Laurent Bellet est le commentateur attitré du hockey sur glace sur France Télévisions depuis plus de trente ans.
– Avec Laurent Meunier, faute de joueurs ou d’arbitres, vous étiez finalement les seuls représentants du hockey français aux Jeux olympiques ?
Malheureusement, c’est un peu une constante pour moi. J’ai connu les JO avec l’équipe de France depuis Calgary (1988), mais depuis sa dernière participation en 2002, je suis souvent le seul Français, avec mon confrère Thierry Adam à l’époque. Je préfèrerais bien sûr qu’il y ait plus de médias français.
J’ai vu l’environnement évoluer. De plus en plus de médias s’intéressent au triptyque une compétition – un pays – un drapeau. Quand j’ai débuté, il y avait une plus grande curiosité vis-à-vis de l’exploit sportif. La place du hockey sur glace était plus importante. Plein de collègues venaient nous voir au hockey car c’est spectaculaire. Cela existe toujours, Nelson Monfort et Philippe Candeloro nous ont rendu visite pendant les JO, mais cela change un peu.
J’ai parfois l’impression qu’une carrière de journaliste se fait aujourd’hui au nombre de médailles. Quand la France gagne, c’est comme si le journaliste qui la suit était champion du monde. Je n’ai jamais considéré pour ma part, quand l’équipe de France gagnait, avoir une part dans la victoire. Mais aujourd’hui, si tu gagnes, tu es un peu la vedette de la rédaction.
– La passion du hockey reste plus forte pour ne pas céder à cette mode ?
C’est sûr que j’ai baigné petit dans le hockey. J’ai pris ma première licence en 1966, j’ai été champion de France junior en 1979 avec Gap en compagnie de Thierry Chaix, actuel patron des Dragons, et de Bruno Saunier, futur joueur de l’équipe de France. Je viens donc d’une ville de hockey où la question du développement ne se pose pas, puis une ville plus grande, Bordeaux, au moment où ça décollait un peu.
J’ai été joueur à Bordeaux avec Patrick Francheterre et Bernard Bonnarme puis j’ai coaché un an avant d’accompagner le club à la radio puis à la télévision (FR3 Aquitaine). J’ai modestement participé à cette période où il y avait 2500 personnes dans la patinoire. Aujourd’hui, le travail du président Parienty et de Stephan Tartari profite de cet héritage.
– Quelles sont les clés pour commenter un match de hockey sur glace en direct ?
Le commentaire en direct est quelque chose que j’ai toujours aimé. J’ai commenté plus de 1200 matches de rugby et je considère que ce sont des sports où on doit assurer le descriptif, on ne peut pas se permettre beaucoup de digressions comme dans le cyclisme. Il n’y a rien de pire que deux commentateurs qui parlent d’autre chose, tu te dis « ils se font vraiment chier », je l’ai déjà vécu. Je ne survends pas, je vois quand un match est moyen.
Les gens ne peuvent aimer que ce qu’ils comprennent. Je dis toujours que le hockey, ce n’est pas compliqué, il y a deux règles, le hors-jeu et le dégagement interdit. Au rugby, l’arbitre est prépondérant sur le résultat. C’est moins le cas au hockey, surtout quand les arbitres laissent jouer comme dans ce tournoi olympique, même si les charges dans le dos sont systématiquement sanctionnées, ce qui est normal.
Il faut coller à ce qui se passe, et le hockey est exigeant pour voir si tu es toujours dedans. Lors de la finale féminine des JO, un but canadien est refusé. Sur l’entrée de zone, je vois le hors-jeu. Quand tu as l’habitude de voir du hockey, c’est une chose naturelle. Un sport, c’est un peu comme une langue étrangère : si tu la pratiques, tu en connais les codes. On voit quand une équipe laisse un peu trop sa zone. Quand une action sort de l’ordinaire, quand Slafkovsky sort son but en coin aux JO, évidemment on ne le voit pas venir, on entend juste le poteau.
Cela en déroutait certains à l’époque parce qu’avec Thierry on était deux commentateurs. Au départ, je donnais les explications en tant qu’ancien joueur, puis j’ai compris qu’il fallait rééquilibrer un peu. Aujourd’hui, je suis dans un format plus classique avec un consultant.
