Après une semaine très chargée, les Boxers recevaient consécutivement les Pionniers de Chamonix vendredi soir et les Gothiques d’Amiens dimanche, après deux déplacements à Anglet mardi, et Valenciennes mercredi. Enregistrant malgré aussi des retours, avec Loïk Poudrier et Austin Fyten, Bordeaux va essayer de continuer à engranger des points.
Sabol ou Buysse, même combat
Si les résultats ont été différents d’un match à l’autre, le dénominateur commun fut la prestation des gardiens adverses. Dès vendredi soir, le week-end bordelais entrait dans un week-end à thème: comment franchir l’infranchissable ?
Commençons par Richard Sabol, un grand habitué des bonnes performances à Mériadeck depuis qu’il évolue sous les couleurs de Chamonix. Cette fois-ci ne va encore pas déroger à la règle, même si son 26/28 n’est peut-être pas son plus gros match en terres girondines. Il a longtemps retardé l’échéance pour les siens, tout d’abord à 0-0 jusqu’à la mi match, bien aidé par ses poteaux (Marc André Levesque, puis Enzo Carry) puis ensuite à 1-0 pour les siens.
Bordeaux a tenté, mais s’est heurté un moment contre le rempart slovaque des Pionniers. C’est finalement Louis Bélisle qui a trouvé la faille dans les 10 dernières minutes après que toute l’attaque bordelaise avait eu au moins une fois sa chance contre Sabol. Revenus à hauteur, les Boxers ont tout fait pour arracher une précieuse victoire, et la lumière est venue de Kevin Spinozzi sur une passe magnifique d’Austin Fyten, bien placé dans l’enclave, qui a patiemment attendu que son défenseur de coéquipier n’ait plus qu’à marquer dans le but vide, tant l’assistance du Canadien a été lumineuse.
Du coup, une victoire 2-1 qui fait du bien comptablement, et qui permet de faire perdurer une série positive après 2 victoires dans la semaine, et validant la dure bataille remportée face à Grenoble la semaine précédente.
Place donc à ce dimanche après-midi très frisquet en Gironde, et la réception de Gothiques qui viennent régulièrement l’emporter à Bordeaux. La présence de Henri-Corentin Buysse dans les cages amiénoises promet un match difficile pour le front de l’attaque locale. Là encore, le 30/32 du portier nordiste en est le témoin.
Du Bordeaux sans jus…
Alors on vous voit venir, non les performances amiénoises ne sont pas à réduire aux seules grosses performances de leur gardien. On a bien vu des Boxers malmenés par des Gothiques plus tranchants, dans le rythme, et parfois même plus rapides.
Dans l’entame, les deux équipes ont patiné, et tenté de déplacer les défenses adverses. Bordeaux a frappé en premier par Maxime Legault, à la suite d’un rebond laissé par HC Buysse. 1-0, dans une entame où le gardien des Bleus semblerait presque fébrile.
Pas le temps de tergiverser dans le camp d’en face, c’est Stanislav Lopachuk qui trouve la lucarne de Gaëtan Richard juste après l’ouverture du score bordelaise. Un superbe but tout en toucher, et l’impression que le palet caresse la lucarne. Buysse laissera de nouveau une chance aux Boxers via un nouveau rebond, cette fois-ci non exploité, tout comme la frappe de Jules Boscq à la bleue sur le portier adverse.
Ça flotte côté bordelais, et les relances sont hasardeuses. Lopachuk et Simonsen s’essaient sur Richard, tout comme Aziz Baazi quelques secondes plus tard. Amiens est omniprésent dans la zone neutre, et parvient à enchaîner, empêchant Bordeaux de combiner. Le deuxième but amiénois, par Jérémie Romand qui dévie un tir de la bleue de Nicolas Leclerc, arrive logiquement.
Entre temps, Kevin Spinozzi est sorti côté bordelais, après une pointe aux ischio-jambiers, laissant Bordeaux orphelin de l’un de ses meilleurs joueurs depuis le début de saison, tant dans le leadership, que dans la finition.
Sur une tentative d’entrée en zone en contrôle, Klemen Pretnar fait trébucher Enzo Carry, donnant une supériorité numérique aux Boxers. Cela marque sans doute le début du récital de Buysse. Au-delà des classiques frappes cadrées facilement stoppées par le gardien amiénois, il y a cette énorme occasion entre Robin Lamboley et Louis Bélisle où HCB sauve les siens alors que la cage était grande ouverte. C’est d’autant plus dommageable pour les locaux que les Gothiques ont vraiment la main sur la partie à ce moment-là du match.
…Mais des Boxers courageux
Le retour des vestiaires est similaire. Amiens profite des erreurs adverses, et Alexandre Boivin puis Dan Gibb alertent Gaëtan Richard, bien placé et auteur d’un bon match.
