Battue aux tirs au but par les Danois et les Norvégiens, l’Allemagne a absolument besoin de points si elle veut encore poursuivre son objectif des quarts de finale. Il lui faut en décrocher face aux États-Unis, qu’elle a battus en 2016 puis en 2017. Sauf que les Américains font plus forte impression cette année.
Marco Sturm modifie ses lignes (Kahun remplace Plachta aux côtés de son ex-partenaire en junior Draisaitl) et change également de gardien : Timo Pielmeier, pas toujours très sûr, cède sa place à Niklas Treutle qui fait ses grands débuts en championnat du monde. Face à des joueurs de NHL, il espère se venger de sa courte expérience ratée dans la ligue nord-américaine il y a deux saisons (seulement 2 morceaux de match et 75% d’arrêts). Il a changé de statut cette saison en DEL, à 27 ans. Keith Kinkaid, très bon, est quant à lui indéboulonnable des cages américaines.
L’Allemagne entre bien dans le match. Elle tue une pénalité d’entrée et oblige Keith Kinkaid à deux bons arrêts en cinq minutes, face à un lancer de l’enclave de Markus Eisenschmid et à une déviation de Yasin Ehliz sur un tir de Kahun. La vitesse des États-Unis exploite néanmoins la moindre faille. En 2 contre 1 de Patrick Kane fait la passe à Alex DeBrincat, mais Niklas Treutle se déplace pour un bel arrêt du bout de la plaque. Le gardien de Nuremberg signe surtout une parade exceptionnele, de la crosse, en plongeant devant un rebond de Cam Atkinson après un premier tir d’Anders Lee, qui a volé le palet à Frederik Tiffels en zone neutre. Le jeu reste assez rythmé et la première période se termine avec une pénalité de Tage Thompson, qui enlève la crosse de Tiffels après s’être fait prendre le palet. Le centre de Leon Draisaitl trouve une déviation de Yannic Seidenberg au second poteau, dans un timing parfait mais à côté du but ouvert.
Dès le début du deuxième tiers-temps, Johnny Gaudreau dribble Manuel Wiederer qui le fait trébucher, mais le jeu de puissance américain ne fait encore rien de cette pénalité précoce. Par contre, Colin White s’échappe en solitaire à 5 contre 5, et Treutle signe son troisième arrêt décisif de la journée en bloquant de la botte gauche le palet qu’on voulait glisser entre ses jambes. Les supporters allemands scandent aussitôt son nom. Les États-Unis deviennent enfin dangereux pendant la prison de Tiffels, mais Treutle est en feu, de la mitaine devant Gaudreau et de la jambière devant Atkinson. L’Allemagne a un nouveau héros masqué !
Seul problème : jusqu’où l’Allemagne peut-elle accumuler les pénalités ? Jonas Müller frappe la crosse de Coleman en contre-attaque et, surtout, Daniel Pietta est sanctionné pour un coup de genou sévère car le choc paraissait involontaire et peu évitable. Le 5 contre 3 se déploie sous les sifflets nourris des supporters allemands et Patrick Kane reprend parfaitement, dans le haut du filet malgré l’angle fermé, la passe diagonale de Gaudreau (1-0). Les tribunes n’ont pas arrêté de siffler en continu en raison des décisions précédentes quand Moritz Müller accroche Larkin en zone offensive. Une pénalité si bête et indiscutable qu’elle provoque un moment de silence. Hager puis le duo Noebels-Pietta font du bon travail pour récupérer le palet et même porter le danger en zone offensive malgré l’infériorité, mais les États-Unis s’installent une troisième fois… Derek Ryan hérite d’un palet contré et ne manque pas la cage ouverte car Treutle est à terre (2-0).
Le bal des pénalités change alors de camp. Coleman accroche Hager en zone offensive. Un lancer de Kahun heurte le masque de Kinkaid. Sentant sa lanière défaite, le gardien américain secoue la tête jusqu’à ce que son masque tombe : les arbitres lui infligent une pénalité pour retard de jeu. Faut-il y voir de la compensation ? En tout cas l’Allemagne a 1’15 à 5 contre 3, mais elle tarde sans doute un peu à prendre des chances de lancer. Kinkaid bloque le tir à bout portant de Hager, tout comme Treutle arrête l’échappée solitaire de Dylan Larkin dans l’autre sens… On joue enfin à 5 contre 5 en fin de période, et Kinkaid réussit un double arrêt face à Uvira en pivot puis Krämmer au rebond.
