Tours – Mulhouse (17e journée de Division 1)

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En début de saison, ce match figurait cerclé de rouge sur le calendrier des Remparts. Une belle affiche prévue pour les vacances de Noël contre un prétendant au titre. Quelques mois de compétition plus tard, voilà les Tourangeaux deuxièmes ex-aequo du classement, qui reçoivent le leader de la division 1. Une équipe que Bob Millette estime « bâtie pour la Magnus ». Et en cas de succès ce soir, les Remparts leur prendraient la tête du classement ! L’enjeu est de taille et la patinoire – toujours en travaux – pleine à craquer.

Tours prend les commandes

Le match débute par un round d’observation entre deux formations prudentes. Mulhouse tente quelques tirs sur l’aile droite, cherchant à piéger le portier tourangeau le long de son poteau. Tours développe son jeu vers l’avant et obtient ainsi la première supériorité du match pour une crosse haute de Seda. Un mauvais rebond sur la bande provoque une échappée de Nikkilä, superbement repoussé par le retour de David… C’est l’action la plus notable de la séquence, les Remparts peinant à s’installer face à une défense attentive et bien placée. Mulhouse revient au complet mais reste cantonné dans sa partie de terrain, repoussant les attaquants des Remparts vers les balustrades. C’est un tir du point d’appui qui manque de surprendre les Scorpions. Le rebond d’Altidor manque le cadre !

La séquence a eu le mérite de définir les rôles. Tours fait le jeu, Mulhouse, patient, attend les contres. Une nouvelle charge au milieu de la glace pousse Borysenko au cachot et accentue le temps fort de l’équipe locale. Le gardien alsacien reste intraitable, même sur des centres déviés devant sa cage par Robbins. Le danger se rapproche de plus en plus. Rundgren échoue tout d’abord de près, au duel dans le slot. Puis, sur l’engagement qui suit, le public explose pour l’ouverture du score, signée Crosnier, au rebond (1-0).

La réaction ne tarde pas et Vigners pivote ligne de fond. Chimienti ferme la porte. Le jeu s’ouvre enfin et David en profite pour bloquer une sortie de zone et lancer de la bleue, ce qui permet au gardien de démontrer la qualité de sa mitaine. Mais les Scorpions piquent de plus en plus. Bien décalé à gauche, Jurik voit son tir repoussé par Chimienti. Dans la confusion qui suit, les esprits s’échauffent un peu trop. Borysenko concède ainsi deux minutes pour un mouvement d’humeur, plus une méconduite de dix minutes, répondant un peu trop vivement à la provocation… David, intraitable en défense, reprend encore un attaquant parti en contre, puis expédie un tir vicieux mi-hauteur avec écran, dégagé par le gardien. Le disque tourne et le tir suivant termine sa course au fond des filets. Les Alsaciens n’ont pas fait le ménage devant le but et Robbins en profite (2-0).

Tours, impressionnant de sérénité et de concentration, déroule son jeu et Mulhouse semble perturbé. Même le meilleur marqueur de l’équipe hésite à lancer du cercle, complètement esseulé ! La chance de revenir au score survient cependant à la faveur d’une pénalité de Xavier. La sanction ne tarde pas. Mise en jeu gagnée par Tours, dégagée… et bloquée à la bleue par Seda, dont le tir traverse une forêt de joueurs, dévié en route par Ten Braak (2-1).

Loin d’être abattus, les Remparts ripostent par une grosse présence offensive. Laine vole le palet et se retrouve seul devant le gardien, malheureusement sur son revers. Accroché au début de l’action par Petira, il obtient malgré tout un avantage numérique, annulé immédiatement par une faute de Robbins. À quatre contre quatre, Gewiese profite d’une mise au jeu pour tester la crosse de Chimienti. Tours réplique par quelques assauts bien combinés et interceptions bien menées, à l’image d’une ultime tentative de Lanceleve. À la pause, le score de 2-1 reflète plutôt bien une partie d’un excellent niveau, disputée avec beaucoup d’application et de haut niveau technique.

