C’est le premier grand choc de la saison de Ligue Magnus entre deux des trois favoris. Même si Aleardi n’a pas été remplacé, Grenoble a déjà cartonné avec 17 buts en deux rencontres, dont 4 pour Dylan Fabre (20 ans) et 3 pour Flavian Dair (19 ans). En plus, la défense enregistre le retour de son élément le plus offensif, Kyle Hardy, après cinq semaines d’absence en raison d’une rupture du ligament fibulaire de la cheville. Mais ce soir, les Brûleurs de Loups font face à un test d’un tout autre calibre : un déplacement à Angers, certes battu mardi à Bordeaux (2-3) mais soutenu par un IceParc fervent.
L’affiche a les faveurs des caméras de Sport en France. On regrettera au passage un manque de professionnalisme qui demeure dans le hockey français : on permet encore l’utilisation par les Ducs d’Angers d’une couleur argentée réfléchissante (normalement interdite à la télévision), qui plus est pour des numéros de maillot rendus illisibles, a fortiori quand ils sont floqués par dessus une bande blanche…
Quand un point lumineux non identifié traverse la voûte étoilée statique, c’est peut-être qu’il s’agit d’une comète… Philippe Halley traverse la zone neutre avec une telle célérité que Sacha Treille part en prison pour l’avoir fait trébucher. Pendant l’avantage numérique, Halley se montre tout aussi inspiré dans le rôle du point fixe créateur de jeu : il berne le prestigieux gardien tchèque Jakub Stepanek et la défense en feintant le tir à mi-distance pour mieux décaler Tommy Giroux en angle fermé sur le côté droit (1-0).
Grenoble n’est tout simplement pas au rendez-vous dans cette première période. On le sent dès les mises en jeu (8 sur 25, soit un piètre 32% face à Ritz et ses amis), mais aussi dans la construction face à une adversité supérieure. Les Ducs semblent plus concentrés, avec un collectif bien équilibré qui tourne bien. Après quatorze minutes, Danick Bouchard leur permet de doubler la mise d’un beau tir en lucarne (2-0).
Une réaction des Brûleurs de Loups est attendue en deuxième période. Ils arrivent à produire de plus en plus de jeu en zone offensive en utilisant les qualités techniques des Canadiens (Deschamps et Champagne) mais aussi l’impact physique de Sacha Treille qui donne deux grosses mises en échec. Mais la réduction du score a une origine plus inattendue : Aurélien Dair était le seul Grenoblois à ne pas avoir inscrit le moindre point en ce début de championnat ! Décidé à ne pas rester dans l’ombre de son petit frère, l’ailier de 22 ans signe une action phénoménale depuis l’entrée de zone en débordant Loïc Farnier puis en résistant à sa mise en échec pour se retourner et servir du revers en retrait Joël Champagne (2-1, photo ci-dessus).
Les Angevins subissent maintenant le jeu. Ils passent l’intégralité de leur première infériorité numérique dans leur zone après un accrochage de Jarret Smith, mais ils survivent. Après ce long temps faible, un long dégagement frappe le fond de la balustrade et est remis devant la cage par Zach Torquato. Danick Bouchard est seul à bout portant face au gardien et a le temps de tirer trois fois avant le retour de Bisaillon. C’est finalement Loïc Farnier, un peu plus éloigné, qui convertit un énième rebond (3-1, photo ci-dessous). Un tiers-temps pour rien pour Grenoble avec ce but encaissé à trente secondes de la pause…
La possession est résolument grenobloise en troisième période face à une équipe angevine qui reste compacte pour protéger son avance. L’attaquant alpin Aurélien Dair est toujours très en vue, tant offensivement que défensivement, en interceptant une passe destinée à Halley pour interrompre une contre-attaque. Le jeu s’ouvre à mi-tiers avec une action dangereuse de Nicolas Ritz, puis peu après un débordement de Peter Valier.
Les interceptions grenobloises (Treille, Fleury) permettent des revirements rapides, mais Angers trouve aussi des espaces. Une très belle passe du revers de Nicolas Ritz avant la ligne bleue défensive envoie Giroux en contre-attaque, mais le retour défensif de Rouhiainen le force à un slap imprécis. Sur l’engagement qui suit, lorsque le palet ressort vers Ritz, il décoche une flèche à mi-distance, une lucarne parfaite au-dessus du gant de Stepanek (4-1). Coulombe dégage en tribune un palet brûlant au rebond d’un lancer de Deschamps et laisse Grenoble finir le match en supériorité numérique, mais Cowley repousse les derniers missiles de l’artilleur Kyle Hardy. La barre transversale vient même à son secours en renvoyant un tir sur réception de Malo Ville.
Angers a livré une belle performance collective. Cette équipe était bien organisée en zone neutre et densifiait l’axe, n’étant vraiment mise en difficulté que par la vitesse de débordement des meilleurs patineurs isérois. Elle paraissait toujours en surnombre dans son enclave et a bien géré les rares rebonds laissés par son gardien Evan Cowley. Ses lignes sont très homogènes, ses centres travaillent fort dans les deux sens de la glace à l’instar de Nicolas Ritz dominant aux engagements (il en a gagné 12 sur 14). Entre les deux favoris qui ont pris l’habitude de se disputer la Coupe Magnus, sur la glace voire au printemps dernier par des communiqués, il y a bien un troisième prétendant très sérieux au titre cette saison.
Désignés joueurs du match : Nicolas Ritz pour Angers et Sacha Treille pour Grenoble.
(photos Anthony Mangeard)
Angers – Grenoble 4-1 (2-0, 1-1, 1-0)
Vendredi 1er octobre 2021 à 20h30 à l’IceParc d’Angers. 3586 spectateurs.
Arbitres : Yann Furet et Pierre Dehaen assistés de Joffrey Yssembourg et Clément Goncalves.
Pénalités : Angers 6′ (2′, 2′, 2′), Grenoble 6′ (6′, 0′, 0′).
Tirs : Angers 22 (13, 5, 4), Grenoble 21 (7, 6, 8).
Évolution du score :
1-0 à 07’36 : Giroux assisté de Halley et Coulombe (sup. num.)
2-0 à 13’59 : Bouchard assisté de Smith
2-1 à 33’17 : Champagne assisté de A. Dair et Hardy
3-1 à 39’32 : Farnier assisté de Bouchard et Torquato
4-1 à 53’29 : Ritz
Angers
Attaquants :
Tommy Giroux – Philippe Halley – Robin Gaborit (A)
Danick Bouchard – Zach Torquato – Loïc Farnier
Marius Serer – Nicolas Ritz – Téo Sarliève
Cédric Di Dio Balsamo – Maurin Bouvet – Riley Gunther
Défenseurs :
Jerret Smith – Patrick Coulombe (C)
Neil Manning – Vincent Llorca (A)
Kévin Dusseau – Connor Hardowa
Gardien :
Evan Cowley
Remplaçant : Julian Barrier (G)
Grenoble
Attaquants :
Markus Poukkula – Nicolas Deschamps – Damien Fleury (A)
Sacha Treille – Joël Champagne (C) – Aurélien Dair
Dylan Fabre – Adel Koudri – Peter Valier
Flavian Dair – Malo Ville – Julien Munoz
Défenseurs :
Jere Rouhiainen – Sébastien Bisaillon
Janne Jalasvaara (A) – Kyle Hardy
Christophe Tartari – Lucien Onno
Gardien :
Jakub Stepanek
Remplaçant : Raphaël Garnier (G)