Après leurs débuts fracassants face à Amiens (10-0), les Brûleurs de Loups ont confirmé à Chamonix (7-2), marquant ainsi 17 buts en 2 matchs. Confrontés aux Ducs d’Angers à l’IceParc, les Grenoblois passaient vendredi leur premier gros test de la saison. Battus 1-4 sur la glace angevine, ils ont donc besoin de reprendre leur marche en avant à domicile face aux Aigles de Nice.
De leur côté, les Aigles ont réalisé deux belles performances en faisant tomber Rouen (4-3) et en gagnant à Cergy (5-2), deux belles victoires entrecoupées d’une lourde défaite à domicile contre Gap (2-6) qui faisait suite à une première défaite à Mulhouse (3-4) pour l’ouverture du championnat. Un bilan équilibré pour les Aigles qui restent sur une belle prestation du côté de l’Aren’Ice et qui voudront confirmer ce soir à Pôle Sud. Un seul absent de chaque côté au coup d’envoi : Julien Baylacq côté grenoblois, Valère Vrielynck côté niçois. À noter qu’il s’agit d’une soirée étudiante à Pôle Sud, donc ambiance garantie dans les tribunes !
Dès les premiers instants, les deux équipes se livrent à fond vers l’offensive : Nicolas Deschamps manque de peu le palet en excellente position face à la cage alors que sur la contre-attaque, Jalasvaara parvient à déjouer un 2 contre 1 en subtilisant le palet juste devant Kopta. Le ton est donné et les deux équipes bataillent pour la conquête du palet en zone neutre. Valier remonte le palet à toute vitesse mais son tir est repoussé par Antoine Bonvalot, un ancien de la maison qui connaît bien Pôle Sud. Un surnombre est appelé contre les Brûleurs de Loups et Nice s’installe avec Pelamo à la manœuvre. Champagne ne parvient pas à sortir le palet de la zone, Stepanek doit intervenir face à Kopta sur un bon lancer de Pelamo. Kuronen lance à son tour à la cage, Stepanek repousse mais les Aigles parviennent à maintenir le palet dans la zone suffisamment longtemps. Grenoble parvient finalement à se dégager mais Nice revient à la charge avec un lancer de Bagin repoussé par Stepanek. Les Brûleurs de Loups parviennent à tuer la pénalité mais les Aigles se sont montrés très pressants.
À cinq contre cinq, Grenoble essaie de reprendre le contrôle du palet et se montre dangereux sur une contre-attaque de Damien Fleury qui oblige Bonvalot à un arrêt difficile avec Rouhiainen tout près de reprendre le rebond. Touché sur l’action, Bonvalot est obligé de sortir temporairement et est remplacé par Bernat. Nice continue de jouer sans complexe avec un bon lancer de Crête bloqué par Stepanek. Bonvalot reprend finalement sa place après quelque secondes. Sur un bon service de Treille, Champagne trouve le poteau. Grenoble pousse avec Onno qui lance à la cage mais Deschamps se fait sanctionner pour une obstruction sur Bonvalot. Les Niçois mettent plus de temps à s’installer mais le palet circule bien et ressort à la ligne bleue pour un lancer de Crête. Le rebondit contre la balustrade désorganise la défense grenobloise : Chabert est le premier à maîtriser le palet pour servir Lucas Bonnardel qui ne manque pas une cage grande ouverte (0-1, 10’51).
Nice ouvre donc la marque sur sa deuxième supériorité ce qui n’est pas surprenant tant les Aigles se sont montrés dangereux en power-play. Les Brûleurs de Loups essaient de réagir immédiatement mais la défense niçoise est bien regroupée autour de Bonvalot. Les Aigles gênent considérablement les Grenoblois dans cette première période en les repoussant régulièrement dans leur zone sans concéder d’occasion majeure. Deschamps essaie de trouver un décalage mais Bonvalot repousse l’offensive grenobloise. Il réédite quelques instants plus tard face à Poukkula.
La défense niçoise est prise en défaut sur une relance de Tartari pour Valier mais ce dernier ne parvient pas à contrôler le palet au moment de se présenter face à Bonvalot. Et finalement, sur une dernière offensive, les Brûleurs de Loups arrachent l’égalisation : Poukkula sert en retrait Fleury qui lance à la cage, le palet est contré pour retomber juste à côté du poteau, Poukkula qui avait bien suivi le glisse derrière la ligne dans un trou de souris (1-1, 19’23). Le banc grenoblois peut pousser un ouf de soulagement après un premier tiers compliqué, très bien maîtrisé par Nice.
