Après avoir remporté six matchs consécutifs (la dernière jeudi contre Mulhouse 5-1) et conforté leur place de leader au classement, les Brûleurs de Loups se frottent désormais à un de leurs adversaires directs : les Ducs d’Angers, actuellement à la lutte avec Rouen pour décrocher la deuxième place à l’issue de la saison régulière. Les Ducs ne réussissent pas à Grenoble qui s’est déjà incliné à deux reprises (1-4 et 3-4) face à l’équipe d’Ethan Goldberg. C’est donc avec le défi simple de décrocher une première victoire cette saison face à Angers que les hommes de Jyrki Aho abordent cette rencontre de gala. L’occasion également de poser ses jalons avant les play-offs qui approchent à grand pas.
Pour cette rencontre, les Brûleurs de Loups doivent déplorer une nouvelle blessure, celle de Christophe Tartari, touché lors d’un choc jeudi. Elle vient s’ajouter aux absences de Fabre et Jalasvaara dans l’alignement alors que Baylacq fait son retour. Du côté d’Angers, le moral est au beau fixe puisque les Ducs viennent d’enchaîner six victoires consécutives, la dernière vendredi contre Amiens (5-3). Les Angevins disputent cet après-midi le premier match d’une série de trois déplacements qui les conduira mardi à Chamonix et mercredi à Mulhouse.
Les défenses prennent le pas sur les attaques au cours des premières minutes. Les deux équipes sont bien placées en zone neutre et les espaces ne sont pas nombreux entre deux équipes qui pratiquent une défense agressive. Après un long round d’observation, la première occasion du match est pour Halley qui arrive à s’ouvrir le chemin de la cage grenobloise mais Stepanek repousse le palet d’un pokecheck. Téo Sarliève est le premier sanctionné pour avoir accroché Damien Fleury. Un lancer lointain de Rouhainen au milieu du trafic est détourné par Cowley. Deschamps tente sa chance à son tour mais Angers parvient à bien neutraliser le power-play grenoblois.
À cinq contre cinq, c’est de nouveau Angers qui aurait pu ouvrir le score sur un palet qui traînait dans l’axe de la cage grenobloise : Bouvet reprend mais Stepanek détourne du bout de la jambière. Cowley n’est pas en reste avec un gros arrêt face à Tuppurainen pourtant idéalement placé devant la cage. Sacha Treille est sanctionné à son tour pour une charge illicite et les Ducs ont à leur tour une supériorité numérique. Coulombe tente sa chance sur un tir lointain mais Stepanek bloque le palet entre ses jambières malgré le trafic. Sur une contre-attaque, Deschamps porte le palet jusqu’à la zone offensive et prend un lancer qui termine sur le poteau. Torquato prend à son tour un lancer non cadré alors que Farnier parvient à s’infiltrer jusque dans le slot grenoblois mais les deux équipes reviennent à égalité numérique.
Bouvet parvient à s’infiltrer au milieu de la défense grenobloise mais il se fait contrer in extremis par Stepanek. Les contre-attaques partent de chaque côté : Fleury envoie Deschamps dans le dos de la défense grenobloise mais ce dernier perd son duel face à Cowley. La réaction angevine ne se fait pas attendre et Stepanek parvient à fermer l’angle sur une tentative de Teo Sarliève à la suite d’un 2 contre 1 rapidement joué. Mais sur un palet mal dégagé en zone neutre par Crinon, Coulombe relance rapidement sur Bouchard qui décale sur la gauche Ritz. Ce dernier reprend un lancer repoussé par Stepanek mais Bouchard est présent au rebond pour pousser le palet au fond des filets (0-1, 18’09). Malgré ce coup de froid, Grenoble essaie de réagir tout de suite avec Deschamps puis Sacha Treille qui tournent autour de la cage angevine mais Cowley est vigilant et la défense des Ducs parvient à se dégager. En vingt minutes intenses mais très défensives, Angers s’est montré plus efficace et vire en tête.
