Gap – Lyon (finale de la Coupe de France 2018)

Coupe de France (Finale), Rapaces de Gap vs Lions de Lyon Dimanche 28 Janvier 2018. (c) 2018 / Nini Calimoutou
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Finale inédite de Coupe de France entre deux nouveaux venus sur la glace de Bercy, Gap et Lyon. Le match s’annonce équilibré entre deux équipes à égalité de points en Ligue Magnus : les Lyonnais (qui comptent toutefois un match en plus) viennent de prendre la quatrième place du classement à leurs adversaires du jour, qui restent sur trois défaites. Gap peut toutefois s’appuyer sur l’expérience des finales de son coach Luciano Basile. Face à lui, un de ses anciens joueurs qu’il avait fait venir en France, le Slovène Mitja Sivic, reconverti avec succès comme entraîneur.

L’équipe lyonnaise est au complet, à l’exception de son gardien slovène Rok Stojanovic pas remis à temps. Jucers est donc titulaire. Les kinés de Gap ont su remettre sur pied Linsmayer absent avant-hier contre Angers, et Dimitri Thillet est revenu de blessure après un mois d’absence. Mais il manque deux joueurs de centre, Glen et Bouvet.

La fraîcheur de l’affiche, après des deux mastodontes Grenoble et Rouen, est un bienfait pour le hockey français, mais la résonance est moindre. Les recettes de billetterie ont décru. 1200 Gapençais se sont déplacés, témoignage de la culture hockey dans la capitale douce, mais les ventes à Lyon ont été en dessous des attentes. Le public y remplit certes la patinoire Charlemagne, mais ne s’est pas mobilisé en aussi grand nombre pour ce qui constitue pourtant le plus grand évènement de l’histoire du club (à deux pas de la Gare de Lyon et donc à seulement deux heures de TGV). Le noyau dur des supporters lyonnais est bien là, avec sa ferveur et ses drapeaux.

Les supporters gapençais assurent l’ambiance par leurs chants continus, mais sur la glace, c’est Lyon qui imprime le rythme et met la pression sur la cage de Lerg. Les duels dans les bandes sont majoritairement remportés par des Lions plus mordants. Lorsque les Rapaces passent à l’offensive, ils y mettent quand même suffisamment d’énergie pour provoquer les premières pénalités lyonnaises. Après neuf minutes de jeu, Jordan Sims est ainsi sanctionné pour obstruction. Une succession de passes propres est conclue par un tir croisé de Dimitri Thillet, repoussé du bout de la botte par Maris Jucers.

L’accélération du défenseur offensif Max Ross lui permet ensuite de prendre de vitesse Cédric Custosse, qui l’accroche. Puis Slavomir Tomko rejoint son collègue en prison à cause d’une violente charge contre la bande dans le coin. Gap joue donc à 5 contre 3 pendant 1’26. Lyon fait bloc et son gardien Maris Jucers, dans un style plus vif et acrobatique qu’académique, repousse le danger et écarte vite les rebonds.

Jeff Lerg arrête en grand écart un tir de Julien Correia, l’actuel co-meilleur marqueur de Ligue Magnus (position rarissime pour un joueur français), apparu dans la liste des remplaçants de la prochaine convocation de l’équipe de France. La première période s’achève par un avantage numérique peu concluant de Lyon : Abramov est sanctionné pour sa présence dans la zone du gardien lorsque son équipe s’est installée.

L’expérience gapençaise ou l’élan lyonnais ? Le match est indécis mais la deuxième période penche en faveur de la seconde hypothèse. Les Lions mettent, doucement mais sûrement, leur patte sur le match. Les jeux de puissance ne sont pas décisifs cet après-midi. Un moment de passivité défensive gapençaise est fatal à 5 contre 5. Jordan Sims envoie un palet vers la cage et Norbert Abramov surgit pour couper la trajectoire et le dévier en lucarne (0-1, 34’37 », photo ci-après).

L’ouverture du score semble logique car la domination lyonnaise ne fait que se confirmer. Gap finit encore le tiers-temps en infériorité. Son gardien Jeff Lerg allie vitesse de déplacement et souplesse : encore un bel arrêt en grand écart, face à une reprise de Samuel Takac dans le cercle droit sur une passe transversale.

