Vainqueurs hier de la première manche (5-2), les Brûleurs de Loups entendent confirmer lors du match 2 afin de conserver l’avantage de la glace. Les Ducs ne sont quant à eux pas passés loin de faire tourner le match hier mais ils reviennent ce soir avec l’objectif de ne pas se laisser distancer dans la série et de ramener au moins une victoire de leur déplacement en Isère avant de pouvoir recevoir deux fois à l’IceParc.
Pas de changement dans les compositions des deux équipes qui se présentent avec le même alignement. Le défenseur grenoblois Pierre Crinon, expulsé hier, bénéficie d’un sursis suite à sa méconduite de match, la commission de discipline ne se réunissant que vendredi pour statuer sur son cas.
Les Brûleurs de Loups semblent très en jambes dès la première présence avec un premier lancer de Hardy repoussé par Cowley. Mis sous pression, les Ducs ont du mal à sortir de leur zone défensive. Une pénalité pour retenir est sifflée à l’encontre de Maurin Bouvet. L’occasion d’essayer de concrétiser cette domination de début de match. Hardy manque le cadre sur un lancer en bonne position, mais le boxplay angevin réalise un bon travail pour ressortir le palet et finalement tuer la pénalité sans avoir été trop inquiété. Il faut attendre plus de six minutes pour voir un premier lancer sur Jakub Stepanek. Les Ducs commencent à reprendre le contrôle du palet et à le maintenir dans la zone grenobloise. Et en voulant se dégager dans la zone défensive, Valier donne directement le palet à Bouvet qui se retrouve tout seul face à la cage et ajuste Stepanek d’un tir au ras du poteau (0-1, 08’12).
Les Brûleurs de Loups se montrent moins entreprenants qu’en début de match. Une chance de revenir leur est pourtant donnée alors qu’une nouvelle pénalité est appelée contre Danick Bouchard au moment où surviennent les premières frictions. Cette deuxième supériorité n’est guère mieux gérée que la première car les transitions sont trop lentes. Fleury tente sa chance à deux reprises et croit même avoir marqué mais le palet avait atterri sur le petit filet extérieur. Retour à cinq contre cinq avec un jeu équilibré. Mais sur une contre-attaque rapidement jouée par Koudri, Flavian Dair laisse le palet en retrait à Valier qui ajuste Cowley terminant ainsi une très belle action collective (1-1, 12’59).
Angers essaie de réagir immédiatement avec Loïc Farnier qui se retrouve face à la cage mais il n’arrive pas à déjouer la vigilance de Stepanek. Farnier part en prison pour ce qui est déjà la troisième pénalité d’Angers dans ce match. Munoz se fait sécher par Manning le long de la bande et les Brûleurs de Loups se retrouvent en double supériorité numérique pendant 26 secondes… puis pendant 1’20 lorsque Manavian est sanctionné à son tour pour une obstruction sur Sacha Treille devant le slot angevin. Le palet circule dans les crosses grenobloises mais le bloc angevin réalise une grosse prestation défensive et parvient à tuer les deux pénalités sans finalement que Cowley n’ait eu de de grosse opportunité.
Peu inspirés sur le power-play, les Brûleurs de Loups doivent se résoudre à voir les joueurs d’Angers sortir à tour de rôle de la prison. Dans la dernière minute, Flavian Dair est sanctionné pour faire trébucher. Après avoir enchaîné les infériorités, les Ducs peuvent souffler et jouer à leur tour en supériorité numérique. Stepanek doit rester concentré jusqu’au bout avec un dernier lancer de Nicolas Ritz. Avec de nombreuses supériorités numériques mal négociées, les Brûleurs de Loups ont clairement manqué l’occasion de prendre les devants.
