Un club revenu au plus haut niveau et titré 14 ans après le crash qui a décimé son équipe, c’est la belle histoire qui force le respect.
Mais la saison de KHL a vécu d’autres évènements, notamment deux anciens joueurs québécois de Viry-Châtillon dans le championnat de France qui sont très vite devenus des entraîneurs-vedettes en Russie, de même que la figure très controversée de Maxime Comtois.
Voici notre dernier volet du bilan KHL, celui consacré aux huit clubs quarts de finaliste et donc majoritairement à des réussites.
Lokomotiv Yaroslavl (1er) : le fils d’escroc trouve un père spirituel
Le Lokomotiv Yaroslavl est l’équipe la plus stable de KHL. Elle comprend de nombreux joueurs formés au club et ne cherchent jamais de transferts retentissants. Ce sont majoritairement des sportifs modernes exemplaires, prenant soin à leur récupération et à leur nutrition, attentifs au moindre paramètre de leurs montres connectés. Mais ce groupe ne pouvait pas gagner tant que l’éternel président Yuri Yakovlev changeait d’entraîneur chaque année, comme ce fut le cas après le crash aérien qui coûta la vie à toute l’équipe en septembre 2011 et la relance du club professionnel un an plus tard. Arrivé en septembre 2021, Igor Nikitin est l’entraîneur de confiance que Yakovlev cherchait. Dès fin octobre, il a été prolongé de deux années supplémentaires, jusqu’en 2027, ce qui aurait fait une longévité inédite à Yaroslavl depuis l’époque soviétique.
À ce moment de l’automne, le Lokomotiv, vice-champion en titre, paraissait le favori incontournable de la KHL. Mais au fil de la longue saison, certains observateurs exprimaient des doutes : le système de jeu défensif, exigeant une concentration et un investissement maximaux, ne serait-il pas trop usant physiquement et mentalement ? Ce groupe si remarquablement homogène, où chaque ligne défend avec le même engagement, ne manquait-il pas d’un leader offensif pour le porter en play-offs. Les réponses ne tarderaient pas à être apportées.
La notoriété des stars et la performance ne sont pas forcément liées. Daniil Isayev fait très peu parler de lui, et pourtant il a été élu meilleur gardien de KHL pour la seconde année consécutive (de peu avec 36 voix contre 35 pour Podyapolsky). Pour effacer le souvenir de son duel perdu en finale 2024 (face à Ilya Nabokov), il a encore élevé son niveau de performance en play-offs, avec 93,8% d’arrêts. Si Isayev est un modèle de régularité, Aleksandr Radulov est au contraire un joueur qui se transcende par la colère. Après sa moins bonne saison régulière (hormis sa fin de carrière NHL à Dallas), la recrue-surprise de l’intersaison – dans un club qui n’engage habituellement pas de vedettes – a donné sa pleine mesure en épuisant les défenses adverses… et les arbitres.
Radulov a été à 38 ans le plus vieux MVP des play-offs, en recevant sur sa ligne un émule de 18 ans, Egor Surin. Fils d’un homme d’affaires de Voronezh qui a passé près de 4 ans en prison pour avoir escroqué un footballeur célèbre dans des investissements douteux, Surin est un profil assez atypique. Patineur agile doté d’une belle intelligence de jeu, il se distingue par sa combativité et ses provocations. Pas toujours utilisé pendant la saison, le junior a éclos en mettant 5 buts en play-offs et surtout en se livrant à un trash-talk rare de la part d’un junior, rappelant son nouveau partenaire devenu son « père spirituel » Radulov – un homme aux émotions trop transparentes pour être un escroc comme son père biologique !
Parmi toutes ces personnalités, la plus importante restait l’entraîneur Igor Nikitin. Or, pour la première fois, un coach champion a été chassé par un club concurrent, le CSKA. Huit mois après avoir resigné, Nikitin a justifié ainsi son départ auprès des supporters : « La décision que j’ai prise n’est pas financière, ni liée à un conflit. J’y suis arrivé pour une raison simple : j’ai tout donné aux gars, toute ma force, mes émotions, mes connaissances. Ils sont devenus des hommes et des hockeyeurs autonomes et confiants. […] J’ai besoin d’une nouvelle motivation, d’une nouvelle énergie, encore et encore. C’est le genre de personne que je suis. Je ne cherche pas d’excuses, j’explique. J’espère que vous comprendrez. »
Traktor Chelyabinsk (2e) : le pari gagnant de Benoît Groulx
Quand le nouveau président Ivan Savin avait présenté sa stratégie sur 5 ans en 2020, beaucoup avaient ri de ses ambitions démesurées par rapport aux moyens de son club. Aujourd’hui, les concurrents plus riches ne rigolent plus. Le Traktor a atteint les demi-finales trois fois en quatre sur les quatre dernières saisons. Il a su se remettre en question après avoir raté les play-offs en 2023… et même après la médaille de bronze décrochée en 2024.