Les Brûleurs de Loups débutent fort en deuxième période avec un bon lancer d’Onno dévié du bouclier par Cowley. Après deux minutes assez équilibrées, une pénalité est sifflée contre Jerret Smith qui fait trébucher Peter Valier après un bon travail de la quatrième ligne en zone offensive. En supériorité numérique pour la deuxième fois de la rencontre, les Grenoblois font rapidement circuler le palet en zone offensive. Un premier lancer de Hardy passe juste à côté de la cage, un second est repoussé par Cowley de la jambière. Finalement Deschamps parvient à décaler parfaitement Champagne qui se trouve face à une cage ouverte et ne manque pas l’occasion (1-1, 23’41).
Tout est à refaire pour Angers. Hardowa prend tout de suite un lancer pour solliciter Stepanek. Les Ducs essaient de ramener le jeu en zone offensive mais ont du mal à trouver des opportunités de marquer. Les Grenoblois sont plus tranchants dans ce deuxième tiers. Un lancer d’Aurélien Dair est capté de la mitaine par Cowley. Sur une belle inspiration, Poukkula sert en retrait dans l’axe Nicolas Deschamps dont la reprise instantanée ne laisse aucune chance à Cowley (2-1, 27’28).
Les Brûleurs de Loups prennent les commandes pour la première fois et continuent d’imposer leur présence en zone offensive. Coulombe fait tomber Valier dans la zone angevine. Cette fois le boxplay angevin est plus efficace et empêche Grenoble de s’installer. Dans un choc avec Serer, Poukkula sort en se tenant le bras, il rentrera directement au vestiaire. Bouvet, à la lutte avec Treille, est pénalisé à son tour, ce qui permet à Grenoble de jouer en double supériorité numérique pendant 53 secondes. Les Ducs reviennent à quatre contre cinq mais sur une très belle combinaison en entrée de zone offensive, Treille crucifie Cowley après deux relais dans le bon tempo de Fleury puis Hardy (3-1, 31’17). Cette fois, les Brûleurs de Loups prennent vraiment leurs distances au tableau d’affichage face à une équipe angevine victime de son indiscipline.
Les Ducs continuent de subir et sont de nouveau poussés à la faute lorsque Coulombe fait trébucher Fleury le long de la bande. Nouvelle supériorité numérique pour les Brûleurs de Loups qui continuent de dérouler. Aurélien Dair prend sa chance de loin mais Cowley sort une belle mitaine. Le power-play grenoblois s’installe mais n’arrive pas à trouver de position préférentielle. Angevin tue donc la pénalité sans difficulté. Les Ducs essaient de reprendre l’initiative en fin de tiers mais malgré une belle combinaison à trois, Stepanek reste inflexible et permet à Grenoble de finir le tiers avec deux buts d’avance.
Les Isérois ont pris un sérieux ascendant après 40 minutes, il leur reste à assurer au troisième tiers. Grenoble débute tambour battant avec une belle passe de Tuppurainen pour Lamarche mais le néo-défenseur grenoblois bute sur Cowley. Angers a une belle situation devant le slot pour Ritz mais la défense grenobloise parvient à se dégager. Les Ducs essaient de presser les Grenoblois dans leur zone mais les lancers ne sont pas cadrés à l’image d’un gros tir d’Hardowa ou d’une reprise de Dusseau sur un 2 contre 1 qui aurait pu être mieux conclu. Et sur une contre-attaque redoutable, Fleury laisse en retrait à Deschamps qui prend un lancer parfait pour marquer dans la lucarne (4-1, 44’46). Angers perd ses dernières chances d’espérer revenir, même si Guenther ne renonce pas et prend un bon lancer qui oblige Stepanek à s’interposer.
