Qualifiés depuis mardi dernier après leur large victoire (7-0) face à Cergy-Pontoise qui leur a permis de remporter leur série de demi-finale en 5 matchs, les Brûleurs de Loups ont dû longtemps attendre pour connaître leur adversaire puisque c’est finalement dimanche au terme du match 7 que les Ducs d’Angers sont venus à bout des Dragons de Rouen dans une demi-finale ultra-serrée. Deux jours après, les Ducs sont à Pôle Sud pour disputer le premier match de cette finale de Ligue Magnus. Pas vraiment le temps de souffler contrairement aux Brûleurs de Loups qui ont eu une semaine pour préparer leur finale en ayant en plus l’avantage de commencer à domicile. Ils sont toutefois toujours privés de Ville et Poukkula alors que Baylacq est surnuméraire.
Les Ducs obtiennent la première opportunité avec une bonne reprise de Halley sur un palet gagné en zone offensive mais Stepanek repousse non sans laisser un rebond. Les Angevins semblent plus en jambes à l’image d’un nouveau tir en bonne position de Loïc Farnier. Les Brûleurs de Loups n’arrivent pas à inquiéter Cowley en ce début de match mais Neil Manning fait trébucher Aurélien Dair derrière la cage angevine. Cowley repousse une tentative lointaine de Rouhiainen sur Fleury qui a l’occasion de prendre le rebond mais ne cadre pas. Damien Fleury tente sa chance de nouveau quelques instants plus tard. Puis Bisaillon décale Crinon qui prend un gros lancer bloqué en deux temps par Cowley. Dès le retour à cinq contre cinq, Valier se retrouve face à la cage mais tire au-dessus. Hardowa est sanctionné pour un cinglage sur Flavian Dair. L’installation est plus lente sur cette seconde supériorité numérique mais un tir de Champagne est dévié victorieusement par Sacha Treille juste devant le slot (1-0, 06’54).
Sur le but, Treille, aux prises avec Manning, retire sa crosse un peu trop brutalement au goût de l’arbitre, un brin tatillon sur le coup, qui lui inflige une pénalité pour dureté. Angers a donc l’opportunité de revenir tout de suite au score. Bouvet parvient à faire le décalage et peut prendre un bon lancer mais Stepanek repousse. À 5 contre 5, les Brûleurs de Loups reprennent leur marche en avant avec Munoz qui laisse en retrait à Flavian Dair dont le tir est bloqué avec autorité par Cowley. Sur une attaque angevine en zone offensive, Rouhainen déséquilibre Giroux. Hormis sur un bon lancer de Bouchard, Grenoble réalise un excellent travail en infériorité numérique. Les arbitres sont décidément intransigeants : Valier est sanctionné lors d’un duel le long de la bande avec Torquato. Mais les Ducs n’arrivent décidément pas à se montrer dangereux en power-play. Koudri manque le cadre sur une bonne incursion en zone offensive sur une attaque de Fabre. À l’issue d’un tiers haché par cinq pénalités, les Brûleurs de Loups rentrent au vestiaire avec un petit but d’avance en ayant su contenir les Ducs à quatre petits tirs cadrés malgré trois power-plays.
Grenoble démarre fort en deuxième période avec un bon pressing en zone offensive : Fleury met en échec Coulombe qui perd le palet, lequel revient dans les crosses grenobloises. Deschamps le récupère le long de la bande pour servir Tuppurainen qui passait juste au bon moment devant le slot (2-0, 21’01). Les Brûleurs de Loups font le break au meilleur moment. Mais les pénalités continuent de pleuvoir sur les Isérois puisque Kyle Hardy est sanctionné pour une charge sur Gaborit. Cette fois le jeu de puissance des Ducs est très bien positionné avec Coulombe et Giroux. Les Grenoblois tiennent en infériorité numérique mais n’arrivent pas à sortir le palet de leur zone défensive. Les Ducs finissent par trouver la faille au moment où Hardy revient sur la glace avec un jeu en triangle initié par Bouvet pour Llorca, lequel remet devant la cage sur Ritz qui devance les défenseurs grenoblois et glisse le palet au fond (2-1, 24’58). Tout est relancé.
Les Brûleurs de Loups essaient de reprendre l’initiative avec Treille puis Champagne qui se retrouve en bonne position devant le slot mais la cage est bougée par Cowley. Les Ducs ont retrouvé de l’énergie depuis leur but et Manavian effectue un tour de cage pour prendre un bon lancer bloqué par Stepanek. Un palet perdu suite à une passe mal ajustée entre Valier et Rouhiainen juste devant la cage grenobloise aurait pu coûter cher à Grenoble. Alors que les hommes de Jyrki Aho semblent en difficulté face au pressing angevin, Sarliève se fait sanctionner pour un cinglage sur Flavian Dair. Enfin une supériorité numérique pour les Brûleurs de Loups !
