Face à une Norvège qui n’a pu rassembler ses meilleurs joueurs comme elle le voulait, l’équipe de France aligne elle-même une équipe privée de ses principaux vétérans. Les deux pays ont perdu hier et se retrouvent pour la troisième place. Bénéficiant des blessures conjointes des trois gardiens titulaires au dernier Mondial, Clément Fouquerel est aligné en équipe de France pour la première fois depuis un match contre le Bélarus au tournoi de Lørenskog en décembre 2018. Le portier de Bordeaux avait alors obtenu un blanchissage !
Un peu moins active au coup d’envoi, l’équipe de France récupère des palets dès qu’elle augmente un peu l’intensité. Les relances norvégiennes aboutissent rarement face à un dispositif bien en place. Le défenseur rouge Emil Lilleberg choisit donc une option solitaire et s’enferre à sortir de sa zone tout seul, faisant face à Kevin Bozon : cette initiative douteuse lui coûte la première pénalité car il commet un cinglage dans le duel. Les Bleus la transforment par Pierrick Dubé, au rebond d’un tir à mi-distance de Loïc Farnier (1-0). Un but rassurant pour les hommes de Philippe Bozon, muets hier. C’est aussi le premier but en équipe de France pour le jeune joueur d’AHL Dubé, auteur de débuts intéressants en bleu dans ce tournoi.
Loïc Farnier prend une pénalité en fond de zone offensive pour avoir accroché Ole Einar Andersen. L’infériorité numérique est bien gérée par les Français avec des dégagements tranquilles de Guebey et Chakiachvili, puis un arrêt-mitaine confiant de Clément Fouquerel. De retour à cinq, les Bleus sont proches de doubler la mise mais Jordann Perret ne convertit pas à bout portant la passe de derrière la cage de Peter Valier. Mais la Norvège pousse plus franchement en fin de tiers. La France se met à subir et concède une pénalité dans ce temps faible : Dylan Fabre fait trébucher Brandsegg-Nygård sur une entrée de zone rapide. Le premier tiers-temps s’achève sur un lancer de Brandsegg-Nygård à 5 contre 4 mais Fouquerel ferme bien les bottes.
Actif avec sa crosse, Pierrick Dubé intercepte le palet à la ligne bleue face à Max Krogdahl, le déborde sur l’aile gauche et se fait serrer contre la bande. Le fils de Roger Dubé, qui a hérité d’un peu du caractère de son père, réplique d’un coup de poing et se fait envoyer en prison. Encore une pénalité bête en zone offensive, mais elle a le mérite d’illustrer un peu plus le bon travail français en infériorité numérique. Thomas Thiry s’illustre particulièrement, il réussit à bloquer un tir et se relever avec le palet dans une intervention impeccable. Mais il y a une limite à cette accumulation de pénalités. Alors que Pierre Crinon est en prison pour cinglage, le powerplay norvégien est bien meilleur. Tobias Fladeby égalise logiquement avec un tir à mi-distance qui bat Fouquerel côté mitaine (1-1, image ci-dessus).
La France doit reprendre la mainmise sur la match, qu’elle a lâchée par son indiscipline. Sur une séquence en zone offensive, Florian Chakiachvili est fait trébucher par Martin Rønnild. L’avantage numérique n’est pas exploité malgré deux tirs en très bonne position, de Valier à gauche de la cage et de Dubé à droite. Mais la plus belle occasion survient à 5 contre 5 à l’avant-dernière minute de cette deuxième période. Le forechecking de Perret perturbe la défense norvégienne, Peter Valier intercepte la relance aléatoire et renvoie le palet vers Perret. Celui-ci évite le défenseur pour une situation de 3 contre 0 autour de la cage. Il passe en retrait à Enzo Guebey mais le défenseur de Zurich tire hors cadre dans cette situation idéale (image ci-dessous).
Au début du troisième tiers-temps, c’est la Norvège qui se crée une énorme occasion sur une action anodine. Pendant que Jacob Lundell Noer vient faire écran devant le gardien, Ole Einar Andersen envoie à la cage de manière inattendue depuis la bande : le palet passe sous la jambière de Clément Fouquerel mais échoue contre le poteau ! La France se réinstalle en zone offensive et provoque une crosse haute de Vesterheim au visage de Farnier, mais sans en tirer profit. Elle se fait même une grosse frayeur au retour à 5 contre 5 : Martin Rønnild vient tout seul voler le palet à Maia et Boscq derrière la cage et revient seul dans l’enclave face à Fouquerel, qui effectue un arrêt décisif.
