Deux formations aux dynamiques opposées s’affrontent dans ce derby du Nord, le premier en compétition officielle à Valigloö depuis un quart de finale de Division 3 du printemps 2015, à l’époque disputé devant des travées plus garnies et animées. Le public valenciennois, habitué depuis plusieurs saisons à voir ses favoris accumuler les filets comme des perles, a assisté depuis octobre à plusieurs soirées ratées de la part d’une équipe gagnée par le doute après ses deux gains initiaux. Les progrès enregistrés face à Châlons la semaine précédente permettront-ils d’entrevoir une première victoire en championnat depuis le 30 septembre face à des Lions décimés par l’absence de plusieurs éléments, privant Fabien Chardon d’un trio offensif ?
S’ils tentent bien de porter les premières attaques, les Diables Rouges vivent une entame cauchemardesque, à l’image de leur portier Juraj Sedlacko, surpris par un lancer anodin de Mattéo Toneatto, seulement freiné (0-1 à 01’45″). Le trio gothique Herrera-Mione / Belharfi / Bruche s’échange ensuite le palet pour creuser l’écart avec autant de facilité que de virtuosité (0-2 à 03’06″). Les Diables ne pouvant enrayer le jeu des visiteurs, c’est un sauvetage en catastrophe qui prive Miyazaki du troisième but… Il arrive ensuite sur une échappée de Benjamin Turpin en infériorité numérique (0-3 à 09’52″). Pourtant, les hommes d’Anton Rojko avaient réussi à employer Marc-André Martel, par Marcinek et Janos, imités par Veijola. Échaudés au retour à égalité numérique par Ryan Belharfi, dont le tir en force occasionne des sueurs froides au portier slovaque un temps à la recherche du caoutchouc, les Valenciennois marquent la suite du tiers de leur empreinte.
Martel doit faire face à la reprise de Marcinek, servi au centre par Veijola, au tir sur réception de Janos, et finit par s’incliner lorsque Denis Skokor contourne la défense par la gauche, résiste à Herbet et trouve le fond du filet du revers (1-3 à 15’26″). Wasquehal adopte depuis peu une posture plus défensive, les passes sont moins ajustées et les initiatives sont hennuyères. L’arrivée de Tomas Marcinek offre aux rouges un atout de poids dans l’organisation du jeu, l’éphémère Chambérien confisquant le palet face à une défense poussée à la faute. Sur le premier jeu de puissance local, le défenseur Veijola contraint Martel à concéder un rare rebond, sans conséquences, imité en fin de période par Rouillard.
Les Lions font le dos rond et attendent la fin de la sentence pour creuser l’écart, sur une nouvelle échappée, convertie par Lucas Herrera-Mione, lancé par N’Guyen (1-4 à 21’11″). Leçon de réalisme de la part de Lions n’ayant lancé que deux fois depuis leur troisième but, de quoi faire enrager des Valenciennois peu en réussite face à un dernier rempart écartant de l’épaule le coup de semonce de Denis Skokor et volant au secours de son arrière-garde prise de vitesse par Marcinek. Une contre-attaque parfaitement menée par le duo Bruche – Herrera-Mione, conclue par le premier (1-5 à 25’42″), aurait pu sceller le sort de la rencontre… Elle accentue plutôt la domination valenciennoise.
Tomas Marcinek initie une action de classe, dont seule la conclusion fait défaut. Thybaud Rouillard manque la cage ouverte par un décalage de Janos. Une déviation de Fronty est sortie de la lucarne par un réflexe de Martel, qui plonge aux devants de Rouillard et maîtrise une autre déviation, de Benjamin De Gubernatis ! Deux méconduites pour charge à la tête sifflées à l’encontre de Péan et Herrera-Mione permettent à Thibaud Rouillard de travailler son lancer sur réception. La première tentative ne trouve pas le cadre, la seconde est parfaitement exécutée vers le dessous de la barre (2-5 à 36’55″).
L’écart se réduit encore de façon peu orthodoxe au retour des vestiaires… Le coup d’envoi de la rencontre avait été retardé pour permettre d’évacuer le surplus d’eau de la surface de jeu, mais la troisième période démarre dans des conditions pourtant comparables. Ernest Delbecque est surpris par la course du palet aux abords de sa cage et voit Tomas Marcinek, à l’affût, profiter de l’aubaine pour se jouer de Marc-André Martel (3-5 à 40’20″). Fureur du banc wasquehalien pendant que le trio arbitral semble hésiter et teste même l’état de la glace, sur laquelle le palet expédié par l’un des juges peine à avancer, sans pour autant conduire à l’invalidation du but.
Passée la déception, Wasquehal tente de rétablir l’écart, lançant autant en quatre minutes que pendant toute la période intermédiaire. Alerté par Miyazaki, Turpin s’échine à maîtriser la rondelle du haut du corps pour buter sur Sedlacko. Celui-ci brille sur le lancer en hauteur de Ryan Belharfi, lui-même exclu dans la continuité de l’action pour balayage. Au même moment, Charley Marcos est envoyé en prison pour obstruction, ouvrant la voie à un retour des Diables. Thybaud Rouillard fait parler la puissance de son lancer, écarté par le cerbère ; le disque n’est pas dégagé par la défense et revient au centre sur Lukas Janos, patient pour mieux trouver la lucarne (4-5 à 50’30″). Les partisans locaux, jusque là peu enthousiastes et surtout portés à l’invective à l’encontre des adversaires, poussent enfin leurs favoris, et exultent lorsque Toomas Veijola arme à son tour un lancer puissant et précis (5-5 à 51’30″).
