliquons un peu la tâche. Le penalty killing est très bon depuis le début de la saison, hormis le match contre Nice où nous en avons pris 6 ! Sinon, sur les 6 autres matchs, nous n’en avons pris que 2. Cela prouve qu’il y a un vrai travail fait par les joueurs sur la glace avec Quentin Papillon qui fait un gros match et rassure aussi l’ensemble de l’équipe.
Les voyants commencent à être au vert depuis le match à Anglet. Nous sommes en train de monter en puissance. Ne serait-ce que physiquement. Nous avons eu un début de saison compliqué et nous sommes en train de rattraper tout ça. Mais nous devons encore nous améliorer sur pas mal d’aspects. Quand on a le palet plus que l’adversaire comme lors des quatre derniers matchs, on doit mettre la tête sous l’eau de l’adversaire. Et à l’heure actuelle, nous ne le faisons pas et ça se retourne contre nous. Mais on progresse. Les joueurs commencent à se trouver les uns et avec les autres. Je reste positif et confiant dans ce qu’on met en place. »
Bordeaux – Briançon 2-1 (0-0, 1-1, 1-0)
Mardi 3 octobre 2023 à 20h15 à la patinoire Mériadeck. 2135 spectateurs.
Arbitres : Laurent Garbey et Nicolas Barbez assisté de Jérémie Douchy et Jeoffrey Yssembourg.
Pénalités : Bordeaux 10′ (0′, 4′, 6′), Briançon 12′ (4′, 2′, 6′).
Tirs : Bordeaux 33 (11, 11, 11), Briançon 18 (6, 2, 10).
Évolution du score :
1-0 à 27’22 : Rambelo assisté de Dusseau et Spinozzi
1-1 à 31’34 : Thillet assisté de Deberge et Fauchon
2-1 à 47’02 : Jevpalovs assisté de Valtonen et Beaudoin
Bordeaux
Attaquants :
Nikita Jevpalovs – Alexei Polodyan – Julius Valtonen
Enzo Carry – Loïk Poudrier (C) – Samuel Salonen
Rudy Matima – Julien Guillaume (A) – Baptiste Bruche
Vince Tartari – Fabien Métais – Aina Rambelo
Défenseurs :
Kévin Spinozzi (A) – Kevin Dusseau
Charles-David Beaudoin – Ludovic Karsh
Mattéo Mahieu – Axel Prissaint
Gardien :
Quentin Papillon
Remplaçant : Isidore Agnel (G). Absents : Victor Bodin (cheville), Rudolfs Polcs (bas du corps), Maxime Legault (commotion), Bastien Lemaitre (surnuméraire).
Briançon
Attaquants :
Dimitri Thillet (C) – Robin Colomban – Quentin Fauchon (A)
Valère Vrielynck – Bastien Colomban – Thomas Raby
Benjamin Bérard – Bálint Horvath – Nils Carnbäck
Alexis Hermant – Sean Richards – Gaëtan Villot
Défenseurs :
Jani Kluuskeri – Hugo Deberge
Taylor Brierley – Jesper Åkerman (A)
Aurélien Chausserie Laprée – Milan Horvath
Gardien :
Jan Brož [sorti à 58’51]
Remplaçant : Elliot Levêque (G). Absent : Lucas Bonnardel (opéré d’une entorse acromio-claviculaire stade 3).