Remplacer l’entraîneur Aleksei Zavarukhin après cette très belle place était osé de la part du manager Aleksei Volkov qui jouait presque son poste sur ce pari d’intersaison. Gagné : le nouveau coach canadien Benoît Groulx a su faire franchir un palier supplémentaire à l’équipe de l’Oural. Il ne s’est pas contenté de s’appuyer sur un des meilleurs gardiens de la ligue avec Zach Fucale (qui a déclaré que rejoindre la KHL était « la meilleure décision de [sa] vie »). Avec son adjoint Boris Mironov, il a fait progresser les principaux défenseurs russes Grigori Dronov, Sergei Telegin et Artyom Blazhiyevsky dans leur gestion du palet.
Ces progrès à la ligne bleue ont aidé Groulx à mettre en place le meilleur jeu de la ligue russe en attaque placée. Le Traktor Chelyabinsk n’avait pas son pareil pour étouffer ses adversaires dans leur zone, et il a remonté ainsi bien des résultats défavorables après 20 minutes pendant les playoffs. Pour conclure ces jeux installés, il fallait évidemment des buteurs et les attaquants formés au club Maksim Shabanov et Vitali Kravtsov ont su surprendre les gardiens par la soudaineté et l’angle de leurs tirs.
Fils d’un soudeur d’une des nombreuses usines métallurgiques de Chelyabinsk, Maksim Shabanov était un petit garçon discret et frêle. Après avoir débuté dans un petit de la ville (le Signal), il a rejoint le Traktor mais y jouait seulement sur la quatrième ligne de l’équipe de sa classe d’âge (2000). Mais il a toujours compensé sa petite taille par sa vitesse et sa persévérance, attendant qu’on lui donne sa chance. l’histoire s’est répétée chez les séniors. Lorsque l’invasion de l’Ukraine a déclenché le départ des hockeyeurs tchèques de Chelyabinsk en 2022, Shabanov – alors meilleur marqueur de l’équipe-ferme – a été testé avec succès au poste vacant en première ligne, avec de plus en plus de bonheur au fil des ans. Ses changements de direction et ses freinages et redémarrages sont si brusques qu’il laisse sur place ses défenseurs. Spectaculaire, il a aussi mis 2 buts de lacrosse en 2 ans (après trois tentatives infructueuses dans l’intervalle). Shabanov essaie depuis des mois d’apprendre l’anglais pour préparer son départ chez les Islanders de New York, mais même s’il n’hésite pas à entrer dans le slot et venir y prendre des coups, il reste à savoir comment un si petit gabarit (1m71) peut faire son trou en NHL.
Salavat Yulaev Ufa (3e) : le buteur-record qui a disparu en playoffs
Les joueurs nés en Russie ont marqué moins du tiers des buts du Salavat Yulaev Ufa ! Le club du Bashkorstostan a été incroyablement dépendant des six attaquants nés en Amérique du Nord (dont l’Américano-Russe Denis Yan) qui ont mis 142 buts sur 212. Pour sa seconde saison en Russie, Joshua Leivo en a mis 49 à lui seul, battant le record de buts en une saison du légendaire Sergei Mozyakin (48). Le Canadien est revenu très vite – en une semaine – d’une commotion cérébrale subie fin janvier (sur une charge douteuse d’Aleksei Marchenko lors du derby contre Kazan) pour battre ce record et obtenir une prolongation de contrat de 2 ans, signée malgré des offres financièrement supérieures (selon son agent).
Le choix de Leivo s’explique par la grande confiance que lui inspire l’entraîneur Viktor Kozlov. Tous les Nord-Américains partagent ce sentiment envers cet entraîneur qui sait leur parler – dans un anglais parfait – et crée une atmosphère confortable sans utiliser les cris ou la terreur. Kozlov a joué un rôle très important en octobre quand les étrangers ont menacé de ne pas jouer le match du lendemain en raison de retards de salaire de quelques jours : il a aussitôt désamorcé la crise parce que les Nord-Américains croyaient en sa parole. Mais le sort de Kozlov restait conditionné au passage de deux tours de playoffs – un succès impératif après deux éliminations au premier tour qui avaient consommé les droits à l’erreur du jeune coach malgré sa popularité auprès des joueurs.
