La plus mauvaise attaque contre la plus mauvaise défense de la poule… ou encore l’équipe la plus fair-play contre la moins disciplinée. Surtout, le vainqueur de cette partie est sûr de participer aux play-offs. C’est déjà le cas pour les Diables valenciennois, depuis leur dernière victoire contre les Français Volants. C’est encore possible pour l’Étoile Noire, à condition de battre son adversaire du soir, pour laisser aux mêmes Parisiens le soin de disputer la poule de relégation. La seule question est de savoir si les Alsaciens, privés de leur entraîneur Tarik Chipaux – suspendu – mais renforcés de quelques juniors de Magnus, sont capables de dominer durablement les Nordistes.
Même si l’entame du jeu est nettement strasbourgeoise, l’un des premiers essais des Diables jette un froid dans l’Iceberg! La première supériorité numérique locale vient d’être annulée par un trébucher sévère de Gabriel Da Costa. À peine le temps d’engager à 4 contre 4 en zone locale que la tour finlandaise Toomas Veijoola te loge une mine de la bleue (0-1 à 5’12). Ça ne pouvait pas plus mal commencer pour les « abeilles » bas-rhinoises.
L’abnégation n’étant pas la moindre des qualités de ces petites bestioles, c’est donc sans attendre qu’elles repartent à l’assaut de la cage de Juraj Sedlacko, notamment par l’intermédiaire du très remuant Samuel Rousseau. C’est d’ailleurs lui, en embuscade, et de près, qui remet le score à parité, au rebond d’un premier essai de Romain Schmitt (1-1 à 8’08). Strasbourg continue d’essaimer sur la cage des hennuyers, dont la tactique se résume à attendre patiemment l’ouverture en contre. Les Bas-Rhinois leur en laissent peu l’occasion durant ce tiers, et se créent énormément d’occasions, sans toutefois parvenir à les convertir comme sur ce double essai à bout portant de Schmitt (13’46), puis ce rebond in-extremis contré (13’50), avant que Maxence Leroux ne bute deux fois de suite sur l’excellent portier nordiste (17’37). Une question se pose alors : les jeunes Alsaciens ne risquent-ils pas de trop s’épuiser à vouloir franchir le compact mur nordiste ?
La physionomie du second tiers donne un début de réponse : les locaux continuent leur pressing face à leurs adversaires toujours aussi peu belliqueux, offensivement parlant. Le jeu devient cependant moins précis, notamment dans les relances alsaciennes. Le plus dommageable est que Strasbourg ne parvient pas à concrétiser les possibilités offertes lors d’avantages numériques successifs, notamment lors de cette séquence en double supériorité, et malgré, par exemple, un excellent slalom de Mathieu, dont le tir est trop enlevé, ou sur cette reprise que toute la patinoire voyait déjà dedans. Aussi, quand le mauvais rebond d’un premier tir d’Allan Harmegnies est exploité par son frère Maël (1-2 à 38’49), c’est une grosse douche froide qui s’abat sur les épaules strasbourgeoises. Tant d’énergie dépensée pour ça…
Heureusement pour les locaux, la sortie des vestiaires se concrétise rapidement par une égalisation de Thomas Mathieu, profitant d’un instant de flottement autour d’une deuxième faute nordiste, sur Ludovic Rio, qui vient d’être signalée (2-2 à 40’42). Cependant, les organismes sont émoussés, Strasbourg a perdu en lucidité et offre à Valenciennes de nombreuses possibilités d’inquiéter le portier local. Le plus fâcheux est leur incapacité à exploiter les avantages numériques (comme sur ces essais de près de Schmitt ou Da Costa) offerts par leurs adversaires assez virils, sans doute par manque de concentration, mais aussi par fatigue ou par crainte de perdre ce score de parité. Le tiers est donc tendu et offre de moins en moins d’actions nettes. Lorsque la sirène retentit, on se demande alors si la prolongation peut être profitable aux locaux, très éprouvés physiquement.
On va le savoir très rapidement : à trois contre trois, les espaces libres sont importants. Un premier signal est envoyé par Tomas Marcinek mais Rio ferme la porte. Le temps d’un changement de ligne et Veijoola, le seul Hennuyer vraiment au point ce soir, manoeuvre à mi-distance pour exploiter un espace laissé libre par le trio strasbourgeois et son gardien (2-3 à 61’27). Douche froide, dernier acte (ou presque) d’une saison strasbourgeoise vraiment calamiteuse.
La partie ressemblait beaucoup à une autre partie « ultime », celle jouée il y a deux ans par les Strasbourgeois contre les Marseillais, pour savoir qui jouerait ensuite son avenir contre le champion de D3. Cette soirée-là, les Méditérannéens ne furent pas les plus forts, simplement les plus réalistes.
Il en fut de même lors de cette partie. Valenciennes a été loin de dominer ce match, voire de le maîtriser, hormis éventuellement la tour de contrôle Veijoola, qui apporte un peu de percussion et d’organisation, devant comme derrière. Les Nordistes ont juste exploité avec un réalisme rageant les quelques espaces offerts par les jeunes Alsaciens.
La différence de niveau n’était donc pas flagrante sur cette partie, Strasbourg offrant un hockey remuant et volontaire, mais pas toujours très précis. Une fois de plus, l’adage « dominer n’est pas gagné » a été respecté.
Il reste toutefois les matches du trio de relégation pour espérer rester dans cette division. Avec un peu plus de réalisme, et le retour de leur entraîneur sur la glace, les Bas-Rhinois peuvent légitimement y croire.
Strasbourg II – Valenciennes 2-3 après prolongation (1-1, 0-1, 1-0, 0-1)
Samedi 10 février 2018 à 18h30 à la patinoire de l’Iceberg. Environ 250 spectateurs.
Pénalités : Strasbourg II 6′ (4′, 0′, 2′, 0′) ; Valenciennes 16′ (4′, 6′, 6′, 0′).
Tirs : Strasbourg II 36 (16, 12, 6, 2) ; Valenciennes 21 (5, 4, 9, 3).
Évolution du score :
0-1 à 05’12 : Veijoola assisté de Parras et Fronty
1-1 à 08’08 : Rousseau assisté de Schmitt et Baeumlin
1-2 à 38’49 : M.Harmegnies assisté de A.Harmegnies et Veijoola
2-2 à 40’42 : Mathieu assisté de Deplanque (sup. num.)
2-3 à 61’27 : Veijoola assisté de Parras et Skokor
Strasbourg II
Attaquants :
Samuel Rousseau – Romain Schmitt (C) – Julien Baeumlin
Alexandre Gonzalves – Thomas Mathieu – Maxence Leroux
Kevin Leguen puis Théo Perrenoud – Karl Messinger – Gabriel Da Costa
Défenseurs :
Aurélien Chausserie – Maxime Deplanque
Paul-Adrien Grasser – Alastair Franc
Mehdi Moushrif – Luc Baillis
Gardien :
Ludovic Rio
Remplaçants : Adrien Vazzaz (G), Anthony Poirot, Romain Bureau, Mathis Joly, Aymeric Cabon.
Valenciennes
Attaquants :
Denis Skokor – Tomas Marcinek – Thybaud Rouillard
Kevin Parras – Allan Harmegnies – Mael Harmegnies
François Marchal – Benjamin de Gubernatis – Jamie MacIlroy
Défenseurs :
Toomas Veijoola, Lukas Janos, David Selin (C), Louis Camurat et Sébastien Fronty en rotation
Gardien :
Juraj Sedlacko
Remplaçants : Axel Brassart (G), Patrice Lemaire, Antoine Hurez, Victor Bernard.