Branislav Bernat prend place devant la cage niçoise au début du deuxième tiers, remplaçant définitivement Antoine Bonvalot, blessé. Les Brûleurs de Loups débutent fort en zone offensive et après un gros travail de Hardy derrière la cage, ce dernier recentre le palet devant le slot pour Treille dont le tir du revers surprend Bernat pris à froid (2-1, 21’19). Dans la foulée, Hugo Proux se fait sanctionner pour avoir retenu Aurélien Dair en zone neutre. Les Grenoblois peuvent donc poursuivre leur dynamique en évoluant pour la première fois en supériorité numérique. Fleury oblige Bernat à un arrêt compliqué. Mais après deux minutes de souffrance, Nice parvient à faire le dos rond malgré une dernière reprise manquée de Malo Ville.
De retour à cinq contre cinq, les Aigles continuent de subir, les Brûleurs de Loups ayant la mainmise sur le palet. Les esprits s’échauffent entre Sacha Treille et Danick Crête devant la cage des Aigles. Le défenseur canadien de Nice perd ses nerfs et se fait pénaliser par un 2’+10’ pour un coup de tête. Les Grenoblois peuvent donc enchaîner avec une deuxième supériorité numérique. Champagne se crée une opportunité avec un bon lancer du poignet sur la cage niçoise. Bernat parvient à bloquer le palet alors qu’une échauffourée commence devant le slot. Valier et Bagin sont invités à rejoindre le banc des pénalités pour se calmer pendant deux minutes. Grenoble continue en power-play mais ne parvient pas à faire la différence et Nice s’en sort une nouvelle fois.
Sur un magnifique mouvement en zone offensive, Aurélien Dair arrive à se jouer des défenseurs niçois et se présente seul face à Bernat mais ce dernier fait l’arrêt. Le jeu s’accélère avec des contre-attaques de part et d’autre : Valtonen sert Matai sur un 2 contre 1 mais ce dernier ne parvient pas à contrôler la rondelle. Sur un palet qui traîne devant sa cage, Bernat sort une belle mitaine pour repousser les tentatives de Dair et Treille. Les Isérois se procurent les meilleures occasions à l’image de Fabre et Koudri sur le shift suivant mais les Aigles restent dangereux sur des contre-attaques à l’image d’une tentative de Rémi Thomas repoussée du bouclier par Stepanek.
Les Aigles terminent mieux le tiers-temps avec Valtonen puis Heizer qui viennent solliciter Stepanek, toujours vigilant. Un « placage » de Tartari sur Thomas leur permet même d’obtenir une supériorité numérique. Matai tente sa chance sur le côté gauche mais le palet est bien bloqué par Stepanek. Sur un jeu en triangle, Pelamo sert Chabert devant le slot mais l’action ne va pas au bout. Bagin tente de loin, sans succès. Au retour à cinq contre cinq, Onno puis Valier tentent leur chance sur Bernat. Et sur un dernier rush de Rouhiainen, Bernat bloque le palet mais se fait accrocher par Crête qui retourne en prison. Grenoble pourra débuter la dernière période en supériorité numérique. Malgré une grosse domination pendant 15 minutes, les Brûleurs de Loups ne mènent que d’un but à la deuxième pause et Nice aurait même pu égaliser sur power-play en fin de tiers.
Le suspense est donc encore de mise au début du troisième tiers que Grenoble débute en power-play pendant 1’40. Fleury sert Sacha Treille qui reprend instantanément mais Bernat repousse le palet. Installé en zone offensive, le jeu de puissance s’appuie sur Hardy qui tente sa chance à deux reprises de loin, sans réussite. Et c’est finalement Dylan Fabre qui débloque la situation d’un subtil tir à ras de glace qui surprend Bernat (3-1, 41’21). Un but qui fait du bien à Grenoble. Nice commence mal ce tiers-temps avec Jere Karlsson qui rejoint la prison après avoir accroché Fleury. Les coéquipiers de Joël Champagne peuvent donc tuer définitivement le suspense, mais se montrent plus approximatifs lors de cet avantage numérique. Sur un tir manqué de Joël Champagne, Pelamo parvient à s’échapper pour défier Stepanek, finalement vainqueur du duel. Dans la foulée, Bonnardel récupère le palet sur une sortie de zone manquée par la défense grenobloise : nouveau face à face et nouvel arrêt décisif de Stepanek qui compense le relâchement de son équipe lors de cette supériorité numérique.
