Pour ce deuxième match de CHL, les Rapaces de Gap montent d’un cran en terme de difficultés. Zürich, quart de finaliste l’an passé, se présente avec des ambitions légitimes.
Les Suisses alignent une dizaine d’internationaux suisses et quelques joueurs d’expérience en NHL, à commencer par la nouvelle recrue Kevin Klein (photo), ex-New York Rangers (lire la présentation de Zürich). L’équipe est une vieille connaissance des Rapaces, puisqu’ils se sont affrontés il y a deux ans en CHL, pour deux victoires suisses.
Environ quatre-vingt supporters hélvètes ont fait le déplacement et chauffent l’Alp’Arena… après quelques échanges un peu chauds avec la sécurité. Finalement, les esprits se calment et les chants prennent le dessus.
Gap s’accroche
La partie débute avec une forte possession des Lions, qui attaquent la cage de Gap. Pius Suter frappe à la porte, puis Pascal Pelletier s’infiltre entre deux défenseurs. Jeff Lerg ne tremble pas sur ces deux premières occasions. Pris de vitesse, les Rapaces subissent et peinent à aligner deux passes. Après quelques minutes, les locaux verrouillent mieux l’accès à leur camp et repoussent les visiteurs vers l’extérieur, avant de lancer les premières timides incursions dans la zone suisse. L’échec-avant très agressif perturbe un peu plus les joueurs de Hans Wallson.
Après six minutes intenses, Eric Scheid concède deux minutes pour accrocher et la menace se précise. La défense est bien en place et Lerg ne doit intervenir qu’une fois, de la mitaine (photo) avant que Phil Baltisberger ne soit puni à son tour. Les deux équipes évoluent à quatre contre quatre pendant une minute. Le rythme ne retombe pas, pas plus que les chants des supporters des deux camps. Du hockey de haut niveau dans une ambiance de feu ! Gap n’exploite pas plus les quelques secondes d’avantage mais la séquence a eu le mérite d’équilibrer les débats. Les hommes de Luciano Basile pressent leur adversaire sans relâche et cassent bien les relances. Lerg sauve son camp lors des rares moments chauds, à l’image d’un déplacement latéral rapide et d’une mitaine bien placée devant Kuenzle, tout seul à bout portant.
Toutefois, les occasions restent à sens unique et cela finit par peser. Le travail de Fredrik Pettersson renverse la défense et il parvient à servir Pius Suter au deuxième poteau. L’attaquant ne rate pas la cage ouverte (0-1). Zürich capitalise ainsi sur sa domination grâce à sa vitesse et sa qualité technique. Ces deux éléments poussent peu après Pierre Crinon à la faute. Malgré les efforts de Max Ross pour bloquer les tirs, Fredrik Pettersson fait parler son tir éclair et creuse l’écart en tête de cercle (0-2).
Acculés dans leur camp, les Rapaces accusent le coup et Lerg multiplie les parades. Pelletier au cercle gauche, Baltisberger dans l’axe, Dave Sutter à la bleue… Sur ce dernier tir, Bachofner se rend coupable d’un mauvais geste qui n’échappe pas au corps arbitral. Gap respire et tente de revenir en supériorité. Les bleus n’obtiennent aucun tir et concèdent même une échappée du meilleur pointeur Herzog, stoppée par Lerg. L’international suisse commet cependant une faute sur l’action et Gap continue à un de plus, avec enfin un lancer, signé Scheid. L’Américain, déjà très en vue jeudi, est bien dans le coup. Campbell enchaîne avec un superbe service pour Hulshof qui réduit le score (1-2). Malmené pendant vingt minutes, Gap s’est accroché et reste finalement à portée à la pause. Avec neuf occasions à une, Zürich s’est montré malgré tout le plus dangereux.
La balade des Lions
Explosifs en contre, les Gapençais cherchent les intervalles. Tringale s’infiltre ainsi dans le dos de la défense mais ne parvient pas à cadrer son tir dès la reprise du jeu. Les locaux verrouillent bien la neutre grâce à un pressing agressif, et démarrent vite dès la récupération. David Glen obtient ainsi un bon lancer capté de la mitaine par Schlegel.
Après cinq minutes indécises, Tim Campbell reçoit deux minutes et Zürich s’installe, décalant Pettersson pour une volée. La défense dégage le rebond mais les Suisses reviennent rapidement. Pius Suter trouve alors la cible en s’emparant dans le slot du retour d’un lancer de l’inévitable Pettersson (1-3). La technique suisse est au-dessus, à l’image d’une feinte magistrale de Pestoni qui lui permet solliciter Lerg, puis d’un lancer mi-hauteur de Guerra à travers le trafic, ou d’un slalom de Pius Suter. Dès lors, le match est complètement déséquilibré.
