Après leur défaite historique face à la Lettonie, les Tchèques ont pris un jour pour se ressourcer dans la station balnéaire de Jurmala et ont dîné mardi soir après un passage au sauna et au spa. Ils ont repris l’entraînement hier, mais toujours pas au complet. Leurs deux premiers centres manquent à l’appel.
Après Chytil, c’est Lukáš Sedlák qui s’est blessé face aux Baltes, touché au « bas du corps » par un palet. Il semble plus gravement atteint que ses collègues car le staff tchèque réfléchit à utiliser la nouvelle règle permettant une substitution sur blessure. Un choix difficile car définitif : il faudrait être sûr que Sedlák ne pourra pas être rétabli car il a été le meilleur joueur tchèque depuis le début du tournoi ! La petite bonne nouvelle du côté de l’infirmerie est la rentrée de Chlapík, en douceur, sur la quatrième ligne.
Le choix des gardiens fait polémique au pays. Le sélectionneur Kari Jalonen a essayé de dévier la question sur l’entraîneur des gardiens Zdeněk Orct, mais selon certains médias celui-ci essaie de se dédouaner en déclarant en coulisses qu’il n’aurait pas été d’accord avec le choix de Hrubec comme titulaire au dernier match. Toujours est-il que le staff n’a pas encore fait jouer le seul gardien de NHL présent Karol Vejmelka. Ceux qui le réclamaient sont exaucés aujourd’hui : le portier des Arizona Coyotes est aligné pour ce quatrième match – présumé facile – face à la Slovénie.
La Slovénie subit tout de suite le jeu, pas aidée par un coup de crosse d’Aljosa Crnovic sur la main de Kubalik après seulement quarante secondes. Le jeu se passe dans son camp, et quand elle lance une timide offensive, elle prend une contre-attaque surnuméraire en retour. Le gardien Luka Gračnar se montre solide dans ce début de match compliqué. Il réussit son arrêt le plus difficile quand il soulève rapidement l’épaule droite pour repousser un tir redoutable à mi-distance de Jiří Černoch.
Comme face au Canada dimanche, la Slovénie ouvre pourtant le score contre le cours du jeu. Miha Verlič remporte la toute première mise au jeu en zone offensive, puis va dans le slot où un tir d’Urbas rebondit sur lui. Le palet ricoche ensuite sur le patin du malheureux Ronald Knot contre son camp (0-1).
Le doute s’installe déjà dans les têtes tchèques. Le défenseur Tomáš Dvořák s’infiltre certes jusqu’au but, mais son tir du revers reste bloqué sous la jambière ferme de Gračnar. Ce même Dvořák casse sa propre crosse en essayant d’infliger un cinglage à Simšič, et les Slovènes profitent de ce premier avantage numérique pour doubler la mise. Un slap de la ligne bleue de Jan Urbas passe sous les bottes de Vejmelka (0-2). Un très mauvais but pour celui dont la présence était réclamée devant le filet…
La Slovénie est évidemment transformée psychologiquement par ce score inattendu. Elle est prête à se sacrifier pour le garder, tel Verlič qui se jette devant un slap. Elle est également plus confiante dans ses actions offensives. Vejmelka signe son premier gros arrêt, un bon réflexe de la botte gauche sur un tir de Stebih qui avait changé de trajectoire sur une crosse. La réalisation filmer l’entrée des Tchèques dans leur vestiaire : elle se fait dans un silence de mort…
Les Tchèques reviennent fort sur la glace comme on pouvait s’y attendre, mais cette réaction se dissipe vite dans un faux rythme. La Slovénie se procure encore une occasion sur un tour de cage de Luka Maver, qui joue son premier match dans la compétition.
L’indiscipline rattrape ensuite les rouges avec une crosse haute de Chlapik et avec une faute offensive de Kundrátek (coup de poing dans la tête de Cimzar). Pendant cette dernière pénalité, Smejkal bloque un lancer de Bine Mašič au niveau de la cheville. Il ne peut presque plus bouger sur la glace et est content quand le jeu s’arrête. Ce très bon powerplay slovène n’est pas récompensé, malgré un tir à bout portant de Žiga Jeglič sur passe de derrière la cage de Jan Drozg.
