58 ans après, un record olympique est battu au hockey

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Les matchs du groupe A du tournoi olympique féminin, regroupant les quatre meilleures nations mondiales, se poursuivaient ce mardi. Plus tôt dans la journée, le Canada a sécurisé sa place en demi-finale des Jeux olympiques après avoir disposé de la Finlande (4-1).

Après les Canadiennes, les rivales Américaines étaient en action à leur tour pour obtenir, dès maintenant, un ticket pour les demies face à la Russie. Du moins, l’équipe des Athlètes olympiques de Russie (AOR), car le CIO a rappelé à l’ordre les médias russes de s’en tenir à la dénomination « AOR » (OAR en VO) et de ne représenter la nation russe que par le drapeau neutre olympique, comme il est convenu.

Face aux USA, les Russes auront-elles leur mot à dire après avoir grillé un premier joker, malmenées par le Canada 0-5 ? Le problème, c’est que les affrontements précédents face au Team USA ont systématiquement débouché sur des scores fleuves : 9-2 et 13-1 aux Mondiaux 2015, 8-0 et 9-0 aux Mondiaux 2016, et 7-0 aux Mondiaux 2017. Le dernier États-Unis – Russie chez les femmes dans le cadre des Jeux olympiques date de Vancouver 2010, les Américaines avaient explosé les Russes 13-0.

En ouverture du tournoi, la Suède avait réussi à faire douter cette équipe des États-Unis après une période (0-1), avant que Kendall Coyne et cie ne passent la seconde (3-1). Mais les Russes y croient-elles ? Car le sélectionneur russe Aleksei Chistyakov lance dans la bataille la gardienne Valeria Tarakanova (19 ans), qui dispute son premier match officiel en équipe senior. Côté américain, Nicole Hensley succède à Maddie Rooney.

La première occasion américaine ne tarde pas, avec une passe dans le dos de Jocelyne Lamoureux pour sa sœur jumelle Monique, c’est la première parade importante de la jeune Tarakanova. Quelques minutes plus tard, la gardienne de Nizhny Novgorod en réalisera une remarquable devant Hilary Knight, de la jambière. Sosina réplique pour l’AOR mais cette menace est bien mince.

Car on comprend très vite que la possession va être largement à l’avantage des Américaines. Inéluctablement, celles-ci parviennent à ouvrir le score. Jocelyne Lamoureux, dans le rond gauche, envoie à l’opposé où se trouve Kacey Bellamy, la défenseure des USA patiente au trafic le plus soutenu avant de frapper, quatre joueuses masquent la vue de Tarakanova qui doit s’incliner (1-0, 08’02). La possession russe est inexistante, même lors de leur premier (et seul) jeu de puissance, trop de déchets mettent Nicole Hensley hors de danger.

Au début de la deuxième période, Diana Kanayeva procurera à la Russie la première véritable occasion dangereuse, Hensley s’interposant du gant. Ça se calme très rapidement dans le camp américain, mais c’est toujours animé dans le camp russe. Pfalzer et Cameranesi sollicitent Tarakanova. On retrouvera d’ailleurs Dani Cameranesi quelques instants plus tard en supériorité numérique avec un tir sur la transversale, alors que Decker loupe devant le slot une passe de Coyne.

Les occasions américaines continuent de pleuvoir, et le deuxième but arrive. Monique Lamoureux frappe, Tarakanova fait l’arrêt mais le puck parvient à la jumelle Jocelyne qui, malgré les deux défenseures russes devant elle, réussit à marquer dans les filets (2-0, 31’46). Et « J-Lam » n’en a pas fini. Les Russes remportent la mise en jeu mais ne se comprennent pas, grossière erreur car Jocelyne Lamoureux surgit, la sextuple championne du monde de 28 ans se présente seule, feinte et tire du revers, un but somptueux qui bat Valeria Tarakanova (3-0, 31’52).

Ce but, en plus d’être esthétique, fait rentrer dans la légende Jocelyne Lamoureux-Davidson. Avec un doublé à six secondes d’écart, elle bat un record olympique vieux de… 58 ans ! Aux JO de Squaw Valley en 1960, le Suédois Carl-Göran Öberg avait inscrit deux buts en l’espace de huit secondes. Record battu !