– Justement, comment s’est fait le choix de prendre Laurent Meunier ? Est-ce en échangeant avec lui sur le hockey que ses qualités de consultant transparaissaient ?
J’avais songé à d’autres personnes, Stéphane Barin par exemple, même si je ne lui avais pas proposé. D’abord, j’ai toujours un profond respect pour le joueur. Laurent Meunier, c’est 18 championnats du monde, dont 13 comme capitaine. Il a pris des coups dans la gueule, il a un niveau d’exigence très fort. L’équipe de France est longtemps restée au meilleur niveau quand il était là. Personnellement, je ne suis pas aveuglé par la Ligue Nationale. Oui, on y trouve les meilleurs joueurs au monde, mais pas seulement. À travers Laurent Meunier, c’est aussi un hommage rendu à Dave Henderson qui a fait beaucoup pour le hockey français.
J’avais fait une finale de Coupe de France avec Laurent Meunier, et ce n’était pas un grand souvenir. C’était Gap-Lyon, pas un match exceptionnel. Mais je pense que des anciens joueurs comme Laurent peuvent partager leur passion. C’est hyper facile avec lui, on a tout de suite eu une belle complicité. Et puis il aime déconner dans le bon sens du terme, on a pu s’amuser en dépit du caractère très contraignant de ces JO.
– À quel point ces contraintes sanitaires ont modifié l’expérience olympique par rapport aux autres éditions ?
J’avais compris avant de partir que l’on serait isolés. Nous logions dans un hôtel à 300-400 mètres du Nid d’oiseau [NDLR : le stade qui a accueilli les cérémonies d’ouverture et de clôture]. Celui-ci est dans le parc olympique avec le centre des médias, l’anneau de vitesse, et tout était isolé de Pékin. Mais je pensais que l’on serait dans le parc. En fait, l’hôtel était cerné d’une palissade de deux mètres environ, avec des guitounes où deux personnes nous surveillaient. Le Nid d’oiseau était à 4 minutes à pied, mais pour s’y rendre, il fallait prendre deux bus : d’abord une navette pour le centre des médias puis une seconde navette.
Nous n’avions aucun contact avec la population chinoise pour le coup ces JO n’ont pas été partagés. À l’hôtel, on avait trois clubs-sandwichs et deux bouillons qui se battaient en duel. Si on avait envie d’autre chose et qu’on voulait manger un bout, on devait prendre quatre bus.
– Pour autant vous avez pu inviter le président de l’IIHF Luc Tardif à l’antenne et évoqué vos échanges avec Larionov ?
Plein de médias n’étaient pas là, mais on a pu discuter avec les gars de la télévision russe qui étaient à 5 mètres de notre position. J’avais connu Larionov à Pyeongchang et il est très agréable. Luc Tardif est venu parfois avec nous, et il nous a dépannés pour les navettes, c’était plus facile de passer avec lui.
– Pouviez-vous approcher les joueurs et entraîneurs ?
Avec les athlètes eux-mêmes, nous n’avons pas eu de contacts. Je sais que Laurent voulait voir les joueurs suisses et notamment Kiki Mottet avec qui il a joué à Fribourg, mais je ne sais même pas s’il a pu le faire. La seule possibilité est de descendre rapidement en zone mixte après le match, c’est bien pour une interview si tu as un papier à faire mais ce n’est pas le lieu idéal pour discuter.
– J’ai apprécié le soin mis à essayer de prononcer correctement les noms étrangers, un effort que font trop peu les commentateurs français d’habitude.
Je ne dirais pas que je suis à 100% juste, mais ça fait partie du métier de travailler cela. Au rugby, j’ai l’habitude avec les Fidjiens. Quand tu as des noms longs, tu partages en deux et ça passe. Pendant ces JO, j’enchaînais trois matches, ça fait 138 joueurs. Je ne connais pas tout le monde. Je connais les Suisses, certains Canadiens parce que j’ai suivi un peu la KHL, mais je ne connaissais pas les Américains universitaires par exemple. Je me renseigne. Par exemple, j’ai demandé aux Suédois pour De La Rose, je me demandais comment ils le prononçaient, ils m’ont expliqué qu’ils disaient « Delaross ».
