Le temps presse. Vaincus à Valenciennes, devancés dans ce qu’il restait à jouer du match arrêté à Strasbourg et giflés à domicile par le voisin de Meudon (0-6), les Français Volants tentent d’accrocher l’un des derniers wagons du train des séries. Englués en dernière position, ils attendent encore leur premier gain en 2018, et chercheront à prendre de précieux points sur la glace de Wasquehal avant un match crucial face à Valenciennes.
Un motif d’espoir pour les représentants de la capitale, la glace de Serge-Charles leur réussit plutôt bien : victoire 6-5 l’an dernier en prolongation et score de parité 5-5 en huitièmes de finale au printemps précédent. D’autant que Wasquehal aura, quel que soit le résultat de cette dernière à domicile, un meilleur bilan à l’extérieur qu’à domicile. Mais le club nordiste vient de vaincre le signe indien en empochant un rare succès en terres rouennaises et pourrait faire un pas de plus vers le meilleur classement de son histoire, jusqu’ici une cinquième place en 2009 et 2011.
Les hommes de Fabien Chardon attaquent bien la rencontre, Baptiste Bruche et Lucas Herrera-Mione sont à l’interception et la paire Domian-Miyazaki presse la cage d’un Rodolphe Brunetti en déséquilibre. Meilleur buteur parisien, Karl Gourgand riposte sans tarder, d’une accélération terminée du revers et d’un tour de cage bien senti par Martel. Si les Nordistes passent près de l’ouverture du score sur un tir de Simon Angielczyk dévié sur le poteau gauche, le porteur du numéro 1 est encore très actif dans leur zone défensive, où ils commettent leur première faute, un cinglage de Bruche.
En supériorité numérique, les Volants tardent à se montrer dangereux. Si le coach Arnaud Mazzone est positionné à la bleue pour tenter d’armer son lancer, c’est pour mieux être contré par Martin Domian, parti défier Brunetti, sauvé une deuxième fois par le métal, avant une accélération de Coulaud, qui rate le cadre. La fin de sentence est plus difficile pour les locaux ; l’éphémère Dijonnais Michael Fratangelo oblige son compatriote à concéder un rebond redirigé dans les airs par Vigezzi. Ce dernier se rachète bien en déviant opportunément devant l’enclave le tir de Mazzone (0-1 à 12’03″).
Avantage qui ne tient que dix secondes, le temps pour le quatrième trio wasquehalien de riposter : le centre de Thomas Trambouze est contrôlé à droite du but par Simon Angielczyk, buteur à ras glace (1-1 à 12’13″). Wasquehal bénéficie dans la minute suivante de son premier jeu de puissance, Mazzone ayant voulu se venger d’une charge de Belharfi, sans pouvoir créer la moindre opportunité. Les Parisiens terminent mieux la période, sous la houlette de leur très actif capitaine Alexandre Motte, dont le tir croisé oblige Martel à opposer la botte. Le gardien québécois est encore vigilant à la reprise, sur un tir détourné vers sa cage par le patin de son défenseur Louf et un missile de Mazzone capté sereinement.
De nouveau en difficulté en avantage numérique, car Domian lancé par Zajac vient se heurter au bâton de Brunetti puis Bruche accélère entre les défenseurs Péret et Jaffeux, Paris est plus actif à égalité. Karl Gourgand oblige Martel à intervenir en deux temps, captant un palet aérien au niveau de sa ligne, et soufflant en voyant la rondelle longer cette dernière barrière fatidique sur une énième action de l’artilleur de la capitale. Gourgand échange ensuite le palet avec Nicolas Chauveau, qui lui offre l’opportunité de conclure dans la cage ouverte (1-2 à 32’05″).
Les visiteurs sont désormais déterminés à ne pas lâcher cet avantage plutôt logique. La pression demeure sur des Wasquehaliens peu en verve. De la ligne bleue, Fratangelo voit le portier local sortir la rondelle d’une botte très employée, avant de se frayer un chemin terminé sur le même Martel, qui ne tombe pas dans le piège de la déviation de Houeix et détourne le tir croisé de Chauveau. Certes en difficulté au moment de finaliser leurs offensives, les Parisiens se compliquent la fin de tiers par deux fautes simultanées en zone d’attaque, un cinglage de Benet et un geste antisportif de Fratangelo.
Aidé du revenant Axel Canaguier, Domian reprend sans contrôle, le palet est dévié mais termine dans le gant de Rodolphe Brunetti, sur lequel buttent tour à tour Bruche et Herrera-Mione. Paris pressé mais libéré au retour de ses bannis, qui continue à dominer les débats dans l’ultime période. À gauche, Barthélémy Péret teste l’épaule, solide, de Martel. Dont les interventions sont la principale explication d’une marque serrée : devant Gourgand servi par Chiberches, ou sur un essai de Fratangelo capté du gant.
En difficulté dans la relance, les Lions sont secourus par un retour du solide Téo Kalisa lorsque le local Motte intercepte le palet à l’entrée de la zone. Ils attendent plus de quatre minutes pour lancer dans cette dernière période, par Charley Marcos sur une mise en jeu. Dans le dernier quart d’heure, les débats se tendent sensiblement. En supériorité, Benjamin Louf tente sa chance à deux reprises et manque le cadre, mais pas le casque de Fratangelo, qui l’accompagne en prison. À nouveau en quête de précisions, les Métropolitains s’exposent suite à une faute de Coulaud sur Motte.
