Après avoir pris trois points contre les Américains et les Tchèques, l’Autriche doit maintenant affronter deux équipes du milieu de tableau, la Norvège et la Lettonie. En les battant, elle pourrait rêver des quarts de finale… Le problème est que ces deux pays, sans être parmi les meilleures nations mondiales, restent eux aussi plus forts qu’elle et ne lui réussissent pas.
Comme briseuse de rêves, la Norvège se pose là. Elle n’a elle-même plus atteint les quarts de finale depuis dix ans. mais l’an dernier, elle avait ravagé à elle seule les espoirs de play-offs de la Lettonie et du Kazakhstan, sauvant la peau du Canada.
Dans un début de match équilibré, Mathis Olimb se crée la première occasion en éliminant son défenseur. Mais après cinq minutes de jeu, c’est son frère Ken Andre Olimb qui prend une pénalité en zone offensive en retenant Bernd Wolf derrière la cage. L’Autriche fait bien circuler le palet sur ce premier jeu de puissance. Le gardien norvégien Henrik Haukeland – peut-être masqué par un coéquipier – est lent à réagir de la mitaine en ne voyant apparemment pas partir un slap de Dominique Heinrich. Le coach Petter Thoresen utilise alors son challenge pour demander à vérifier un contact illicite entre Raffl et le gant de son gardien… mais ce contact a eu lieu alors que le palet est déjà passé (0-1, photo ci-dessous).
Ce pari perdu par le coach norvégien provoque donc une seconde infériorité numérique, qui pourrait permettre à l’Autriche d’enfoncer le clou. Thomas Raffl entre en zone sur la droite mais fait une passe en retrait mal assurée sans regarder vers Heinrich. Ken Andre Olimb intercepte ce palet, Heinrich l’accroche, mais Mats Rosselli Olsen a suivi l’action et s’échappe seul avant de tirer entre les bottes de David Kickert (1-1). Un but en infériorité numérique qui annule le précédent !
Il ne se passe grand chose à 5 contre 5 dans ce match. En revanche, un cinglage de Thomas Raffl à une minute de la pause a néanmoins de lourdes conséquences. La Norvège commence le deuxième tiers-temps en avantage numérique. Au moment où la pénalité se termine, Johanessen subit une faute en attaque la cage, l’arbitre lève le bras pour signaler la pénalité, mais de toute façon Andreas Martinsen prend le rebond en angle. Roger Bader imite son collègue en demandant à son tour un challenge, et il le perd lui aussi : certes Johannesen est à moitié couché sur le gardien, mais c’est parce qu’il a poussé par la crosse de Wimmer dans une faute déjà signalée (2-1). L’Autriche reste donc en infériorité numérique mais réussit à défendre…
La pénalité suivante est contre Max Krogdahl dont le dégagement part loin au-dessus du plexi. Haukeland concède alors son second but côté mitaine, un tir du cercle droit de Manuel Ganahl qui effleure son bras sans qu’il réagisse (2-2).
Un vrai but à égalité numérique, enfin ? Non, ce n’est encore qu’une illusion : c’est un but à 6 contre 5 sur une longue pénalité différée. Wimmer a donné sa crosse à son gardien et n’a que ses mains pour gêner Martin Røymark, dont la crosse dévie un lancer de Michael Haga qui a touché une première crosse autrichienne. Double déviation fatale (3-2).
Ce n’est pas encore perdu pour l’Autriche, mais en début de troisième période, Philipp Wimmer accueille Salsten d’un coup de coude au visage. Pénalité de match évidente. Rosselli Olsen (faire trébucher) et Schneider (cinglage) vont tour à tour en prison. Le premier est sorti, pas le second. On joue donc brièvement à 5 contre 3. Une passe trop imprécise de Johanessen pourrait gâcher cette situation, les défenseurs autrichiens se disent qu’ils peuvent intercepter ce palet qui passe derrière le but après un ricochet dans la bande… mais c’est Andreas Martinsen qui s’en saisit et le remet en retrait pour la reprise en angle de Rosseli Olsen (4-2).
Comme on sait que personne ne marque de vrais buts à 5 contre 5, la Norvège a la gentillesse de prendre encore deux pénalités. Pendant que Røymark en prison, Ali Wukovits tire à la cage et Peter Schneider prend le rebond en angle ouvert (4-3). Roger Bader sort son gardien. Haukeland laisse échapper un rebond mais le revers de Benjamin Nissner est détourné du bout de la jambière. Bader prend son temps mort à 22 secondes de la fin avant un engagement en zone offensive. Wukovits le gagne mais Kristian Jakobsson vient devancer Haudum puis Heinrich pour lancer la contre-attaque et offrir un but en cage vide à Ronnild (5-3).