Sur la contre-attaque, Grenoble pense avoir marqué par Julien Munoz présent devant le slot mais le but est annulé suite à des fautes préalables de Kopta et Ville qui s’étaient accrochés. Ce n’est que partie remise puisque dix secondes plus tard, Joël Champagne marque le quatrième but grenoblois sur un lancer balayé suite à un palet mal dégagé par la défense niçoise (4-1, 44’45).
Euphoriques, les Grenoblois repartent à l’attaque et le match devient à sens unique : les Niçois accusent le coup et se font dominer dans les duels. Fabre récupère le palet le long de la bande et l’empêche de sortir de la zone. Il revient devant la cage et propose une offrande à Adel Koudri qui n’a plus qu’à pousser le palet au fond des filets (5-1, 47’28). Cette fois, Grenoble semble s’être définitivement envolé dans cette rencontre. Pour compliquer les affaires niçoises, Hugo Proux est sanctionné pour avoir accroché Poukkula. Les Brûleurs de Loups, plus relâchés, font circuler le palet en supériorité numérique sans pour autant se montrer vraiment dangereux.
Le score étant acquis, le tempo redescend alors que les minutes défilent. Nice parvient à ressortir en zone offensive avec Carpentier puis Crête qui mettent Stepanek à contribution. Damien Fleury parvient à passer entre Bagin et Penz mais il échoue sur Bernat. Bonnardel et Valtonen se succèdent en prison à 14 secondes d’écart et Grenoble bénéficie d’une belle situation en double supériorité numérique. Mais les Brûleurs de Loups se font sanctionner par une pénalité de banc et les Isérois poursuivent à 4 contre 3 seulement. Hardy est bien positionné à la pointe du power-play mais son lancer est bloqué par Bernat sans laisser de rebond. Finalement c’est Fleury qui trouve l’ouverture sur un décalage de Kyle Hardy (6-1, 58’04).
Les pénalités continuent de tomber sur les Niçois puisque Jesse Pelamo est sanctionné pour une crosse haute. Grenoble installe son jeu de puissance à quatre contre trois pour quelques secondes : suffisamment pour que Damien Fleury parvienne à conclure à bout portant sur une offrande Nicolas Deschamps (7-1, 59’15). Le score prend des allures de déroute pour Nice qui n’a pas tenu la distance.
Les Brûleurs de Loups ont mis du temps pour prendre la mesure de cette équipe de Nice pas facile à manœuvrer au premier tiers-temps, qui a fait de la résistance au deuxième et a finalement complètement cédé au troisième. Pour la troisième fois déjà cette saison (Amiens, Chamonix et donc Nice), les Grenoblois ont passé un 5-0 à leurs adversaires au troisième tiers-temps, signe de leur capacité à finir très fort. L’équipe grenobloise a souffert en début de match mais a réussi à marquer deux buts importants en toute fin de première période et au tout début de la deuxième. Un moment clé qui a permis à Grenoble de passer devant au score pour finalement s’envoler par la suite, tel un rouleau compresseur impossible à arrêter. Et avec six buteurs différents, l’attaque grenobloise a démontré sa force collective ce soir car toutes les lignes ont été au diapason. Stepanek a encore répondu présent lorsqu’il a été sollicité et l’ensemble de l’équipe grenobloise a pu se rassurer après la défaite à Angers. Les Brûleurs de Loups devront confirmer maintenant à l’extérieur ce week-end avec deux rencontres prévues à Cergy et à Briançon.
Le score est en revanche sévère pour les Aigles de Nice qui ont réalisé une bien meilleure rencontre que ne l’indique le tableau d’affichage. Ils auraient même mérité de mener après le premier vingt mais ils se sont montrés trop indisciplinés par la suite, ce qui les a obligés à subir trop souvent en infériorité numérique, encaissant deux buts et perdant beaucoup d’énergie dans ces situations spéciales. Ils l’ont payé cash au troisième tiers, multipliant les fautes (six pénalités en un tiers-temps !) et en ne parvenant quasiment plus à se montrer dangereux offensivement. Dommage car après quarante minutes, ils pouvaient espérer bien mieux. La perte de Bonvalot fut un coup dur mais Branislav Bernat a fait ce qu’il a pu pour maintenir son équipe à flot avant de sombrer comme le reste de ses coéquipiers lors de la dernière période. Une réaction est attendue dès vendredi avec la venue de Bordeaux.