Le talent offensif nord-américain suffirait-il en play-offs, où le jeu physique et l’homogénéité du banc deviennent plus importants ? On a pu en douter, mais l’équipe d’Oufa a su se sortir en sept matchs des pièges posés par le Sibir, puis par le Spartak après avoir été mené 3 victoires à 1… et sans Leivo non aligné lors des deux dernières rencontres. Blessé, dans le doute, de mauvaise humeur envers lui-même comme envers ses coéquipiers, Leivo était devenu impuissant (2 buts en 14 matchs) et l’équipe était performante sans lui. La re-signature la plus célébrée, ce fut donc finalement la prolongation de contrat de 2 ans de Viktor Kozlov, bien plus que celle de Leivo.
Dynamo Moscou (4e) : la réhabilitation de Maxime Comtois
Pur produit du Dynamo Moscou, Aleksei Sopin n’était pas une star mais un joueur de devoir dont l’attachement au club bleu et blanc était viscéral. Héros du titre 2013 après avoir pourtant passé la saison régulière dans l’équipe-ferme, retraité cinq ans plus tard, ce profil local et inexpérimenté était un recours bon marché quand il fut nommé directeur sportif du Dynamo à 34 ans à peine. Il s’est acquitté de ce poste avec dignité, et en près de quatre saisons, il a ramené les spectateurs en tribunes et construit une des meilleures équipes du pays, en arrêtant d’endetter le club. En coulisses, l’éminence grise Andrei Safronov lui savonnait la planche en critiquant chacun de ses choix. Apprenant qu’il ne serait pas reconduit, Sopin a démissionné en février, quittant avec regret son club de toujours. Deux mois plus tard, il a été embauché par l’Avangard Omsk, preuve que ses compétences sont reconnues très loin de Moscou.
Sopin fut pointé du doigt pour le problème récurrent de gardiens du Dynamo. Rarement un joueur a été plus stigmatisé que la recrue estivale Hunter Miska, qui avait tendance à prendre des buts-gags. Le but encaissé en décembre en quittant sa cage par erreur d’interprétation d’un geste arbitral fut le pompon : on lui a versé une indemnité de départ. Arriva à sa place Vladislav Podyapolsky, un des meilleurs gardiens du pays – mais trop cher selon les détracteurs de Sopin. Il est vrai que Podyapolsky n’avait jamais passé un tour de play-offs. Revenu d’un mois de blessure, il en a passé deux en 2025, ce que le Dynamo n’avait pas réussi à faire depuis 12 ans !
Le joueur le plus controversé a été Maxime Comtois. Sa période d’adaptation fut longue car il sous-estimait le niveau de la KHL et ne bougeait pas assez ses jambes. Avec 9 points en 20 matchs, ses jours semblaient comptés. Et puis, mi-novembre, le Québécois fut placé avec son compatriote Cédric Paquette (en cours d’obtention d’un passeport russe) et le chouchou des supporters Dmitri Rashevsky. Clic ! Comtois est alors devenu le joueur le plus détesté de KHL… par ses adversaires, avec ses mises en échec, son acharnement, son style physique de peste insupportable. Comtois a été l’homme le pénalisé de la ligue, mais aussi le joueur du Dynamo qui a provoqué le plus de fautes adverses. Sa ligne fut la meilleure pendant deux séries… et la moins bonne contre le Traktor. Comtois se blessé, Paquette fut envoyé s’asseoir en tribune, et le Dynamo remporta son seul match sans eux. Rappelons qu’il n’en avait gagné aucun en 2024 contre ce même adversaire un tour plus tôt. La saison des Moscovites est donc une indéniable réussite.
Ak Bars Kazan (5e) : objectif minimal atteint malgré l’inconstance
Kazan a longtemps donné l’impression d’une équipe instable, perturbée par des conflits internes. L’influence de Dmitrij Jaškin sur le staff était pointée du doigt. L’ex-international tchèque, qui dépasse sa fonction de simple joueur, a en tout cas joué un rôle indéniable et positif dans l’arrivée en cours de saison de son ex-coéquipier au Dynamo Eric O’Dell. Lent et physiquement diminué, le centre canadien de troisième ligne reste un modèle de volonté qui a élevé son niveau et montré la voie.