L’occasion de repartir de l’avant. Deschamps dirige le jeu de puissance et trouve la jambière de Cowley sur un lancer en bonne position. Aurélien Dair est sonné après une charge de Llorca le long de la bande mais aucune pénalité n’est appelée sur l’action. Alors que Grenoble est toujours en supériorité, Fleury entre à pleine vitesse dans la zone offensive et prend un lancer sur Cowley qui repousse le palet. Revenus à cinq, les Ducs reprennent leur pressing offensif qui gêne les Grenoblois, pas habitués à se faire bouger ainsi.
La nervosité gagne les rangs et une début de bagarre entre Crinon et Gaborit met le feu aux poudres. Une méconduite de match est appelée contre Crinon pour avoir lâché les gants mais en plus Grenoble évolue pendant quatre minutes en infériorité numérique. L’occasion idéale pour Angers d’égaliser. Le palet circule en zone offensive avec un arrêt de Stepanek face à Bouvet. Mais sur un palet perdu en zone défensive, les Ducs se font une grosse frayeur lorsque Deschamps sert Tuppurainen, qui n’arrive pas à tirer suffisamment fort pour surprendre Cowley. Pendant ces quatre minutes d’infériorité, les meilleures occasions sont même grenobloises avec Champagne ou encore un tir sur engagement de Hardy. Angers laisse passer l’occasion. Et dans la dernière minute, un palet gagné par Valier en zone offensive permet à Rouhiainen de se présenter face à Cowley qui gagne le duel. Grenoble s’est fait bouger dans ce tiers, a douté face à une équipe angevine très entreprenante mais n’a pas laissé les Ducs revenir à hauteur au tableau d’affichage.
Les Brûleurs de Loups démarrent en trombe lors de la troisième période avec Tuppurainen qui hérite du palet en zone défensive et prend un bon lancer du poignet qui surprend Cowley en glissant entre ses jambières (3-1, 41’03). Ce but permet aux Brûleurs de Loups de retrouver le momentum. Et ils ne s’arrêtent pas là : Tuppurainen met sur orbite Damien Fleury qui part derrière la défense angevine et se présente seul face à Cowley qui fait l’arrêt de l’épaule. Grenoble cherche le KO avec Hardy qui prend un gros lancer pris par Cowley de la mitaine. Mais Angers n’est pas mort. Sur une contre-attaque, un lancer mi-hauteur de Farnier est dévié au départ par une crosse grenobloise. Stepanek est surpris (3-2, 45’02). Les Ducs remettent la pression. Stepanek dégage le palet du bout de la jambière. Sur un palet récupéré en zone offensive, Valier tente sa chance mais Cowley repousse de le jambière. La KO est dans l’air. Les Brûleurs de Loups essaient de maintenir le palet en zone offensive pour moins subir. Fleury a encore une belle occasion en poussant près de la cage grenobloise, puis en débordant et en prenant un gros lancer du poignet dévié par Cowley.
Un surnombre des Angevins leur coûte une infériorité numérique à un moment-clé. Tuppurainen manque de peu la cage. Ce n’est que partie remise. À la suite d’un magnifique jeu en triangle, Deschamps remet pour Fabre lequel centre pour Munoz qui arrive face à la cage et pousse le palet au fond (4-2, 52’14). Le plus dur semble fait pour les Brûleurs de Loups, encore faut-il tenir jusqu’au bout. Halley s’approche un peu trop près de Stepanek ce qui provoque la réaction vigoureuse de Bisaillon qui est envoyé en prison. Les Ducs ont une dernière occasion de revenir dans le match. Ethan Goldberg fait même sortir Cowley pendant la supériorité numérique pour jouer à six contre quatre mais Grenoble n’est pas inquiété. Un temps mort est demandé par l’entraîneur angevin qui tente le tout pour le tout en faisant sortir de nouveau Cowley pour les dernières minutes. Stepanek bloque le palet sur un lancer de Sarliève. La pression est forte sur la cage grenobloise mais la défense fait bloc autour de Stepanek. Et sur un palet ressorti de la zone défensive, Jani Tuppurainen libère Pôle Sud en marquant dans la cage vide son troisième but du match (5-2, 58’11).
