Derby parmi les derbies pour les Alsaciens, cette rencontre de pré-saison est dans le prolongement de deux bonnes semaines de préparation physique pour les deux protagonistes, dont l’effectif a été bien renouvelé durant l’été.
Les quelques rencontres disputées par chacun d’eux sont assez mitigées. Les deux équipes ont disputé chacune le même tournoi de Trencin en Slovaquie, avec trois défaites pour Strasbourg, deux pour Mulhouse et une difficile victoire… contre Strasbourg justement. Puis Mulhouse vient de survoler, le weekend dernier, son « Summer » tournoi contre Morges et l’équipe de France U20, alors que dans le même temps, Strasbourg a perdu deux rencontres contre le rival spinalien.
La dynamique bas-rhinoise est donc laborieuse à se mettre en marche. Qui plus est, ce soir, l’Étoile Noire se déplace sans quatre de ses cadres, à savoir Grof, Nikkilä, Boström et Trudeau, visiblement blessés, soit rien de moins qu’une grosse ligne d’attaque. La mission s’annonce donc difficile pour elle, face à l’escouade mulhousienne quasi-complète (il ne manque chez eux que le défenseur Hubert Genest).
Pas besoin de rédiger des pages au sujet de cette rencontre dont le seul enjeu est de tester les schémas travaillés aux entraînements. Le premier tiers résume très bien la tendance à ce moment de la saison : Mulhouse est déjà très très vif sur le palet, évolue avec quatre lignes offensives sensiblement homogènes, qui se trouvent bien et qui pressent physiquement et sensiblement haut leur adversaire, de nature déjà affaiblie par quatre « grosses » absences.
Les locaux ouvrent le score sur leur premier tir, lors d’une combinaison à trois conclue de près par Milan Jurik (1-0 à 2’07 »). Les hostilités ont commencé, et Strasbourg n’est déjà pas en mesure d’y répondre, trop empêtré pour sortir proprement de sa zone, même lors de deux supériorités où Sébastien Raibon ne verra pourtant pas grand chose arriver devant son but. Le Tchèque Tomas Rubes, pourtant derrière la cage de Gilles Beck, double la mise en fin de période lors d’un ricochet heureux sur le bras de l’infortuné gardien (2-0 à 16’34 ») lors d’une installation ultra-rapide, après que Strasbourg a eu toutes les peines du monde à gérer un nouvel avantage en sa faveur. Et on se demande, devant la physionomie ultra-dominatrice des locaux, où en sera le score en fin de match.
Pourtant le retour des vestiaires laisse envisager un mieux pour les visiteurs : est-ce que Mulhouse a desserré l’étreinte ? Est-ce que Dan Bourdages a rouspété bien fort ? Toujours est-il que la partie est plus équilibrée, plus cadenassée aussi, car les deux protagonistes neutralisent « au milieu ». Strasbourg, quoique plus déterminé, est tout de même encore souvent en retard sur les actions, et ne peut que commettre des fautes pour retarder l’échéance. S’ensuivent quatre infériorités mieux « gérées », malgré un poteau de Rolands Vigners (26’31 ») ou ce grand écart de Beck qui sauve sa cage grande ouverte (34’04 »).
La dernière période voit des Bas-Rhinois privés d’un défenseur (Edgars Dikis) mais encore plus déterminés puisqu’ils poussent plus haut et plus efficacement devant Raibon, enfin à l’oeuvre face à Frédéric Bergeron puis Michal Duras. C’est pourtant Rubes qui triple le score d’une feinte de près (3-0 à 44’03 ») lors d’une hésitation des noirs et jaunes. Nouvelle hésitation des Strasbourgeois pourtant en zone mulhousienne, et c’est la doublette Treille-Bruijsten qui remonte turbo vers Beck, le Néerlandais se chargeant de la sentence (4-0 à 49’26 »), peu de temps après qu’Anton Östman a buté, lui aussi, sur le poteau (47’01 »). La partie devient longue à gérer pour les jeunes Strasbourgeois, au four et au moulin lors de ces vingt dernières minutes. Mulhouse remonte alors plus hardiment vers la cage adverse et ne la quitte quasiment plus, Jurik se chargeant de clore le score sur une nouvelle combinaison rapide de sa ligne (5-0 à 59’22 »).
