NB : cette équipe-type de septembre a exceptionnellement été étendue à la journée du 1er octobre afin de pouvoir être suffisamment représentative avec au moins trois matches joués pour chaque équipe.
Ce début de saison aura permis à des joueurs habituellement dans l’ombre de s’illustrer. C’est le cas de Vincent Nesa qui s’est retrouvé en haut des compteurs de la Ligue Magnus alors qu’il avait longtemps été cantonné à de tâches défensives, utile dans le jeu sans palet par sa vitesse. Le petit ailier de 1m72 a fait un gros travail de préparation physique pour franchir un palier à 25 ans. Plus fort dans les duels, plus solide donc dans la possession, il a fini par gagner sa place dans le top-6 offensif des Dragons de Rouen où il a distribué de bons palets, en particulier au finisseur David Gilbert. Ses huit points ont tous été inscrits à égalité numérique, et pour cause puisque le Francilien longtemps étiqueté spécialiste d’infériorité numérique ne joue normalement jamais en jeu de puissance. Il vient de faire ses premières apparitions en avantage numérique de sa carrière senior lors du récent déplacement à Mulhouse (parce que Guttig était absent sur blessure).
Si Nesa a quitté la troisième ligne après les deux premières rencontres, Peter Valier y est resté. On ne s’en étonnera pas puisque le troisième trio des Brûleurs de Loups de Grenoble a aussi été le plus productif. Depuis deux ans qu’il est à Grenoble, Valier avait donné le sentiment d’être en dessous de son plein potentiel. Il semble bénéficier du hockey plus constructif mis en place par le nouvel entraîneur finlandais Jyrki Aho. Tranchant dans ses percées et ses débordements, Valier se montre collectif avec ses 7 assistances et sa ligne avec Dylan Fabre et Adel Koudri fonctionne parfaitement. Il est aussi plus discipliné et n’a pas encore pris la moindre pénalité.
Le centre le plus efficace offensivement de ce début de saison de Ligue Magnus est Steven Owre, auteur de 7 points (3+4) et d’une fiche de +7. L’habile technicien canadien aux passes magistrales a formé un duo dévastateur avec un Pierre-Charles Hordelalay redoutable de précision. Ce tandem a contribué si fort aux deux premiers succès éclatants des Jokers que ceux-ci ont paru un peu dépendants de ces deux hommes et sont à la recherche d’un nouvel équilibre. Une réserve toutefois sur Owre, son pourcentage catastrophique aux engagements (27%).
L’autre nouveau venu dans la ligue est Kevin Spinozzi, pas totalement inconnu en France néanmoins du fait de son passage en junior par Amiens. Ce défenseur offensif démontre qu’il sait monter au bon moment pour recevoir de bons palets et les envoyer au fond. Il a déjà inscrit trois buts en quatre rencontres. Il a aussi une fiche positive (+2) alors même qu’il est apparié avec l’inexpérimenté Bastien Lemaître, qui n’avait fait jusqu’ici qu’une dizaine d’apparitions en Ligue Magnus. Il joue donc déjà un rôle de cadre dans la jeune équipe bordelaise. En parlant de cadre, qui de mieux que le capitaine Patrick Coulombe pour incarner la force du collectif angevin ? Le vétéran canadien répond toujours présent quand le niveau s’élève et parvient à s’imposer dans les bandes malgré sa petite taille (175 cm).
Aucune hésitation dans les cages : Julian Junca a bien mérité sa première sélection dans l’équipe-type. Il ne jouait pas assez souvent par mois pour y avoir droit quand il alternait dans la cage bordelaise, et il a eu trop peu d’occasions dans la dernière saison tronquée. Mais ce début de saison parfait avec 94,8% d’arrêts propulse Gap en tête du championnat et Junca devant notre filet virtuel. Même s’il n’a pas lien avec le club (il a grandi de l’autre côté de la frontière espagnole à Puigcerdà), la sélection de ce gardien pyrénéen est aussi l’occasion de saluer Font-Romeu où le hockey sur glace risque de disparaître et a besoin de votre soutien.
L’équipe-type de septembre 2021 : Julian Junca (Gap) / Patrick Coulombe (Angers) – Kevin Spinozzi (Bordeaux) / Peter Valier (Grenoble) – Steven Owre (Cergy) – Vincent Nesa (Rouen).