La défaite d’entrée met déjà les Tchèques sous pression, face à une Suisse qui fait son entrée dans le tournoi. Ils alignent leur gardien Šimon Hrubec pour un second match en deux jours, dans l’espoir qu’il les mène à une victoire qui devient maintenant indispensable.
Les changements opérés sont logiques au vu du match d’hier. Michal Moravčík, dont l’erreur à vingt secondes de la fin a provoqué le but vainqueur russe, est remplacé par Klok en défense. C’est le troisième trio Sekáč-Hanzl-Radil qui cède la place à la ligne d’Extraliga Stránský-Špaček-Lenc. La surprise, c’est plutôt que Filip Pešán aligne le jeune Matěj Blümel en treizième attaquant et le colosse Andrej Šustr en septième défenseur. Ils n’avaient pas encore été déclarés hier, et leur présence signifie que le staff tchèque renonce définitivement à tout renfort de NHL.
Ce match se résume longtemps aux pénalités. Non pas que les powerplays prennent tout de suite le dessus sur les défenses, bien au contraire. Janis Moser retient d’abord Jiří Smejkal qui repique à la cage. Filip Chytil perd la mise au jeu, et les entrées de zone suivantes aboutissent à des pertes de palet (Kovář, Zadina, Lenc). Peu après la mi-tiers, Matěj Stránský commet une faute en zone offensive en retenant Alatalo. Le bilan suisse est un peu le même avec un premier engagement perdu par Nico Hischier devant Adam Musil, puis une entrée de zone contrée de Philipp Kurashev, mais il y a tout de même un tir dangereux, par Kurashev entre les cercles sur passe en retrait d’Enzo Corvi.
Sur une action tchèque entachée d’un hors-jeu, Fabrice Herzog fait trébucher Libor Šulák. Jan Kovář perd lui aussi la première mise au jeu, face à Christoph Bertschy, mais quand son équipe se réinstalle il donne une passe décisive en retrait vers Filip Chytil qui marque au premier poteau au-dessus de l’épaule droite de Leonardo Genoni (1-0). Vingt-cinq secondes plus tard, le débutant Radan Lenc perd un palet en zone neutre et a le mauvais réflexe d’accrocher Hischier. Les Suisses, toujours en difficulté pour s’installer, égalisent quand même en fin de supériorité numérique sur un lancer masqué de la ligne bleue de Grégory Hoffmann (1-1).
En deuxième période, Radan Lenc est encore envoyé en prison pour un coup de crosse sur le gardien. Adam Musil gagne de nouveau le premier engagement, face à Andrighetto. La Nati se fait même une frayeur sur un palet bondissant mal contrôlé par Raphael Diaz, qui laisse Jakub Flek s’échapper en solitaire. Genoni attrape alors le tir du revers du Tchèque d’une mitaine impériale. La Suisse convertit pourtant cette supériorité numérique grâce à une passe transversale de Nico Hischier reprise par Timo Meier (1-2). La Suisse tue ensuite une pénalité de Siegenthaler, et juste avant la mi-match, une longue passe de Mirco Müller sert Andrighetto dans le dos de Šustr. Le gant de Hrubec part de justesse la tentative du buteur de Zurich.
Les Tchèques sont en dessous de leurs standards jusqu’ici, mais ils accélèrent avec cinq minutes de nette domination en zone offensive. Il suffit néanmoins d’une bonne présence de la ligne de Christoph Bertschy pour que Vrana – qui charge Praplan dans le dos – parte en prison. Diaz et Andrighetto construisent bien le jeu de puissance, mais sans réussite. Au retour au complet, toutefois, Bertschy gagne le palet dans les bandes derrière son but et Vincent Praplan lance en breakaway Tristan Scherwey. L’attaquant de Berne voit Hrubec mettre son bouclier au sol et lève donc le palet dans le haut du filet de ce côté-là (1-3, image de droite).
Surprise au retour sur la glace : Filip Pešán a changé de gardien et fait rentrer Roman Will. Mais le choc psychologique ne règle pas le problème d’indiscipline. Sklenička est sanctionné pour une obstruction, et Chytil l’est pour une crosse haute (en fait soulevée par le joueur suisse). Pour la seconde fois, Timo Meier reçoit une passe transversale dans le cercle droit, d’Enzo Corvi cette fois (1-4). Jiří Smejkal était sur la glace sur ces deux palets traversants en infériorité, mais il se rattrape en déviant subtilement un tir de la bleue de Chytil (2-4).
Pešán utilise un « powerbreak » commercial à 4’30 de la fin pour donner des consignes et sortir son gardien avant un engagement en zone offensive. Jan Kovář – qui finira à 7/24 aux mises au jeu ce soir – perd encore celle-ci face à Hischier et fait obstruction sur le centre de New Jersey sur la contre-attaque tandis qu’Andrighetto manque de peu la cage vide. C’est alors Grégory Hoffmann qui se place dans le cercle droit pour marquer le quatrième but en jeu de puissance de la soirée, sur passe de son collègue zougois Dario Simion (2-5). La seconde assistance de ce but revient à Andres Ambühl – image de gauche – qui a sorti le palet de derrière la cage… et avec deux points dans ce match il dépasse Martin Plüss pour devenir le meilleur marqueur suisse en championnat du monde.
