Depuis qu’il est en poste, le sélectionneur russe Oleg Znarok n’a gagné qu’une compétition internationale sur cinq – un ratio inférieur à ses prédécesseurs – et trois des quatre éliminations sont survenues aux dépens du Canada. Même s’il fait mine d’en faire peu de cas, il sait qu’on lui reproche son insuccès contre cet adversaire majeur. C’est la dernière chance de le battre avant les Jeux Olympiques.
Le palais de glace VTB de Moscou est rempli et le marché noir bat son plein à l’extérieur pour faire grimper le prix des billets. Peu importe la composition de ces Canadiens très « KHL », la majorité des spectateurs n’en a cure. L’affiche Russie-Canada est toujours celle qui compte le plus.
Dans les faits, le match s’avère aussi un vrai test pour l’équipe russe. Znarok avait annoncé travailler les mises au jeu à presque chaque entraînement ? Les Canadiens remportent presque tous les engagements en première période… Ils pratiquent aussi un forechecking à deux, qui pousse les Russes dans leurs retranchements et montre leurs limites : Lyubushkin (le seul joueur de champ à ne pas jouer au SKA ou au CSKA) a du mal à relancer proprement, Grigorenko ou Shalunov ne paraissent pas suivre le rythme.
La domination territoriale du Canada est donc nette au début du match. Pour maintenir le score vierge, il faut un très bon réflexe de la jambière de Koshechkin, alors qu’il paraissait battu sur un tour de cage de Linden Vey après sept minutes. Parenteau est pénalisé peu après, mais l’occasion est gâchée quand Vadim Shipachyov se fait expulser pour une charge dans le dos sur Eric O’Dell. Avec un centre renvoyé aux vestiaires, Znarok doit corriger ses unités d’avantage numérique qui sont à la peine.
Bien qu’il ait joué la veille et soit constitué de joueurs plus âgés, le Canada continue d’imposer son rythme au deuxième tiers-temps. La Russie tient essentiellement par son gardien Vassili Koshechkin, qui paraît revenu à son meilleur niveau. Il joue aujourd’hui comme un véritable numéro 1 aux Jeux olympiques, alors qu’il jouait avec l’équipe B le mois dernier ! Lorsqu’il est confronté à des lancers lointains et à mi-distance, derrière une défense bien groupée, il sait utiliser son gabarit de géant.
En début de troisième période, le jeu de puissance russe ne trouve toujours pas de solutions à travers une boîte canadienne très serrée, mais il fait preuve de patience et s’adapte. Nikita Gusev sert alors en retrait Nikita Nesterov qui s’avance en haut du cercle gauche pour un lancer puissant (1-0). Sept minutes plus tard, Sergei Plotnikov double la mise par un 2 contre 1 supersonique avec Vladislav Gavrikov (2-0). La Russie remporte donc une victoire longue à se dessiner.
Le Canada peut s’inquiéter de son inefficacité offensive. En 6 matches internationaux, il n’a marqué que 11 buts, dont 4 contre la Corée. Willie Desjardins a sans cesse testé de nouvelles lignes mais n’a pas semblé trouver de formule magique. Son équipe ira aux JO sans grande confiance offensive, et sans faire peur maintenant que les Tchèques et les Russes ont chacun vaincu leur ancienne bête noire.
Commentaires d’après-match
Sergei Plotnikov (attaquant de la Russie) : « Oui, c’est très bien avant les Jeux olympiques. Nous savons que nous pouvons les battre, et je pense que nous jouerons encore mieux à l’avenir. Nous n’étions pas prêts au début. Peut-être est-ce parce que c’était le Canada, certains étaient un peu effrayés. Nous nous sommes améliorés au cours du match, mais cela aurait été plus facile de jouer pleinement dès le début. Heureusement que notre gardien nous a aidés pendant la première moitié du match. »
Marc-André Gragnani (défenseur du Canada) : « C’était un match très intéressant, les deux équipes auraient pu gagner. La Russie a concrétisé en avantage numérique, pas nous. Le faible nombre de buts inscrits vient du faut que nous avons peu joué ensemble, nous devrons travailler avant les Jeux olympiques. Ce sont notre principal objectif. Le Canada est un pays de hockey, les gens regarderont le tournoi même pendant la la saison NHL. Notre performance sera très importante pour eux, car nous défendrons l’honneur de notre pays. »
Russie – Canada 2-0 (0-0, 0-0, 2-0)
Samedi 16 décembre 2017 à 17h00 au Palais de glace VTB de Moscou. 12680 spectateurs.
Arbitrage de Pavel Hodek et Jan Hribik (TCH) assistés de Gleb Lazarov et Aleksandr Otmakhov (RUS).
Pénalités : Russie 33′ (4’+5’+20′, 0′, 4′) ; Canada 16′ (8′, 4′, 4′).
Tirs : Russie 20 (5, 7, 8) ; Canada 38 (16, 14, 8).
Évolution du score :
1-0 à 42’24 : Nesterov assisté de Gusev et Grigorenko (sup. num.)
2-0 à 49’23 : Plotnikov assisté de Gavrikov
Russie
Attaquants :
Ilya Kovalchuk (C, +1) – Maksim Shalunov – Mikhail Grigorenko
Sergei Kalinin (+1, 2′) – Sergei Andronov (A) – Sergei Plotnikov (+1)
Nikita Gusev – Vadim Shipachyov (5’+20′) – Kirill Kaprizov
Valeri Nichushkin – Ilya Kablukov – Evgeni Ketov
Sergei Shirokov (A)
Défenseurs :
Vladislav Gavrikov (+1) – Vyacheslav Voinov (+1)
Bogdan Kiselevich – Dinar Khafizullin (2′)
Nikita Nesterov – Aleksei Marchenko (2′)
Yegor Yakovlev (2′) – Ilya Lyubushkin
Gardien :
Vassili Koshechkin
Remplaçant : Ilya Sorokin (G). En réserve : Igor Shestyorkin (G), Anton Belov, Artyom Zub (D), Ivan Telegin (A).
Canada
Attaquants :
René Bourque (A) – Derek Roy (A) – Brandon Kozun (2′)
Wojtek Wolski – Matt Ellison (4′) – Pierre-Alexandre Parenteau (2′)
Maxime Talbot – Linden Vey – Quinton Howden
Ryan Garbutt (-1) – Eric O’Dell (-1, 2′) – Rob Klinkhammer (-1)
Matt Frattin (2′), Taylor Beck
Défenseurs :
Chris Lee (C) – Mat Robinson
Chay Genoway (-1) – Maxim Noreau (2′)
Marc-André Gragnani – Stefan Elliott (-1)
Shawn Lalonde (2′)
Gardien
Ben Scrivens [sorti à 58’38 »]
Remplaçant : Barry Brust (G). En réserve : Simon Després (D), Teddy Purcell (A).