La Norvège domine plutôt le jeu à partir de cette action, alors que la France œuvre par contre-attaques rapides. Sur l’une d’elles, Enzo Guebey porte le palet jusque dans l’enclave… mais rate de nouveau la cible. À huit minutes de la fin, un lancer balayé du défenseur Isak Hansen fait résonner le poteau de Fouquerel, complètement masqué par le travail de Thomas Berg-Paulsen. Ce centre est si gênant dans le slot que Gabin Ville – qui cherche peut-être à être sélectionné par Fabien Galthié – le plaque au sol sur l’action suivante : cette confusion avec le tournoi des 6 nations vaut deux minutes de pénalité à l’attaquant de Chamonix, mais elles sont tuées grâce a bon travail de grattage de Fabien Colotti, puis des duos Fabre-K.Bozon et Valier-Farnier.
Cette infériorité semble remettre les Français dans leur match : ils sont plus présents sur le palet en fin de match même s’ils ne se créent pas d’occasions. Et pourtant, il suffit d’une action individuelle… qui sera norvégienne : Mats Rosselli Olsen récupère dans sa zone défensive un palet perdu par Dubé, traverse la glace, fait un café-crème sur Pierre Crinon qui est encore en train de calculer l’addition, le contourne par l’extérieur puis repique devant la cage, passe devant Fouquerel et le couche pour le battre (1-2, image ci-dessous). Waouh ! La Norvège n’avait peut-être pas ses nombreux cadres, mais il lui en restait un, Rosselli Olsen, logiquement nommé capitaine : l’attaquant de Frölunda a gagné ce match à lui seul.
Désignés joueurs du match : Clément Fouquerel pour la France et Stig Vesterheim pour la Norvège.
France – Norvège 1-2 (1-0, 0-1, 0-1)
Vendredi 10 février 2023 à 19h00 à la Bitcoin Arena de Rungsted. 103 spectateurs.
Arbitres : Mads Frandsen et Thomas Buchardt Andersen (DAN) assistés de Michael Rohrberg Chrestensen et Simon Møllgaard (DAN).
Pénalités : France 10′ (4′, 4′, 2′) ; Norvège 6′ (2′, 2′, 2′).
Tirs : France 21 (10, 5, 6) ; Norvège 23 (7, 8, 8).
Évolution du score :
1-0 à 07’42 : Dubé assisté de Farnier (sup. num.)
1-1 à 29’40 : Fladeby assisté de Wold et Andersen (sup. num.)
1-2 à 58’30 : Rosselli Olsen
France
Attaquants :
Pierrick Dubé (-1, 2′) – Valentin Claireaux – Tim Bozon
Jordann Perret – Peter Valier (-1) – Guillaume Leclerc (-1)
Dylan Fabre (2′) – Fabien Colotti – Kevin Bozon
Loïc Farnier (2′) – Gabin Ville (2′) – Bastien Maïa
Aurélien Dair
Défenseurs :
Vincent Llorca – Florian Chakiachvili
Thomas Thiry – Jules Boscq
Pierre Crinon (-1, 2′) – Enzo Guebey (-1)
Gardien :
Clément Fouquerel [sorti à 59’48]
Remplaçant : Julian Junca (G).
Norvège
Attaquants :
Mats Rosselli Olsen (C, +1) – Markus Vikingstad (+1) – Michael Brandsegg-Nygård (+1)
Philip Granath – Jacob Lundell Noer – Pontus Finstad
Ludvig Hoff – Thomas Berg-Paulsen – Tobias Fladeby
Martin Rønnild (2′) – Petter Vesterheim (2′) – Gustav Willman Borvik
Eskil Wold
Défenseurs :
Emil Lilleberg (2′) – Emil Wasenden
Max Krogdahl (+1) – Isak Hansen (+1)
Sander Vold Engebråten – Ole Einar Andersen
Gardien :
Jonas Arntzen
Remplaçant : Mathias Schjerpen Arnkværn (G). En réserve : Tobias Breivold Johansen (G).