Colmar – Strasbourg (Coupe de France, 1er tour)

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Ce premier tour de Coupe présentait une majorité de clubs en mal de compétition puisque, hormis les rares clubs de D3, ceux des Divisions 1 et 2 ne commenceront leur saison régulière que la semaine prochaine. Si Strasbourg a pu s’échauffer et tester son effectif depuis un mois (avec deux défaites aux forceps contre le rival magnusien Mulhouse puis deux autres de rang contre Dunkerque), Colmar est nettement moins rodé, faute de matchs de préparation.

Colmar présente depuis deux saisons un visage relativement innovant puisqu’il est essentiellement composé de juniors mulhousiens et strasbourgeois qui peuvent ainsi disposer de davantage de matchs pour s’aguerrir, le tout encadré par les deux cadres « maison » que sont Maxime Mathieu et Julien Burgert (revenu pas loin de son bercail d’origine, Turckheim en périphérie de Colmar). Les Titans vérifient ainsi le concept mis en place il y a déjà 4 ans de cela par la présidente actuelle, Christine Lejeune, à savoir offrir un débouché compétitif aux locaux, après leur passage en U15. Le concept tripartite Colmar-Mulhouse-Strasbourg n’est cependant pas figé dans sa présentation, son effectif fluctuant selon les enjeux hebdomadaires de chacun des 3 clubs (et même 4 avec la réserve D3 de Strasbourg). Pour ce match, on aura cependant noté que la partie allait fortement ressembler à un duel entre Strasbourgeois (l’équipe fanion contre sa réserve).

Une réserve qui se fait littéralement étouffer durant le premier tiers. Non pas que la « une » tire tous azimuts d’ailleurs. Mais l’Étoile Noire écrase territorialement son adversaire, en le repoussant quasi-systématiquement dans sa zone défensive. C’est Eliot Weber qui ouvre le bal d’un tir sous la barre d’Isaac Charpentier (1-0 à 2’50). Michal Duras conclut d’une belle reprise en tir tendu une action turbo lancée par Nathan Hudgin (2-0 à 4’18). Alejandro Burgos prend le relais, lumineusement lancé par Yssah Mensah (3-0 à 9’36), avant que Léopold Beckmann n’y aille de son petit exploit personnel face à la meute stationnée devant la cage locale (4-0 à 10’17) puis que Hudgin gagne son duel face à l’infortuné gardien colmarien (5-0 à 11’45).

Cela commence à faire beaucoup en peu de temps pour Colmar, et on commence à craindre que les noir et rouge prennent cher face à leur adversaire, visiblement décidé à honorer son statut de favori. Pourtant, leur étreinte se relâche en cette fin de tiers, jouée tambour battant et sans trop de fautes, sans toutefois que les Titans puissent vraiment chauffer Tomas Hiadlovsky.

Le retour des vestiaires semble un peu plus mou pour les visiteurs, que l’on sent moins pressants. Ce qui n’empêche pas Duras de scorer une nouvelle fois en reprise, sur un tir net et tendu à mi-distance (6-0 à 24’03). Dans la foulée, Théo Lobstein rate successivement deux grosses occasions de près (25’19 puis 25’30) devant la cage de Charpentier, au four et au moulin. Son adversaire haut-rhinois Alexis Hermant redonne un peu d’air aux locaux, sur une mauvaise relance strasbourgeoise en plein axe (6-1 à 26’21), mais Duras se charge de prendre de vitesse la défense haut-rhinoise pour remettre de la distance dans le score (7-1 à 32’11). Le jeu perd progressivement de son intensité, offrant aux Titans un peu plus d’espace pour approcher la cage bas-rhinoise, sans que Hiadlovsky ait vraiment à s’employer pour garder sa cage. C’est même Louis Olive qui conclut la période, lors d’une nouvelle et rapide remontée de son alignement (8-1 à 37’16). Colmar continue de boire la tasse, même si le pressing de ses opposants perd en intensité.

Des opposants qui seront peut être ensuite déconcentrés par le problème de surfaçage lors de l’intermède. Une grosse flaque d’eau est présente dans la zone centrale : peut-on la reboucher ? La question semble se poser durant 40 bonnes minutes, le temps au personnel technique de s’employer à résoudre l’incident. Finalement, la glace est de nouveau disponible, mais les organismes se sont refroidis.

