La ville de Nice accueille les championnats du monde U18 de division 1A, c’est-à-dire le deuxième échelon mondial. L’occasion de voir quelques uns des meilleurs jeunes de la planète hockey.
Les recruteurs NHL ne s’y sont pas trompés, et plusieurs d’entre eux ont fait le voyage. Une douzaine étaient anoncés, au moins six repérés en tribunes. On trouve notamment des scouts de St. Louis, Montréal et Philadelphie.
Ce premier match oppose le promu kazakh au relégué letton.
Le Kazakhstan avait survolé le mondial U18 de division 1B la saison dernière : 5 matchs, 5 victoires, 34 buts pour, 11 contre ! Le joueur à suivre sera incontestablement le numéro 16, Semyon Koshelev. Meilleur marqueur du mondial U18 l’an passé (6 buts, 7 passes), il est classé 44e sur la liste européenne pour la prochaine draft NHL à mi-saison. Deux autres joueurs sont des revenants de la saison dernière. Les attaquants Alikhan Asetov et Dmitri Grents avaient marqué 1 passe chacun au mondial D1B.
Côté letton, il va falloir rebondir. Après deux saisons en élite mondiale, l’équipe balte a été reléguée. Le gardien Matiss Kivlenieks n’avait pas joué à Sochi en 2013, mais apportera son expérience du haut niveau, de même que l’attaquant Davis Zembergs. Ce dernier n’avait marqué aucun point en élite l’an dernier, mais avait déjà le 5e temps de jeu. L’autre joueur à suivre sera Marks Lazarevs, qui brille en Suisse avec les Lions de Zurich.
Le coup d’envoi est donné : le tournoi commence !
Le show Koshelev
Pas le temps de se poser que l’inévitable Koshelev ouvre le score ! Vingt secondes de jeu et un palet qui revient au cercle droit sur Koshelev. Il envoie un lancer pourtant peu puissant, mais qui profite d’un écran pour piéger le gardien letton, pas terrible sur l’action (1-0 à 00’20 »).
Sur l’engagement, son coéquipier Nikita Neznamov se rend coupable d’une obstruction. La Lettonie ne profite pas du tout de son avantage, et manque de se faire piéger en contre. Koshelev démarre à droite et offre une passe magistrale, dosée en pleine course, à Alexey Kiselyov. Le gardien letton s’impose.
Le match se dispute sur un bon rythme, avec très peu d’arrêts de jeu. Les occasions restent assez peu nombreuses car les deux défenses restent bien en place. A la septième minute, Kirils Galoha concède une pénalité. Pas de souci pour ses coéquipiers en défense. À la mi-match, Koshelev brille à nouveau en volant un palet dans la neutre. Il déboule à droite et tente un tir croisé intelligent, repoussé par Kivlenieks.
Le jeu devient plus physique au fil des minutes, à l’image d’une charge terrible du capitaine kazakh Asetov à la bleue offensive. La Lettonie, timide, tourne à vide en attaque et peine à trouver ses arrières à la bleue. Eduards Fjodorovs surnage un peu et profite d’un écran pour tenter un tir de loin, bien sorti par Ustinovich. Une pénalité contre Svinukhov ne profite pas plus aux Baltes.
Les dernières minutes appartiennent au Kazakhstan, avec une occasion du duo Kiselyov-Presnov : passe du premier au sol, tir du second à bout portant. Kivlenieks est ensuite tout heureux de voir son coéquipier Buncis contrer à la dernière seconde un tir dangeureux au cercle droit.
Un Kazakhstan étonnant
Le deuxième tiers reprend sur le même fonctionnement, avec un premier tir de Koshelev. Oublié dans la neutre, il provoque un un-contre-un et trouve la mitaine du portier du Prizma Riga.
Deux minutes plus tard, Tolepbergen s’échappe. Il parvient à lancer ras glace mais était accroché. Le tir de pénalité est appelé par les arbitres. L’attaquant kazakh s’élance et son revers file hors cadre. Peu après, ce même Tolepbergen prend deux minutes. Les Lettons gaspillent l’occasion et se font même déborder. Gvida Jansons rate un palet dans la neutre en reculant et Presnov, tout en vitesse, le récupère, s’avance à droite pour un tir sorti par le gardien. Le rebond est finalement récupéré par Prenov qui double la mise en infériorité (2-0 à 26’03 »).
À la mi-match, le Kazakhstan fait parler son jeu collectif. Débordement à droite, passe en retrait pour Koshelev qui envoie une diagonale millimitrée vers Kiselyov, remise à une touche près de la cage… tir hors cadre ! La Lettonie récupère et file en contre-attaque. Le gardien est complètement hors de position sur le tour de cage et le palet traine dans l’enclave. Personne n’exploite l’aubaine et la défense se dégage.
