Cela fait des années que les principales équipes nationales ne se regroupent plus en août et laissent les clubs se préparer. Pourquoi l’absence des joueurs de NHL aux Jeux olympiques a-t-elle incité Tchèques et Slovaques à changer la donne ?
La Slovaquie, qui n’avait aucun joueur de NHL au dernier Mondial, a sa propre logique : l’enjeu pour sa part est de reconstruire son système de jeu avec un nouvel entraîneur canadien tout juste arrivé.
Pour les Tchèques, l’intérêt de cette préparation supplémentaire est plus discutable : ils sont privés de tous leurs hockeyeurs de KHL, dont le championnat a déjà commencé, et ont pris très peu de joueurs des quatre meilleurs clubs du pays (parce qu’ils sont engagés au même moment en Ligue des Champions). Pourquoi ce match dans ces conditions ? En fait, le contrat avec leur partenaire marketing BPA les oblige à organiser 7 rencontres à domicile pendant la saison, et il n’y a guère d’autre créneau possible ensuite.
Dans ce contexte, la République Tchèque aligne donc un record historique de… 13 débutants ! Le précédent pic était de 11 en avril 2002 contre la Suisse, et ce jour là trois futurs champions du monde de 2010 avaient connu leur première « cape » : Jiří Novotný, Tomáš Rolinek et le futur Jan Marek. Si l’on évoque maintenant l’ex-Tchécoslovaquie, il existe un record à 15 joueurs datant du 11 mars 1969. Le pays avait alors constitué deux équipes distinctes, une pour affronter le Canada et l’autre plus jeune testée face aux États-Unis. Cette équipe avait vu débuter quelques-unes des plus grandes légendes du hockey des années 1970 : Vladimír Martinec, Jiří Novák ou Bohuslav Šťastný. Une équipe riche en débutants peut donc contenir des pépites. On a néanmoins plus de doutes concernant le potentiel des néophytes de la cuvée 2017… L’avenir nous dira ce qu’il adviendra des Pyrochta, Němeček, Kalina, Tomeček, D. Kaše, Herman, D. Šťastný, P. Straka, M. Hanzl, Indrák, Uher, Stach et Bartošák. Les 13 porteront-ils bonheur ?
Les Tchèques dominent le début de match… pour mieux se prendre les pieds dans le tapis au bout de cinq minutes. Petr Kalina trébuche en zone neutre, ce qui favorise l’échappée de Matej Paulovič. Sa feinte sur le gardien novice Patrik Bartošák est parfaite (0-1). Seul joueur présent au Mondial de Paris, le défenseur Libor Šulák tente de raminer son équipe en effaçant Peter Čerešnák en un contre un pour aller jusqu’à la cage, mais le gardien slovaque Branislav Konrád bloque sa tentative de dribble avec la crosse.
David Kaše, nouveau joueur de Mora en Suède (il était déçu de son temps de jeu à Chomutov), se procure plusieurs occasions technique avec sa technique, mais, peut-être par nervosité, son tir n’est pas à la hauteur. Servi tout seul sur un palet perdu par les Slovaques dans leur zone, ce jeune joueur de 20 ans laisse passer une très belle chance.
La République tchèque fait toujours le jeu en deuxième période et essaie de prendre de vitesse contre des Slovaques bien placés et appliqués à contrer les palets. Bien décalé, Petr Straka voit son lancer capté par la mitaine de Konrád, toujours impeccable.
Au troisième tiers-temps, les Slovaques commencent à avoir plus d’espaces. Matej Paulovič attire toute la défense tchèque et centre pour la reprise de Matúš Sukeľ seul au second poteau, mais Bartosek fait un bon arrêt. La sortie du gardien local permettra finalement à Patrik Svitana de clore la marque à 0-2. Les Tchèques auront beaucoup patiné, mais leur déploiement d’énergie a eu une efficacité très limitée.
Commentaires d’après-match
Josef Jandač (entraîneur de la République tchèque) : « C’était un match avec du mouvement et du combat. Il nous a manqué du talent dans la finition et plus de présence devant la cage, surtout en powerplay. Nous avons essayé de calmer les joueurs, mais il y a toujours un petit peu de tension. Nous avons des joueurs relativement jeunes, oui, mais pour moi, un jeune est un gars de 1996-1997. Ceux qui ont 25 ans ne le sont plus, ils doivent tirer fermement les rênes. Je ne veux pas trop évaluer les individualités, mais j’ai apprécié la première ligne [Kaše-Musil-Lenc]. Ce sont eux qui jouaient le mieux au hockey, qui géraient mieux le palet. Les autres lignes avaient plus un jeu de guerriers. Kaše est un très bon jeune, un peu petit mais technique. Il a eu de belles occasions dans la première moitié du match, même s’il ne les a pas concrétisées. »
République Tchèque – Slovaquie 0-2 (0-1, 0-0, 0-1)
Mercredi 23 août 2017 à 17h00 à la Werk Arena de Trinec. 4914 spectateurs.
Arbitrage de Robin Šír et René Hradil (TCH) assistés de Jiří Gebauer et Vít Lederer (TCH).
Pénalités : République Tchèque 4′ (2′, 2′, 0′), Slovaquie 10′ (4′, 4′, 2′).
Tirs : République Tchèque 34 (16, 10, 8), Slovaquie 21 (7, 4, 10).
Évolution du score
0-1 à 04’55 » : Paulovič assisté de Sukeľ
0-2 à 58’52 » : Svitana assisté de Hudáček (cage vide)
République Tchèque
Attaquants :
Radan Lenc (C, -1) – Pavel Musil (-1) – David Kaše (-1)
Petr Straka – David Stach – Miroslav Indrák
Dominik Uher – Jakub Herman (2′) – Martin Hanzl
David Šťastný (-1) – David Tomášek (-1) – Vojtěch Tomeček (-2)
Défenseurs :
Libor Šulák (-1) – Tomáš Dvořák (-1)
Lukáš Klok – David Sklenička
David Musil (2′) – Filip Pyrochta
David Němeček (-1) – Petr Kalina (-1)
Gardien :
Patrik Bartošák [sorti de 58’26 » à 58’52 »]
Remplaçant : Miroslav Svoboda (G).
Slovaquie
Attaquants :
Ladislav Nagy (C) – Marek Hovorka – Andrej Kudrna
Radoslav Tybor (2′) – Libor Hudáček (+1, 2′) – Patrik Svitana (+1)
Dávid Buc – Marek Zagrapan (2′) – Radoslav Macík
Patrik Koyš (+1) – Matúš Sukeľ (+1, 2′) – Matej Paulovič (+1)
Défenseurs :
Juraj Mikuš – Erik Černák (+1, 2′)
Martin Gernát (+1) – Peter Čerešnák
Oldrich Kotvan – Matúš Holenda
Ján Brejčák (+2) – Ladislav Romančík (+1)
Gardien :
Branislav Konrád
Remplaçant : Tomáš Tomek (G).