Sur l’île Lacroix ce soir, grâce à une agressivité et une intensité supérieures à la combativité rouennaise, Bordeaux a logiquement remporté la première manche de la finale de ligue Magnus et a d’ores et déjà retourné l’avantage de la glace.
Entre une formation, pourtant expérimentée, entravée, imprécise, entortillée (Rouen), et une équipe au jeu franc, de play-offs, bien mieux en place et en rythme, plus consistante, euphorique et sans pression (Bordeaux), le premier match de cette finale inédite a vu la victoire des challengers, grâce à des buts de Kevin Spinozzi en haut du slot après une passe en retrait de Mathieu Pompei (0-1 à 06’30), de Julien Guillaume à la déviation d’un tir passe d’Axel Prissaint (1-2 à 13’11) et de Samuel Salonen qui n’a laissé aucune chance à Pintaric à mi-hauteur lorsque la défensive rouennaise (Chakiachvili) lui a offert le but de la victoire avec moins de cinq minutes encore à jouer (2-3 à 55’52). Onze secondes avant le but gagnant de l’ailier finlandais, Quentin Papillon a réalisé un énorme arrêt de la botte face à Vigners (55’41). Sans doute le tournant du match.
Si les Boxers ont mérité leur succès, c’est qu’il leur a fallu faire face à la combativité des Dragons. Un des rares points forts que les champions en titre ont réussi à imposer. Avec pugnacité, les Normands ont égalisé à deux reprises. Florian Chakiachvili a trouvé une ligne de passe pour Vigners. Le Letton a usé de sang-froid pour trouver les filets d’une cage ouverte pourtant refermée par Papillon au moment du tir de l’ailier (1-1 à 06’47).
À la pointe d’un jeu installé en supériorité numérique, Florian Chakiachvili, encore lui, a mis toute sa puissance et plus quand il a frappé le palet à ras glace qui passait sous les jambières d’un Papillon voilé (2-2 à 23’20). Les joueurs de Fabrice Lhenry, avec le retour sur la glace de Milan Kytnar, ont aussi été solides en infériorité face à des unités spéciales girondines qu’on annonçait plutôt redoutables. Le PK normand aurait même pu marquer, sans un Papillon attentif, à deux reprises en fin de deuxième tiers (Nesa à 39’15 & Mallet à 39’34).
Les défenseurs rouennais, malgré le retour de blessure d’Emil Kristensen, mal aidés par leurs coéquipiers, ont souvent été fébriles dans la bande et mis en difficulté lors de leur première passe à cause de l’agressivité des hommes d’Olivier Dimet. Les attaquants qui doivent créer des espaces, pas dans le rythme imposé par les visiteurs, n’ont pas réussi faire de la place pour les gros canons. Les porteurs de palet et autres créateurs de jeux n’ont jamais osé de jeu en première intention qui aurait parfois permis de mettre en difficulté la défense adverse. Conséquence, Rouen, hormis une chance de Joris Bedin (13’24) au bout d’une infiltration de Guimond, n’aura pas été dangereux, engendrant beaucoup de frustration.
Bordeaux, grâce à sa capacité à faire déjouer les Rouennais, n’a pas eu ce problème. Lemaitre a touché l’équerre (7’35), Matima, lui, la barre (25’58). En très bonne position, Jevpalovs dans le cercle gauche (14’33), Dusseau face au gardien (35’37) et Poudrier (51’06) ont tous les trois manqué la cage. Matija Pintaric, le gardien rouennais, a fait face à beaucoup de « petits » lancers compliqués et le Slovène a été salvateur sur d’autres occasions adverses nettes. Face à Poudrier (8’36), Legault (26’13) et Spinozzi (36’56), « Pinta » a dit non. Matija Pintaric a bien été remplacé dans les deux dernières minutes, mais sans entraîner l’égalisation des Rouennais. Bordeaux n’a jamais été mené et l’a emporté sans trembler, finalement.
En rentrant véritablement dans leur finale, avec moins de pression et avec la combativité qu’ils ont affichée, les Dragons pourraient imposer leur rythme plutôt que de subir celui des Bordelais au match n°2. Il faudra ces ingrédients pour faire de nouveau face à un Bordeaux en pleine confiance, précis et massif à la fois, ancré à un système qu’il maîtrise et l’autorise, avec le gain de l’avantage de la glace, à définitivement rêver au titre désormais.
