Les États-Unis entrent doucement dans leur tournoi avec en tête les échéances face aux rivaux historiques, le Canada et la Russie. Il s’agit donc d’assurer la victoire et de rôder ses systèmes. Et de montrer que la non-sélection controversée du buteur Alex DeBrincat, plus de 50 buts en OHL l’an dernier, ne reviendra pas les hanter… La Lettonie a plutôt le match contre la Slovaquie en tête, mais reste à l’affût d’un joli coup.
Les Baltes démarrent bien et ne semblent pas décidés à se laisser faire. Ils cantonnent le jeu vers l’extérieur du plus possible, sans pour autant vraiment approcher le but de Parsons. À la quatrième minute, Gvido Jansons sort pour accrocher et le jeu de puissance s’installe. Mitens résiste. Il craque cependant au retour au complet, son équipe n’ayant pas réussi à se dégager. Casey Fitzgerald contrôle sur le côté et trouve Patrick Harper dans l’intervale. Le treizième attaquant temporise, se remet dans l’axe du but et trouve la cible côté plaque (1-0).
Les Américains ne paraissent pas vraiment à pleine vitesse et ne parviennent pas à prendre le large. Laczynski prend deux minutes pour faire trébucher à la mi-tiers, sans que cela ne soit dangereux pour la défense malgré les efforts d’un Dzierkals bien seul. Au quart d’heure, les Américains campent dans la zone lettone et Parsons passe une soirée tranquille avec un seul tir… Mais le deuxième vient de Krastenbergs, qui profite d’un mauvais changement de ligne adverse pour sortir du banc et filer en échappée. Il égalise en levant son revers (1-1). Joli cadeau d’anniversaire pour l’attaquant né le 26 décembre ! Vexés, les Américains poussent. Kunin s’empare ainsi d’un rebond au cercle face à une cage ouverte et Mitens sauve son équipe en se jetant sur le côté. La Lettonie a pris confiance et tient le match nul après vingt minutes, sans hésiter à participer à quelques frictions après les coups de sifflet.
Le tiers reprend avec un puni chacun et Casey Fitzgerald sort à son tour, coupable d’un accrochage en essayant de récupérer sa mauvaise passe. Ses équipiers se sacrifient pour défendre, à l’image de Luke Kunin, qui rentre péniblement au banc après avoir bloqué un tir. Les Américains tuent la supériorité et s’installent dans le camp adverse, tournant autour d’une cage protégée par quatre joueurs bien regroupés devant Mitens. Les volées de Tage Thompson ne passent pas. Le portier, intraitable, sauve aussi un tir de Greenway, décalé en retrait par Kunin. La patience finit par payer. Un revirement en entrée de zone américaine et une bonne relance de Fox envoient un trois-contre-deux. Tage Thompson, au centre, fixe Kristaps Zile, et décale Colin White sur sa gauche. L’ailier fort déborde, attaque la cage et trompe Mitens (2-1). On sent un peu de soulagement, sans que la qualité de jeu ne devienne fluide. Les Etats-Unis manquent toujours de précision dans leurs passes et leurs contrôles.
Le jeu s’ouvre cependant. Après une occasion de Keller, les Baltes partent en contre et Parsons doit fermer la porte. Thompson commet peu après un cinglage dans la neutre et les Lettons ont l’occasion de revenir, d’autant plus quand Roslovic accroche à l’échec avant. Deux joueurs de mieux pour les hommes d’Eriks Miluns pour plus d’une minute… mais aucun tir, le jeu de passe restant trop lent et imprécis. Les États-Unis ne parviennent toujours pas à poser leur jeu et se créent une chance en attaque rapide. L’aile droite travaille et renverse vers Erik Foley, tout seul, sorti du banc à l’opposée… Son tir file hors cadre ! Il faut attendre la dernière minute pour respirer un peu du côté de Bob Motzko. Si le début de la séquence est poussif en entrée de zone, le tir de White contraint Mitens à concéder le rebond près du poteau, bonifié par Keller (3-1).
Après deux tiers, les Américains ne rassurent pas. En cherchant à trop bien faire, ils se montrent maladroits et n’arrivent pas à rentrer dans l’axe, et doivent se contenter de tirs extérieurs. Mitens et sa défense verrouillent bien la partie, même s’ils s’exposent à quelques remontées de palet rapides. Et leur faiblesse technique ne leur permet pas de faire grand chose d’autre.