Dans tous les domaines, j’ai toujours essayé de faire les choses avec un peu d’exigence. Je ne suis pas un journaliste de fiches. Quand tu es dans tes fiches, tu ne suis pas le jeu. Mais pendant l’échauffement, je prends les lignes, ça aide. Tu vois les droitiers, les gauchers. Cela ne sert à rien de prendre l’antenne pour parler d’autre chose et dire but quand il y a but. C’est important de bien commenter. Le hockey, quand ça va vite, c’est hyper kiffant comme disent les jeunes.
Les prolongations à 3 contre 3 ont été un peu frustrantes. En NHL, ça peut être le feu parce qu’il n’y a pas d’enjeu, c’est juste 1 point de plus à prendre sur une saison de 82 matches. Là, l’enjeu a souvent pris le pas sur le spectacle, même s’il y a eu des rencontres spectaculaires comme entre Tchèques et Russes.
– Est-il possible d’enrayer cette tendance qui se fait au détriment du spectacle ?
On en a un peu parlé avec Igor Larionov, et quand il parle du hockey, on l’écoute. Il était inquiet, et il a raison. Le spectacle est difficile à saisir pour un néophyte. On se disait qu’il y a souvent plus de buts aujourd’hui au football qu’au hockey sur glace. Les joueurs bloquent un maximum de lancers, les gardiens sont gros, les équipements prennent de la place, les cages sont petites. Un jour peut-être qu’il faudra que l’IIHF se pose la question.
Je sais que, quand j’étais joueur, un bon match était un 2-1 ou un 3-2, alors qu’un 7-6 ce n’était pas bien. Mais on n’attire pas les mouches avec du vinaigre. Ce sont les buts qui arrêtent le spectateur et le téléspectateur néophyte. Les Finlandais avaient pour moi la meilleure équipe du tournoi, ils étaient bien coachés, ils bloquent les attaquants adverses en zone neutre, mais cela les oblige à un jeu un peu trop direct.
– La taille de la glace joue-t-elle un rôle ?
Je suis assez d’accord avec Luc Tardif quand il dit qu’il ne faut pas d’obligation, qu’il faut laisser la liberté entre 56 et 60 mètres de longueur et entre 26 et 30 mètres de largeur.
Cette surface de 60 x 26, Laurent aime bien, moi je ne suis pas contre. Quand il y a moins d’espaces, il faut être propre techniquement. La qualité technique s’en trouve renforcée. Avoir la maîtrise en dépit d’une pression de feu sur toi, c’est réservé aux grands joueurs. Le petit Manninen a été très bon pour la Finlande, et aussi Krejci pour les Tchèques.
– Vadim Shipachyov n’a pas du tout exprimé ses qualités techniques en revanche…
C’est une énigme. Il domine de manière effarante les compteurs de KHL. Mais le talent ne suffit pas, il faut aussi se la filer, des fois il ne faisait pas tellement les efforts. C’est sûr qu’il est talentueux, Stéphane Da Costa m’a dit que c’était un talent énorme. Mais dans ces tournois, c’est comme en playoffs, on joue un hockey d’urgence, et dans l’urgence il faut faire les choses bien. Quand il a un peu de temps, il arrive à faire de belles choses. Mais honnêtement, il est passé à côté. Pour moi, le souci est de l’avoir nommé capitaine car ton capitaine incarne quelque chose. Il était à l’image de la Russie qui en a arraché à chaque match.
– Quelle était l’opinion de Larionov à ce sujet ?
Selon Larionov, cette équipe manquait de talent. Je me souviens avoir dit dès 1998 que le hockey russe ressemble à la société russe, il est totalement bouleversé. Quand Krutov, Larionov et Makarov jouaient, avec Fetisov et Kasatonov, ils jouaient beaucoup avec des passes-abandons. Certes, on ne peut plus jouer de la sorte, le hockey va plus vite. Mais les Russes aujourd’hui jouent beaucoup plus nord-sud, ils ignorent parfois la préparation, alors que les Tchèques et les Slovaques ont encore quelque chose de différent. Des fois ils écartent bien, ils sont plus inventifs que les Russes, ils fabriquent des jeux sympas. La Russie base son jeu sur le système nord-américain, mais ce n’est pas suffisant. Les Suédois et les Finlandais sont extrêmement structurés, vertébrés, parfois trop pour la Suède qui a eu du mal à sortir du système.