Petit à petit pourtant, les Boxers s’enhardissent, et tentent de mettre de l’énergie. Louis Bélisle et Loïk Poudrier tombent encore sur HCB, Julien Guillaume et Robin Lamboley également. Vient une nouvelle pénalité contre Amiens, et Maxime Legault puis de nouveau Loïk Poudrier trouvent un Buysse qui s’étend de tout son long sur la glace.
Stanislav Lopachuk avait jeté un froid dans une patinoire plutôt calme avec un face-à-face qui termine à côté du but de Gaëtan Richard, comme Antonin Plagnat suite à une mise en jeu perdue par les Bordelais.
Bordeaux opère par sursauts, et Enzo Carry obtient une nouvelle très grosse occasion et se retrouvant en face-à-face, seul face à l’imposant portier amiénois, qui s’en sort une nouvelle fois magistralement. La fin du tiers voit quelques vagues bordelaises très tranchantes, et Buysse sauve la baraque 4 fois de suite en une trentaine de secondes. Enzo Carry, Loïk Poudrier, Louis Bélisle et Alex Wideman se cassent les dents sur le gardien nordiste, multipliant les exploits dans des cages parfois même vides.
Si Amiens a plutôt donné l’impression de maîtriser son sujet jusque-là, cette fin de période ne l’est absolument pas, et ils doivent le retour aux vestiaires sur ce même score de 2-1 au talent de leur infranchissable gardien.
Vous l’avez sans doute compris, le scénario prend une tournure classique lorsque HC Buysse est dans cette forme-là. Bordeaux revient pour la dernière période dans les mêmes dispositions, et L. Bélisle, A. Wideman, R. Lamboley, E. Carry ont tour à tour une situation, obligeant l’immense n°35 à sortir 2 ou 3 miracles, dont une de sa botte droite alors, qu’encore une fois, le but semblait vide. Legault obtient aussi son face-à-face avec Buysse, lancé dans le dos de la défense, et bute inexorablement sur le gardien tout de blanc vêtu.
Sur une échauffourée entre Maxime Legault et Alexandre Boivin, les hostilités démarrent, les gants tombent, et les deux joueurs vont chauffer le banc des pénalités donnant un 4 contre 4 sur la glace. Amiens est à ce moment-là clairement dans le dur. Les locaux jettent leurs dernières forces dans la bataille, et n’ont finalement qu’un but de retard, même si cela ressemblerait à un exploit de parvenir à surmonter l’énorme obstacle qui se trouve dans les buts amiénois.
Louis Vitou met les siens dans l’embarras avec une pénalité pour une crosse haute sur une occasion de but. Il rejoint la prison pour 2 minutes, et cela permet aux visiteurs de passer un peu de temps en zone offensive. Comme souvent dans ces cas-là, ils marquent pour crucifier un adversaire qui n’avait pas besoin de ça. Le jeune et audacieux Tomas Simonsen envoie une missive dans la lucarne de l’infortuné Gaëtan Richard. Il reste moins de 3 minutes et Bordeaux se retrouve mené 3-1 par des Gothiques, pour le coup, opportunistes.
Perdu pour perdu, Richard déserte sa cage et Alex Wideman finit, enfin, par battre HC Buysse à 6 contre 5, et ramène Bordeaux à 2-3 avec une grosse minute à jouer. Cette minute ne donnera rien, malgré le réveil de Mériadeck qui y croit subitement. Bordeaux aura tout tenté dans un match difficile dans le jeu, puis frustré par le dernier rempart amiénois.
C’est un « coup d’arrêt » pour les hommes d’Olivier Dimet. Et si cela « devient dur physiquement, manquant d’essence dans le moteur, dans ce 7e match en 12 jours », le coach bordelais veut « rester positif, même si c’est dommage de perdre à la maison, face à des amiénois revanchards après leur défaite à Nice ».
Soucieux de « bien récupérer » en vue du quart de finale de coupe de France mercredi face à Rouen, Bordeaux continue son marathon avec un match tous les deux jours en moyenne. « Manquant de lucidité », la perte de Kevin Spinozzi a aussi marqué ses coéquipiers qui vont malgré tout faire face pour compenser cette absence qui pourrait être de quelques semaines.
Même son de cloche chez Anthony Mortas, qui déplore l’état d’esprit « touristique » de son équipe sur la côte d’Azur, alors qu’ils sont « venus à Bordeaux pour y gagner ». Portés par leur gardien qui a tenu son équipe, Amiens remet la marche en avant, eux aussi marqués par des absences, et « conscients du calendrier condensé de cette ligue. »
Bordeaux sort donc de ce week-end avec une victoire en deux matchs, et un nouveau blessé important. Les retours de Loïk Poudrier et Austin Fyten sont appréciables, mais ne suffisent pas toujours. La double réception de Rouen mercredi et Gap vendredi vont de nouveau être très difficiles, surtout qu’en terme de gardiens, cela devrait être tout aussi sympathique avec Matija Pintaric et Julian Junca.