Ce record, les Russes auraient aimé s’en passer. Elles tenteront une bien légère pression en guise de réaction. Surtout que le peu d’espoir va de nouveau s’effondrer. Meghan Duggan entre rapidement en zone offensive et sert Amanda Pelkey qui reprend de volée, le mur russe détourne une première fois mais Gigi Marvin débarque plein champ et profite du rebond (4-0, 34’38). C’en est trop pour le coach Chistyakov qui décide de remplacer la jeune Tarakanova par Nadezhda Morozova… elle-même remplacée contre le Canada lors de la précédente rencontre. Morozova sera toutefois à son avantage à son entrée sur la glace, bloquant les essais de Decker, Coyne et (du casque !) de Knight.

Mais il reste un tiers à Morozova pour boucher les angles. C’est fait face à Stecklein, Decker et Pfalzer. À la 45e minute, Valeria Pavlova ira tout de même réveiller Nicole Hensley, mettant dans le vent Pfalzer au passage, sa tentative passe cependant à quelques centimètres de la barre transversale. Passé cette mini-tornade, l’ouragan américain peut continuer de frapper à la porte Morozova, par Cameranesi, Decker et Jocelyne Lamoureux.

Durant cette troisième période, les États-Unis se verront refuser un but. Hannah Brandt s’empare du palet en zone offensive et frappe, Morozova détourne du gant mais perd le palet de vue, Brandt peut capitaliser le rebond mais inscrit ce but de la main : no goal ! Mais un cinquième but sera bien attribué aux Américaines. Kendall Coyne effectue un gros travail de percussion à proximité de Morozova mais elle chute, sa coéquipière revancharde Hannah Brandt suit l’action et bat du revers la gardienne russe (5-0, 58’23).

Les États-Unis s’imposent sans problème face à la Russie, les Américaines valident donc à leur tour leur ticket pour les demi-finales des Jeux olympiques. Il reste néanmoins un dernier match du tour préliminaire à jouer pour établir la composition des quarts de finale, le Japon et la Corée devant se contenter d’un match de classement.

 

États-Unis – Athlètes olympiques de Russie (AOR) 5-0 (1-0, 3-0, 1-0).
Mardi 13 février 2018 à 21h10 au Kwandong Hockey Centre. 3797 spectateurs.
Arbitrage de Gabrielle Ariano Lortie (CAN) et Gabriella Gran (SUE) assistées de Zuzana Svobodova (TCH) et Johanna Tauriainen (FIN).
Pénalités : États-Unis 2′ (2′, 0′, 0′), Russie 6′ (0′, 6′, 0′).
Tirs : États-Unis 50 (7, 24, 19), Russie 13 (2, 7, 4).

Évolution du score :
1-0 à 08’02 » : Bellamy assistée de J. Lamoureux et Marvin
2-0 à 31’46 » : J. Lamoureux assistée de M. Lamoureux
3-0 à 31’52 » : J. Lamoureux
4-0 à 34’38 » : Marvin assistée de Pelkey et Duggan
5-0 à 58’23 » : Brandt assistée de Cameranesi et Keller

États-Unis

Attaquantes :
Hilary Knight – Brianna Decker (A) – Kendall Coyne
Amanda Kessel (+1) – Hannah Brandt (+1, 2′) – Dani Cameranesi (+1)
Meghan Duggan (C, +1) – Gigi Marvin (+2) – Amanda Pelkey (+1)
Monique Lamoureux-Morando (+3) – Kelly Pannek (+2) – Jocelyne Lamoureux-Davidson (+3)

Défenseures :
Cayla Barnes (+1) – Kacey Bellamy (A, +2)
Emily Pfalzer (+2) – Megan Keller (+2)
Sidney Morin – Lee Stecklein (+2)
Kali Flanagan (+1) – Haley Skarupa

Gardienne :
Nicole Hensley

Remplaçante : Alex Rigsby (G).

Russie

Attaquantes :
Olga Sosina (C) – Lyudmila Belyakova (-1) – Valeria Pavlova (-1)
Anna Shokhina (-1) – Yelena Dergachyova (A) – Alevtina Shtaryova
Fanuza Kadirova (-2) – Yevgenia Dyupina (-3) – Yekaterina Smolina (-3)
Viktoria Kulishova (-2) – Diana Kanayeva (-1) – Alyona Starovoitova (-1)

Défenseures :
Liana Ganeyeva (-1) – Maria Batalova (A, -1, 4′)
Nina Pirogova (-2, 2′) – Angelina Goncharenko (-3)
Yekaterian Nikolayeva (-1) – Yekaterina Lobova (-2)
Svetlana Tkachyova

Gardienne :
Valeria Tarakanova [remplacé par Nadezhda Morozova à 34’38 »].

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