À trois journées de la fin de la saison régulière, il reste encore un enjeu majeur autour de quatre équipes, qui peuvent obtenir le dernier billet pour les play-offs, mais peuvent à l’inverse connaître la poule de relégation, sachant que deux de ces formations seront en vacances la semaine prochaine à la même heure.
Aux coups d’envoi de cette 24e journée, c’est Marseille qui tenait la corde pour la huitième place. Les Spartiates devaient s’employer pour conserver ce billet virtuel en s’imposant contre une équipe du podium, Mont-Blanc. Devant plus de 2 000 spectateurs, ils démarraient tambour battant en inscrivant deux buts dans le premier tiers par Maxence Leroux et Rudolfs Maslovskis. Dès la reprise, les Yétis réagissaient par l’intermédiaire de Bastien Zago, mais les Provençaux recreusaient l’écart grâce à Augustin Nalliod-Izacard puis Nicolas Deshaies. À l’entrée des cinq dernières minutes, Eric Léger entretenait un espoir mince mais Marseille avait le match en mains, inscrivant deux nouveaux buts par Leroux et Lucas Villain malgré une infériorité, rendant le doublé de Léger anecdotique (6-3). Après le point glané dans la semaine face à Brest, Marseille a fait le travail contre un adversaire majeur pour conserver la huitième place et ainsi rester maître de son destin. Les Yétis, redevenus Avalanches dans cette période vintage, restent quant à eux à la troisième place.
Ce résultat mettait forcément la pression sur les poursuivants, qui se devaient de l’emporter pour rester au contact.
En ce sens, l’Étoile Noire de Strasbourg recherchait les trois points, mais dans le derby de l’Est, il était évident qu’Épinal n’allait pas les servir sur un plateau. Les Alsaciens attaquaient fort en menant de deux buts dans le premier acte, grâce à Matthew Sozanski et Charlie Roy en infériorité numérique. Épinal parvenait à débloquer le compteur dans le deuxième tiers par Matus Rudzan, mais plus rien ne sera marqué dans ce match malgré la sortie de Branislav Bernat pour les deux dernières minutes (2-1). Défaits cette semaine à Dunkerque dans une partie extrêmement importante, les Strasbourgeois réagissent bien et restent dans la course à la neuvième place, à deux points de Marseille. Les Vosgiens continuent leur alternance de résultats, ce qui les conduit à une place médiane, la sixième du classement.
Dans leur course à la qualification, Dunkerque terminait ce week-end une série de trois matchs consécutifs à domicile, qui aura connu des fortunes diverses. Le match à priori le plus accessible se présentait avec la réception de Tours, condamnée à la poule de maintien. Vit Budinsky lançait parfaitement les Nordistes mais Matthew Newbury égalisa trois minutes plus tard. Les Remparts n’étaient guère venus sur la Côte d’Opale faire du tourisme, et lançaient parfaitement leur deuxième période en marquant trois buts en cinq minutes par Leif Mattson deux fois et David Camy Sarty. Le feu au lac fut éteint pour Dunkerque par un temps mort, le changement dans la cage et le deuxième but de Budinsky. Aussi les locaux louperont également l’entame du dernier tiers, et le cinquième but concédé, marqué par Mathieu Ayotte, a fait très mal dans les têtes. Aleksandrs Visockis puis Juris Upitis permirent de recoller mais la réaction fut trop tardive (4-5). Contre une équipe tourangelle qui n’avait plus rien à jouer mais de fait plus rien à perdre, et qui a le grand mérite de ne jamais refuser le jeu, les Dunkerquois n’ont pas su mobiliser le supplément d’âme requis, et se retrouvent en fâcheuse situation. À cinq points de Marseille et trois de Strasbourg désormais, les choses ne sont pas terminées mathématiquement mais il faudra compter sur un sans faute et sur le faux-pas des deux adversaires, ce qui est moins maîtrisable et réduit les chances à une très faible propension.
La dernière équipe concernée dans la lutte est Chambéry, qui était déjà pour sa part pratiquement contrainte au sans-faute. Mais cela passait par un déplacement à Nantes, formation totalement retrouvée depuis le début de l’année civile. Les Éléphants prenaient les devants grâce à une supériorité conclue par Loris Delmas, mais l’avantage ne sera conservé que trois minutes, le temps pour Paul Schmitt de remettre les compteurs à zéro. Chambéry vire de nouveau en tête à la reprise par Gabriel Caratini, mais l’équipe craque à mi-match en concédant d’abord l’égalisation par le redoutable Tim Crowder puis se retrouvant menée pour la première fois du match à cause de Matthew Brenton. Les acteurs ne le savent pas alors, mais il s’agira du but vainqueur. À cinq minutes du terme, Bryan Sautereau portera l’avance à deux unités. En joueur supplémentaire consécutif à la sortie de Richer, l’autre David, Chevrier, laissera les visiteurs dans le match, mais ils concéderont finalement deux buts supplémentaires par Brenton puis Frédéric Bergeron en cage vide (6-3). C’en est définitivement terminé des espoirs chambériens de play-offs, mais il est toujours un enjeu : à la douzième place à deux points de Dunkerque, Chambéry peut toujours espérer s’extraire de la poule de relégation. Intéressant quand on sait que la dernière journée offrira une confrontation directe entre les deux formations. Nantes a célébré dignement son « match Hellfest » et a enchaîné une septième victoire consécutive pour revenir à trois points seulement du Mont-Blanc, avec encore un match en retard à faire face à Brest.