strasbourg

On le voit au retour sur la glace. Colmar presse plus hardiment les Strasbourgeois, peut-être moins enclins à faire l’effort alors que l’écart au score est déjà conséquent. Une première alerte est donnée par « bolide » Goncalvès (45’32) face à Arthur Krauss, rentré à la place de Hiadlovsky au retour des vestiaires. Théo Perrenoud exploite ensuite une hésitation de la défense strasbourgeoise (2-8 à 47’26). Dans la foulée, Krauss s’emploie de la mitaine face à Hermant (49’57) mais se retrouve blousé par le rebond haut exploité de façon hardie par Julien Burgert (3-8 à 53’53). Un breakaway infructueux d’Enzo Labat (56’19) réveille quelque peu les Strasbourgeois engourdis, et Charlie Roy, en exploitant un rebond (3-9 à 58’10), recentre ses coéquipiers, avant que Colmar ne clôture le score, par l’intermédiaire de Burgert, opportuniste à exploiter une nouvelle mauvaise relance plein axe de ses anciens partenaires (4-9 à 58’41). La défaite prend une tournure plus honorable pour les Titans, qui ont su redresser la tête lors de ce dernier tiers.

Strasbourg a donc honoré son statut de favori. L’issue du premier tiers laissait craindre une piquette pour leurs hôtes haut-rhinois, mais la physionomie des deux suivants ont montré une Étoile Noire plus prudente et plus avare de ses efforts, malgré quelques rapides piques lancées avec succès.

Il serait cependant prématuré de tirer des enseignements de cette rencontre tant les deux protagonistes étaient encore en phase de rodage. Un rodage collectif tout relatif d’ailleurs, puisque la grande majorité des deux équipes est fréquemment amenée à s’entraîner ensemble.
Strasbourg semble disposer, comme les deux précédentes saisons, de deux premières lignes compétitives, emmenées par leur capitaine quadra, Michal Duras, toujours aussi alerte et entreprenant. La relève montre, elle, de belles dispositions d’enthousiasme et d’énergie, même si l’on note encore de nombreux moments de naïveté et de déconcentration, notamment en zone défensive.

Colmar, essentiellement composé de cette jeunesse, est donc aussi affecté par ces caractéristiques. L’objectif principal des Titans étant avant tout d’éviter la relégation, il sera donc très important de rester concentrés le plus longtemps possible, notamment devant sa propre zone, afin de garder le gain des matchs clés, et éventuellement de créer la surprise ailleurs.

Colmar – Strasbourg 4-9 (0-5, 1-3, 3-1)
Samedi 2 octobre 2021 à 20h00 à la patinoire de Colmar. Environ 250 spectateurs.
Arbitrage de M. Geoffroy assisté de MM. Chouleur et Kirchenbaum.
Pénalités : Colmar 10′ (6′, 2′, 2′) ; Strasbourg 6′ (2′, 2′, 2′).
Tirs : Colmar 24 (4, 6, 14) ; Strasbourg 27 (11, 7, 9).

Évolution du score :
0-1 à 02’50 : Weber assisté de Delatour
0-2 à 04’18 : Duras assisté de Hudgin
0-3 à 09’36 : Burgos assisté de Mensah
0-4 à 10’17 : Beckmann
0-5 à 11’45 : Hudgin
0-6 à 24’03 : Duras assisté de Hoehe (sup. num.)
1-6 à 26’21 : Hermant assisté de Vinals
1-7 à 32’11 : Duras assisté de Hudgin
1-8 à 37’16 : Olive assisté de Burgos
2-8 à 47’26 : T. Perrenoud assisté de Benzaïd
3-8 à 53’53 : Burgert assisté de Mathieu (sup. num.)
3-9 à 58’10 : Roy assisté de Burgos (sup. num.)
4-9 à 58’41 : Burgert

Colmar

Attaquants :
Jonas Bourdages – Maxime Mathieu (C) – Julien Burgert (A)
Enzo Poirot – Alexandre Goncalvès (A) – Alexis Hermant
Ludovic Vinals – Mathis Joly – Enzo Labat
Théo Perrenoud – Adam Benzaïd – Quentin Borg

Défenseurs :
Thibaut Le Nagard – Lélian Vix
Ivan Esipov – Félix Rousseau
Joachim Sonnet – Raphaël Brites

Gardien :
Isaac Charpentier puis Fabien Glachant à 33’23

Strasbourg

Attaquants :
Michal Duras (C) – Nathan Hudgin – Sébastien Trudeau (A)
Yssah Mensah – Alejandro Burgos – Louis Olive
Colin Delatour – Arthur Pousse – Philéas Perrenoud
Theo Lobstein – Flavien Fondadouze – Paul Fillod

Défenseurs :
Charlie Roy – Eliot Weber
Thomas Giorgi – Milo Avoine
Pierrick Hoehe (A) – Léopold Beckmann

Gardien :
Tomas Hiadlovsky puis Arthur Krauss à 40’00

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