Après s’être mise dans une situation défavorable en empilant les pénalités, l’Allemagne peut espérer se refaire en jouant au complet au dernier tiers-temps. Marc Michaelis, en pivot, n’arrive toutefois pas à lever le palet au-dessus de la botte de Kinkaid, couché sur le ventre. Les gardiens sont à la fête aujourd’hui et Treutle compense un jeu à la crosse mal assuré dans son enclave par une double parade spectaculaire de la mitaine face à Alex DeBrincat.
À dix minutes de la fin, Jonas Müller commet l’erreur fatale en ratant sa passe derrière la cage, que récupère Patrick Kane. Celui-ci sert alors en retrait Alex DeBrincat qui remporte son face-à-face avec Treutle (3-0).
Le seul enjeu résiduel est le second blanchissage de suite de Keith Kinkaid. Yannic Seidenberg arrive en plein élan au rebond mais bute lui aussi sur le portier. Un lancer dévié de Matthias Plachta depuis la ligne bleue fait allumer la lumière de but, mais l’arbitre étend les bras et fait signe de continuer le jeu : le ralenti lui donne raison à l’arrêt de jeu suivant, car le palet a seulement touché la transversale. Kinkaid garde donc sa cage inviolée.
L’Allemagne n’a pas à rougir de son match, et a fait bien meilleure figure que le Danemark face à ces mêmes Américains, mais son bilan comptable reste très maigre avec 2 points. Il lui reste maintenant à assurer son maintien mercredi face à la Corée du Sud. Un bien petit objectif pour rassasier une nation vice-championne olympique…
Désignés joueurs du match : Patrick Kane pour les États-Unis et Niklas Treutle pour l’Allemagne.
Commentaires d’après-match
Patrick Kane (attaquant des États-Unis) : « Je m’en suis voulu tout l’été de ne pas être venu l’an passé. »
Marco Sturm (entraîneur de l’Allemagne) : « L’engagement et la passion étaient présents. Nous nous sommes améliorés dans le jeu et nous avons eu plus confiance en nous. Contre une grosse nation comme les États-Unis, il faut aussi de la réussite. Il aurait été important de marquer le prelier but. Les Américains ont ensuite utilisé leur powerplay. Nous avons pris trop de pénalités inutiles. Niklas Treutle a mérité sa récompense, il a réalisé un super match. »
États-Unis – Allemagne 3-0 (0-0, 2-0, 1-0)
Lundi 7 mai 2017 à 16h15 à la Jyske Bank Boxen de Herning. 10301 spectateurs.
Arbitrage d’Antonin Jerabek (TCH) et Aleksi Rantala (FIN) assistés de Aleksandr Otmakhov (RUS) et Hannu Sormunen (FIN).
Pénalités : États-Unis 8′ (2′, 4′, 2′), Allemagne 12′ (2′, 10′, 0′).
Tirs : États-Unis 36 (11, 13, 12), Allemagne 24 (7, 8, 9).
Évolution du score :
1-0 à 30’02 : Kane assisté de Gaudreau et Atkinson (double sup. num.)
2-0 à 32’07 : Ryan assisté de Kane et Hughes (sup. num.)
3-0 à 50’38 : DeBrincat assisté de Kane
États-Unis
Attaquants :
Chris Kreider – Dylan Larkin (A) – Cam Atkinson
Alex DeBrincat (+1) – Blake Coleman (2′) [puis White à 15′] – Patrick Kane (C, +1)
Anders Lee – Derek Ryan – Johnny Gaudreau
Tage Thompson (2′) puis Sonny Milano à 18′ – Colin White (+1, 2′) [puis Coleman à 15′] – Brian Gibbons
Défenseurs :
Alec Martinez – Connor Murphy (A)
Will Butcher – Nick Jensen
Jordan Oesterle (+1) – Neal Pionk (+1)
Quinn Hughes
Gardien :
Keith Kinkaid (2′)
Remplaçant : Scott Darling (G).
Allemagne
Attaquants :
Yasin Ehliz – Dominik Kahun – Leon Draisaitl
Patrick Hager (A) – Matthias Plachta – Markus Eisenschmid
Marc Michaelis – Frederik Tiffels (2′) – Marcel Noebels
Sebastian Uvira (-1) – Daniel Pietta (2′) – Nicolas Krammer (-1)
Manuel Wiederer (-1, 2′)
Défenseurs :
Korbinian Holzer – Dennis Seidenberg (C, 2′)
Yannic Seidenberg – Moritz Müller (A, 2′)
Jonas Müller (-1, 2′) – Björn Krupp (-1)
Bernhard Ebner
Gardien :
Niklas Treutle
Remplaçant : Timo Pielmeier (G). En réserve : Oliver Mebus.