La nouvelle formule de la CHL, avec une qualification uniquement sportive, est beaucoup plus claire à suivre. Quel être humain normalement constitué pouvait retrouver son chemin dans seize groupes différents ? La formule en 8 groupes de 4, identique à la Ligue des Champions de football, est limpide.
L’évènement de la première journée est certainement la défaite de HV71, le champion de Suède, pays dominant de la compétition depuis sa création. Le club de Jönköpîng s’est fait battre à la surprise générale par les Adler de Mannheim (1-4). L’heure est-elle venue pour les clubs allemands, jusqu’ici très en retrait dans la comparaison européenne ? On se dit que Mannheim est entraîné par Sean Simpson, l’homme qui avait conduit les ZSC Lions au titre de champion d’Europe (devant les clubs russes) puis à battre une équipe NHL. Avec lui, peut-être, rien n’est impossible…
Encore faut-il confirmer aujourd’hui. Les Adler peuvent faire un grand pas vers la qualification avec un second déplacement à Třinec, club avec lequel ils imaginaient initialement se battre pour la deuxième place. Les Tchèques ont démoli les Danois d’Esbjerg vendredi (9-1), et Simpson était d’ailleurs déjà arrivé dans les tribunes pour les observer.
Les « sidérurgistes » de Trinec savent qu’il faut battre le fer tant qu’il est chaud. Ils se forgent très tôt une avance avec une accélération sur l’aile gauche de Jiří Polanský qui centre pour Martin Růžička seul second au poteau (1-0, 03’43 »). On attend la réaction des Allemands : ils se distinguent par leur activité pour harceler les joueurs adverses, et par leur volonté pour se jeter devant les lancers. Néanmoins, ils sont peu dangereux. Leur jeu de puissance en particulier laisse à désirer, encore en mode « pré-saison ». Les deux unités sont organisées de la même manière avec un défenseur canadien à la pointe (Colaiocovo et Carle), mais ils ne prennent pas de tirs et la circulation de palet manque de tempo.
Deux joueurs allemands sortent du lot : le toujours actif Matthias Plachta quand il conserve le palet à 1 contre 3 dans le fond de la zone tchèque en infériorité numérique, et surtout David Wolf qui allie à ses dribbles et à sa puissance physique une bonne vision du jeu. Par deux fois, il envoie son vieux complice Garret Festerling en échappée dans le dos de la défense, mais le centre ne conclut pas. Il regrettera sûrement d’avoir essayé de revenir sur son revers au lieu de tenter simplement le tir du poignet.
C’est trop peu toutefois. Mannheim n’est certes pas aidé par la sortie sur blessure de son « top scorer » Brent Raedeke (sur un lancer de son coéquipier Mathieu Carle), mais les Adler n’ont pas une contribution homogène. La recrue-vedette de NHL Devin Setoguchi est assez invisible. Carlo Colaiocovo, potentiel candidat à l’équipe olympique canadienne (pas sur sa performance du jour), laisse dans son dos Tomáš Marcinko seul devant la cage, qui reçoit la passe de Tomáš Linhart trouve Marcinko seul devant la cage. Le centre slovaque n’est pas un grand finisseur et bute sur Dennis Endras.
Un tournant du match survient quand Bohumil Jank charge le jeune Phil Hungerecker (entré en jeu depuis la blessure de Raedeke) contre la bande,. Les arbitres sifflent avec un peu en retard en voyant le joueur allemand à terre : 2’+2′. Mais c’est Třinec qui marque en infériorité numérique : Zbynek Irgl gagne une mise au jeu en zone défensive et Vladimír Roth sert aussitôt une longue passe vers Martin Růžička qui bat Dennis Endras côté plaque.
La victoire tchèque sera totale par la faute d’une obstruction idiote de Wolf. Le vétéran Martin Růžička (31 ans) revient quelques années en arrière quand il explosait tous les compteurs. Il signe un hat-trick avec un dernier but, en supériorité numérique, dans un angle extrêmement fermé. Růžička avait déjà signé un triplé il y a neuf jours, contre le promu en élite française Mulhouse (6-1) à la Rona Cup en Slovaquie. La victoire est logique et le gardien Šimon Hrubec défend son blanchissage jusqu’au bout.