Deux défaites en ouverture des championnats du monde : la République tchèque n’avait jamais vécu une telle déconvenue depuis la partition de la Tchécoslovaquie. Le coach Filip Pešán ne peut pas rester sans réaction, et cette fois les modifications concerneront aussi son top-6 offensif (un seul tir ce soir pour le deuxième trio !). Sur le plan comptable, rien n’est désespéré puisque les Tchèques ont déjà affronté deux de leurs trois adversaires les plus forts – voire les deux plus forts au vu du match de la Suède. Mais c’est surtout sur le plan mental que le groupe ne devra pas craquer et réagir positivement aux changements annoncés…
Désignés joueurs du match : Jiří Smejkal pour la République tchèque et Timo Meier pour la Suisse.
Commentaires d’après-match :
Andres Ambühl (attaquant de la Suisse) : « C’est le début que nous souhaitions, c’est excitant de commencer par une victoire. Les unités spéciales décident les matches à ce niveau, aujourd’hui par chance elles ont bien fonctionné. Non, je ne savais pas pour le record. C’est agréable, j’espère en mettre encore d’autres, mais à la fin le plus important est de gagner et non les points que l’on marque. »
Jan Kovář (capitaine de la République tchèque, ci-contre) : « C’était beaucoup dû aux pénalités. Nous avons pris quatre buts en infériorité, c’est affreusement trop. Si nous ne corrigeons pas ça, nous aurons des problèmes contre toutes les équipes. À 1-2, nous avons commencé à jouer beaucoup en zone offensive. Nous n’avons pas marqué, puis nous faisons une erreur d’écolier. C’est notre jour de repos, je suis sûr que nous en parlerons demain. La performance de notre ligne n’était pas exactement idéale. Nous sommes la première ligne, nous devons mieux jouer. Le coach nous a déjà séparés en troisième période. Voyons voir ce qui arrive ensuite. »
Filip Pešán (entraîneur de la République tchèque) : « Nous étions meilleurs que contre la Russie. Nous avions plus de mouvement et plus de vie, mais ce n’était pas suffisant. C’est à l’équipe de se réveiller. Nous l’aiderons en changeant les lignes, nous l’aiderons avec du débat calme. Les nouveaux n’ont pas aidé, les gars étaient peut-être surmotivés. Je voyais qu’ils en voulaient, mais plus ils essayaient, moins bien ils réagissaient dans différentes situations, et ensuite ils commettaient des fautes inutiles. Au moins, on peut s’appuyer sur la quatrième ligne Smejkal–Musil–Flek, la meilleure hier et aujourd’hui. Même le jeune Matěj Blümel a fait un excellent match. Jusqu’ici, nous n’avons pas su nous battre dans les endroits où ça fait mal. Notre deuxième but prouve que ces gars vont au but. Nous allons les utiliser pour ajouter des travailleurs sur chaque ligne, et créer de nouvelles attaques. »
République tchèque – Suisse 2-5 (1-1, 0-2, 1-2)
Samedi 22 mai 2021 à 20h15 à l’Olimpiskais sporta centrs de Riga. Huis clos
Arbitres : Andris Ansons (LET) et Kristian Vikman (FIN) assistés de Lauri Nikulainen et Hannu Sormunen (FIN).
Pénalités : Tchéquie 4′ (0′, 2′, 2′) ; Suisse 6′ (4′, 2′, 0′).
Tirs : Tchéquie 26 (9, 10, 7) ; Suisse 28 (7, 9, 12).
Évolution du score :
1-0 à 14’46 : Chytil assisté de Kovář et Vrána (sup. num.)
1-1 à 17’09 : Hoffmann assisté d’Ambühl et Simion (sup. num.)
1-2 à 24’12 : Meier assisté de Hischier (sup. num.)
1-3 à 38’19 : Scherwey assisté de Praplan et Bertschy
1-4 à 50’27 : Meier assisté de Corvi et Kurashev (sup. num.)
2-4 à 54’59 : Smejkal assisté de Chytil et Sklenička
2-5 à 57’08 : Hoffmann assisté de Simion et Ambühl (sup. num.)
Tchéquie
Attaquants :
Dominik Kubalík (-1) – Jan Kovář (C, -1, 2′) – Jakub Vrána (-1, 2′)
Filip Chytil (+1, 2′) – Tomáš Zohorna (A) – Filip Zadina
Matěj Stránský (2′) – Michael Špaček – Radan Lenc (4′)
Jiří Smejkal (+1) – Adam Musil (+1) – Jakub Flek
Matěj Blümel
Défenseurs :
David Musil – Filip Hronek (A)
Libor Hájek – Lukáš Klok
Libor Šulák (-1) – David Sklenička (+1, 2′)
Andrej Šustr
Gardien :
Šimon Hrubec puis à 40’00 Roman Will [sorti de 55’28 à 55’38]
En réserve : Michal Moravčík (D), Ondřej Vitásek (D, deux côtes cassées), Jiří Sekáč, Robin Hanzl, Lukáš Radil (A).
Suisse
Attaquants :
Sven Andrighetto (-1) – Nico Hischier (A, -1) – Timo Meier (-1)
Grégory Hoffmann – Enzo Corvi – Dario Simion
Fabrice Herzog (2′) – Philipp Kurashev – Andres Ambühl (A)
Tristan Scherwey (+1) – Christoph Bertschy (+1) – Vincent Praplan
Défenseurs :
Janis Moser (+1, 2′) – Ramon Untersander (+1)
Tobias Geisser (-1) – Raphael Diaz (C)
Jonas Siegenthaler (2′) – Romain Loeffel (+1)
Mirco Müller – Santeri Alatalo (-1)
Gardien :
Leonardo Genoni
Remplaçant : Melvin Nyffeler (G). En réserve : Reto Berra (G).