C’est un paradoxe. L’équipe de France a été battue par le Covid-19 avant de participer à un tournoi baptisé « Beat Covid » ! Les Bleus ont été contaminés par le coronavirus lorsqu’ils ont rencontré leur premier adversaire en préparation, l’Italie, dont des cas se sont déclarés juste après la confrontation. Le coronavirus a obligé deux joueurs angevins, Nicolas Ritz et Florian Hardy, à rentrer à la maison. Le gardien Sebastian Ylönen a dû être appelé depuis la liste des réservistes. C’est Quentin Papillon qui est titularisé pour ce premier match contre la Roumanie. Cette équipe qui compte dans ses rangs un ancien champion de France (Radim Valchar avec Gap quand il était encore tchèque) aurait aussi dû être le premier adversaire si les Bleus avaient joué un Mondial de division IA « normal ».
Non seulement les deux matches en Suisse ont été annulés la semaine dernière, mais les Français ont aussi été privés d’entraînement par les mesures d’isolement. Ce soir, Louis Boudon, qui suit une carrière intéressante en NCAA dans une bonne université (Lake Superior State), joue donc son premier match en équipe de France, au centre de la deuxième ligne entre Perret et Fleury, sans le moindre repère.
La surprise de la liste est le retour de Pierre Crinon, qui avait été retranché avant les rencontres en Suisse (comme Boscq, Colotti et Correia). Après deux minutes de jeu, le grand défenseur rouennais se permet un numéro offensif en dribblant son vis-à-vis Huba Bors, suivi au rebond par Loïc Farnier seul au poteau gauche (0-1, image de droite).
Le premier trio français, constitué des derniers renforts qui ont fini les play-offs dans leurs championnats respectifs, ajoute sa pierre à l’édifice : Tim Bozon laisse passer entre ses jambes une passe transversale d’Anthony Rech qui arrive ainsi à Charles Bertrand sur le côté droit. Le tir en angle très fermé du joueur de Tappara est magnifique et entre dans le haut du filet (0-2).
La France a su jusqu’ici imposer son jeu sans tomber dans le piège de descendre au rythme de l’adversaire. Jordann Perret n’est pas loin de mettre le troisième but sur un tour de cage en avantage numérique. Mais après la fin de la prison, Peter Zsolt file en échappée dans le dos de Baazzi. Quentin Papillon semble couvrir son angle, mais le tir du Roumain le piège entre sa botte et son poteau (1-2). Un but qui gâche une première période prise par le bon bout.
Les Français sortent un peu de leur match. Ils passent beaucoup trop de temps dans leur zone en deuxième période face à un adversaire de ce calibre, exposant un Papillon que l’on ne sent plus totalement en confiance après le mauvais but encaissé.
La Roumanie concède gentiment un surnombre à la mi-match pour remettre les Bleus sur la voie. Anthony Rech s’infiltre ensuite jusqu’au but et provoque une faute de Bors pour une seconde supériorité numérique de suite… qui va aboutir à l’égalisation adverse. Evgeni Limansky gagne son duel avec Damien Fleury, entre avec persévérance en zone française et envoie à la cage un palet qui fait billard. Situé derrière la ligne de fond, Balasz-Szabolcs Peter trouve un ricochet gagnant sur l’arrière du casque de Quentin Papillon (2-2). On n’avait pas vraiment demandé à entendre le hit du groupe O Zone (qui est d’ailleurs moldave et pas roumain) retentir une seconde fois.
Même si ce n’est pas le jour de Papillon, l’équipe de France doit être surtout capable de marquer plus de deux buts contre le promu de D1B. Mais maintenant qu’ils sentent l’exploit possible, les Roumains sont survoltés et font plus encore don de leurs corps pour bloquer tous les tirs. Les Français peinent à remettre la machine en route. La quatrième ligne révélée en préparation face à l’Italie apporte encore son écot puisque Loïc Farnier est fait trébucher par Alfred Antal, mais ses collègues plus établis n’arrivent pas à installer le jeu de puissance. Au retour à 5 contre 5, c’est encore le quatrième trio qui est renvoyé sur la glace, avec l’aide d’abord de Kévin Hecquefeuille pour une entrée de zone en contrôle dans l’axe, puis d’Antonin Manavian pour un tir excenté. Jordann Bougro prend le rebond de près entre les bottes du gardien (2-3).