Les tendances du début de championnat sont donc infirmées. La Norvège, en position délicate pour le maintien après son match délicat face aux Britanniques, a sans doute assuré sa place dans l’élite mondiale avec 5 points. L’Autriche, elle, ne l’a pas encore fait ! Si elle ne bat pas la Lettonie ou la Finlande, elle sera quitte pour finir par un match de la peur contre la Grande-Bretagne !
Désignés joueurs du match : Andreas Martinsen pour la Norvège et Lukas Haudum pour l’Autriche.
Commentaires d’après-match :
Petter Thoresen (entraîneur de la Norvège) : « Je suis très heureux. Cela veut dire beaucoup pour le hockey norvégien de ne pas avoir le couteau sous la gorge maintenant. Je suis impressionné de l’effort et de la loyauté des joueurs qui ont travaillé pour gagner ce match. C’est mon dernier championnat du monde. Cela signifie beaucoup pour moi de rester dans le groupe A. Si nous n’avions pas gagné aujourd’hui, cela aurait été un rude voyage. Nous ne pensons pas [aux quarts de finale] mais nous voulons vraiment être performants contre les meilleures équipes. Il faut faire des matches solides et on comptera à la fin. »
Norvège – Autriche 5-3 (1-1, 2-1, 2-1)
Mercredi 18 mai 2022 à 16h20 à la Nokia Arena de Tampere. 6137 spectateurs.
Arbitres : Fraser Lawrence (CAN) et Miroslav Štolc (SVK) assistés de Maxime Chaput (CAN) et David Obwegeser (SUI).
Pénalités : Norvège 14′ (6′, 2′, 6′) ; Autriche 33′ (4′, 2′, 2’+25′).
Tirs : Norvège 26 (8, 12, 6) ; Autriche 27 (7, 7, 13).
Évolution du score :
0-1 à 06’48 : Heinrich assisté de Wukovits et Schneider (sup. num.)
1-1 à 07’33 : Rosseli Olsen assisté de K. A. Olimb (inf. num.)
2-1 à 20’55 : Martinsen assisté de Johanessen et Rosseli Olsen
2-2 à 26’54 : Haudum assisté d’Unterweger et Ganahl (sup. num.)
3-2 à 31’44 : Røymark assisté de Haga et Nørstebø
4-2 à 47’32 : Rosseli Olsen assisté de Martinsen et K. A. Olimb (double sup. num.)
4-3 à 56’12 : Schneider assisté de Wukovits et Heinrich (sup. num.)
5-3 à 59’47 : Ronnild assisté de Jakobsson (cage vide)
Norvège (2′ de banc mineur pour retard de jeu)
Attaquants :
Mats Rosselli Olsen (+2, 2′) – Mathis Olimb (C, +2) – Ken Andre Olimb (A, +2, 2′)
Martin Røymark (+1, 2′) – Michael Haga (+2) – Andreas Martinsen (+2)
Ludvig Hoff – Mathias Trettenes (A) – Kristian Jakobsson (+1, 2′)
Eirik Salsten – Magnus Brekke Henriksen (2′) – Martin Ronnild (+1)
Défenseurs :
Emil Lilleberg (+1) – Johannes Johannesen (+2)
Mattias Nørstebø (+1) – Max Krogdahl (+1, 2′)
Daniel Bøen Rokseth (+1) – Andreas Klavestad
Christian Kåsastul (+1)
Gardien :
Henrik Haukeland
Remplaçants : Henrik Holm (G), Magnus Geheb. En réserve : Jonas Arntzen (G), Christian Bull (D), Tobias Fladeby (A).
Autriche (2′ de banc mineur pour retard de jeu)
Attaquants :
Marco Kasper – Lukas Haudum (-1) – Brian Lebler (-1)
Thomas Raffl (C, -3, 2′) – Benjamin Nissner (-1) – Peter Schneider (-2, 2′)
Manuel Ganahl (A, -1) – Ali Wukovits (-3) – Nico Feldner (-1)
Paul Huber (-1) – Oliver Achermann (-1) – Simeon Schwinger (2′)
Défenseurs :
Clemens Unterweger – David Maier
Dominique Heinrich (A, -2) – Kilian Zündel
Dominic Hackl – Bernd Wolf
Philipp Wimmer (-2, 25′) – Nico Brunner (-2)
Gardien :
David Kickert [sorti de 58’47 à 59’47]
Remplaçant : Bernhard Starkbaum (G). En réserve : David Madlener (G), Erik Kirchschläger (D), Benjamin Baumgartner (A, cheville, Mondial terminé).