Les favoris déjouent et perdent souvent des palets tout seuls, par fébrilité ou manque de lucidité. C’est une crosse haute d’Aleksandar Magovac qui relance le match. La Tchéquie s’en remet à la valeur sûre qui lui reste : le one-timer de Dominik Kubalík dans le cercle droit en supériorité numérique. Il reprend la passe de Kempný, sous la botte de Gračnar (1-2, photo ci-dessous).
Au troisième tiers-temps, le scénario se répète. Blaž Gregorc accroche Červenka. Nouveau powerplay, nouveau tir sur réception de Kubalík, dans son cercle droit, sur passe transversale de Tomášek (2-2).
Les Tchèques sont grandement soulagés et leur capitaine Roman Červenka les libère complètement. Il dévie de manière magnifique, dans le haut du filet, un centre de Daniel Voženílek (3-2). Kubalík hérite d’une passe de Kuralt mal contrôlée par Tičar, mais son revers est bloqué de justesse par les épaules de Gračnar.
Le premier tir slovène dans cette troisième période temps arrive après quasiment dix minutes, un lancer de Gregorc depuis la ligne bleue. Mais c’est le dernier petit moment d’espoir des blancs. Michal Kempný met fin au suspense en reprenant une passe de Vladimír Sobotka qui traverse juste devant le but et derrière les défenseurs Pavlin et Gregorc (4-2).
Matjaž Kopitar n’avait pas sorti son gardien à deux minutes et demie de la fin avec un but de retard face à la Norvège, mais il le fait au même moment avec deux buts de retard contre les Tchèques… Červenka contre Mašič et Jakub Zbořil lance Dominik Kubalík qui s’offre donc un triplé en cage vide (5-2). Le malheureux Gračnar boit le calice jusqu’à la lie en concédant un tir envoyé de derrière la ligne de fond par Jakub Flek, et qui rebondit à l’arrière de sa botte opposée (6-2).
Un score pas du tout mérité par la Slovénie qui avait vraiment pendant quarante minutes des motifs de croire à la plus grande performance de son histoire. Mais, déjà faible en infériorité numérique avant ce match (un but toutes les 3’40), elle a encore empiré sa statistique. C’est dans cet exercice qu’elle a laissé échapper un exploit qui lui tendait les bras. Elle n’a pas su contrer l’arme fatale adverse, le meilleur buteur du tournoi Kubalík, servi avec trop de facilité et d’espace dans son bureau.
Désignés joueurs du match : Luka Gračnar pour la Slovénie et Dominik Kubalík pour la Tchéquie.
Commentaires d’après-match :
Kari Jalonen (entraîneur de la Tchéquie) : « En début de match et en deuxième période, notre jambes n’avançaient pas du tout. Il ne s’agissait pas de paresse, les gars ont essayé. Ce n’était pas une question de tactique ou de système, c’était le fait que le corps ne travallait pas. Pendant la seconde pause, on a parlé de ce qu’était le hockey : du combat et du patinage. La troisième période était déjà très bonne. Nous avons patiné, nous avons gagné des duels et nous sommes allés à la cage. Tout était là. [Kubalík] sait tirer. C’est bien qu’il sache utiliser ses armes. Les leaders se sont dévoilé sur la glace et dans le vestiaire. On en a besoin. Le hockey est un sport de joueurs, pas d’entraîneurs. J’ai apprécié [Vejmelka], ce n’était pas facile pour lui, il a fait de super arrêts sur le powerplay slovène. Mais mon opinion est qu’on a eu de bons gardiens à chaque match. On spécule trop à ce sujet. Ce n’est pas la question d’un mauvais but, mais d’une performance sur 60 minutes. Et Karel nous a donné une chance de gagner avec sa performance du jour. »
Dominik Kubalík (attaquant de la Tchéquie) : « Ce n’est pas que nous ne pouvions pas. Nous ne faisions pas les choses que nous étions supposées faire. Notre jambes ne bougeaient pas, nous ne gagnions pas les duels, nous ne nous aidions pas entre nous. Tout commence par les duels, c’est l’alpha et l’oméga pour toute équipe. Si on ne se donne qu’à 50%, on ne les gagne pas. Je pense qu’après deux jours de repos, le corps était ainsi. Le premier but était un tir rasant entre les jambes. Le deuxième était rasant à côté de la jambière. Si c’était un bouchon à la Ovechkin, ce serait autre chose. C’était beaucoup de réussite, mais je suis content que le powerplay fonctionne. C’était mon premier hat-tricks en championnat du monde, je n’en ai pas marqué beaucoup dans ma carrière, donc c’est un plaisir. »
photos M. Křížová
Tchéquie – Slovénie 6-2 (0-2, 0-0, 6-0)
Jeudi 18 mai 2023 à 20h20 à l’Arena Riga. 3670 spectateurs.