Les minutes défilent et Schlegel n’est toujours pas inquiété. Kenins décale Pestoni et Lerg laisse échapper le palet, sans conséquence. En revanche, servi en retrait par Kuenzle, le lancer du poignet d’Herzog en tête de cercle fait mouche (1-4).
Les Rapaces tentent de revenir et Max Ross donne l’exemple… mais sa montée provoque un deux-contre-un pour Zürich. Nilsson et Pettersson s’échangent le palet et le second est crédité du but lorsque sa passe est détournée par un défenseur (1-5). Puis, Kenins s’amuse dans le coin, fixe toute la défense et trouve Seger lancé plein axe. Le défenseur, esseulé, ajuste Lerg au ras du poteau (1-6).
Fin de soirée pour le gardien gapençais, remplacé par Aurélien Bertrand. Le jeune gardien a vite du travail : alors qu’un défenseur de Gap est tombé le long de la bande, Pelletier et Kuenzle se retrouvent seuls devant la cage et s’échangent bien trop de politesses pour aggraver la marque…
Baltisberger sorti, Gap peut enfin fouler la glace du côté de Schleger. Hulshof lance en angle fermé en début de supériorité, puis travaille fort dans l’enclave sur une déviation. Les esprits s’échauffent alors qu’une forêt de joueurs chasse le rebond. McDonald et Gutierrez enchaînent avec deux tirs à travers la foule. Dans les derniers instants, Bouvet reçoit une longue passe dans le dos de la défense et parvient à pousser le palet devant le gardien sorti à sa rencontre. Trop excentré, l’attaquant de l’équipe de France ne parvient pas à redresser le disque vers la cage déserte.
De retour à cinq, les Lions se montrent eux bien plus réalistes. Pettersson feinte et sert Guerra dans son dos, et le défenseur s’infiltre vers la ligne de fond. Son centre à travers l’enclave trouve Robert Nilsson au deuxième poteau, qui prend de vitesse Bertrand (1-7). L’addition devient bien trop salée lorsque Prassl lance à la cage plein axe, et trouve la déviation mi-hauteur de Baltisberger (1-8). À quelques secondes de la pause, Pius Suter complète son triplé de près (1-9).
Baisse de rythme
Jeff Lerg revient au jeu pour le troisième tiers et reçoit rapidement les premiers tirs, dont une volée de Pettersson du cercle droit. Le rythme a logiquement baissé, Gap s’efforçant à limiter les erreurs et les espaces. Les Rapaces y parviennent plutôt bien, sauf quand le trio Pettersson-Suter-Nilsson est sur la glace. À eux trois, les bourreaux du jour multiplient les lancers.
La domination des Lions ne faiblit pas. Dave Sutter lance de la bleue et Schäppi ne parvient pas à battre Lerg sur le rebond. Le palet continue de tourner dans la zone, avec un nouveau slap de Pettersson de la bleue sur une pénalité différée. Tim Campbell ne reste en prison que sept secondes, le temps pour Pettersson de mystifier la défense et de servir Pius Suter entre les cercles (1-10). Zürich ne force plus trop son talent désormais et les minutes défilent. Pierre Crinon est sanctionné d’un cinglage à sept minutes du terme et les Lions s’installent. Le jeu manque un peu de tranchant et, hormis face une montée de Klein (photo) et aux gestes techniques de Nilsson, la défense tient bon.
Chris Baltisberger suit sur le banc des punis dans un duel avec Max Ross, avec quatre minutes pour cette crosse haute. Gap retrouve enfin le côté du but de Schleger… mais Herzog démarre en contre, résiste face à trois joueurs et envoie un lancer puissant en entrée de zone. Dévié au début de sa trajectoire, le palet surprend Lerg (1-11). Les Rapaces abdiquent et ne parviennent pas à faire quoi que ce soit lors des dernières minutes.