Les massifs Mazzone et Frantangelo se placent rapidement à la ligne bleue pour inquiéter Marc-André Martel, à la recherche du palet lancé en force par l’ancien Gothique puis impeccable face au Canadien. Karl Gourgand tente en vain de le surprendre dans le dos. Baptiste Bruche sonne la révolte nordiste, cherchant l’entre-jambes de Brunetti, vigilant, avant de dribbler Péret et de subir la faute de Mazzone. Las, ses partenaires ne parviennent pas à s’installer, les entrées de zone sont parfaitement maîtrisées par les visiteurs. Peu inquiétés, ces derniers profitent d’une relance ratée, interceptée par Yannick Offret. L’expérimenté attaquant défie Martel, qui repousse le palet, mais Axel Benet suit et conclut dans la cage ouverte (1-3 à 57’11″).
Victoire confortée dans la cage vide par l’inévitable Karl Gourgand, désireux de consolider sa belle moyenne d’un but par match (1-4 à 59’09″). Ce succès est indiscutable pour les Français Volants, auteurs du double de lancers, Wasquehal n’ayant employé Brunetti qu’à quatre reprises dans la dernière période… Insuffisant pour inverser la courbe d’une partie énigmatique, à l’issue de laquelle les locaux voient Châlons-en-Champagne et Amnéville se détacher en tête du classement.
Arrivés sur la pointe des patins avec seulement quatre défenseurs, les hommes d’Arnaud Mazzone ont parfaitement enrayé le jeu local, s’offrant un peu d’oxygène au classement et une finale pour les playoffs face à Valenciennes dans leur antre de Bercy la semaine prochaine. Ce nouveau succès dans la banlieue lilloise leur ferait presque regretter de ne pas s’y présenter plus souvent !
Désignés meilleurs joueurs de la rencontre : Yannick Offret pour les Français Volants et Charley Marcos pour Wasquehal.
Commentaires d’après-match
Alexandre Motte (attaquant des Français Volants) : « Ce match fut assez défensif, même si les gardiens ont sortis de bons arrêts. Notre équipe est capable de tout, du meilleur comme du pire, mais a su faire preuve de combativité. Chacun a suivi et appliqué les consignes du coach. Plus qu’une revanche, face à Valenciennes il faudra prendre les trois points et finir l’année en beauté à domicile. Cette saison il a fallu digérer plusieurs départs, intégrer de nouveaux joueurs et faire prendre la mayonnaise avec des jeunes. Nous avons manqué d’opportunisme en attaque, à nous d’y remédier à l’avenir. »
Wasquehal – Français Volants 1-4 (1-1, 0-1, 0-2).
Samedi 27 janvier 2018 à 18h40 à la patinoire Serge Charles. 380 spectateurs.
Arbitrage d’Armand Bornais assisté de Laura Peronnin et d’Antoine Debucquet.
Pénalités : Wasquehal 12′ (2′, 4′, 6′), Français Volants 16′ (2’, 6′, 8′).
Tirs : Wasquehal 30 (11, 15, 4), Français Volants 60 (18, 16, 26).
Évolution du score :
0-1 à 12’03″ : Vigezzi assisté de Mazzone (sup. num.)
1-1 à 12’13″ : Angielczyk assisté de Trambouze et Péan
1-2 à 32’05″ : Gourgand assisté de Chauveau et Offret
1-3 à 57’11″ : Benet assisté d’Offret
1-4 à 59’10″ : Gourgand assisté d’Offret (cage vide)
Wasquehal
Attaquants :
Baptiste Bruche – Lucas Herrera-Mione – Ryan Belharfi
Martin Domian – Aurélien Zajac (puis Axel Canaguier à 37’37 ») – Ryo Miyazaki
Charley Marcos – Benjamin N’Guyen (C) – Benjamin Turpin
Thomas Trambouze (puis Axel Canaguier à 37’37 ») – Arnaud Péan – Simon Angielczyk
Défenseurs :
Mattéo Toneatto – Benjamin Louf (A)
Théo Kalisa – Yoann Coulaud
Marc-Antoine Herbet (A) – Théo Beauvillain
Thibault Verschaeve
Gardien :
Marc-André Martel (sorti de 57’52″ à 59’10″)
Remplaçants : Jean Boccassini (G), Martin Lagrise. Absents : François Piquet, Thibault Verschaeve.
Français Volants
Attaquants :
Yannick Offret – Axel Benet – Nicolas Chauveau
Victor Houeix – Gianni Vigezzi – Karl Gourgand
Antonin Chiberches – Alexandre Motte (C) – Austin Erwan
Défenseurs :
Barthélémy Peret – Arnaud Mazzone (A)
Robin Jaffeux – Michael Fratangelo
Gardien :
Rodolphe Brunetti
Remplaçants : David Blasband (G), Charles Boniface, Bruno Rivero, Louis Quentin, Enzo Queiros. Absents: Thomas Faudot-Bel (suspendu), Hugo Delecour (blessé), Oleg Kuzmin (obligations professionnelles).