Les Kings en route vers les séries ?

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Los Angeles est une équipe vieillissante et dont la relève peine à arriver. Leur saison en dents de scie est imputable à un cruel manque de profondeur à l’attaque et un indéniable manque de talent à la ligne bleue. Pendant ce temps-là, Jonathan Quick essaie de maintenir le fort comme il peut. Est-ce l’année ou jamais pour gagner avant qu’il ne soit trop tard ?

 

Nouveau départ

Le changement de coaching a été clairement visible dès le début de la saison. Fini le système cadenassé de Daryl Sutter, place à la prise de risques dans le but de redynamiser l’attaque. Cela sied bien au top6 et à la première paire défensive de l’équipe, mais la profondeur pose un réel problème. Sans un système de jeu applicable par tous, il est difficile de maintenir un équilibre gagnant.

En 6 années à la tête des Kings, Daryl Sutter a été, au pire, 2e de la ligue pour la possession. Cet accomplissement est sans commune mesure. Les Kings monopolisaient la rondelle et la tenaient ainsi loin de leur propre zone. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

La comparaison visuelle avec les saisons précédentes est sans appel. L.A. est tombé à 50% de possession, dans le ventre mou de la ligue. Plus inquiétant, les buts anticipés sont largement négatifs à 48,2%, au 21e rang de la NHL. Si l’on se demande d’où vient la fuite, il faut clairement regarder du côté de la défense. Certes, le nombre de buts anticipés en attaque est en légère baisse cette saison, mais le nombres de buts anticipés concédés par la ligne bleue des Kings a explosé.

À vouloir ouvrir la glace, les adversaires peuvent s’approcher comme jamais auparavant des cages de Jonathan Quick. Los Angeles est cette saison 11e pour les tentatives de tirs accordés, 9e pour les tirs cadrés accordés et 16e pour les buts anticipés accordés. Si la quantité est à peu près contrôlée, la qualité des chances concédées est ainsi problématique. Et encore, la situation est meilleure qu’en début de saison. Jonathan Quick est un gardien qui mise beaucoup sur ses qualités athlétiques et il a souvent fait les highlights cette saison. Il y a sûrement un lien entre être abandonné par sa défense et devoir faire des arrêts miracles…

 

Ils ont pourtant un vrai premier centre…

Anze Kopitar fait partie de l’élite de la Ligue Nationale de Hockey. Auteur d’une dernière saison en deçà des attentes, à l’image de son équipe, il a décider de changer un peu pendant la saison morte. Il a décider de perdre de la masse musculaire pour améliorer sa vitesse. Un choix judicieux jusqu’à présent. En plus d’être efficace offensivement (53 points), il l’est aussi défensivement. Facette importante de la position de centre, les mises au jeu. Le capitaine des Kings en a remporter 625 depuis le début de la saison, bon pour le 3e rang au total. Excusez du peu. Il est également excellent avec son bâton, à la fois pour harponner et pour bloquer les passes. Ses jeux défensifs permettent de rendre la rondelle libre, il se « jette » alors dessus pour la récupérer (un autre aspect où il domine) et repart à l’attaque.

Il est présent partout sur la glace, un des très bons exemples à suivre pour n’importe quel attaquant. Sa taille et son intelligence lui ont permis à un certain point cette année d’être le deuxième meilleur pour les batailles un-contre-un remportées à forces égales dans le circuit Bettman. Il fait probablement toujours partie du groupe de tête à ce sujet.

La blessure de Jeff Carter oblige John Stevens à l’utiliser – et peut-être surutiliser – à toutes les sauces. Son jeu en infériorité numérique est l’une des raisons pourquoi les Kings sont premiers à ce chapitre. S’il reste en santé, et continue son implication aux quatre coins de la glace, il sera sans doute un candidat au trophée Selke – meilleur attaquant défensif – et pourquoi au trophée Hart remis au joueur le plus utile à son équipe.

 

Et un défenseur d’impact…

Prenez un patineur hors du commun, ajoutez une vision panoramique, mettez de l’intelligence de jeu (une bonne dose), saupoudrez subtilement de défense clairvoyante et vous obtiendrez : Drew Doughty ! À sa dixième saison – déjà – dans la NHL, il est maintenant considéré comme une référence chez les défenseurs.

Il a fortement amélioré son jeu défensif depuis 5 saisons, et continue de le peaufiner malgré d’être le joueur le plus utilisé dans toute la Ligue. Il joue presque la moitié du match (27’12) soir après soir le tout en étant le 5e meilleur pointeur et avec le 2e meilleur plus/minus dans le top 10 au niveau des points. À l’image de son capitaine, son bâton est son « outil » favori pour défendre son territoire. Pas besoin de mise en échec percutante, un simple geste au moment opportun suffi. Mais son vrai atout est son habilité à transporter la rondelle d’un bout à l’autre de la patinoire. En termes de chiffres, il est juste derrière le maître en la matière de temps de possession, Erik Karlsson. Il est également deuxième à travers la NHL pour les sorties de zone + les entrées de zone avec le disque. C’est une des clés pour être capable de se procurer une chance de marquer. Les Kings ont un génie à ce niveau-là. Seul hic, il est un peu esseulé au sein de la brigade défensive. Martinez et Muzzin sont bons mais il manque un défenseur sur les deux premières paires pour les aider. À vrai dire, comme nous disions plus tôt, la ligne bleue actuelle est la raison du manque de constance de Los Angeles cette saison.

 

Et un bon gardien mais pas de profondeur

Jonathan Quick est fidèle à lui-même. Il est bon et le reste moyennement sur la longueur. Il doit être au four et au moulin pour réparer les erreurs de son équipe en défense. Il réussit une belle saison jusqu’à présent mais risque bien d’être à bout de souffle lors des séries, si séries il y a.

Cette franchise commence à payer leur manque de réussite au repêchage. 147 matchs joués, 20 passes et 22 buts, voilà le maigre apport des 34 choix de l’organisation aux cours des cinq dernières saisons. La plupart de ses points appartiennent à Adrian Kempe, qui semble être en mesure de rester au plus au niveau. Gabriel Vilardi et Kale Clague sont prometteurs mais le chemin est encore long.

Les transactions de Milan Lucic (Martin Jones, Colin Miller, et un 1er choix) et Andrej Sekera (1er choix) coûtent cher, un peu trop. Si rien ne change, les Kings ne feront pas les playoffs pour une deuxième année de suite. C’est très dommageable sachant que le noyau est un groupe de trentenaires et que le contrat de Drew Doughty expire l’an prochain. Il sera vraisemblablement avec Karlsson le premier défenseur payé au moins 10M$ par année.

Le retour de Jeff Carter va aider mais cela prendra plus. Les besoins sont assez importants : un vrai troisième centre (ex : Plekanec), un ailier buteur (ex : Pacioretty, Hoffman, Nash), et un défenseur de top 4 (ex : McDonagh). Voilà la liste du directeur général, Rob Blake. Tout une commande mais il semblerait que cette année soit propice aux changements d’airs pour des joueurs de premier plan. Avec un peu plus de 16M$ disponibles à la date limite, fort est à parier que les Kings seront actifs, voire agressifs pour combler leurs manques. En sacrifiant intelligemment une partie de leur futur, ils pourraient se ré-outiller de la bonne façon et causer des problèmes.

Si aucun ou peu de changement arrive, l’été des Kings commencera au printemps.

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