Les Brûleurs de Loups ont globalement dominé cette première manche mais ont souffert pendant le réveil angevin au deuxième tiers-temps. Heureusement pour eux, ils ont su marquer tôt au troisième tiers-temps pour reprendre leurs distances et surtout faire la course en tête pendant tout le match. Malgré tout, il faudra gommer l’indiscipline récurrente avec trop de pénalités qui ont été mal exploitées par Angers et surtout bien neutralisées par l’excellent boxplay grenoblois sur ce match. En plus, les Grenoblois ont réussi à capitaliser sur leurs rares power-play grâce à Treille et Munoz. Ce sont donc bien les unités spéciales qui ont permis aux Grenoblois de gagner cette rencontre alors qu’ils étaient plutôt malmenés à cinq contre cinq depuis le début du deuxième tiers-temps grâce à un bon pressing offensif des Ducs.
Sur le plan individuel, on retiendra l’excellente performance du vétéran Jani Tuppurainen, 42 ans, auteur d’un hat-trick et qui a mis l’intensité qu’il fallait sur ce match de play-offs tout en trouvant l’efficacité qui lui a parfois fait défaut depuis son arrivée. Bien lancés dans cette série finale, les Brûleurs de Loups devront confirmer demain face à des Ducs revanchards.
(Photos de Philippe Crouzet et Emmanuel Giraudeaux)
Commentaires d’après-match :
Damien Fleury (attaquant de Grenoble) : « On a bien commencé cette série. Belle victoire, bon début de match. Après, c’est sûr qu’on a des choses à corriger, notamment les pénalités. On a eu de la chance qu’ils étaient un peu fatigués de leur septième match dimanche donc ce soir ils n’ont pas été très réalistes en power-play mais méfiance pour demain. Je pense que si on leur redonne ces opportunités-là, ils vont les saisir. C’est clair qu’on appréhendait un peu ce match parce qu’on se demandait où on allait être physiquement. C’est sûr qu’ils allaient être dans le rythme et pas nous, ça faisait une semaine qu’on avait pas joué mais on s’est montré présents dès le début du match. Maintenant il faut oublier celui-là et aller de l’avant. Depuis le mois d’août, on attend cette finale. Pour l’instant on a franchi toutes les étapes avec succès, maintenant il ne reste plus qu’à gagner encore trois matchs. Contre Cergy déjà, on prenait beaucoup trop de pénalités pas stupides mais presque, donc c’est vraiment quelque chose qu’il va falloir corriger si on veut aller jusqu’au bout. »
Julien Munoz (attaquant de Grenoble) : « On savait qu’ils allaient arriver avec le rythme du match 7 contre Rouen, donc on voulait commencer fort et gagner ce premier match. On a bien commencé, tout le monde était prêt, on a mis les ingrédients qu’il fallait. On a manqué de discipline je pense mais on a fait en sorte de tuer les power-play adverses et on a mis les ingrédients en dehors de ça pour gagner. Je pense qu’on gagne des championnats avec la défense donc c’est tout bon. C’est beau de marquer mais très honnêtement c’est secondaire, on pense à la victoire de l’équipe et on n’est pas là pour se demander qui a marqué ou pas. Mais c’est sûr que ça fait plaisir, c’est bien d’être devant cette patinoire pleine et le faire avec mon club de formation, c’est génial. On savait que Jani Tuppurainen allait être solide dans tous les compartiments du jeu, il a énormément d’expérience. Il est arrivé alors qu’il manquait un peu de temps de jeu en Finlande, il est monté en puissance et là il tient son rôle parfaitement, c’est un leader dans le vestiaire et c’est avec des gars comme ça aussi qu’on gagne… Ce soir c’est le hat-trick pour lui, comme on dit, c’est la victoire qui compte mais il a fait un gros match ce soir et il fait des gros matchs depuis quelque temps. »