Mené au score, Gap va devoir mettre les bouchées doubles au troisième tiers-temps. Il s’agit de se montrer plus actif, d’aller à la cage de manière plus tranchante. Des intentions qui se heurtent néanmoins à une équipe adverse bien en place. L’appréhension de l’évènement semble envolée pour une formation de Lyon très vigilante qui ne laisse pas d’espaces. Même une phase à 4 contre 4, au jeu potentiellement plus ouvert, n’est pas exploitée par les Gapençais. Les minutes défilent sans grandes occasions nettes.

Luciano Basile appelle son temps mort et sort son gardien à 1’47 de la fin avant une mise au jeu en zone offensive. Mais dès qu’il récupère le palet, Dave Labrecque – encore un joueur recruté en France par Basile… – dribble son vis-à-vis Tim Campbell en le laissant sur la glace et franchit la ligne rouge avant d’ajuster son tir dans les filets déserts (0-2, 58’56 »).

Lyon peut ainsi fêter le premier grand trophée de son histoire moderne. Un match peu spectaculaire, mais solide, maîtrisé, signe d’une équipe qui a franchi une étape dans sa construction. Toutes les tribunes chantent « Merci les Lions », sous le martèlement des percussionnistes en transe qui rythment la joie des supporters rhodaniens. La tribune gapençaise n’est pas en reste en applaudissant avec sportivité, mot d’ordre constant de cette finale malgré le dernier affrontement houleux en championnat entre ces deux équipes.

Désigné joueur du match : Maris Jucers (gardien de Lyon, photo ci-dessous).

Commentaires d’après-match

Luciano Basile (entraîneur de Gap) : « On n’a pas beaucoup de qualités individuelles. On a un des powerplays les plus faibles du championnat, rien à voir avec celui de l’an dernier. C’est le deuxième match de suite où on se fait blanchir. Quand il n’y a pas d’effort ou de focus, un entraîneur peut intervenir. Quand les deux ne suffisent pas, il faut féliciter les joueurs et continuer son chemin. On espère revenir au complet pour les play-offs. On a nos deux premiers centres absents, Robin Colomban joue au centre de la deuxième ligne alors qu’il ne trouvait pas sa place sur une des trois premières lignes en D1. Si on n’a pas les habiletés, il faut aller à la cage sans palet. Si on n’est pas capable de créer de l’offensive avec les cols blancs, il faut la créer avec les cols bleus. J’ai demandé plus de présence devant la cage, d’arrêter de jouer dans le périmètre. C’est la seule façon de s’en sortir. »

Jeff Lerg (gardien de Gap, photo ci-dessus) : « Nous avons abordé le match avec l’énergie que nous voulions. Leur forecheck était très fort, c’était un bon match de hockey, serré. Je n’avais jamais joué devant une telle affluence en Europe, c’était excitant. Je n’avais plus joué de finale depuis l’université. La défaite est décevante, mais la bonne chose est que la saison ne se termine pas ce soir. Cette expérience nous aidera pour les play-offs. »

Romain Gutierrez (attaquant de Gap) : « On manque d’efficacité devant le but. À 5 contre 3, on aurait dû marquer. Ils ont ouvert le score et n’avaient plus qu’à le tenir. Lyon a très bien joué le jeu, c’était dur d’entrer dans le slot. Ils ont été meilleurs défensivement, on leur donne le but sur une erreur. En championnat, on veut être dans les quatre, c’est très important, après on verra bien ce qui se passera. »

Norbert Abramov (attaquant de Lyon, photo ci-dessus) : « Ça fait plaisir de marquer le but gagnant, mais je tiens à souligner le jeu de l’équipe. On a su tenir le score. On avait de l’appréhension car c’est une finale. Mais on a réussi un match plein du début à la fin, on est resté solide défensivement. »

Julien Correia (attaquant de Lyon) : « J’ai passé quatre années à Gap, c’est un contexte particulier avant le match. Je suis content, mais déçu pour certains copains. On a fait le match parfait pour l’emporter. Quand on arrive, on sent l’atmosphère, on laisse passer tout le vécu de la saison et on a envie de tout donner. J’ai fait une grosse préparation, j’avais vraiment à cœur de faire une bonne saison. J’ai bénéficié de la blessure de Sims, le coach a dû changer les lignes et j’ai eu ma chance avec des joueurs plus offensifs, Dave [Labrecque] et Trevor [Gerling]. Il y a une vraie complicité avec eux sur et en dehors de la glace. »

NB : Cédric Custosse – en photo ci-dessus – présente maintenant la particularité d’avoir remporté quatre fois la Coupe de France avec quatre clubs différents (Rouen 2011, Dijon 2012, Angers 2014, Lyon 2018), une performance qui risque de ne pas se reproduire de sitôt.