Les Remparts en démonstration

Le scénario ne change pas à la reprise et Blazek voit passer plusieurs tirs très près de sa cage. Tours, agressif sur le porteur du palet, intercepte de nombreux dégagements et s’installe durablement en attaque, jusqu’à ce que l’engagement dépasse la limite. Altidor laisse son camp défendre contre le jeu de puissance alsacien. Un joueur de moins ? Pas de problème ! Downey crée des misères derrière la cage face à trois adversaires et récupère, s’installe au cercle, patiente, patiente, et trouve à l’opposée Robbins sorti du banc pour une offrande cage ouverte (3-1). Sonné, Mulhouse termine son avantage numérique avec un tir de Borysenko, bloqué par Chimienti, masqué. La tentative suivante se rapproche encore plus. Le tir du défenseur de la droite est détourné par le gardien, puis Chimienti se jette sur le côté pour contrer le rebond ! Le palet est finalement dégagé dans la confusion, après le plus bel arrêt du match du cerbère tourangeau. Faute d’avoir converti, les visiteurs se font punir sur l’action suivante. Downey fusille Blazek sur un service de Robbins, qui a eu tout le temps du monde de rendre la pareille à son compère (4-1). Le temps mort des Scorpions ne surprend personne…

Le discours de l’entraîneur a le mérite de stopper l’hémorragie. Après quelques contacts appuyés des deux côtés, les Mulhousiens forcent même Chimienti à une parade difficile, couché sur la glace. En face, le duo Robbins-Downey se promène et le premier trouve Altidore seul devant le but pour une déviation qui file hors cadre. L’aisance tourangelle prend cependant du plomb dans l’aile sur un tir puissant de Gewiese en sortie de banc (4-2). Le jeu se déroule de plus en plus dans le camp des Remparts, qui concèdent deux minutes sur un retenir de Rundgren. La pénalité est tuée sans concéder de tir dangereux et, exploitant un changement de ligne, Tours assome ses adversaires dès le retour au complet. Une longue passe lobée depuis la défense signée Kluuskeri tombe sur la crosse de Rundgren, sorti du cachot, qui contrôle dos au but, et délivre une passe au millimètre pour Robbins. L’attaquant s’avance seul devant le gardien, qu’il fusille d’un tir puissant mi-hauteur (5-2). Triplé de l’attaquant des Remparts, impérial dans une démonstration de sérieux et de solidité pendant quarante minutes. Face à une formation des Scorpions qui a encaissé moins de deux buts par match cette saison, cette prestation a de quoi impressionner.

Mulhouse ne trouve pas la clé

Mulhouse redémarre avec de bonnes intentions et deux tirs sur Chimienti. Pour autant, les contres des Remparts restent dangereux. La patience d’un Rundgren permet de lancer Altidor au duel et Downey manque de peu de creuser l’écart. Pendant que Chimienti continue son festival avec une belle jambière, Tours récite une partition précise : tirs bloqués, contrés, relances propres dans les crosses, contrôles de qualité… et une nouvelle mitaine du gardien, irréprochable. Même une balustrade joueuse ne parvient pas à le perturber.

Avec trois buts d’avance, les Remparts défendent, attendent leur adversaire et le repoussent assez bien sur les côtés. Ares tente de franchir cet obstacle avec un débordement sur l’aile gauche, que Chimienti repousse avec une impression d’aisance. À mi-période, un accrochage sur Vigners donne aux Scorpions une occasion de revenir à la marque. La défense agressive des Remparts – toujours une crosse, une jambe sur la trajectoire – efface la supériorité sans encombre. À huit minutes du terme, Bob Millette pose son temps mort pour faire souffler ses troupes, qui ont consommé beaucoup d’énergie à défendre dans ce tiers.