Une action qui sonne le réveil letton malgré tout. Quelques minutes plus tard, un lancer puissant venu de l’aile gauche surprend Ustinovich. Roberts Locans réduit le score (2-1 à 31’16 »). L’élan ne dure pas, Gatis Sprukts prenant deux minutes, sans conséquence comptable.
Le capitaine kazakh Assetov se charge de relancer son camp. Il trouve sur la même présence son compère Presnov à deux reprises. Les deux tirs manquent le cadre, tout comme celui d’Asetov plein axe en fin d’action.
La Lettonie paraît plus en rythme qu’au premier tiers. Kirils Mitrofanovs déborde à droite, repique dans l’axe en évitant un défenseur au sol mais se heurte au gardien. Ustinovich s’impose ensuite face à un gros lancer de la bleue. Il gèle le palet et Razgals, trop entreprenant, prend deux minutes pour cinglage. Le jeu de puissance kazakh reste stérile. La Lettonie finit fort et Marks Lazarevs frôle l’égalisation avec un tir plein axe tout en vitesse, repoussé de la botte par Ustinovich au buzzer.
Quatre buts en trois minutes
Le tiers débute par une belle action du capitaine lettons Rodrigo Abols, qui envoie un bon lancer de l’aile gauche. La Lettonie, en jambes, égalise rapidement. Roberts Locans percute la défense plein axe, slalome entre trois adversaires et trompe Ustinovich de près (2-2 à 41’31 »). Un exploit individuel de haute volée !
Et ce n’est pas fini. Les Baltes appuient là où cela fait mal et s’installent encore. Un lancer puissant d’Eduards Jansons en entrée de cercle vient nettoyer la lucarne (2-3 à 42’01 »). Pour une fois, un défenseur a réussi à trouver une ligne de tir. Comme si cela ne suffisait pas, Buncis, oublié devant le gardien par une défense aux abonnés absents, enfonce le clou (2-4 à 43’15 »). Et l’addition continue de se corser avec une contre-attaque terrible qui prend de vitesse une défense statique. Eriks Zohovs termine le travail (2-5 à 44’44 »). Vladimir Klimenko prend enfin son temps mort, après cette séquence incroyable de quatre buts en trois minutes.
Le temps mort aura le mérite se stopper l’hémorragie. Les Kazakhs reprennent le fil du match et combinent plutôt bien collectivement, jusqu’à une faute en zone défensive qui place la Lettonie en supériorité. Le duo Asetov-Koshelev surnage dans son équipe. Les deux attaquants kazakhs profitent d’un contre favorable pour partir en échappée. Le capitaine sert son assistant et Koshelev lève son palet… sorti par Kivlenieks.
En face, Locans, intenable, obtient un nouveau tir ras glace entre les deux cercles. Sergei Omelyanovich laisse son équipe à un de moins et la Lettonie déroule. Le palet circule tranquillement, laissant défiler l’horloge pour gérer cette avance de trois buts. Les Kazakhs paraissent fatigués et multiplient les pénalités en défense. Svinukhov prend son tour en prison.
Sur cette fin de match, le promu paraît un peu résigné, à l’exception de Koshelev et Asetov, qui se démènent en attaque sans aucun soutien. Le premier essaie un revers en pivot, le second un tir de près que Kivlenieks repousse dans les deux cas.
L’accélération lettone en début de troisième tiers aura laissé sur place une formation kazakh très solide pendant quarante minutes. Le jeu collectif et la qualité de la défense ont volé en éclats en quelques minutes, rendant la fin du troisième tiers anecdotique. La Lettonie s’impose donc logiquement, mais non sans avoir souffert. L’expérience de l’équipe balte a sans doute fait la différence.
Côté joueurs, le letton Roberts Locans est sorti du lot avec deux buts et une passe. Il a su créer le danger régulièrement avec ses coéquipiers de ligne. En défense, Eduards Fjedorovs a réalisé un bon match, assez solide.
Le Kazakhstan s’est surtout appuyé sur le trio Alikhan Asetov – Dmitri Presnov – Semyon Koshelev. Ce sont quasiment les seuls à s’être montrés dangereux, et ce, à chaque présence sur la glace. La précision des passes de Koshelev a souvent permis de trouver des espaces et de porter le jeu en attaque. Il n’a pas hésité non plus à tenter sa chance, même dans des situations en apparence anodines.
Kazakhstan 2-5 Lettonie (1-0, 1-1, 0-4)
Patinoire Jean-Bouin de Nice, dimanche 13 avril 2014, 12h30.
Accrédité pour les Mondiaux IIHF depuis 2014, Nicolas Leborgne a couvert plus de 300 matchs de Championnats du monde hommes et femmes. Depuis 2001, il écrit sur la NHL et les Mondiaux juniors.
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