La Finlande est l’équipe européenne qui a commencé sa préparation en dernier pour le championnat du monde. Un choix pris par raisons sanitaires. Lors du dernier tournoi de l’Euro Hockey Tour en février, malgré le protocole sanitaire (deux tests avant et un après), l’équipe étaient rentrée avec cinq cas positifs de Covid-19, trois joueurs et deux membres de l’encadrement. La fédération finlandaise a donc retardé de deux semaines le camp de la sélection nationale, qui a été réduit à la portion congrue : du 4 au 10 mai au centre national de Vierumäki, avec 5 lignes et 3 gardiens.
L’équipe s’est ensuite envolée pour Prague, où elle a été rejointe sur place par deux défenseurs champions KHL avec l’Avangard Omsk (Ville Pokka et Oliwer Kaski) et deux joueurs du HIFK (Anton Lundell et Jere Innala). Il y a donc beaucoup de monde, et peu de temps pour faire la sélection. C’est pourquoi le manager général Jere Lehtinen a déjà fait savoir que les joueurs participant à la finale de Liiga (TPS-Lukko) n’auraient aucune chance d’intégrer l’équipe, faute de pouvoir être testés. Il y aura tout de même des renforts qui arriveront sur place, mais il s’agit de joueurs sur lequel les sélectionneurs se sont déjà fait une idée : Miika Koivisto, champion de Suède avec Växjö lundi, et Arttu Ruotsalainen, attaquant des Sabres de Buffalo, ont déjà été annoncés. Deux places de moins, déjà, pour les joueurs présents. En comptant ces deux places, ce sont au moins six joueurs qui doivent sauter ce week-end.
Les Tchèques ont juste le bon nombre, mais chaque nouvel arrivant implique un départ. Les premiers joueurs de NHL Filip Hronek et Filip Zadina ont déjà fait leur premier entraînement ce mercredi matin, et on leur laisse le temps de se remettre du voyage pour jouer le deuxième match. Les suivants (Libor Hájek et Filip Chytil) arrivent ce jeudi, avec Jan Kovář qui joue en Suisse. Contrairement aux Finlandais, les Tchèques ont même appelé un joueur du Lukko (Lukáš Klok), quitte à ce qu’il ne joue que le dernier match. L’effectif est donc mis à jour en permanence.
La grande nouveauté de ce match est la présence de… spectateurs. Mais si, vous savez, ce concept oublié de gens assis dans les tribunes qui regardent ce qui se passe sur la glace. Dans le cadre d’une étude pilote, le Ministère tchèque de la Santé a autorisé 200 participants directs au match, 200 partenaires dans les zones VIP et 1000 spectateurs, avec comme condition sine qua non un test PCR négatif de moins de 48 heures.
Ce soutien même limité suffit à porter l’équipe tchèque. Elle domine le premier tiers par 15 tirs à 4… et le perd 0-1. Un tir lointain d’Axel Rindell traverse une forêt de jambes et est dévié sur celle de Michal Špaček sans que le gardien Roman Will ne puisse rien voir ni faire. Les tentatives locales butent toutes sur le gardien Harri Säteri jusqu’en fin de deuxième période. En avantage numérique, Libor Šulák égalise alors par un lancer axial de la ligne bleue qui frappe le poteau puis l’arrière de la botte du gardien.
La Finlande se crée ses meilleures occasions au début du troisième tiers : un revers de Veli-Matti Savinainen frôle le poteau, un tir à mi-distance de Petri Kontiola est repoussé de justesse par l’épaule de Will, qui arrête également une contre-attaque de Teemu Turunen. C’est après ce temps faible que les Tchèques obtiennent la victoire. Un tir du poignet de la bleue de Vitásek frappe la cuisse de Matěj Stránský et entre dans les filets. Même si ce but est involontaire, il soulage grandement le meilleur buteur d’Extraliga, qui n’avait plus trouvé le chemin des filets avec l’équipe nationale depuis trois ans. Chasseur de rebonds plein de puissance, Matěj Stránský a été l’attaquant le plus dangereux ce soir, notamment avec un tour de cage suivi d’un palet en retrait dans le slot pour Tomášek en première période.