De retour à cinq contre cinq en début de deuxième période, les Angevins restent dominateurs dans le jeu et continuent à garder la possession du palet en zone offensive. À l’inverse, les Grenoblois procèdent par contre-attaques à l’image de Julien Munoz qui prend un bon lancer repoussé par Cowley mais Flavian Dair ne peut prendre le rebond. Manavian et Smith sollicitent Stepanek sur des lancers lointains. Les Ducs cherchent des rebonds mais ne parviennent pas à se saisir des opportunités. Sur une accélération, Fleury fait un tour de cage avant d’échanger le palet avec Maxim Lamarche. Il se retrouve en excellente position mais tire au-dessus de la cage. Passée cette énorme opportunité, les Ducs prennent petit à petit l’ascendant en gagnant les duels, en maintenant la crosse sur le palet. Mais ils se découvrent parfois et laissent de la place pour des contre-attaques à l’image d’un 2 contre 1 Champagne/Treille qui est repoussé par Cowley. La plus grosse opportunité du tiers est pour les Ducs lorsque Gaborit arrive à passer dans le dos de Hardy et Lamarche pour défier Stepanek qui enlève le palet d’une mitaine autoritaire. L’excès d’engagement au forecheck de Loïc Farnier l’amène à faire trébucher Jere Rouhiainen.
Les Brûleurs de Loups peinent toujours à trouver une ouverture sur le power-play. Tuupurainen parvient tout de même à prendre un gros tir sur réception mais Cowley repousse. Angers a bien bloqué les possibilités de passes grenobloises. Les deux équipes se répondent : suite à une bonne action collective, les Ducs parviennent à s’infiltrer dans la défense grenobloise et Manavian prend un lancer repoussé du bout de la jambière par Stepanek. La contre-attaque est immédiate et Munoz s’échappe pour défier Cowley qui repousse le palet à son tour. Le KO semble proche. Lamarche est coupable d’une crosse haute sur Sarliève. Les Ducs sont vite installés et Stepanek repousse difficilement un gros lancer de Coulombe de la ligne bleue. Angers ne parvient pas à bonifier ce power-play mais continue d’imposer son rythme en zone offensive. Heureusement pour les Brûleurs de Loups, alors qu’ils étaient en difficulté à cinq contre cinq, une supériorité numérique arrive au meilleur moment. Mais ce n’est décidément pas le soir des Grenoblois, complètement sans solution sur le power-play. Et lorsqu’ils arrivent à trouver une combinaison qui déplace la défense angevine, Cowley est présent pour bloquer le palet face à Aurélien Dair, bien lancé par Tuppurainen. Les Brûleurs de Loups sont en échec et ne parviennent pas à bonifier une seule des nombreuses pénalités angevines depuis le début du match. Les Ducs ont dominé le deuxième tiers sans pour autant pouvoir faire trembler les filets adverses.
Les Ducs abordent la troisième période avec les mêmes intentions offensives. Gaborit prend un bon lancer sur le côté, repoussé par Stepanek. Le pressing angevin gêne considérablement les sorties de zone grenobloises. Halley se bat pour bloquer le palet en sortie de zone et renvoie le palet sur Giroux qui devance Bisaillon pour se présenter face à la cage. Il attend le retour de Halley qui se retrouve tout seul pour ajuster Stepanek d’un tir en lucarne (1-2, 42’23). Les Ducs concrétisent enfin leur domination au tableau d’affichage alors que les Brûleurs de Loups semblent avoir du mal à réagir. Toujours avec un temps d’avance, les visiteurs impriment leur tempo à une équipe grenobloise apathique qui n’arrive pas à reprendre le contrôle du palet. Philippe Halley place une accélération côté droit, déborde Rouhiainen pour repiquer devant la cage et, sans opposition, il dépose le palet du revers dans la lucarne de Stepanek (1-3, 45’55). Les Brûleurs de Loups ont bien la tête sous l’eau et subissent face à une équipe angevine qui a enfin trouvé l’efficacité offensive. Malgré tout, les Grenoblois essaient de retrouver de l’allant avec un lancer de Bisaillon au milieu du trafic, repoussé difficilement par Cowley. Dominateurs en zone neutre, les Ducs parviennent à maîtriser les attaques grenobloises en coupant bien les lignes de passe. Les Brûleurs de Loups essaient de mettre du trafic devant le gardien angevin ou de tenter de faire la différence individuellement avec Munoz ou Fabre qui placent de grosses accélérations en zone offensive.
