Au bord de la falaise, Angers est allé chercher, sur l’île Lacroix, une troisième victoire dans la série de demi-finale l’opposant à Rouen. Bien en place, se projetant plus souvent, obligé de patiner pour sauver leur vie, les Ducs, même menés pendant 16 minutes, ont fait preuve d’une maîtrise assez constante.
Les Angevins n’avaient plus le choix, menés au score par un but encaissé en infériorité, à cause d’un rebond saisi par Lampérier (1-0 à 16’05), ils sont sortis très fort après la première pause. Mais c’est tout au long du match, joué avec un nouveau ailier (Bouvet) à droite du premier trio, que leur travail de sape, sans discontinuer, a usé la résistance rouennaise. La défense des Ducs n’a que très peu accordé de temps aux bonnes positions de tirs des Dragons.
Si Cowley, compte 31 arrêts, et presque autant de rebonds, il a surtout eu deux parades compliquées à exécuter face à Tomasino (38’08) et à Johnston (48’56). Le gardien a été très bien protégé par sa défensive.
À partir du deuxième tiers, le déluge est tombé sur la cage de Pintaric. Le portier local a retardé l’égalisation des visiteurs devant Torquato (21’49 & en échappée à 29’47) – l’homme du match pour certain – et en exécutant un double arrêt face à Hardowa (24’10) puis Giroux (24’11). Sauvé par un poteau (Sarliève à 30’05), le Slovène a subi l’égalisation à cause d’un but casquette inaccoutumé. Héritant d’un revirement dans sa zone d’attaque, Halley a expédié un tir-passe transversal, contré par Cantagallo. Le puck ricoche alors sur la barre du but rouennais. Le palet rebondit ensuite sur le plexi derrière la cage, retombant à proximité de l’épaule gauche de Pintaric, où il est repris, à la volée, sous la barre par Tommy Giroux, démarqué à droite (1-1 à 32’46). Puis, Pintaric a encore tenu la baraque face à Halley parti en breakaway (34’24).
Pintaric a aussi été robuste dans son enclave lors d’un retour de tir suivant une passe en retrait (46’21) et en gelant la rondelle dans le trafic après qu’il eut abandonné un rebond sur un terrible de lancer de Manavian (49’53). Le rempart noir et jaune a été une deuxième fois chanceux lorsque l’envoi de Dusseau toucha un montant (51’20). Il le sera encore en fin de partie sur un tir de Coulombe (57’20). Enfin, dans la dernière période, masqué, il n’a rien pu faire sur le lancer gagnant, dans le haut des filets, livré des poignets de Manning, à la pointe, lors de la dernière supériorité des coéquipiers de Coulombe (1-2 à 54’03).
Dans les deux dernières minutes, Fabrice Lhenry, après avoir demandé son temps-mort, a sorti son joker en remplaçant Pintaric par un attaquant supplémentaire. Les techniciens d’en face en ont profité pour ajouter deux buts en cage vide (1-3 à 58’28 & 1-4 à 59’36).
Les Normands, équipés de leurs qualités de combativité et de volonté qui leur procurent des revirements, avaient fait jeu égal avec leurs invités au premier vingt où M. Goncalves, tassé sur un genou (10’53), s’est heureusement maintenu aux lignes bleues. Après avoir réussi à allumer le feu (Lampérier à 9’54) éteint par Halley, les joueurs des bords de Seine étaient même parvenus à enfiler, après de nombreux labeurs dans le trafic, en avantage d’un homme, et s’offrir un bon départ.
Grâce à un tir bloqué par Cantagallo (7’27), au bon placement de Yeo (7’55), à une intervention de Leborgne (11’23) et de deux parades de Pintaric (12’06 & 12’21), ils ont, à ce moment-là, aussi maîtrisé le jeu de puissance de leurs adversaires. En fin de premier acte, Enzo Cantagallo est brillamment intervenu sur Giroux héritant d’une rondelle avec du temps alors qu’il s’était fait oublié à droite, déjà (18’56).