Le leader Brest justement qui souhaitait capitaliser sur sa victoire à deux points dans la semaine à Marseille, se rendant cette fois à Clermont-Ferrand, pour affronter la lanterne rouge dans le choc des extrêmes. Mais le véritable choc, il fut en ce qu’affichait le tableau d’affichage à l’issue du premier vingt : loupant totalement leur début de match, les Albatros concédèrent un but dans les trois situations, en infériorité par Théo Vialatte, puis au complet par Samy Faure, et même un but alors qu’il jouait à cinq contre quatre, l’œuvre de Srdan Subotic. Les Sangliers eux-mêmes n’ont pas dû s’attendre à rentrer aux vestiaires avec cette avance de trois buts, hélas pour eux les Brestois mirent ensuite la machine en route. Le retard fut refait à l’issue de la deuxième période avec deux buts de Tomas Kubalik et un but de Dimitri Motreff. Désormais lancés, ils ne s’arrêteront pas et iront finalement chercher la victoire dans le tiers final avec Marko Virtala, Gauthier Gibert, Virtala à nouveau et Motreff pour parachever le succès (3-7). Les Bretons se seront faits peur, mais ils auront su réagir sans paniquer pour finalement respecter la hiérarchie dans la partie, et asseoir sa domination dans ce championnat. Dommage pour des Sangliers qu’un succès de prestige aurait sans doute enorgueillis à l’approche de la poule de maintien.
Brest vainqueur et Mont-Blanc défait, les Dogs de Cholet qui ont stoppé l’hémorragie (des points pris lors des deux dernières rencontres jouées) sans s’être totalement rétablis (défaite à domicile en prolongations dans la semaine face à Caen), se devaient de faire un résultat contre un adversaire abordable, Montpellier. La rencontre aura connu des temps bien distincts : le premier acte fut au crédit des locaux, qui surent débloquer le compteur grâce à Louis Seignez. Mais changement de prisme total dans le deuxième tiers pleinement favorable aux Vipers, qui inverseront la tendance avec Erwan Plantrou et Jacob Hanlon. Il fallut attendre les dix dernières minutes pour voir les Choletais changeaient à nouveau le cap de la partie, par l’égalisation de Gage Torrel et la prise d’avantage dans les trente secondes par Axel Tarabusi. Avec un gardien sorti mais une pénalité en fin de partie, Montpellier ne trouvera la clé pour égaliser, et c’est Ville Vepsälainen qui fera la clôture de la table de marque (4-2). Tout n’est pas encore réglé pour Cholet qui est très clairement retombée sur terre, loin de l’état de grâce de la série de victoires, mais ce succès est important dans les esprits et comptablement, car elle les laisse à trois points de Brest qu’elle affrontera mardi, et crée un petit écart avec Mont Blanc, à cinq points. À deux matchs de la fin de saison, Montpellier a dit adieu à son illusoire possibilité de sortir de la poule de maintien, en raison de l’affrontement direct entre Dunkerque et Chambéry le week-end prochain, qui empêchera de fait ces deux formations de ne plus marquer de points.
La dernière partie du week-end présentait finalement peu d’enjeux comptables, mais elle était importante sportivement pour la dynamique à l’approche des play-offs de ces deux concurrents directs, Neuilly-sur-Marne et Caen. Du dynamisme, les Bisons n’en manquaient pas dans ce début de match puisqu’ils menèrent de trois buts après quatre minutes de jeu, grâce à Félix Beauchemin-Brassard, Bruno Baldris et Mike Gillepsie. Neuilly inscrira même un quatrième but, plus tard dans le tiers, par Beauchemin-Brassard. Contre un adversaire solide, il convient de se méfier du relâchement, et Caen a profité dans la deuxième période des moindres possibilités pour refaire une bonne partie du retard, sur des buts de Félix Chamberland contre son ancienne équipe, et un doublé de Jonathan Janil, par deux fois en double supériorité numérique. Remobilisés dans le dernier acte, les Franciliens stopperont la dynamique normande et inscriront un cinquième but par Gillepsie. Ronan Quemener ayant quitté sa cage pour créer le surnombre en fin de rencontre, l’attaquant new-yorkais s’octroiera même son premier triplé en France (6-3). Potentiellement menacés de l’arrière par Marseille que sa course aux play-offs oblige à prendre le maximum de points, les Bisons septièmes signent une victoire précieuse qui les replace à égalité de points avec Épinal. Les Caennais repassés quatrièmes dans la semaine retrouvent finalement la cinquième place, au prix de la victoire nantaise.
Il reste une semaine de saison régulière dans ce championnat. L’avant-dernière journée se jouera entre mardi et mercredi, pour une fin d’exercice samedi prochain. Entre les deux soit vendredi, le dernier match en retard se jouera entre Nantes et Brest.
Meilleurs marqueurs :
1- Frédéric Bergeron (Nantes) – 43 points (23+20) / + un but
2- Sébastien Trudeau (Strasbourg) – 41 points (22+19)
3- Éric Léger (Mont-Blanc) – 40 points (28+12) / + deux buts
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(Illustration : Charlotte Rossignol)