Tourné vers la prochaine échéance qui sera 2026 (Jeux olympiques et Mondiaux à domicile), le sélectionneur suisse Patrick Fischer poursuit son processus de rajeunissement. C’est encore lui qui annonce à des joueurs-cadres de l’équipe nationale qu’ils ont fait leur temps. Après Diaz et Moser au printemps, il a cette fois signifié à Yannick Weber (34 ans) et Denis Hollenstein (33 ans). Il a aussi convenu avec Joël Vermin qu’il ne l’appellerait plus : l’attaquant de Berne n’a que 30 ans mais, même s’il a été vice-champion du monde en 2018, il ne trouvait pas le rôle qu’il espérait dans les grands rendez-vous quand la Nati était au complet.
Ces renoncements volontaires de Fischer interviennent alors que la Suisse a été invitée pour deux ans parmi les grands d’Europe, en disputant l’Euro Hockey Tour à la place de la Russie bannie. Avec moins de sélectionnables, les forfaits pour raisons de santé (Dominik Egli, Enzo Corvi, Inti Pestoni et Gaëtan Haas) ont ainsi été palliés par des remplaçants peu expérimentés, Yannick Rathgeb, Marco Müller, Mike Künzle et Sven Senteler. Quant à la blessure de Vincent Praplan, connue lundi la veille du départ, elle n’a pas conduit à une autre convocation avec un préavis aussi court. La Nati avait prévu un effectif assez large et a encore trois réservistes.
Le baptême du feu est direct pour la Nati : elle affronte d’entrée les Finlandais chez eux à Turku. Les champions olympique et champions du monde déploient d’ailleurs des bannières célébrant ces deux titres lors de la cérémonie d’avant-match, avec l’hymne finlandais en fond sonore.
Après un début de match prudent (un tir de chaque côté en neuf minutes), la Suisse frappe la première. Car tous les vétérans n’ont pas été envoyés au rebut. Andres Ambühl, lui, est toujours là, à 39 ans et à seulement cinq sélections du record national de Mathias Seger. Il travaille avec Christoph Bertschy derrière la bande pour récupérer le palet puis remet en retrait à Sven Andrighetto – démarqué dans le slot – qui tire sous la barre (1-0). Si elle a marqué sur sa première occasion, la Nati joue de mieux en mieux et contrôle la suite du premier tiers-temps.
La crosse haute de Calvin Thürkauf en début de deuxième période donne néanmoins le premier powerplay du match à la Finlande. Placé dans le cercle droit, Jere Innala lance dans la lucarne opposée et égalise. Les Suisses continuent de livrer un match solide mais les Leijonat repassent devant au troisième tiers-temps. Après un lancer de Mikko Lehtonen repoussé par les bottes de Leonardo Genoni, le palet est repris entre les cercles par Jere Karjalainen (1-2). La Nati n’exploite pas ensuite une pénalité locale pour surnombre, mais à dix minutes de la fin, Sven Andrighetto centre de la droite pour le but égalisateur de Roger Karrer dans l’enclave (2-2).
Le match se décide aux tirs au but. Genoni arrête quatre tentatives sur cinq et Damien Riat marque le pénalty gagnant avec une jolie feinte avant d’envoyer le palet au-dessus des jambières de Harri Säteri.
Meilleurs joueurs du match : Sven Andrighetto pour la Suisse et Jere Innala pour la Finlande.
Commentaires d’après-match :
Patrick Fischer (entraîneur de la Suisse) : « Le cœur a été la clé de la victoire. Nous nous sommes battus. Les Finlandais ont pressé mais nous avons pu rapidement nous habituer à eux. Nous n’avons pas reculé, nous avons combattu, gagné des duels, c’est certainement une raison. Nous savions ce qui est nécessaire pour jouer à ce niveau. On doit être prêt, sinon on se fait passer dessus. C’était une forte équipe en face. Le 1-0 et le 2-2 nous ont donné de l’air, mais nous avons travaillé pour ça, chacun a lutté pour chaque centimètre. »
Suisse – Finlande 2-2 (1-0, 0-1, 1-1, 0-0) / 2-1 aux tirs au but
Jeudi 10 novembre 2022 à 18h30 au Gatorade Center de Turku. 5082 spectateurs.
Arbitres : Andreas Harnebring et Richard Magnusson (SUE) assistés d’Onni Hautamäki et Hannu Sormunen (FIN).
Pénalités : Suisse 4′ (0′, 4′, 0′, 0′) ; Finlande 4′ (0′, 2′, 2′, 0′).
Tirs : Suisse 27 (11, 9, 6, 1) ; Finlande 16 (3, 8, 4, 1).
Évolution du score :
1-0 à 09’20 : Andrighetto assisté d’Ambühl et Bertschy
1-1 à 21’08 : Innala assisté de Suomela et Hakulinen (sup. num.)
1-2 à 43’57 : Karjalainen assisté de Lehtonen et Riikola
2-2 à 50’08 : Karrer assisté d’Andrighetto et Ambühl
Tirs au but :
Finlande : Björninen (arrêté), Karjalainen (arrêté), Merelä (arrêté), Lehterä (réussi), Lindbohm (arrêté).
Suisse : Andrighetto (à côté), Jäger (à côté), Moy (réussi), Riat (réussi).
Suisse
Attaquants :
Christoph Bertschy (A, +1) – Andres Ambühl (C, +1) – Sven Andrighetto
Dario Simion – Ken Jäger – Gregory Hofmann (2′)
Mike Künzle – Marco Müller – Tyler Moy (+1)
Damien Riat – Calvin Thürkauf (2′) – Noah Rod (A)
Nando Eggenberger
Défenseurs :
Dean Kukan (+1) – Christian Marti
Santeri Alatalo (-1) – Mirco Müller
Yannick Rathgeb – Tobias Geisser
Roger Karrer (+2)
Gardien :
Leonardo Genoni
Remplaçant : Sandro Aeschlimann (G). En réserve : Patrick Geering (D), Sven Senteler (A).
Finlande (2′ pour surnombre)
Attaquants :
Jere Innala – Jori Lehterä (A) – Waltteri Merelä
Anrei Hakulinen – Antti Suomela (+1) – Jere Karjalainen (+1)
Teemu Turunen (2′) – Juho Lammikko – Joose Antonen
Eetu Liukas (-2) – Hannes Björninen (-2) – Marko Anttila (C, -2)
Aapeli Räsänen (+1)
Défenseurs :
Petteri Lindbohm – Vili Saarijärvi
Mikko Lehtonen (A, +1) – Juuso Riikola (+1)
Veli-Matti Vittasmäki (-1) – Ville Pokka (-1)
Ilari Melart (-1) – Mikael Seppälä (-1)
Gardien :
Harri Säteri
Remplaçant : Niclas Westerholm (G). En réserve : Tommi Kivistö, Niklas Friman (D), Jerry Turkulainen, Mikael Pyyhtiä (A).