Třinec trône maintenant en tête du groupe D, mais on se dit bien que HV71 (vainqueur 3-0 d’Esbjerg) n’a pas dit son dernier mot. Ce groupe promet une intéressante lutte à trois.
Commentaires d’après-match
Václav Varaďa (entraîneur de Třinec) : « Mannheim a très bien joué, et nous, heureusement, encore mieux. Cela m’a rappelé un match de play-offs, je pense qu’il est très tôt pour jouer au hockey à ce niveau. J’ai eu l’impression que nos joueurs patinaient mieux, mais ils ont eu des occasions et notre gardien a fait une grande performance. »
Sean Simpson (entraîneur de Mannheim) : « Je voudrais féliciter les vainqueurs pour leur excellente performance, mais je ne pense pas que nous ayons mal joué. L’équipe tchèque avait un bon gardien et leurs équipes spéciales étaient meilleures que les nôtres, ça a fait la différence. Pour la fin août, c’était du très bon hockey. »
Teal Fowler (manager de Mannheim) : « Nous aurions pu encore jouer une heure sans marquer de but. Que Třinec ait eu de meilleures occasions en infériorité que nous en supériorité, ça dit tout. Les gars ont fait un voyage de onze heures et sont passés par quatre pays (Jönköping-Munich-Cracovie en avion puis un bus). Nous avons trois points au compteur après ces deux déplacements difficiles et nous satisfaits de notre situation. Mais je suis sûr que nous verrons une autre équipe suédoise que jeudi dernier lors du match retour samedi prochain. »
Třinec – Mannheim 3-0 (1-0, 1-0, 1-0)
Dimanche 27 août 2017 à 14h00 à la Werk Arena. 2998 spectateurs.
Arbitrage de Peter Staňo (SVK) et Robin Šír (TCH) assistés de Jiří Gebauer et Vít Lederer (TCH).
Pénalités : Třinec 12′ (4′, 6′, 2′), Mannheim 12′ (4′, 2′, 6′)
Tirs cadrés : Třinec 28 (10, 8, 10), Mannheim 27 (11, 4, 12).
Évolution du score :
1-0 à 03’43 » : Růžička assisté de Polanský
2-0 à 32’38 » : Růžička assisté de Roth et Irgl (inf. num.)
3-0 à 46’26 » : Růžička assisté de Marcinko et Rákos (sup. num.)
Třinec
Attaquants :
Daniel Rákos (+1, 2′) – Tomáš Marcinko – Martin Růžička (A, +2)
Martin Adamský (A) – Jiří Polanský (+1) – Jakub Petružálek
Vladimír Dravecký – Michal Kovařčík – Zbyněk Irgl (+1)
Vladimír Svačina – David Cienciala (2′) – Erik Hrňa
Défenseurs :
Marián Adamek – Lukáš Krajicek (C, 2′)
Vladimír Roth (+1) – Tomáš Linhart
rotation à trois entre David Musil (+1, 2′), Bohumil Jank (+1, 4′), Milan Doudera (+1)
Gardien :
Šimon Hrubec
Remplaçant : Peter Hamerlík (G).
Mannheim (2′ pour surnombre)
Attaquants :
Daniel Sparre (-1) – Luke Adam (2′) – Chad Kolarik (-1)
David Wolf (2′) – Garrett Festerling (-1) – Ryan MacMurchy
Mathias Plachta – Brent Raedeke [puis McGrath à 13’35 »] – Setoguchi
Evan McGrath (-1) puis Phil Hungerecker à 13’35 » – Marcus Kink (C, -1, 2′) – Christoph Ullmann (A, -1)
Défenseurs :
Sinan Akdag (2′) – Mathieu Carle
Aaron Johnson (-1, 2′) – Thomas Larkin (-1)
Carlo Colaiocovo (-1) – Denis Reul (-1)
Nikolai Goc
Gardien :
Dennis Endras
Remplaçant : Chet Pickard (G).