Cédric Custosse (défenseur de Lyon) : « On ne parle pas beaucoup de nos palmarès entre nous, mais quand on a su qu’on allait en finale, certains ont demandé qui avait joué déjà à Bercy. J’ai répondu sur l’ambiance, l’atmosphère, j’ai donné des impressions personnelles mais on ne peut guère donner de conseils. Ce sera une belle fierté, quand j’arrêterai ma carrière, d’avoir participé à ces belles aventures en Coupe de France. Les groupes étaient tous différents. C’est difficile, ça se joue sur un match, mais on a trouvé des solutions pour aller au bout de quelque chose. C’est agréable après un été compliqué pour moi. Je mettrai cette victoire dans ma caisse de médailles et de souvenirs. »

Thomas Roussel (capitaine de Lyon) : « On a vraiment tenu notre système. On avait mal joué en équipe mercredi contre Épinal, on a su revenir comme il fallait vendredi contre Mulhouse. Il fallait mettre au fond, travailler fort. Gap n’a pas démérité. Ce soir, on la gagne, mais ce n’est pas fini, il reste le championnat. On va savourer, mais ça s’annonce compliqué mardi contre Rouen. »

 

Gap – Lyon 0-2 (0-0, 0-1, 0-1)
Dimanche 28 janvier 2018 à 15h00 à l’AccorHotels Arena de Paris-Bercy. 11557 spectateurs.
Arbitrage de Geoffrey Barcelo et Laurent Garbay assistés de Nicolas Constantineau et Clément Goncalves.
Pénalités : Gap 8′ (2′, 4′, 2′) ; Lyon 10′ (6′, 2′, 2′).
Tirs : Gap 32, Lyon 30.

Évolution du score :
0-1 à 34’37 : Abramov assisté de Sims et Tomko
0-2 à 58’56 : Labrecque (cage vide)

Gap

Attaquants :
22 Devin Tringale – 55 Jack Lewis – 26 Rob Linsmayer (-2, 2′)
23 Eric Scheid (-2) – 8 Robin Colomban (-1) – 9 Chad McDonald (-1)
47 Dimitri Thillet – 77 Janne Puhakka – 82 Romain Gutierrez
14 Marius Serer – 19 Evan Ritt (-1, 2′) – 27 Cédric Di Dio Balsamo

Défenseurs :
4 Max Ross (C, -2) – 12 Graeme Mc Cormack (-1)
28 Damien Raux (A) – 51 Tim Campbell (A, -1, 2′)
7 Pierre Crinon (2′) – 59 Raphaël Faure

Gardien :
Jeff Lerg [sorti de 58’13 à 58’56]

Remplaçant : Aurélien Bertrand (G), Arnaud Faure, Yoanne Lacheny. Absents : Maurin Bouvet (poignet droit), David Glen (jambe gauche).

Lyon

Attaquants
77 Julien Correia (+1) – 71 Dave Labrecque (A, +1) – 20 Trevor Gerling (A, +1)
49 Samuel Takac – 21 Jordan Sims (+1, 2′) – 91 Arturs Mickevics (+1)
79 Norbert Abramov (+1) – 26 Jaka Ankerst – 74 Aubin Lamirault
17 Fabien Kazarine – 19 Quentin Berthon – 31 Valentin Michel
10 Sébastien Delemps

Défenseurs
42 Slavomir Tomko (+1, 6′) – 72 Marc-André Levesque (+1)
82 Pavel Chernook (+1) – 27 Renars Demiters (+1)
8 Cédric Custosse (2′) – 38 Thomas Roussel (C)
14 Jules Breton

Gardien
Maris Jucers

Remplaçant : Olivier Richard (G). Absents : Rok Stojanovic (G, « bas du corps »), Maxime Favre-Félix.

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