Mais les Ducs arrivent à être dangereux à chaque présence en zone offensive. Nicolas Ritz prend un lancer à mi-distance repoussé par Stepanek. Sacha Treille tente de faire la différence en prenant de vitesse la défense angevine mais il perd le contrôle du palet au moment de se présenter face à Cowley. Quelques secondes plus tard, Champagne temporise en zone offensive pour servir Tuppurainen qui arrive dans l’axe : l’attaquant finlandais loge le palet dans la lucarne et réduit le score. Mais en passant devant la cage au moment du tir, Aurélien Dair fait tomber la crosse de Cowley et le but est refusé pour une obstruction de l’attaquant grenoblois qui est envoyé sur le banc des pénalités. Le but de l’espoir s’envole pour Grenoble. Difficile à encaisser pour les Brûleurs de Loups qui avaient déjà toutes les peines du monde à marquer ce soir. Sur la supériorité numérique, les Ducs se contentent de gérer le palet en zone offensive. Le chrono tourne en leur faveur. Peu inspirés offensivement, les partenaires de Joël Champagne n’arrivent pas à trouver de solution et semblent découragés. Finalement, Jyrki Aho décide de sortir Stepanek à deux minutes de la fin pour tenter le surnombre. Les Brûleurs de Loups font tourner le palet dans la zone angevine. Hardy prend un bon lancer dans l’axe mais il n’est pas cadré. Les tirs de Fleury et Rouhainen sont bloqués par les défenseurs angevins qui se jettent sur tous les palets. Angers tient son premier succès dans cette finale !
Un succès mérité pour les Ducs qui ont réussi à maîtriser l’offensive grenobloise aussi bien à cinq contre cinq qu’en infériorité numérique. Méconnaissables en attaque, les Brûleurs de Loups ont paru sans solution, souvent maladroits dans les passes et les contrôles du palet, constamment mis sous pression par une équipe angevine excellente dans le forecheck et qui a pris le dessus dans les duels. Pourtant l’avalanche de pénalités subie par les Angevins dans la première moitié du match aurait pu leur être fatale. Mais cette indiscipline chronique n’a pas eu de conséquence tant les Brûleurs de Loups ont été inefficaces sur leur supériorités numériques. En panne d’inspiration, le power-play grenoblois s’est montré extrêmement lent et incapable de déplacer un bloc angevin très bien regroupé. Et comme les Ducs étaient dominateurs à cinq contre cinq, ils ont fait la différence dès qu’ils ont réussi à rester disciplinés grâce à deux éclairs signés Philippe Halley. Avec la série à égalité, les deux équipes vont maintenant se déplacer à l’IceParc d’Angers pour les deux prochaines rencontres. L’avantage de la glace est désormais du côté des Ducs qui ont réalisé un gros coup ce soir en parvenant à gagner un match à Pôle Sud.
(Photos de Philippe Crouzet et Emmanuel Giraudeaux)
Commentaires d’après-match :
Jyrki Aho (entraîneur de Grenoble) : « La différence principale entre hier et aujourd’hui, c’était l’adversaire. Même s’il a le même nom. Mais on peut aussi jouer nettement mieux dans de nombreux domaines, c’est la beauté des playoffs… Vous devez rechargez vos batteries tout le temps. Et lorsque vous allez sur la glace, elles doivent être pleines. Si elles ne sont pas pleines, alors ça devient plus compliqué. On doit exécuter ces power-plays de bien meilleure façon. Dans ce genre de match, quand on est en power-play, on doit l’utiliser pour prendre l’avantage et on doit marquer. Mais on ne l’a pas fait, et c’est déjà de l’histoire ancienne. On verra samedi si on a retenu la leçon. Chaque bataille, chaque situation, chaque période a son importance. C’est comme ça que ça marche. »