Commentaires d’après-match (dans L’Équipe) :
Olivier Dimet (entraîneur de Bordeaux) : « Nous sommes bien entrés dans le match. On savait que Rouen pousserait fort. Mais il fallait garder notre identité de jeu. On a fait un bon premier tiers-temps, on a pris les devants. Rouen a égalisé sur un power-play, puis le match s’est fermé. Mais on a été solides derrière et on a pris l’avantage à 4’30 » de la fin. Il a fallu tenir, ç’a été un gros match. Pour espérer gagner, il fallait un travail de toute l’équipe, ç’a été le cas ce soir. C’est une continuité dans ces matches de play-offs. Nous savons que nous sommes outsiders. Mais on est venus avec ambition, sans complexe. L’objectif était de challenger, de bousculer cette grosse équipe de Rouen. On les a affrontés les yeux dans les yeux. C’est une bonne chose d’avoir gagné. Mais on est maintenant focus sur le prochain match. »
Fabrice Lhenry (entraîneur de Rouen) : « On est déçus d’avoir commencé la finale comme ça. Mais nous sommes toujours vivants. Il va falloir réagir demain. Nous n’avons pas eu l’énergie habituelle ce soir. Je ne sais pas si c’est dû au fait qu’on soit restés neuf jours sans jouer. Bordeaux est mieux entré dans la partie que nous. On a ensuite fait un meilleur deuxième tiers-temps. Mais nous n’avons pas su profiter de nos bons moments. On n’a pas su faire la différence à cinq contre cinq. À cinq contre quatre, oui, et à quatre contre cinq aussi. Mais à cinq contre cinq, on n’a pas su. »
Les photos sont toutes des photos d’archives.
Rouen – Bordeaux 2-3 (1-2, 1-0, 0-1)
Vendredi 5 avril à 20h30 à la patinoire Nathalie Pechalat. 3029 spectateurs.
Arbitres : Nicolas Cregut et Adrien Ernecq assistés de Joffrey Yssembourg et Nicolas Constantineau
Pénalités : Rouen 6’ (0′, 2’, 4’) ; Bordeaux 4′ (0′, 4’, 0’)
Tirs cadrés : Rouen 28 (9, 12, 7) ; Bordeaux 28 (12, 9, 7)
Supériorités : Rouen 1/2, Bordeaux 0/3
Évolution du score :
0-1 à 06’30 : Spinozzi assisté de Pompei et Prissaint
1-1 à 06’47 : Vigners assisté de Chakiachvili et Kytnar
1-2 à 13’11 : Guillaume assisté de Prissaint et Legault
2-2 à 23’20 : Chakiachvili assisté de Tomasino et Perron (sup. num.)
2-3 à 55’52 : Salonen
Rouen
Attaquants :
Christophe Boivin – Francis Perron – Alexandre Mallet
Loïc Lampérier (C) – Milan Kytnar – Rolands Vigners
Anthony Rech – Jordan Hervé – Quentin Tomasino
Joris Bedin – Vincent Nesa – Tommy Perret
Arrières :
Florian Chakiachvili (A) – Enzo Cantagallo
Sacha Guimond – Emil Kristensen
Dylan Yeo (A) – Kristaps Sotnieks
Gardien :
Matija Pintaric (25 arrêts) [sorti à 58’47]
Remplaçants : Julien Gaubert (G) et Noa Goncalves Nivelais. Absents : Tonin Caubet (hanche), Fiorenzo Villard, Rob Flick et Marcel Hascak (choix).
Bordeaux
Attaquants :
Aina Rambelo – Julien Guillaume (A) – Maxime Legault (C)
Enzo Carry – Mathieu Pompei – Samuel Salonen
Nikita Jevpalovs – Loik Poudrier (A) – Julius Valtonen
Rudy Matima – Rudolfs Polcs – Baptiste Bruche
Arrières :
Kevin Dusseau – Axel Prissaint
Kevin Spinozzi – Bastien Lemaitre
Niki Blomberg – Antti Kauppila
Gardien :
Quentin Papillon (26 arrêts)
Remplaçants : Victor Bodin (G) et Matteo Mahieu. Absents : Charles-David Beaudouin (blessé), Vince Tartari (?) et Alexei Polodyan (choix).