– Alors que des matches du premier tour avaient été diffusés l’après-midi (en heure française) sur France Télévisions, les phases finales ne l’ont pas été : pourquoi ?
C’est simple : le dimanche au milieu des Jeux olympiques, on a appris la volonté de la chaîne de ne plus exposer du hockey sur glace en journée. Après les médailles en biathlon, le hockey avait connu une chute d’audience. Quand j’ai appris ça le dimanche soir, j’avoue que ça ne m’a pas fait plaisir. Je me suis organisé pour qu’on soit au moins très présent sur le numérique. La demi-finale Suède-Russie a battu le record de connexions de la diffusion numérique.
– Comment expliquer cette désaffection pour le hockey sur glace ?
Tu paies le fait de ne pas avoir les équipes de France. Les gens n’en voient jamais. J’avais grandi dans l’idée que le hockey serait le sport de l’an 2000, aujourd’hui cette vision a totalement disparu. À Paris, c’est un sport totalement exotique, c’est la seule grande capitale d’Europe sans patinoire. Ce que les gens ne voient pas n’existe pas. On arrive avec des audiences correctes mais il ne faut pas le faire que tous les quatre ans.
Les médailles sont réservées à 6-7 pays. Le hockey paie un peu son manque d’ambition. Même si on a un inconvénient géographique parce qu’elles sont dispersées, on a beaucoup de patinoires, bien plus que les Autrichiens et les Slovènes, et même autant que les Allemands. La question est d’arriver à être plus exigeant à 16 ans, à 18 ans, pour que nos équipes juniors restent en élite.
En 1968, la France a découvert le hockey aux JO de Grenoble. En 1992, elle a découvert l’équipe de France aux JO d’Albertville. Depuis, on a été vice-champion olympique de basket, champion du monde au hand je ne sais combien de fois, deux fois champion du monde au football. Le hockey est extrêmement déficitaire. Le hockey est fort là où le marché est développé, à Rouen, à Grenoble, à Angers. Il faut changer de braquet. Il faut que les présidents de clubs ne se disputent pas pour savoir qui ira en Coupe d’Europe, mais travaillent pour amener plus de gamins. Ce sont des choses toutes bêtes : dans une patinoire, j’ai entendu parler de zones où l’on travaille les lancers. En travaillant ça tout l’été, tu peux espérer que ton lancer ira dans le but adverse et pas dans le plexi.
Au début des années 1990, j’avais écrit dans un édito de Hockey Mag que le hockey est un sport formidable qui ne mérite pas l’indifférence. Hockey Archives est un site exceptionnel, mais il faudra un jour dépasser le cercle des passionnés. Il faut casser le plafond de verre. Il faut que le hockey raconte une histoire, il faut remobiliser.
Pour faire court, on manque un peu d’ambition. J’entends qu’on n’est pas un pays de hockey. Des joueurs, tu en as. Des patinoires, tu en as. Le hockey existe en France depuis plus de 100 ans. À Gap tu as une culture. À Bordeaux, il faut relancer la bête. Cergy ouvre le hockey à d’autres cercles et est devenu le club avec le plus de licenciés.
Il faut se montrer sous son meilleur jour. Fanseat ne donne pas la meilleure image. Les beaux ralentis aux JO donnent la meilleure image du hockey, là tu vois le palet, ce qui est le reproche souvent fait. Aujourd’hui on peut sucrer le hockey parce que le hockey ne pèse rien. Ce n’est pas que la faute de la télé. J’ai bataillé pour le hockey. J’avais emmené Fabrice Goll, le directeur des sports de France 3 Régions, voir Pierre-Yves Gerbeau et Éric Ropert [NDLR : respectivement président et directeur général de la FFHG] et il n’a pas senti qu’ils avaient envie qu’on vienne.