Deux minutes plus tard, Vepsäläinen est sanctionné dans un contact avec Seda près du banc tourangeau et le jeu de puissance revient tenter sa chance. Il est inexistant contre la lecture du jeu des défenseurs tourangeaux, qui anticipent tout avec justesse et rigueur. Tours, sur son nuage, semble tout lire avec un temps d’avance, volant palet après palet, au point d’obtenir une supériorité numérique lorsque Gewiese fait trébucher un attaquant dans la neutre, lequel lui avait subtilisé le disque. La crosse haute en zone offensive de Borysenko qui suit offre ainsi un cinq contre trois pendant 1’25 » aux locaux. Robbins échoue deux fois sur Blazek, qui sauve aussi un tir du cercle, avant que Robbins ne commette une faute à son tour et annule l’avantage. Mais il ne reste que quelques secondes et les Remparts exultent : ils sont leaders de division 1 !

Il y avait un parfum de Magnus ce soir, tant le niveau de jeu était élevé. Deux équipes de grande qualité, et un Tours de force : les hommes de Robert Millette signent une prestation remarquable de constance et d’application, un jeu juste et efficace dans tous les secteurs de jeu. La force d’un collectif, qui a su prendre la mesure des Scorpions. L’indiscipline de Mulhouse en début de match les a contraint à courir après le score toute la partie, sans jamais trouver la clé.

Photos à venir

 

Tours – Mulhouse 5-2 (2-1, 3-1, 0-0)
Mardi 27 décembre 2016, 19h30. Patinoire municipale de Tours. 600 spectateurs.
Arbitrage de Pierre Dehaen assisté de Joffrey Yssembourg et Theo Armbruster.
Pénalités : Tours 14′ (4′, 4′, 6′), Mulhouse 22′ (8’+10′, 0′, 4′)

Récapitulatif du score
1-0 à 10’32 » : A. Crosnier assisté de C. Lijdsman et T. Franck
2-0 à 14’03 » : B. Robbins assisté de E. David et C. Downey
2-1 à 16’43 » : B. Ten Braak assisté de M. Seda et M. Jurik (sup. num.)
3-1 à 22’24 » : B. Robbins assisté de C. Downey (inf. num.)
4-1 à 26’27 » : C. Downey assisté de B. Robbins et J. Laine
4-2 à 32’35 » : P. Gewiese assisté de R. Vigners et A. Ostman
5-2 à 37’56 » : B. Robbins assisté de P. Rundgren et T. Kluuskuri

Tours

Attaquants
Colin Downey (+2) – Bradley Robbins (4′, +3) – Kevin Altidor (2′, +1)
Ville Vepsäläinen (2′) – Paulus Rundgren (4′, +1) – Colby Lanceleve
Alexis Crosnier – Mickaël Lamothe – Judicaël Xavier (2′, +1)

Défenseurs
Jussi Laine (A, +1) – Toni Kluuskeri (+1)
Christopher Lijdsman (+2) – Eric David (C, +1)
Thomas Giorgi (+1) – Timothée Franck

Gardien :
Lino Chimienti

Remplaçants : Renan Sarrazin (G), Valentin Morais, David Camy Sarty, Maxime Dordet, Yoann Coubret, Romain Bournand

Mulhouse

Rolands Vigners (-1) – Roppe Nikkilä (-1) – Charles Wells (-2)
Magnus Lindgren (2′, -3) – Milan Jurik (A, -1) – Anton Östman
Jeremy Ares – Kenny Martin – Bryan Ten Braak (-2)
Arturs Sevcenko – Tarik Chipaux (-1)

Défenseurs
Petr Gewiese (2′, +1) – Michal Seda (2′)
Michal Petira (2′, -1) – Ruslan Borysenko (A, -1, 4’+10′)
Hugues Cruchandeau (C) – Maxime Suzzarini (-2)

Gardien :
Jiri Blazek

Remplaçants : Mickaël Muller (G), Christophe Colombel, Maxime Lutz, Adrien Gleveau.

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