Nouvelle chance en supériorité dès la reprise sur un cinglage de White, et pas mieux. Les Baltes laissent encore passer leur chance sans s’installer une seconde. La pression américaine repart dans la foulée et une situation chaude devant la cage de Mitens expédie Ponomarenko en prison. L’équipe spéciale ne cadre pas ses tirs. La pénalité n’est pas encore tuée que Rudolfs Balcers se rend coupable d’une vilain coup de coude bien trop haut. La méconduite est indiscutable.
Pourtant, les Américains se montrent bien amorphes, avec seulement dix-huit tirs à dix minutes du terme. La pénalité de Roslovic laisse la Lettonie dans le coup, même si ses neuf tirs au total n’ont guère chauffé Parsons… On s’ennuie ferme, jusqu’à ce que Clayton Keller traîne derrière le but, surgisse au cercle pour voler le palet dans la crosse d’un défenseur, ne repique vers le centre et s’offre un doublé (4-1). Un joli but de renard. À trois minutes du terme, Martins Dzierkals sort pour cinglage et Jeremy Bracco, très habile dans l’exercice en OHL, porte la marque à 5-1. À quelques secondes de la sirène, les Américains attaquent la cage. Terry gagne un duel dans le coin et trouve Kunin devant le but. Mitens sauve et Greenway saute sur le rebond (6-1).
Le score final assez large masque mal une prestation poussive des joueurs à la bannière étoilée. Les Américains ont peiné à poser leur jeu face à une équipe lettone valeureuse mais limitée. Les Baltes peuvent se mordre les doigts de la pauvreté de leur jeu de puissance, qui n’a pas su profiter des nombreuses opportunités lorsque le score était encore serré. La victoire ne souffre donc d’aucune contestation, pour un match typique du premier d’un tournoi.
Joueurs du match : Jordan Greenway (Etats-Unis) et Renars Krastenbergs (Lettonie)
États-Unis – Lettonie 6-1 (1-1, 2-0, 3-0)
Lundi 26 décembre 2016, 15h30. Air Canada Centre de Toronto, Canada. 7014 spectateurs.
Arbitrage de Jozef Kubus (SVK) et Maksim Sidorenko (BLR) assistés de Dmitry Golyak (BLR) et Henrik Haurum (DAN)
Tirs : États-Unis 30 (7, 8, 15), Lettonie 12 (2, 5, 5)
Pénalités : Etats-Unis 14′ (4′, 6′, 4′) Lettonie 20′ (4′, 0′, 6’+10′)
Récapitulatif du score
1-0 à 06’27 » : P. Harper assisté de C. Fitzgerald et J. Ahcan
1-1 à 15’22 » : R. Krastenbergs assisté de E. Jansons
2-1 à 26’29 » : C. White assisté de T. Thompson et A. Fox
3-1 à 38’45 » : C. Keller assisté de C. White et T. Thompson
4-1 à 52’19 » : C. Keller
5-1 à 57’41 » : J. Bracco assisté de T. Terry
6-1 à 59’20 » : J. Greenway assisté de L. Kunin et T. Terry
États-Unis
Attaquants
Clayton Keller (+2) – Colin White (A, 2′, +3) – Tage Thompson (2′, +3)
Jordan Greenway (+2) – Luke Kunin (C, +1) – Troy Terry (2′, +1)
Erik Foley (+1) – Jack Roslovic (4′, +1) – Jeremy Bracco (+1)
Kieffer Bellows – Tanner Laczynski (2′, -1) – Joey Anderson (-1)
Patrick Harper (+1)
Défenseurs
Jack Ahcan (+3) – Charlie McAvoy (A, +1)
Caleb Jones (+1) – Casey Fitzgerald (2′)
Ryan Lindgren (+1) – Adam Fox (+1)
Joe Cecconi
Gardien : Tyler Parsons
Remplaçant : Joseph Woll
Lettonie
Attaquants
Rihards Puide (-2) – Valters Apfelbaums (-1) – Roberts Baranovskis (-2)
Eduards Tralmaks (-1) – Erlends Klavins (-1) – Renars Krastenbergs (-1)
Rudolfs Balcers (4’+10′) – Filips Buncis (A) – Martins Dzierkals (2′)
Roberts Blugers (-1) – Deniss Smirnovs (-1) – Ricards Bernhards (-1)
Défenseurs
Maksims Ponomarenko (2′, -2) – Kristaps Zile (C, -2)
Gvido Jansons (-1) – Eduards Jansons (2′, -1)
Kristians Rubins – Karlis Cukste (A, -1)
Tomass Zeile (-1) – Rimants Zeilis (-1)
Gardien : Mareks Mitens
Remplaçant : Gustavs Grigals