Sur un palet récupéré à la ligne bleue, Coulombe s’avance et prend un lancer difficilement dévié par Stepanek alors que le palet retombe en longeant la ligne sans que Gaborit ne parvienne à s’en saisir. Llorca fait trébucher Munoz derrière la cage angevine. En supériorité, les Brûleurs de Loups font tranquillement circuler le palet. Aurélien Dair prend un lancer bloqué par Cowley sans rebond. En fin d’infériorité numérique, Bouvet sent bien le coup et chipe le palet à Rouhiainen à la ligne bleue pour s’échapper seul en contre-attaque mais Stepanek remporte le duel avec l’attaquant angevin grâce à un bon pokecheck. Grenoble essaie de garder le jeu en zone offensive alors que les Ducs ne semblent plus trop y croire. Fleury prend un gros lancer capté de la mitaine par Cowley. En empêchant le repli défensif angevin, Baylacq se retrouve pénalisé. Les Ducs peuvent enfin évoluer en supériorité numérique mais ne montrent pas grand-chose pendant deux minutes. Les Grenoblois se dégagent facilement et peuvent attendre tranquillement la fin du match sans être inquiétés.
Les Brûleurs de Loups sont venus à bout des Ducs d’Angers dans un match de haute intensité grâce notamment à une très grosse deuxième période. Le power-play a joué un rôle essentiel dans la victoire grenobloise ce soir en faisant fructifier les nombreuses situations en supériorité numérique. Très solides défensivement après avoir été surpris au premier tiers-temps, les Brûleurs de Loups ont fait parler leur puissance offensive à l’image d’un Nicolas Deschamps des grands soirs, auteur d’un doublé et d’une assistance. Stepanek a réalisé les arrêts qu’on attendait de lui pour ne pas laisser Angers espérer trop longtemps. Les Grenoblois ont également su relever le défi physique imposé au premier tiers par les Ducs. Seule ombre au tableau pour Grenoble : une nouvelle blessure, celle de Markus Poukkula, touché au bras et qui n’a pas fini la rencontre. Pas une bonne nouvelle avant la semaine très chargée qui attend les Brûleurs de Loups.
Les Angevins étaient bien partis pour rééditer leur précédent succès à Pôle Sud après vingt minutes où ils se sont montrés plus tranchants, parfois même dominateurs. Mais les Ducs ont subi la déferlante grenobloise au deuxième tiers-temps et l’indiscipline angevine (quatre pénalités concédées au deuxième tiers) aura finalement été fatale aux coéquipiers de Patrick Coulombe. Offensivement, les Angevins n’ont pas réussi à poser autant de problème aux Grenoblois avec peu de tirs cadrés et une première ligne offensive assez discrète sur l’ensemble de la rencontre. Toujours à la lutte avec Rouen pour la deuxième place, les Ducs devront réagir mardi soir à Chamonix.
Désignés meilleurs joueurs du match : Nicolas Deschamps (Grenoble) ; Patrick Coulombe (Angers)
(Photos de Philippe Crouzet)
Commentaires d’après-match :
Jyrki Aho (entraîneur de Grenoble) : « C’est bien d’avoir gagné contre Angers. Déjà, lors de la deuxième confrontation, on avait plutôt bien joué, avec les occasions qu’on avait eues on aurait dû gagner ce match aussi. Dans l’ensemble je suis assez content du match aujourd’hui. On a été bons dans la deuxième période, on a été intelligents dans la troisième. Et dans la première on avait plutôt bien commencé, on a perdu un peu notre jeu après les situations de power-play. Bien sûr c’était un match difficile, Angers est une des meilleures équipes de la Ligue, c’était un match physique, il fallait vraiment patiner et travailler dans les coins, mais c’est du hockey normal, c’est dur et physique. On verra si on les rejouera ou non