Arbitres : Mads Frandsen (DAN) et Miroslav Štolc (SVK) assistés d’Eric Cattaneo (SUI) et Andreas Weise Krøyer (DAN).
Pénalités : Tchéquie 6′ (2′, 4′, 0′) ; Slovénie 6′ (2′, 2′, 2′).
Tirs : Tchéquie 41 (11, 13, 17) ; Slovénie 20 (10, 7, 3).
Évolution du score :
0-1 à 07’23 : Verlič assisté d’Urbas et Gregorc
0-2 à 11’49 : Urbas assisté de Gregorc et Jeglič (sup. num.)
1-2 à 38’19 : Kubalík assisté de Kempný et Tomášek (sup. num.)
2-2 à 43’47 : Kubalík assisté de Tomášek et Smejkal (sup. num.)
3-2 à 45’00 : Červenka assisté de Voženílek et Košťálek
4-2 à 51’12 : Kempný assisté de Sobotka et Kubalík
5-2 à 57’49 : Kubalík assisté de Zbořil (cage vide)
6-2 à 58’56 : Flek assisté de Kempný et Dvořák
Tchéquie
Attaquants :
Roman Červenka (C, +2) – Michael Špaček (-1) – Dominik Kubalík (+2)
Jiří Smejkal – Jiří Černoch (+2) – Ondřej Beránek (+1)
Jakub Flek (+1) – Vladimír Sobotka (A, +1) – David Tomášek
Martin Kaut – Daniel Voženílek (+1) – Filip Chlapík (2′)
Défenseurs :
Michal Kempný (+2) – Tomáš Kundrátek (2′)
Tomáš Dvořák (+1, 2′) – Jan Košťálek (+2)
Michal Jordán (A) – Jakub Zbořil (+1)
David Němeček (+1) – Ronald Knot (-1)
Gardien :
Karel Vejmelka
Remplaçant : Marek Langhamer (G). Non alignés : Šimon Hrubec (G), Filip Chytil (A, visage), Lukáš Sedlák (A, blessé).
Slovénie
Attaquants :
Jan Urbas (C, -1) – Žiga Jeglič (+1) – Miha Verlič
Robert Sabolič (-1) – Rok Tičar (A, -2) – Jan Drozg (-2)
Anže Kuralt (-1) – Nik Simšič (-1) – Žiga Pance (-1)
Miha Zajc (-1) – Tadej Čimžar (-1) – Luka Maver (-1)
Défenseurs :
Blaž Gregorc (-1, 2′) – Žiga Pavlin (A)
Aleksandar Magovac (-1, 2′) – Aljoša Crnovič (2′)
Miha Štebih (-2) – Bine Mašič (-1)
Matic Podlipnik
Gardien :
Luka Gračnar [sorti de 57’34 à 57’49]
Remplaçants : Gašper Krošelj (G), Blaž Tomaževič (A). Non alignés : Žan Us (G), Kristjan Čepon (D), Ken Ograjenšek (A).