C’était ce soir la rentrée officielle en D1, D2 et pour certains clubs de D3, conviés à participer au premier tour de la Coupe de France. Les Graoulys messins et les Scorpions Entente Alsace mulhousiens (nouvelle dénomination enterrant définitivement feu les Scorpions 1997) étaient appelés à se rencontrer à ce sujet, avant de se revoir durant le prochain mois d’octobre pour le championnat de division 3. L’Illberg va désormais réapprendre à suivre des affiches de match plus locales et plus modestes.
Mais comme le disait en substance ce soir le tifo des fidèles ultras haut-rhinois, le plus important n’est pas de chuter mais plutôt de rebondir. Il était donc important pour les noirs locaux de confronter leur compétitivité à celle de leurs adversaires mosellans, dont l’ambition est toujours de faire mieux que la saison précédente (et donc d’accéder à un tour supplémentaire de play-offs de championnat). Metz vient de changer de coach : le Canadien Martin Duval (un ancien pointeur briançonnais) y a succédé à Andrei Esipov, une figure bien connue à Mulhouse comme son prédécesseur Christer Eriksson !
Sur la glace, on pouvait voir deux philosophies différentes : les Graoullys sont venus en effectif relativement réduit là où les Alsaciens ont joué avec quasiment 4 lignes complètes. Les Lorrains ont joué disciplinés, patients et simples, là où les Haut-Rhinois ont tourbillonné de vitesse, de passes mais aussi de manque de réalisme. Il était donc prévisible que l’adage « dominer n’est pas gagner » allait être prouvé, une fois de plus.
Dominer, Mulhouse n’a d’ailleurs pas eu vraiment le choix que de jouer ainsi. Rapidement menés au score, sur un tir tendu de Maxime Preud’homme idéalement servi par Lukas Zeliska (0-1 à 4’00), le même Zeliska butant ensuite de très près sur Charles Perrin (9’20), les Alsaciens se montrent bien patauds durant les minutes qui suivirent, avant de monter progressivement et sensiblement vers le gardien messin David Sandqvist. Lequel connut quelques bouffées de chaleur sur quelques brûlots comme ce bout portant de Michael Marchand, capté du gant (15’38). Si la période se terminait sur un rush solo de Raphaël Lajeunesse (19’13), dans l’ensemble elle fut bien trop crispée de part et d’autre, on a beaucoup retenu (illicitement !) pour laisser passer un éventuel nouveau but.
Dominer aussi durant le premier quart d’heure du tiers médian, où Mulhouse s’est échiné à tenter de multiples occasions, quand Metz courbait l’échine et laissait passer l’orage (aucun tir de sa part durant presque dix minutes), avant de repointer le bout du nez durant la fin de tiers. Mulhouse lançait sur Sandqvist, mais ne parvenait pas à profiter de ses avantages numériques. Les Graoullys pointaient ensuite le bout de leurs naseaux, notamment sur deux breaks de Léo Renard (29’20) puis Yannick Hamri (31’25), auquel le capitaine Julien Burgert se chargeait de répondre en retour, de près (32’21). La fin du tiers s’annonçait toutefois chaude pour le gardien mulhousien Perrin dont la défense commençait à se recroqueviller devant lui.
Dominer pour enfin égaliser, quand Michaël Marchand, rageusement, envoie enfin au fond de la cage messine un rebond de Joachim Sonnet (1-1 à 43’49), alors que Lajeunesse venait de voir son tir dévié par le bout du gant de Perrin (42’16). La partie devient à nouveau tendue car Metz est obligé de se découvrir et envoyer des contres en duos comme sur ce nouveau raid de Renard qui dévisse sa reprise (44’50), ou de Lajeunesse séché de près face à Perrin (50’57). Mulhouse continue de dominer, bien aidé par une double supériorité, pourtant infructueuse. Hélas, le trébuché sifflé pour Zeliska permet aux Graoullys de temporiser les assauts locaux, le Slovaque permettant à Hamri de reprendre l’avantage de près (1-2 à 54’54). Malgré de nouveaux et stériles efforts pour revenir au score, les Alsaciens laissent progressivement le gain du match à leurs hôtes, lesquels clôturent le score à une seconde du buzz final, dans la cage mulhousienne désertée depuis près de deux minutes (1-3 à 59’59).
Au final, la partie s’est jouée sur un scénario déjà éprouvé : l’un des protagonistes joue prudemment, patiemment et de façon la plus précise possible, bien emmenée par deux ou trois cadres qui ont un peu plus de métier (il s’agit de Metz). L’autre protagoniste est généreux dans l’effort, vif, audacieux, mais s’essouffle à courir après le score, et finalement manque singulièrement de réalisme (il s’agit de Mulhouse). Pourtant, au vu du match, la différence ne fut pas exagérément flagrante entre les deux équipes.
Metz n’aura pas la vie facile cette saison avec une profondeur de banc aussi peu fournie, et ce même si les Zeliska, Lajeunesse ou Hamri savent où envoyer et exploiter un palet dangereux.
Pour Mulhouse, le challenge cette saison sera avant tout de trouver le plus souvent possible le fond des filets adverses par 20 minots avides de glace et de revanche sur le sort. Peut-être sentent-ils encore les volutes de quelques braises d’avril dernier, pas totalement éteintes, de leurs aînés, quelque part au fond de l’Illberg.
photos Scorpionspictures.com
Mulhouse – Metz 1-3 (0-1, 0-0, 1-2)
Samedi 30 octobre 2023 à 18h15 à la patinoire de l’Illberg. 492 spectateurs.
Arbitres : Christophe Moncozet et Jean Catarino.
Pénalités : Mulhouse 14′ (6′, 4′, 4′) ; Metz 14′ (4′, 6′, 4′).
Tirs : Mulhouse 33 (13, 9, 11) ; Metz 24 (8, 8, 8).
Évolution du score :
0-1 à 04’00 : Preud’home assisté de Zeliska et Lorenzini (sup. num.)
1-1 à 43’39 : Marchand assisté de Sonnet
1-2 à 54’54 : Hamri assisté de Zeliska (sup. num.)
1-3 à 59’58 : Zeliska assisté de Hamri (cage vide)
Mulhouse
Attaquants :
Julien Burgert (C) – Michael Marchand (A) – Téo Haffner
Quentin Mathez – Vincent Da Silva (A) – Tom Muller
Julien Wurth – Arnaud Fuss – Thomas Ackermann
Pamphile Beau – Bouba Sidibe – Matheo Demarcy
Défenseurs :
Mathis Guth – Joachim Sonnet
Matteo Ricou – Benjamin Adam
Valentin Poulain – Laurent Gerber ou Abel Albrech
Gardien :
Charles Perrin [sorti de 57’54 à 59’58]
Remplaçants : Mathiew Pommier (G), Théophile Ruch (D).
Metz
Attaquants :
Yannick Hamri (A) – Lukas Zeliska – Sylvain Lorenzini
Léo Renard – Axel Berger – Raphaël Lajeunesse
Thomas Stablo – Bryan Leheron – Yannis Minana
Défenseurs :
Gabin Lortet – Maxime Preud’homme
Franck Stroppolo (C) – Axel Bienaimé
Gardien :
David Sandqvist
Remplaçant : Benjamin Léonard (G).