Quand on avait diffusé la finale de Coupe de France sur France Ô, on avait augmenté les spectateurs par huit pendant la finale. On avait pris l’antenne à 14 000 et on a fini au-dessus des 100 000. Mais la FFHG avait préféré miser pour les finales suivantes sur la chaîne L’Équipe, qui n’a finalement retransmis que sur son site internet. Quand on a fait la finale Amiens-Rouen, on a fait 27% de parts de marché en Picardie, les mecs étaient tombés à la renverse ! Cette année, la finale Angers-Gap diffusée sur France 3 Pays de Loire, qui n’est pas perçue comme une région traditionnelle de hockey mais qui compte plusieurs bons clubs (Angers, Nantes, Cholet, La Roche-sur-Yon), a fait une part de marché supérieure (9%) à la case nationale de France 3 (6,3% ce dimanche-là dans les autres régions et 7,5% habituellement en Pays de Loire), alors même que le match était diffusé en parallèle sur Sport en France et Fanseat ; il vaudrait mieux mettre le maximum d’atouts pour faire la meilleure audience, pour pouvoir prendre ton petit sac et dire « ça marche ».
– Y a-t-il d’autres occasions pour cette exposition sur France 3 Régions que la finale de Coupe de France ?
Les play-offs de Magnus ! C’est plus contraignant en région pour les décrochages, il faut utiliser les cases existantes. Je sais que [le président grenoblois] Jacques Reboh y était favorable, mais il n’a pas senti une volonté farouche de la fédé. Il y a Sport en France, mais la vocation de cette chaîne du comité olympique est de diffuser les sports non médiatisés. Quand Sport en France fait peut-être 10 000 téléspectateurs, on peut en faire dix fois plus dans une région, accessible par tous avec le numérique.
Les régions sont preneuses. Il y a le championnat du monde féminin, on en avait parlé avec [le président angevin] Mickaël Juret et France 3 Ouest, je ne sais pas où ça en est.
Il faut comprendre que les gens dans les chaînes de télévision sont conservateurs. Si quelqu’un diffuse un match de foot de National et prend un four, ça ne peut pas être la faute du foot. Si le hockey prend un four, il va prendre la marée.
– Que pense le « régional de l’étape » de la candidature des Alpes du Sud à l’organisation des JO d’hiver 2034 ou 2038 ?
C’est très important. A priori je ne commenterai pas en 2034 mais je ne serai pas loin des patinoires. Dans les années 1980, il y avait de l’ambition parce qu’il y avait Albertville, les gars voyaient la lumière au bout et ça les motivait.
Je pense que c’est une candidature sérieuse parce qu’elle a été prise dans le bon sens. 1) Elle est passée par le CNOSF. 2) Elle a été portée par les politiques. Elle a été annoncée par Renaud Muselier, le président de la Région PACA. Les deux poids lourds de la région, Muselier et Christian Estrosi, sont d’anciens LR reconvertis au macronisme. Comme il y a de grandes chances que Macron soit réélu, ils seront dans les bons cénacles, et il est possible que la ville-hôte soit choisie vite, dans deux ou trois ans.
Il y a quinze ans, une première candidature avait été développée à Gap par Jean-Marc Passeron, qui a développé la radio Alpes 1 et Dici, mais elle avait été prise à l’envers. Cette fois, elle est pilotée par des gens qui ont le pouvoir de faire. Ce ne sera pas Pékin ou Sotchi, mais des Jeux à dimension humaine, c’est dans l’air du temps. C’est sérieux. Marseille, c’est la deuxième ville de France. Albertville, ça fera un peu de plus de 40 ans, ça a du sens.
– Où le tournoi de hockey se tiendrait-il dans ce schéma ?
Je vois le hockey à Marseille, et pourquoi pas les finales au Stade Vélodrome. Il faudra au minimum deux patinoires. Aujourd’hui il n’y a plus de ville qui accueille tout. Le patinage devrait être à Nice. Il ne faut pas construire une patinoire de 20 000 places, il faut penser à ce qu’il y a après. À Pékin, il y avait deux patinoires pour le hockey, plus une qui accueillait patinage de vitesse et short-track. Dans tous les cas, ça fera une nouvelle patinoire à Marseille et une à Nice. Cela sert à ça, les grandes compétitions, à renouveler le parc.