Désigné MVP du match : Dylan Fabre (Grenoble)
(Photos de Philippe Crouzet et Emmanuel Giraudeaux)
Commentaires d’après-match :
Nicolas Deschamps (attaquant de Grenoble) : « Au premier tiers-temps on marque un gros but en fin de période qui nous donne un peu le momentum mais c’était un match assez serré. On savait de quoi on était capable, donc c’était une question de temps et le but en fin de période je crois qu’ils nous a donné des ailes pour le reste du match. On jouait bien au hockey mais on n’arrivait pas à marquer et parfois on a besoin d’un but comme ça, qui n’est pas spectaculaire avec des joueurs devant la cage qui créent du trafic. Ce n’était pas un mauvais tiers mais la foule était géniale aujourd’hui, ça nous a mis direct dedans, on a créé nos chances mais des fois ça ne veut pas rentrer, c’est une question de temps. On avait le contrôle du match mais après il ne fallait pas créer trop de revirement pour ne pas leur donner une chance de creuser l’écart. Avec les étudiants qui étaient là aujourd’hui, c’est quand même facile de se mettre dans le match surtout quand on marque des buts après ça. C’est le feu donc oui c’est un bel effort collectif, on a encore quelques trucs à travailler mais on marque 7 buts ce soir, c’est positif. On a des gros matchs qui viennent. Cergy est une équipe qui va bien cette année, qui a beaucoup d’offensive donc faire un gros match là-haut est important. On ne marquait pas trop de buts en avantage numérique donc c’est bien de retrouver confiance sur notre avantage numérique. On travaille le power-play chaque semaine avant les matchs donc on sait où se placer, après c’est de l’intuition et ce soir on était au bon endroit au bon moment. »
Grenoble – Nice 7-1 (1-1, 1-0, 5-0)
Mardi 5 octobre 2021 à 20h à Pôle Sud. 3831 spectateurs.
Arbitrage de Geoffrey Barcelo et Nicolas Barbez assistés de Guillaume Barthe et Guillaume Gielly
Pénalités : Grenoble 12’ (4’, 4’, 4’), Nice 30’ (0’, 8’+10’, 12’)
Tirs : Grenoble 40 (12, 15, 13), Nice 21 (10, 6, 5)
Engagements : Grenoble 40 (9, 12, 19), Nice 26 (11, 8, 7)
Évolution du score :
0-1 à 10’51 : Bonnardel assisté de Chabert et Helzer (sup. num.)
1-1 à 19’23 : Poukkula assisté de Deschamps et Fleury
2-1 à 21’19 : Treille assisté de Hardy et A.Dair
3-1 à 41’21 : Fabre assisté de Bisaillon et Ville (sup. num.)
4-1 à 44’45 : Champagne assisté de Rouhiainen et Treille
5-1 à 47’28 : Koudri assisté de Fabre et Valier
6-1 à 58’04 : Fleury assisté de Deschamps et Hardy (sup. num.)
7-1 à 59’15 : Fleury assisté de Deschamps et Bisaillon
Grenoble
Attaquants :
Markus Poukkula – Nicolas Deschamps (2’) – Damien Fleury (A)
Sacha Treille – Joël Champagne (C) – Aurélien Dair
Dylan Fabre – Adel Koudri – Peter Valier (2’)
Flavian Dair – Malo Ville (2’) – Julien Munoz
Défenseurs :
Jane Jalasvaara (A) – Jere Rouhiainen
Kyle Hardy – Sébastien Bisaillon
Christophe Tartari (2’) – Lucien Onno
Gardien :
Jakub Stepanek
Remplaçant : Raphaël Garnier (G). Absent : Julien Baylacq (déchirure abdominale).
Nice
Attaquants :
Ondrej Kopta (2’) – Jesse Pelamo (2’) – Lucas Bonnardel (2’)
Jakub Matai – Mikael Kuronen – Julius Valtonen (2’)
Hugo Proux (4’) – Radomir Heizer (A) – Alexis Sutor
Rémi Thomas (C) – Loïc Chabert – Romain Carpentier (A)
Défenseurs :
Boris Brincko – Jere Karlsson (2’)
Jérémie Penz – Emil Bagin (2’)
Alexandre Pascal – Danick Crête (4’+10’)
Gardien :
Antoine Bonvalot [puis Branislav Bernat de 07’37 à 07’52 et de 20’00 à 60’00]
Absent : Valère Vrielynck