Encore en avantage pour plus de deux minutes, la troupe de Rojko maintient la pression. Tomas Marcinek initie un raid terminé contre la cage et le gant de Martel chauffe sur un slap de Janos. Le retour du cinquième Lion modifie peu la tournure des débats ; Toomas Veijola trouve à son tour le gant du portier, que Tomas Marcinek tente de surprendre en repiquant du coin après avoir résisté à Toneatto. Les actions des Métropolitains sont au plus bas quand Ernest Delbecque est puni pour avoir expédié le disque hors de l’aire de jeu. Heureusement pour eux, sur la mise au jeu David Selin se rend coupable d’un cinglage sur Marc-André Martel.
Le jeu à quatre contre quatre offre l’opportunité à Tomas Marcinek de faire apprécier ses qualités techniques, mais la marque n’évolue pas et les deux clubs voisins semblent se diriger vers leur première prolongation de la saison. Toutefois, à une minute du terme, Baptiste Bruche accélère, est contrarié par un plongeon de Lukas Janos, mais le palet demeure dans les crosses des visiteurs. Alerté par Théo Kalisa, Bruche profite de l’aubaine pour ajuster Juraj Sedlacko de près (5-6 à 58’48″).
Le triplé du jeune Amiénois, déjà crédité de trois mentions d’assistance face à Strasbourg, dénote un dénouement cruel pour des Valenciennois en progrès, portés par un Tomas Marcinek très actif, même s’il rate le cadre sur la dernière action. Les Lions peuvent reprendre l’A23 dans une position plus confortable au classement, après être passés par tous les états dans une fin de rencontre épique, qui leur permet d’engranger un troisième gain de suite à l’extérieur.
Désignés meilleurs joueurs de la rencontre : Lucas Herrera-Mione pour Wasquehal et Tomas Marcinek pour Valenciennes.
Commentaires d’après-match
Fabien Chardon (entraîneur de Wasquehal) : « Nous avons connu beaucoup de réussite, même si l’équipe s’est facilité les choses par trois buts rapides. On les sent au fond du trou, ils patinent moins, mais on a joué avec plus de facilité, on les a remis dans le match et ce fut plus difficile par la suite. On continue à être plus réalistes au deuxième tiers, mais on perd le contrôle du palet dans ce match compliqué. L’équipe attaque la troisième période en changeant d’attitude, prend un but gag et Valenciennes revient en jouant bien. On fait le travail, à nous de continuer sur cette lancée pour atteindre nos objectifs. »
Valenciennes – Wasquehal 5-6 (1-3, 1-2, 3-1).
Samedi 23 décembre 2017 à 18h40 à Valigloö. 722 spectateurs.
Arbitrage de M. Florian Aurat assisté de M. Jean-Baptiste Maillard et de M. Louis Bachetti.
Pénalités : Valenciennes 6′ (0′, 4′, 2′), Wasquehal 53′ (6’, 8’+10′, 4’+5’+20′).
Tirs : Valenciennes 50 (19, 17, 14), Wasquehal 30 (12, 4, 8).
Évolution du score :
0-1 à 01’45″ : Toneatto
0-2 à 03’06″ : Bruche assisté de Belharfi et Herrera-Mione
0-3 à 09’52″ : Turpin
1-3 à 15’26″ : Skokor
1-4 à 21’11″ : Herrera-Mione assisté de N’Guyen
1-5 à 25’42″ : Bruche assisté de Herrera-Mione
2-5 à 36’55″ : Rouillard assisté de Marcinek et Veijola
3-5 à 40’20″ : Marcinek
4-5 à 50’30″ : Janos assisté de Selin et Skokor
5-5 à 51’30″ : Veijola assisté de Rouillard et Marcinek
5-6 à 58’48″ : Bruche assisté de Kalisa
Valenciennes
Attaquants :
Tomas Marcinek – Kevin Parras – Maël Harmegnies
Denis Skokor – Allan Harmegnies – Thybaud Rouillard
Benjamin De Gubernatis – François Marchal – Jamie McIlroy
Défenseurs :
David Selin (C) – Lukas Janos
Sébastien Fronty – Toomas Veijola
Louis Camurat (A)
Gardien :
Juraj Sedlacko (sorti vers 59’30″)
Remplaçants : Axel Brassart (G), Arthur Delbecque, Victor Bernard, Grégoire Giguère, Antoine Hurez.
Wasquehal
Attaquants :
Lucas Herrera-Mione – Baptiste Bruche – Ryan Belharfi
Charley Marcos – Benjamin N’Guyen (C) – Lucas Besson
Arnaud Péan – Benjamin Turpin – Ryo Miyazaki
Martin Lagrise
Défenseurs :
Théo Kalisa – Ernest Delbecque
Marc-Antoine Herbet (A) – Thibault Verschaeve
François Piquet – Mattéo Toneatto
Gardien :
Marc-André Martel
Remplaçant : Viggo Eggermont (G). Absents : Axel Canaguier (blessé), Aurélien Zajac (blessé), Martin Domian, Benjamin Louf, Simon Angielczyk, Thomas Trambouze.