C’est d’ailleurs aussi le cas de Jaškin lui-même, encore performant au deuxième tour contre ses anciens collègues du Dynamo, là où un Artyom Galimov est devenu totalement muet après avoir mis 35 buts en saison régulière. Ce déclin en play-offs a aussi frappé Nic Petan, qui a commis beaucoup d’erreurs et manqué une cage vide immanquable (au match 4) après une bonne saison interrompue un mois à l’automne par un doigt cassé. À l’inverse, c’est le jeune défenseur américain Mitchell Miller qui a été le meilleur marqueur inattendu des Tatars en séries. Celui dont la carrière professionnelle semblait compromise par son passé de harcèlement scolaire envers un camarade noir handicapé a repris sa progression en Russie et a resigné à Kazan jusqu’en 2027.
Si la régularité a donc manqué pour viser plus haut, Ak Bars a pris sa revanche de 2024 en remportant cette fois sa série de premier tour contre l’Avtomobilist, au septième match. Une qualification essentielle car elle a permis la reconduction de l’entraîneur Anvar Gatiyatulin et de tout l’encadrement. Mais après avoir gagné les deux premières rencontres à Moscou en quart de finale, les supporters se sont pris à rêver à mieux. Les quatre défaites qui ont suivi ont laissé un goût amer, surtout l’ultime 1-6 infligé à domicile.
Avangard Omsk (6e) : un Scarface francophone en nouvel entraîneur-star
L’Avangard savait qu’il mangerait son pain noir pendant la longue convalescence de Vladimir Tkachyov, victime d’une rupture du tendon d’Achille quelques mois après avoir signé un contrat énorme sur 5 ans. Embauché en catastrophe pour pallier l’absence de Tkachyov, Stanislav Galiev a été très loin de l’apport offensif escompté (2 buts et 5 assists en 33 matchs), mais il aura compensé par un engagement physique accru jusqu’à son départ négocié. Même sans leur superstar, les Sibériens ne s’attendaient quand même pas à souffrir autant. Après deux mois et 20 matches de saison régulière, l’Avangard était 10e sur 12 dans la Conférence Est, avec six points de retard sur la qualification en playoffs.
Pire encore, à ce même moment, le premier centre et meilleur marqueur Linden Vey demanda à partir pour raisons familiales. Heureusement, l’Avangard venait juste de réembaucher Nikolai Prokhorkin (arrivé en cours de saison dernière mais n’ayant trouvé aucun accord ni avec Omsk ni avec un autre club) en constatant qu’un des centres nord-américains, Cole Cassels, ne faisait pas l’affaire. Un Cassels avantageusement échangé au CSKA contre Konstantin Okulov à Noël, en même temps que Galiev. Des changements parmi beaucoup d’autres : frénétique sur le marché des transferts, l’Avangard a aussi recruté 8 joueurs en deux semaines en novembre, dont Nikita Serebryakov (le gardien que son passage au SKA n’a donc pas détruit) et Nail Yakupov, l’ancien numéro 1 de draft NHL qui a connu sa meilleure saison de KHL à 31 ans après avoir suffisamment mûri pour modérer sa passion des sodas et des frites.
Le changement le plus important était cependant situé derrière le banc. Tout le monde se doutait que l’inexpérimenté Sergei Zvyagin (ex-entraîneur de gardiens et traducteur de Bob Hartley) était en sursis compte tenu des résultats médiocres. Les dirigeants ne voulaient cependant le remplacer que par un coach de NHL au palmarès solide. Les prétentions de Gerald Gallant étaient démesurées, de l’ordre de 2,5 millions de dollars par an. L’autre ancien entraîneur champion de LHJMQ Guy Boucher a finalement été engagé pour 60% de ce salaire, ce qui est déjà plus que ce que touchait Hartley, toujours idolâtré dans le club qu’il avait couronné champion. À ce prix-là, Boucher a repris le travail plus tôt qu’il ne l’avait prévu (son genou n’était d’ailleurs pas totalement guéri et il a dû faire un aller-retour au Canada pour le soigner).
Arrivé avec une réputation d’entraîneur défensif, Guy Boucher – second ancien joueur de Viry-Châtillon dans la ligue après Groulx – a au contraire conquis le public par un jeu offensif et spectaculaire. Cela n’empêchait pas l’homme à la cicatrice d’être ferme et rude dans le vestiaire. C’est d’ailleurs parce que le coach l’a refroidi que son homonyme Reid Boucher – meilleur marqueur de l’équipe – n’a jamais signé sa nouvelle proposition de contrat (il préfère partir à Ekaterinbourg).