en play-offs, je ne suis pas voyant, je suis juste un coach, je peux juste attendre de voir le programme et faire en fonction de ce que la Ligue nous propose. On verra qui on jouera tour après tour. […] La médaille d’or olympique, c’est quelque chose de grand pour la Finlande. La Ligue finlandaise a quelques soucis en ce moment à cause du Covid et l’équipe nationale brandit le drapeau de notre hockey très haut… En 1995, on a gagné nos premiers championnats du monde, cela fait longtemps qu’on attendait de pouvoir gagner un titre olympique donc c’est quelque chose de super pour le hockey finlandais. Je n’ai pas regardé le match cette nuit, je savais que le match de ce soir était plus important et que je devais être frais aujourd’hui. »
Peter Valier (attaquant de Grenoble) : « On était sur plusieurs défaites d’affilée contre cette belle équipe d’Angers, on avait à cœur de renverser ça avant les play-offs pour se mettre en confiance. Voilà, c’est chose faite. Je pense qu’on a fait un bon match des deux côtés. On a su tenir soixante minutes et on est très fiers et c’est de bon augure pour la suite. Pour la confiance, ça fait énormément de bien avant les play-offs, tout le monde est content et maintenant on peut se concentrer sur la suite. Rouen, ce sera le même calibre que ce soir, ce sera à nous de renverser la situation et de prendre le dessus dès le début du match. Le fait de prendre un but ce soir, ça nous a mis un coup de pied au derrière. On a vite changé la tendance du match, on a fait des choses un peu plus simples. On a joué un peu plus physique parce qu’au premier tiers ils étaient plus physiques que nous et on a recollé au score assez vite. Après, on a déroulé la machine comme on dit. La blessure de Markus Poukkula, c’est un peu le point noir de la soirée, j’espère pour lui que ce n’est pas trop grave, c’est un joueur important pour l’équipe et on aura besoin de lui pour les play-offs. »
Grenoble – Angers 4-1 (0-1, 3-0, 1-0)
Dimanche 20 février 2022 à 18h15 à Pôle Sud. 4208 spectateurs.
Arbitrage de Benjamin Gremion et Geoffrey Barcelo assistés de Nicolas Constantineau et Jason Thorrignac
Pénalités : Grenoble 4’ (2’, 0’, 2’), Angers 12’ (2’, 8’, 2’)
Tirs : Grenoble 23 (4, 8, 11), Angers 21 (6, 6, 9)
Engagements : Grenoble 20 (8, 8, 4), Angers 31 (6, 9, 16)
Évolution du score :
0-1 à 18’09 : Bouchard assisté de Ritz et Coulombe
1-1 à 23’41 : Champagne assisté de Deschamps et Hardy (sup. num.)
2-1 à 27’28 : Deschamps assisté de Poukkula et Fleury
3-1 à 31’17 : Treille assisté de Hardy et Fleury (sup. num.)
4-1 à 44’46 : Deschamps assisté de Fleury et Valier
Grenoble
Attaquants :
Markus Poukkula – Nicolas Deschamps – Damien Fleury (A)
Sacha Treille (2’) – Joël Champagne (C) – Jani Tuppurainen
Aurélien Dair – Adel Koudri – Julien Munoz (A)
Peter Valier – Julien Baylacq (2’) – Flavian Dair
Défenseurs :
Kyle Hardy – Maxime Lamarche
Jere Rouhiainen – Lucien Onno
Pierre Crinon – Sébastien Bisaillon
Gardien :
Jakub Stepanek
Remplaçant : Raphaël Garnier (G). Absents : Malo Ville (épaule), Dylan Fabre (pied), Janne Jalasvaara (genou), Christophe Tartari (blessé).
Angers
Attaquants :
Tommy Giroux – Philippe Halley – Maurin Bouvet (2’)
Danick Bouchard – Nicolas Ritz – Robin Gaborit (A)
Teo Sarliève (2’) – Zachary Torquato – Loïc Farnier
Marius Serer – Cédric DiDio Balsamo – Riley Guenther
Défenseurs :
Patrick Coulombe (C) (4’) – Vincent Llorca (A) (2’)
Neil Manning – Connor Hardowa
Jerret Smith (2’) – Kévin Dusseau
Gardien :
Evan Cowley
Remplaçant : Julian Barrier-Heyligen (G). Absents : Antonin Manavian, Axel Tarabusi.