Zürich remporte donc un large succès amplement mérité. Un match de tous les records en CHL : onze buts marqués, sept points pour Fredrik Pettersson et quatre buts pour Pius Suter. Pour Gap, la marche était bien trop haute et il faudra surtout digérer cette déroute avant le début de la ligue Magnus. Plus que quatre matchs dans cette compétition trop relevée pour cet effectif…
Commentaires d’après-match :
Luciano Basile (entraîneur de Gap) : « J’avais dit aux joueurs que Zürich ne voudrait pas jouer 60 minutes, donc qu’ils chercheraient à plier le match très vite. J’ai trouvé que l’entame était meilleure que jeudi. Mais il doit y avoir 25 occasions à 6 sur le match. Rien qu’au premier, ça fait 9-1 et Lerg sort un gros premier tiers. Nous n’avons fait que retarder l’échéance. Je ne suis pas déçu de l’effort des joueurs, qui n’ont pas arrêté de patiner. C’est frustrant car la CHL interrompt notre travail. Notre projet de jeu est de jouer pied au plancher tout le temps. Or, ici, on perd les courses, on arrive deuxième à chaque fois. On voit toute la différence entre le haut niveau suisse et nous. Nous sommes champions de France et notre récompense, c’est cette galère, qui est difficile pour les joueurs. Mais on ne joue pas le même sport là, comme je l’ai déjà dit l’an dernier, c’est comme si on nous demandait de jouer au volley…
La seule chose que l’on peut travailler, c’est le comportement individuel, notamment sur le plan défensif : être plus rapide dans la transition, revenir, couper les lignes de passe, améliorer le marquage individuel. Mais on a vu que même au troisième tiers, c’était difficile techniquement de faire trois passes et nous étions moins lucides. Il suffit de voir sur le but à quatre contre cinq, où le joueur a le temps de patienter contre trois ou quatre des nôtres, avant de marquer, c’est toute la différence de niveau. Mais la Magnus, ça n’a rien à voir, personne n’a 20 millions de francs suisses de budget ! On a 1,5 millions nous, contre quoi, 17 chez eux rien que pour les joueurs. Dans notre championnat, les gars viennent pour prendre du plaisir, et sur un match comme cela ce n’est pas le cas, et comme ce sont des compétiteurs… alors on encaisse. C’est important de ne pas perdre confiance pour le championnat. Pour les autres matchs, on fera le job, on va se déplacer, se préparer, s’échauffer et ne pas baisser la tête. Là c’est la tempête, et on va attendre le soleil, sans rien lâcher. »
Rapaces de Gap – ZSC Lions Zürich 1-11 (1-2, 0-7, 0-2)
Samedi 26 août 2017, 15h, Alp’Arena de Gap, 1727 spectateurs.
Arbitrage de Daniel Gamper et Damien Bliek assistés de Yann Furet et Joris Barcello
Tirs : Gap 16, Zürich 57
Pénalités : Gap 10′ (4′, 2′, 4′), Zürich 14′ (6′, 2′, 6′)
Récapitulatif du score
0-1 à 12’27 » : Suter assisté de Pettersson et Klein
0-2 à 15’09 » : Pettersson assisté de Geering (sup. num.)
1-2 à 19’10 » : Hulshof assisté de Campbell (sup. num.)
1-3 à 25’17 » : Suter assisté de Pettersson (sup. num.)
1-4 à 29’27 » : Herzog assisté de Kuenzle
1-5 à 30’56 » : Pettersson assisté de Nilsson
1-6 à 31’38 » : Seger assisté de Kenins
1-7 à 37’38 » : Nilsson assisté de Guerra et Petterssp,
1-8 à 39’03 » : Baltisberger assisté de Bachofner et Prassl
1-9 à 39’24 » : Suter assité de Pettersson et Geering
1-10 à 49’49 » : Suter assisté de Pettersson (sup. num.)
1-11 à 57’08 » : Herzog assisté de Guerra (inf. num.)
Rapaces de Gap
Attaquants :
Chad McDonald – David Glen – Eric Scheid
Dimitri Thillet – Maurin Bouvet – Romain Gutierrez
Devin Tringale – Jack Lewis – Shawn Hulshof
Cédric Di Dio Balsamo – Marius Serer – Yoanne Lacheny
Défenseurs :
Max Ross (C) – Graeme McCormack
Damien Raux (A) – Tim Campbell (A)
Pierre Crinon – Raphaël Faure
Arnaud Faure – Maxime Ritz
Gardien :
Jeff Lerg puis Aurélien Bertrand (de 31’38 » à 40’00 »)
Absent : Evan Ritt (A)
ZSC Lions
Attaquants
Robert Nilsson – Pius Suter – Fredrik Pettersson
Mike Kuenzle – Pascal Pelletier – Inti Pestoni
Fabrice Herzog – Reto Schäppi – Ronalds Kenins
Jérôme Bachofner – Chris Baltisberger – Raphael Prassl
Défenseurs :
Patrick Geering – Kevin Klein
Severin Blindenbacher – Samuel Guerra
Roger Karrer – Christian Marti
Mathias Seger – Dave Sutter
Gardien :
Niklas Schlegel
Remplaçant : Lukas Flueler