Nicolas Ritz (attaquant d’Angers) : « Sur l’ensemble du match, ils dominent quand même donc ne peut pas dire que ça ne se joue que sur les petites erreurs, ils ont mis les ingrédients plus que nous. On savait que ça allait être dur, on sort de la demi-finale avec deux matchs 6 et 7 sur lesquels il y a eu beaucoup d’émotion. Et je pense qu’on a un peu raté notre transition pour attaquer notre finale tout de suite. On a joué dimanche, on a fini à 18h30, on est monté dans le bus dans la foulée, au niveau préparation c’est allé très très vite pour nous. On n’a peut-être pas eu le temps d’assimiler toutes les infos et de pouvoir mettre en place tous les dispositifs tactiques qu’il faut qu’on mette en place. Ça s’est vu ce soir, il y a eu des moments où on a eu pas mal d’hésitations. Ce soir on a appris pas mal de choses, à nous de réagir, de jouer différemment et d’apporter autre chose demain pour faire basculer la série. C’est une finale de Ligue Magnus, si on se faisait des câlins c’est qu’on serait au premier match de la saison, là c’est un match engagé. On est deux équipes avec de l’engagement, on a envie d’aller au bout, ça fait partie du jeu, même si on se connaît et qu’on est amis pour la plupart en dehors. C’est une finale de Ligue Magnus et ça apporte de l’émotion et ces petits accrochages qui font partie du hockey. On a vécu une demi-finale à Rouen qui était compliquée, c’est dur d’aller à Rouen et on a vécu une autre ambiance, ici c’est encore différent et à Angers c’est encore une configuration différente. C’est pour ça qu’on joue au hockey, c’est pour jouer ces grands événements. C’est là qu’il faut répondre présent et profiter de ces moments. On n’en joue pas tous les deux mois des matchs de ce niveau-là. »
Antonin Manavian (défenseur d’Angers) : « C’était un très bon match, physique, intense. Je pense que de part et d’autre, on doit être plus discipliné, mais c’était engagé comme match. Les play-offs, c’est les play-offs, on peut s’attendre à tout, on ne lâche jamais rien. Il faut qu’on soit meilleurs sur les supériorités et les infériorités numériques, c’est ça qui nous a un peu fait mal. Face à des grosses équipes comme Grenoble, on est obligés d’être très disciplinés et de rester à cinq le plus possible. Il y avait un peu de fatigue mais eux ils manquaient aussi d’un peu de rythme même si ça ne s’est pas trop vu ce soir. Oui, la fatigue est là, mais c’est les play-offs donc la motivation est là quoi qu’il arrive. Moi j’aime bien revenir ici aussi, il y a un peu de sifflets comme d’hab mais ça c’est normal, mais pour l’instant je le prends très bien. »
Grenoble – Angers 5-2 (1-0, 1-1, 3-1)
Mardi 5 avril 2022 à 20h15 à Pôle Sud. 4208 spectateurs.
Arbitrage de Geoffrey Barcelo et Jérémy Rauline assistés de Gwilherm Margry et Nicolas Constantineau
Pénalités : Grenoble 41’ (6’, 6’+5’+20’, 4’), Angers 13’ (4’, 7’, 2’)
Tirs : Grenoble 37 (14, 9, 14), Angers 23 (4, 10, 9)
Engagements : Grenoble 27 (7, 10, 10), Angers 32 (9, 10, 13)
Évolution du score :
1-0 à 06’54 : Treille assisté de Champagne et A.Dair (sup. num.)
2-0 à 21’01 : Tuppurainen assisté de Deschamps et Jalasvaara
2-1 à 24’58 : Ritz assisté de Llorca et Bouvet
3-1 à 41’03 : Tuppurainen assisté de Fleury et Jalasvaara
3-2 à 45’02 : Farnier assisté de Torquato et Sarliève
4-2 à 52’14 : Munoz assisté de Fabre et Deschamps (sup. num.)
5-2 à 58’11 : Tuppurainen (cage vide)
Grenoble
Attaquants :
Jani Tuppurainen – Nicolas Deschamps – Damien Fleury (A)
Sacha Treille (2’) – Joël Champagne (C) – Aurélien Dair
Dylan Fabre – Adel Koudri – Peter Valier (2’)
Flavian Dair – Christophe Tartari – Julien Munoz
Défenseurs :
Jere Rouhiainen (2’) – Janne Jalasvaara (A)
Kyle Hardy (4’) – Maxim Lamarche
Pierre Crinon (4’+5’+20’) – Sébastien Bisaillon (2’)
Lucien Onno
Gardien :
Jakub Stepanek
Remplaçant : Raphaël Garnier (G). Absents : Malo Ville (épaule), Markus Poukkula (bras), Julien Baylacq (surnuméraire).
Angers
Attaquants :
Tommy Giroux – Philippe Halley – Maurin Bouvet
Robin Gaborit (A) (5’) – Nicolas Ritz – Cédric Di Dio Balsamo
Danick Bouchard – Zach Torquato – Teo Sarliève (2’)
Loïc Farnier – Marius Serer – Riley Guenther
Défenseurs :
Neil Manning (2’) – Connor Hardowa (2’)
Patrick Coulombe (C) – Jerret Smith
Kévin Dusseau – Vincent Llorca (A)
Antonin Manavian
Gardien :
Evan Cowley [sorti de 56’03 à 58’11]
Remplaçant : Julian Barrier Heyligen (G).