Il est donc difficile de juger la valeur des équipes sur cette partie, jouée sans enjeu particulier et pas forcément dans une configuration optimale.
Mulhouse semble déjà bien rodé, notamment devant. On joue vite, on se trouve bien, on presse haut et on tire au but dès que possible, le tout grâce à quatre lignes imaginatives et relativement homogènes. Derrière, on essaie de contenir au maximum en entrée de zone, tout en appuyant les relances, à l’image de Michal Seda, par exemple. La tactique est donc agréable à regarder. Reste à savoir ce que vaudra ce schéma au cours d’une saison qui s’annonce longue, et face à des adversaires qui opposeront un hockey tout aussi agressif (dans le bon sens du terme) et vif, voire encore plus intense.
Pour Strasbourg, on ne ne peut penser que la saison se résumera à cette partie. Peu de percussion offensive, peu de solutions et de présence devant le gardien adverse, peu de tirs, même de la bleue, et même en supériorité. Il est à souhaiter que les quatre blessés, une fois revenus, sauront apporter un net gain dans la production offensive notamment. Derrière, il sera souhaitable qu’un patron se détache afin de reconcentrer les trois lignes devant la cage de Jan Chabera (qui est resté sur le banc durant toute la partie).
Pourtant, tout n’est pas noir non plus. Le match a ainsi permis de mettre en valeur la vivacité et le volontarisme des Chapuis ou Brenton, ou la prise de responsabilités des Dikis, Burgert, Morillon ou Maxence Leroux, et d’une façon générale des jeunes pousses de l’équipe. Sans oublier un Gilles Beck pas si rouillé que ça, notamment de la mitaine.
On peut donc raisonnablement penser qu’une partie des explications de ce mauvais match tient en un « coup de mou » consécutif à la préparation physique intensive, en complément d’absences préjudiciables de certains « cadres ». Il est d’ailleurs souhaitable pour le club de ne pas enchaîner ce genre de prestations, sous peine de vivre une saison calvaire.
Mulhouse – Strasbourg 5-0 (2-0, 0-0, 3-0)
Mercredi 30 août 2017 à 19h30 à la patinoire de l’Illberg. 515 spectateurs
Arbitrage de Damien Bliek assisté de Justin Chouleur et Yann Furet.
Pénalités : Mulhouse 18′ (6′, 2’+10′, 0′) ; Strasbourg 16′ (6′, 8′, 2′).
Tirs : Mulhouse 32 (8, 9, 15) ; Strasbourg 12 (3, 2, 7).
Évolution du score :
1-0 à 02’07 » : Jurik assisté de Vigners et Sevcenko (sup. num.)
2-0 à 16’36 » : Rubes
3-0 à 44’03 » : Rubes assisté de Rioux
4-0 à 49’26 » : Bruijsten
5-0 à 59’22 » : Jurik assisté de Vigners et Sevcenko (sup. num.)
Mulhouse
Attaquants :
Yorick Treille (A) – Branislav Rehus – Kevin Bruijsten
Axel Rioux – Tomas Rubes – Adam Havlik
Arturs Sevcenko – Milan Jurik (A) – Rolands Vigners
Bryan Ten Braak puis Jérémy Ares – Raphaël Papa – Anton Östman
Kenny Martin (en supériorité numérique)
Défenseurs :
Andrei Esipov, Hugues Cruchandeau (C), Benoît Quessandier, Maxime Suzzarini, Théo Lanvers, Michal Seda
Gardien :
Sébastien Raibon
Remplaçant : Jiri Blazek (G). Absent : Hubert Genest.
Strasbourg
Attaquants :
Romain Chapuis – Frédéric Bergeron – Michal Duras
Mathew Brenton – Maxence Leroux – Julien Burgert (C)
Paul Schmitt – Thomas Mathieu – Loup Benoit
Samuel Rousseau – Valérian Mathieu – Maxime Leroux
Défenseurs :
Edgars Dikis – Colin Morillon
Loïc Chapelier – Jakob Sulc
Zach Josepher – Maxime Deplanque
puis Aurélien Chausserie-Laprée et rotation à la blessure de Dikis
Gardien :
Gilles Beck
Remplaçant : Jan Chabera (G). Absents : Jakob Grof, Linus Boström, Roope Nikkilä, Sébastien Trudeau (blessés).