C’est la septième victoire de suite en préparation pour les Tchèques, qui poursuivent leur série en affrontant chaque fois des adversaires plus forts. Roman Will en a profité pour obtenir sa 8e victoire en 10 titularisations en équipe nationale, un bilan également appréciable.
Désignés joueurs du match : Roman Will pour la République tchèque et Harri Säteri pour la Finlande.
Commentaires d’après-match
Filip Pešán (entraîneur de la République tchèque) : « C’était un match très équilibré. Nous avons affronté l’équipe qui patine le mieux dans ce tournoi, cela nous a pris un moment de rivaliser en patinage. Mais nous étions plus forts dans les duels, ce qui a fait la décision. Je ne considère pas le nombre de tirs comme une mesure de la supériorité d’une équipe. Je compte les occasions. Et nous n’en avons pas eu tant que ça, compte tenu du temps passé en zone offensive. Tenir le palet ne signifie rien en powerplay, il faut que nous nous aidions plus les uns les autres. »
Roman Will (gardien de la République tchèque) : « Mes coéquipiers ont joué de façon vraiment responsable. Du moins de mon point de vue. C’était un plaisir de les voir jouer devant moi. J’arrêtais le premier tir, et quand il y avait un rebond, ils levaient les crosses et envoyaient le palet dans le coin. Je suis content de collecter des victoires, j’espère que ça continuera le plus longtemps possible. Je crois que les choses n’iront qu’en s’améliorant et que l’on verra de plus en plus de spectateurs. En regardant les tribunes, je les voyais, disciplinés et espacés, tous avec des masques. C’est comme ça que ça devait être, et nous en sommes fiers. »
Finlande – République tchèque 1-2 (1-0, 0-1, 0-1)
Mercredi 12 mai 2021 à 20h00 à l’O2 Arena de Prague. 1000 spectateurs.
Arbitres : René Hradil et Daniel Pražák assistés de Vít Lederer et Josef Špůr (TCH).
Pénalités : Finlande 8′ (4′, 2′, 2′) ; Tchéquie 4′ (0′, 2′, 2′).
Tirs : Finlande 22 (4, 6, 12) ; Tchéquie 32 (15, 13, 9).
Évolution du score :
0-1 à 07’29 : Rindell assisté de Turunen et Pakarinen
1-1 à 37’44 : Šulák assisté de Špaček (sup. num.)
2-1 à 48’48 : M. Stránský assisté de Vitásek et Špaček
Finlande
Attaquants :
Jere Innala – Petri Kontiola (A) – Niko Ojamäki
Teemu Turunen (+1) – Mikael Ruohomaa (+1) – Iiro Pakarinen (+1, 2′)
Veli-Matti Savinainen (A) – Hannes Björninen – Jere Karjalainen
Markus Hännikäinen (-1) – Saku Mäenalanen (-1) – Marko Anttila (C, -1)
Défenseurs :
Mikael Seppälä – Elmeri Eronen
Petteri Lindbohm (+1, 2′) – Axel Rindell (+1)
Tony Sund (2′) – Niklas Friman
Tommi Kivistö (-1′, 2′) – Kim Nousiainen (-1)
Gardien :
Harri Säteri [sorti à 58’52]
Remplaçants : Juho Olkinuora (G), Peter Tiivola. En réserve : Janne Juvonen (G), Ville Pokka, Oliwer Kaski, Atte Ohtamaa, Jarkko Parikka, Eemeli Suomi, Anton Lundell, Valtteri Puustinen, Jere Sallinen.
Tchéquie
Attaquants :
Hynek Zohorna – Tomáš Zohorna (C, 2′) – Matěj Blümel
Jiří Sekáč – Robin Hanzl (A) – Lukáš Radil
Radan Lenc – Michal Špaček – Matěj Stránský
Jiří Smejkal – Adam Musil – David Tomášek
Rudolf Červený
Défenseurs :
Libor Šulák (-1) – Michal Moravčík
Ondřej Vitásek (+1, 2′) – Jan Ščotka
David Musil – Michal Jordán (A)
Jakub Galvas
Gardien :
Roman Will
Remplaçant : Petr Kváča (G). En réserve : Šimon Hrubec (G), David Sklenička, Dominik Mašín, Andrej Šustr, Filip Hronek, Filip Zadina, Šimon Stránský, Jakub Flek.