Peter Valier (attaquant de Grenoble) : « Dans les batailles, on était nettement moins présents qu’hier. Sur les petits duels, Angers a été beaucoup plus dominant que nous et nous a amenés à faire pas mal d’erreur à l’image du premier but que je donne. Donc il faut profiter du jour de repos de demain pour se remobiliser et effacer ce match et repartir plus fort à Angers. C’est une finale, Angers n’est pas là par hasard, c’est une très bonne équipe. Tactiquement, ils étaient en place mais on doit s’adapter. On a tout dans le vestiaire pour gagner tous les matchs, donc Angers a fait le boulot et nous on peut faire plus. C’est une finale, on savait très bien qu’on n’allait pas faire ça en 4. On respecte Angers c’est une très bonne équipe, à nous de trouver les choses à améliorer. On remet les pieds sur terre, ça permet de se recentrer tous ensemble, de parler et de repartir plus fort. Dans cette défaite, il faut prendre le bon et rebondir le plus rapidement possible. »
Alexis Billard (entraîneur-adjoint d’Angers) : « Avec l’émotion qu’on a eue au match 7 contre Rouen, il fallait qu’on bifurque assez rapidement. Sur le match d’hier, on n’était pas en mode finale. On était présent mais on n’a pas joué pour gagner ce match-là alors que justement on pensait qu’on pouvait faire quelque chose sur ce premier match parce que Grenoble aurait pu manquer de rythme. Aujourd’hui, on a tourné la page de cette demi-finale, la série est lancée. C’est 1-1 maintenant, on ne va pas être euphoriques non plus. On sait que depuis le début des play-offs notre PK est très bon. Hier par contre on a eu 50%, on n’était pas très satisfaits, on a fait quelques ajustements. Maintenant c’est le power-play qui ne fonctionne pas, il faut qu’on trouve un bon équilibre mais on sait que sur ce genre de match, comme c’est serré à cinq contre cinq, ces situations-là font la différence. Pour l’instant tout va bien, maintenant il faut qu’on récupère physiquement et mentalement, il faut qu’on coupe un peu et qu’on reprenne l’entraînement et faire un bon match samedi à l’IceParc devant notre public. Pour ceux qui avaient des doutes sur Evan [Cowley], il enlève ces doutes-là. Jusque-là en play-offs, il a été très bon. Il a quand même sorti Pintaric au dernier match, c’est pas rien. Beaucoup de joueurs se sacrifient devant lui et quand il doit faire les arrêts, il les fait. On a eu de la chance depuis le début des play-offs, on n’a pas eu trop de bobos ni de blessures donc on tourne quand même régulièrement à quatre blocs. On a quelques bobos, on ne communiquera rien sur ça mais il y a un joueur qui n’a pas fini le match. L’émotion passe au-dessus parfois de la forme physique, on n’est pas comme Rouen qui avait énormément de pépins contre nous dans la série donc on n’a pas à se plaindre jusque-là. »
Grenoble – Angers 1-3 (1-1, 0-0, 0-2)
Mercredi 6 avril 2022 à 20h15 à Pôle Sud. 4208 spectateurs.
Arbitrage de Nicolas Barbez et Nicolas Cregut assistés de Jérémie Douchy et Clément Goncalves
Pénalités : Grenoble 6’ (2’, 2’, 2’), Angers 24’ (10’+10’, 4’, 0’)
Tirs : Grenoble 25 (13, 5, 7), Angers 28 (6, 12, 10)
Engagements : Grenoble 23 (7, 9, 7), Angers 26 (11, 9, 6)
Évolution du score :
0-1 à 08’12 : Bouvet
1-1 à 12’59 : Valier assisté de F. Dair et Koudri
1-2 à 42’23 : Halley assisté de Giroux
1-3 à 45’55 : Halley assisté de Smith et Dusseau
Grenoble
Attaquants
Jani Tuppurainen – Nicolas Deschamps – Damien Fleury (A)
Sacha Treille – Joël Champagne (C) – Aurélien Dair (2’)
Dylan Fabre – Adel Koudri – Peter Valier
Flavian Dair (2’) – Christophe Tartari – Julien Munoz
Défenseurs :
Jere Rouhiainen – Janne Jalasvaara (A)
Kyle Hardy – Maxim Lamarche (2’)
Pierre Crinon – Sébastien Bisaillon
Lucien Onno
Gardien :
Jakub Stepanek [sorti de 58’04 à 60’00]
Remplaçant : Raphaël Garnier (G). Absents : Malo Ville (épaule), Markus Poukkula (bras), Julien Baylacq.
Angers
Attaquants :
Tommy Giroux – Philippe Halley – Maurin Bouvet (2’)
Robin Gaborit (A) – Nicolas Ritz – Cédric Di Dio Balsamo
Danick Bouchard (2’) – Zach Torquato – Teo Sarliève
Loic Farnier (4’) – Marius Serer – Riley Guenther
Défenseurs :
Neil Manning (2’+10’) – Connor Hardowa
Patrick Coulombe (C) – Jerret Smith
Kévin Dusseau (2’) – Vincent Llorca (A)
Antonin Manavian (2’)
Gardien :
Evan Cowley
Remplaçant : Julian Barrier Heyligen (G).