Après les cinq minutes d’orage angevin de la période du milieu, passées sans encombre, les Normands ont créé un contre-feu endiablé, au cours duquel ils ne sont pas parvenus à gagner les quelques millièmes de seconde nécessaires pour se dégager des filatures adverses, afin de mieux pointer la cible. Nous pensons aux 4 chances crées en 66 secondes, non cadrée de Tessier (24’46), bloquée de Chakiachvili (24’53), sans élan de Vigners (25’09), (bien) interceptée (par Ritz) lors d’une passe de Caron destinée à Gilbert démarqué (25’52). Ensuite, il n’a pas manqué grand-chose non plus au revers de Caron en power-play (27’58).
Avant le but égalisateur, le RHE était en costume sur-mesure dans son jeu. Subissant tout en faisant payer le prix, factuellement illustré par une charge de Jordan Hervé sur Dusseau (31’01). Les Ducs étaient toujours maintenus sur la corde raide. Les coéquipiers de Flood se sont projetés en contre surnuméraire avec Reynaud et Yeo héritant d’un palet pour droitier… Lui, le gaucher (32’02). Ils se sont alors créé des revirements leur offrant une autre chance, celle de Tomasino paradée par Cowley (38’08).
Dans le troisième tiers plus fermé, nous l’avons vu, les choses n’ont pas tourné en faveur des hommes de Fabrice Lhenry. Cowley a frustré Johnston (48’56) puis, Angers a su profiter du quatrième coup de sifflet de M. Barcelo pour l’emporter. Difficile alors de penser, sur ces deux coups de dés, qu’une des deux équipes possède ce soir un ascendant sur sa rivale.
Commentaires d’après-match (dans Paris-Normandie) :
Fabrice Lhenry (entraineur de Rouen) : « À partir du deuxième tiers, Angers a bien plus travaillé que nous. Nous, à partir de ce moment-là, nous avons pris de mauvaises décisions. On a trop facilement redonné le palet aux Angevins. On a manqué de lucidité. On est évidemment déçu après cette défaite. On voulait finir cette série à la maison, ça ne sera pas le cas. Il va falloir rebondir tout de suite et aller gagner là-bas pour aller en finale. C’est un bon défi. »
Rouen – Angers 1-4 (1-0, 0-1, 0-3)
Vendredi 1er avril 2022 à 20h00 au centre sportif Guy Boissière. 3279 spectateurs.
Arbitres : Geoffrey Barcelo et Nicolas Barbez assistés de Jérémie Douchy et Clément Goncalves.
Pénalités : Rouen 6′ (4’, 0’, 2’) ; Angers 8′ (6′, 2′, 0’)
Tirs : Rouen 22 (9, 5, 8) ; Angers 33 (9, 12, 12)
Supériorités : Rouen 1/4, Angers 1/3
Évolution du score :
1-0 à 16’05 : Lampérier assisté de Flood et Tessier (sup.num.)
1-1 à 32’46 : Giroux
1-2 à 54’03 : Manning assisté de Torquato et Llorca (sup.num.)
1-3 à 58’28 : Manning assisté de Cowley (cage vide)
1-4 à 59’36 : Torquato assisté de Halley (cage vide)
Rouen
Attaquants :
Loïc Lampérier (A) – Kelsey Tessier – Rolands Vigners
Joris Bedin – Joël Caron – David Gilbert
Jordan Hervé – Andrew Johnston – Quentin Tomasino
Joran Reynaud – Kaylian Leborgne
Arrières :
Dylan Yeo – Mark Flood (C)
Florian Chakiachvili (A) – Enzo Cantagallo
Yoan Salve – Marc-André Dorion
Gardien :
Matija Pintaric [sorti de 58’08 à 58’28 et de 58’43 à 59’36]
Remplaçants : Valentin Duquenne (G) et Yohann Alzon. Absents : Simon Suoranta (fracture du radius), Sacha Guimond (genou), Vincent Nesa (ligaments croisés), Anthony Guttig (commotion).
Angers
Attaquants :
Tommy Giroux – Philippe Halley – Maurin Bouvet
Danick Bouchard – Zachary Torquato – Téo Sarlieve
Cédric Di Dio Balsamo – Nicolas Ritz – Robin Gaborit (A)
Loïc Farnier – Riley Guenther
Arrières :
Neil Manning – Connor Hardowa
Patrick Coulombe (C) – Jerret Smith
Kevin Dusseau, Vincent Llorca (A) et Antonin Manavian en alternance
Gardien :
Evan Cowley
Remplaçant : Julian Barrier (G). Absent : Marius Serer.
Photos Julien & Thierry Frechon