On peut déjà presque annoncer que la Suisse terminera première de l’Euro Hockey Challenge.
Les seules équipes qui peuvent encore la rattraper, ce sont la Finlande et la Suède, qui ont 6 points de retard et 1 match en moins, puisqu’ils joueront 3 rencontres le week-end prochain dans le cadre du dernier tournoi de l’Euro Hockey Tour. La Suisse, elle, recevra deux fois le Danemark.
Cet Euro Hockey Challenge n’a-t-il aucune valeur ? Après tout, c’est juste une étiquette accolée à des rencontres organisées pour formaliser la préparation aux championnats du monde. Quand les Finlandais, les Suédois ou les Tchèques le gagnaient, cela n’avait aucune importance pour eux, moins que l’Euro Hockey Tour. Mais ce probable succès helvétique est encore un signe que la hiérarchie internationale n’est plus si immuable, comme on le constate de plus en plus à chaque championnat du monde.
Tous les « grands pays » ont ainsi abandonné des points contre des « petites nations » supposées. Bien sûr, ils ne sont pas au complet, mais la Suisse ne l’était pas non plus. La Nati n’a pas encore les finalistes de la LNA : Thomas Rüfenacht, Simon Bodenmann, Reto Suri et Dominik Schlumpf doivent arriver en attaque, Raphael Diaz et Ramon Untersander en défense (de même que le joueur d’AHL Dean Kukan). Deux joueurs majeurs sont toutefois forfaits sur blessure, Eric Blum et Simon Moser. Après avoir discuté avec eux, le très jeune Nico Hischier (candidat à être numéro 1 à la prochaine draft NHL) et le très vieux Martin Plüss (40 ans) ne seront pas du voyage.
La Suisse aura donc moins de renforts que prévu. Elle compte pour le moment un seul joueur de NHL, Denis Malgin, qui a fait ses débuts en équipe nationale ce week-end face au pays d’origine de son père. Sven Andrighetto, blessé à l’aine, devrait décliner, alors que le feu vert des Vancouver Canucks concernant Sven Bärtschi, blessé au cou, se fait attendre.
Le sélectionneur Patrick Fischer a déjà une ligne sûre, Hollenstein-Haas-Praplan, efficace et régulière. Le trio Herzog-Ambühl-Brunner avait aussi été efficace, mais l’entraîneur y a cette fois placé le centre Kévin Romy, excellent dans les tâches défensives, pour utiliser Andres Ambühl dans un autre rôle. Il est à l’origine du premier but en initiant une combinaison rapide passée par Denis Malgin et conclue par Pius Suter pour son troisième but en neuf sélections. La défense russe a été prise hors de position sur cette action.
La Suisse a tout simplement été la meilleure équipe sur la glace, sans discussion. Du jeu direct à la cage, des passes depuis l’arrière du but, une défense qui ne laisse aucun espace et contrôle bien la technique et la vitesse des Russes : tous les ingrédients étaient réunis. Il a juste manqué le deuxième but pour se mettre à l’abri. Reto Schäppi a tiré sur l’extérieur du poteau en début de troisième période. Valeri Nichushkin a eu les deux seules grosses occasions d’égaliser en entrant dans les dix dernières minutes. Denis Hollenstein a finalement inscrit le 2-0 en cage vide.
Jonas Hiller s’est assuré son second blanchissage en deux matchs de préparation, ce qui lui assure sa place. La surprise est que Flüeler, pourtant bon dans ses titularisations, a été coupé. Fischer opte pour un duo entre Hiller et le gardien champion Genoni, alors que le jeune Schlegel devrait occuper le rôle de troisième gardien.
Si la Russie n’a rien de prêt, c’est aussi parce que beaucoup d’internationaux ont été accumulés dans la même équipe de KHL, le SKA Saint-Pétersbourg, dominatrice jusqu’à l’ennui. Un comble pour une ligue de 29 équipes… La KHL a fait mener une étude par une société de conseil qui vient de recommander une réduction à 24 clubs dont seulement 15 russes. Improbable… Le sélectionneur Oleg Znarok arrivera certes de « son » SKA avec un trio tout prêt (Gusev-Shipachyov-Dadonov), mais cela ne suffira pas.
Le Metallurg Magnitogorsk fournira pour sa part le duo défensif Antipin-Bereglazov, mais la Russie attendait de savoir si ses deux stars offensives qui ne veulent pas vieillir seraient appelés. Znarok a choisi… Mozyakin mais pas Zaripov ! Reste à savoir comment l’utiliser. Kucherov débarque aussi cette semaine, mais Panarin – qui pourrait remplacer Gusev et retrouver ses vieux camarades – n’arrivera pas avant le 1er mai. Les Russes, comme souvent ces dernières années, ne verront leur équipe prendre forme qu’au dernier moment.
Suisse – Russie 2-0 (1-0, 0-0, 1-0)
Samedi 22 avril 2017 à 17h45 à la Tissot Arena de Bienne. 5013 spectateurs.
Arbitrage de Marcus Vinnerborg (SUE) et Tobias Wehrli (SUI) assistés de Roman Kaderli et Balazs Kovacs (SUI).
Pénalités : Suisse 4’ (2’, 2’, 0’), Russie 6’ (4’, 2’, 0’).
Tirs : Suisse 35 (7, 9, 19), Russie 23 (8, 8, 7).
Évolution du score :
1-0 à 09’02” : P. Suter assisté de Malgin et Ambühl
2-0 à 59’41” : Hollenstein assisté de Haas (cage vide)
Suisse
Attaquants :
Reto Schäppi – Cody Almond – Chris Baltisberger
Fabrice Herzog – Kévin Romy (2’) – Damien Brunner
Denis Hollenstein (+1) – Gaëtan Haas (+1) – Vincent Praplan
Pius Suter (+1) – Denis Malgin (+1) – Andres Ambühl (+2)
Damien Riat
Défenseurs :
Christian Marti – Dave Sutter (+1)
Joël Genazzi – Fabian Heldner (+1)
Philippe Furrer (+1) – Romain Loeffel (+1, 2’)
Claude-Curdin Paschoud
Gardien :
Jonas Hiller
Remplaçant : Niklas Schlegel (G). En réserve : Lukas Flüeler (G), Patrick Geering (D).
Russie
Attaquants :
Ivan Telegin – Sergei Andronov – Anton Burdasov (-1)
Anatoly Golyshev (-1, 2’) – Andrei Svetlakov (-1) – Valeri Nichushkin
Sergei Shumakov (-1, 2’) – Maksim Shalunov (-1) – Stepan Sannikov (C, -1)
Maksim Mamin – Vladislav Namestnikov (2’) – Roman Lyubimov (-1)
Défenseurs :
Mikhaïl Naumenkov – Andrei Mironov (-1)
Zakhar Arzamatsev – Igor Ozhiganov (-1)
Bogdan Kiselevich – Vladislav Gavrikov
Ivan Provorov (-1) – Maksim Chudinov (-1)
Gardien :
Ilya Sorokin [sorti de sa cage de 59’27” à 59’41”]
Remplaçant : Andrei Kareev (G). En réserve : Andrei Vasilevsky (G), Ilya Lyubushkin (D), Vladimir Tkachyov (A, malade).