Ce premier but en équipe de France de Jordann Bougro (image de droite) sauve donc les tricolores d’un mauvais pas, pour un succès tardif à onze minutes de la fin. L’équipe devra vite trouver son rythme et sa cohésion malgré le coup d’arrêt viral. Si elle bat lundi le pays-hôte, la Slovénie, dans ce qui s’annonce déjà comme une mini-finale du tournoi, elle pourra alors se proclamer vainqueur… du Covid-19.
Désignés joueurs du match : Zoltan Toke pour la Roumanie et Loïc Farnier pour la France.
Commentaires d’après-match :
Jordann Bougro (attaquant de la France) : « C’était un match assez difficile. On ne s’est pas entraîné de toute la semaine, on a juste pris l’avion aujourd’hui pour jouer. On a eu du mal à marquer mais je pense que ce n’est pas un mauvais match de notre part. Nous sommes évidemment meilleurs qu’eux mais… bon, on prend les trois points. Maintenant, je vais juste prendre du repos, et on verra demain ce qu’il en est du match de lundi. »
Balasz-Szabolcs Peter (attaquant de la Roumanie) : « Ils nous ont dominés, c’est une grande équipe avec de grands joueurs. On ne les avait jamais rencontrés depuis vingt ans [depuis 2005 en fait]. C’était un bon match pour nous, on espère s’améliorer de match en match. On a gardé le match serré, on a eu un incroyable gardien, on a combattu du début à la fin. »
Roumanie – France 2-3 (1-2, 1-0, 0-1)
Samedi 15 mai 2021 à 20h00 à la Dvorana Tivoli de Ljubljana. Huis clos.
Arbitres : Tilen Pahor et Milan Zrnič assistés de Matjaž Hribar et Tadej Snoj (SLO).
Pénalités : Roumanie 10′ (2′, 4′, 4′) ; France 2′ (2′, 0′, 0′).
Tirs : Roumanie 14 (7, 5, 4) ; France 42 (11, 20, 11).
Évolution du score :
0-1 à 02’09 : Farnier assisté de Crinon
0-2 à 09’11 : Bertrand assisté de Rech et Baazi
1-2 à 13’39 : Z. Peter assisté de Limansky
2-2 à 33’58 : B.-S. Peter (inf. num.)
2-3 à 49’03 : Bougro assisté de Manavian et K. Bozon
Roumanie (2′ pour surnombre)
Attaquants :
18-22-13 Albert Zagidullin (-2) – Mircea-Cristian Constantin (C, -2) – Radim Valchar (-2, 2′)
28-17-7 Eduard Casaneanu – Norbert Rokaly – Csanad Fodor
8-15-26 Zsolt Peter (+1) – Gergo Biro – Balasz Gajdo
10-16-19 Andrei Vasile (-1) – Evgeni Limansky (+1) – Balasz-Szabolcs Peter (+1)
Défenseurs :
6-27 Huba Bors (-1, 2′) – Timur Rasulov (-1)
14-25 Tamas Gajdo (+1, 2′) – Csibi Robert Ferencz
5-29 Alfred Antal (-1, 2′) – Catalin-Adrian Berdila
12 Evgeni Emelianenko
Gardien :
Zoltan Toke
Remplaçant : Patrik Polc (G).
France
Attaquants :
81-82-94 Anthony Rech – Charles Bertrand – Tim Bozon
72-44-9 Jordan Perret (-1) – Louis Boudon (-1, 2′) – Damien Fleury (C, -1)
77-13-22 Sacha Treille (A, -1) – Peter Valier – Guillaume Leclerc (-1)
24-64-47 Kévin Bozon (+2) – Jordann Bougro (+2) – Loïc Farnier (+2)
Défenseurs :
62-7 Florian Chakiachvili – Romain Bault
11-4 Aziz Baazi – Antonin Manavian (+2)
6-8 Vincent Llorca – Hugo Gallet
38-84 Pierre Crinon (+1) – Kévin Hecquefeuille (+1)
Gardien :
Quentin Papillon
Remplaçant : Henri-Corentin Buysse (G). En réserve : Thomas Thiry, Floran Douay, Eliot Berthon, Rudy Matima.