Ayant retardé l’échéance après avoir consulté à distance son chirurgien en Allemagne, Vladimir Tkachyov est finalement revenu début mars après un an sans jouer : un retour triomphal avec le but vainqueur pour la douzième victoire consécutive d’Omsk. Tkachyov est redevenu le leader offensif, même si son style n’est pas forcément compatible avec le système de Boucher. Même s’il partait sixième dans sa conférence, l’Avangard était le favori pas très caché des play-offs. Il ne s’est incliné qu’en deuxième prolongation du match 7, en quart de finale face au futur champion Yaroslavl, dans ce qui était sans doute la finale avant la lettre. Il a manqué peu de choses, principalement le départ – programmé – de Michael McLeod pour le procès pour viol des anciens champions du monde juniors canadiens. McLeod était à 65% d’engagements en playoffs, les autres centres oscillaient entre 39 et 45%…
Spartak Moscou (7e) : un potentiel intéressant qui manque de métier
La meilleure attaque du championnat 2023/24 (troisième attaque cette fois-ci) n’a pas toujours donné satisfaction au coach Aleksei Zhamnov cette saison. Celui-ci a régulièrement cloué sur le banc son meilleur marqueur Nikolaï Goldobin, sans que cela ait d’effet notable. Talentueux mais notoirement irrégulier, Goldobin reste sujet à des performances en dents de scie, mais s’il a reculé de la troisième à la quinzième place des compteurs de KHL, il était toujours le premier Spartakiste. Sa ligne avec Pavel Poryadin et le centre Ivan Morozov restait en forme à l’approche des play-offs.
Le trio de parade fut même rejoint par la deuxième ligne. Après leur bilan négatif en saison régulière (-11 et -13), le Slovaque Adam Ružička et le vétéran Andrei Loktionov sont devenus bien plus efficaces en play-offs (+5 et +4) et ont permis en particulier de mener victoires à 1 contre le Salavat Yulaev Ufa au deuxième tour. Une qualification en demi-finale, jamais connue depuis la saison de l’éclatement de l’Union Soviétique (1991/92), paraissait alors à portée. Mais les rouge et blanc ont alors perdu deux fois de suite en prolongation, puis se sont inclinés à quatre minutes de la fin du match 7. Un crève-cœur pour les supporters du « club du peuple ».
Le Spartak manque encore d’expérience, surtout en défense. Il n’avait que quatre arrières de plus de 24 ans, et celui qui avait le plus de métier, Dmitri Vishnevsky, s’est blessé lors de la série face au Salavat. C’est dans des habits de coach de fortune qu’il a vu ses jeunes collègues se faire remonter. L’équipe doit « mûrir mentalement », tel fut la conclusion que tira Zhamnov après la douloureuse élimination. À l’image de Daniil Orlov, défenseur de 21 ans qui continue sa progression avec son travail précis de patinage, le potentiel des rouge et blanc reste intéressant.
Dinamo Minsk (8e) : la saison de tous les records
Le Dinamo Minsk n’a jamais été aussi fort offensivement. Le recrutement de Vadim Shipachyov a été une franche réussite : le centre n’a pas seulement battu le record de rencontres jouées en KHL, il n’a pas seulement dépassé le record de points en carrière en KHL de Mozyakin dès le mois d’octobre (lors d’un match dans sa ville natale Cherepovets), il a surtout été le meilleur marqueur de son équipe, alors qu’il a atteint 38 ans en mars. Il était le petit truc en plus d’une équipe solide.
L’entraîneur Dmitri Kvartalnov a maintenu ses principes de jeu habituels, avec beaucoup de patinage et de travail défensif. Avec trois paires nord-américaines en défense, le Dinamo Minsk paraissait très solide. Le club biélorusse a réussi la meilleure saison régulière de son histoire, il s’est qualifié en play-offs pour la cinquième année consécutive, et après 17 ans en KHL, il a même enfin passé un tour !
Néanmoins, les Biélorusses ont été un peu abandonnés dans ces moments décisifs par leurs meneurs offensifs étrangers, ce qui visait aussi bien les deux meilleurs marqueurs russes Shipachyov et Aleksandr Volkov que les Nord-Américains. Les quatre meilleurs marqueurs en play-offs ont tous été de jeunes Biélorusses : Vitali Pinchuk (23 ans), Roman Gorbunov (Russe naturalisé de 28 ans qui partira à Ekaterinbourg), Yegor Borikov (19 ans) et Ilya Usov (23 ans). Les 7 buts en play-offs de Borikov ont même égalé le record KHL pour un junior (détenu par Kuznetsov). Même exclu des compétitions internationales, le Bélarus continue donc de produire des talents de haut niveau.