L’équipe de France féminine emprunte un virage important, un entre-deux qui délimite une saison 2020-2021 nourrie par le covid, les frustrations et les incertitudes, et une saison 2021-2022 où les échéances ont refait surface avec davantage de concret.
Bien avant le Mondial Division 1A d’Angers de nouveau confirmé en avril 2022, le premier grand rendez-vous, et quel rendez-vous, ce seront les qualifications olympiques prévues en novembre. En guise d’étape préparatoire, les Bleues se sont arrêtées à Sankt Pölten, à l’est de l’Autriche. Un regroupement à marquer d’une pierre blanche puisque les joueuses entraînées par Grégory Tarlé renouent enfin, après les matchs intra-équipes et les affrontements face à des équipes masculines dans l’hexagone, aux joies des matchs contre les autres nations, finalement le meilleur indicateur pour jauger l’état de forme de l’équipe de France. Affronter les autres sélections, une si longue attente, qu’avait dernièrement évoqué l’attaquante Clara Rozier. Convoquées en Autriche mais bel et bien pour un double affrontement face à la Hongrie, les Françaises n’avaient plus disputé une rencontre internationale depuis le 8 février 2020… contre la Hongrie.
Ce dernier match, les Françaises l’avaient emporté 2-0 grâce à des buts de Lara Escudero et Emmanuelle Passard, après deux revers contre les Magyares au cours de cette saison 2019-2020. Mais après une pandémie tenace et les contrariétés qu’elle a engendrées, ce double affrontement tombe à pic à cinq mois du TQO, dans une configuration assez proche de ce que la sélection tricolore sera à Luleå, avec pour seules absences notables les « Suédoises » Margot Desvignes, Betty Jouanny et Lore Baudrit.
En revanche, la coach adverse, Lisa Haley, a rencontré davantage de difficulté pour composer son effectif avec plusieurs forfaits, et non des moindres. Haley n’a pu réunir notamment Franciska Kiss-Simon, un pilier en défense, et surtout Réka Dabasi, Fanni Gasparics et Alexandra Huszák, de loin les trois meilleures attaquantes de la sélection. Neuf forfaits au total dont des joueuses de premier plan, voilà une difficulté de taille pour une sélection magyare qui doit pourtant préparer le Mondial élite, le premier de l’histoire pour l’équipe féminine de Hongrie. La compétition était initialement prévue à Halifax en avril, avant d’être finalement déplacée à Calgary fin août.
L’objectif de la Hongrie lors de cette double confrontation contre les Bleues n’est pas le résultat, mais l’attitude, le développement des plus jeunes et le jeu défensif, dixit Haley. C’est dire le défi qui attendait la Hongrie face à des Bleues avides de compétition.
Le coup du chapeau pour la Bostonienne
Lors du premier duel de jeudi, le rythme est allé crescendo. Clara Rozier, partie en 2 contre 1 aux côtés d’Anouck Bouché, a ouvert le score en tentant sa chance seule. Chloé Aurard, Marion Allemoz et Emmanuelle Passard ont elles aussi donné des sueurs froids à la gardienne adverse Anikó Németh, avant que Caroline Baldin ne s’illustre à son tour en mettant fin à une échappée. Durant cette première période, les Bleues sont parvenues à tuer deux pénalités, Chloé Aurard écopant de la deuxième sanction… avant de revenir sur la glace pour marquer. L’attaquante superstar de la Northeastern University s’est emparée du palet après une mise en jeu gagnée en zone défensive, a accéléré en zone neutre, dribblé la défense pour se démarquer côté droit et ajuster Németh, un superbe but.
Un bien joli but en solo hier de @chloeaurard qui a inscrit un triplé, victoire 5-3 de la France 🇫🇷 sur la Hongrie 🇭🇺
2e match cet après-midi.Nous y reviendrons largement sur @hockeyarchives, évidemment. pic.twitter.com/aX3tXIkb3I
— Nicolas Jacquet (@Nico_Jt_) June 25, 2021
2-0 après vingt minutes, la France a poursuivi ses efforts dans le deuxième tiers-temps face à une Hongrie rapidement sanctionnée au retour des vestiaires. Une aubaine pour les Bleues, la capitaine Allemoz a récupéré le puck dans le coin gauche, s’est débarrassée de l’opposition en tournant sur elle-même, s’est replacée au rond gauche et a servi sur un plateau Chloé Aurard, qui n’a eu qu’à dévier dans le but. Aurard qui inscrira un triplé pour le 4-0 à la mi-match : dans le coin droit, elle se défait de la défense pour repiquer vers le but et battre Németh. Regina Metzler, qui a réussi à se démarquer, a trompé finalement la vigilance de Baldin du revers avant la deuxième pause, son deuxième but en équipe nationale… à 15 ans. Les Bleues auront finalement le dernier mot avant le buzzer du second tiers, Estelle Duvin a bien conservé le palet le long de la bande avant de déborder et battre Németh : 5-1.
L’affaire semble pliée, d’autant plus que les Françaises ont réussi à maintenir pendant de longues minutes le palet au début du troisième tiers-temps dans le camp magyar. Pourtant, malgré quelques bonnes occasions, dont Emmanuelle Passard, Gwendoline Gendarme et un nouveau festival de Chloé Aurard, les Bleues n’ont pu ajouter aucun but. Au contraire des Hongroises, qui ont alléger ce revers. Alexandra Rónai, grâce à un rebond lâché par la gardienne bleue, et Míra Seregély, sur une action chanceuse et après une relance loupée de Morgane Rihet, ont marqué à leur tour. La France, qui a dominé les débats, s’est donc imposée 5-3 lors de ce premier match, malgré une petite ombre au tableau et ce dernier tiers remporté par la Hongrie.
🥅🏒Une belle marseillaise pour une victoire 5/3💪🇫🇷🇭🇺 Prochain match demain 😋 #HockeyFeminin pic.twitter.com/qMrVqMWKJJ
— ZNE.HockeyFem (@ZNEHockeyFem) June 24, 2021
Les Bleues muettes face à Németh
Lors de la seconde rencontre, la Hongrie est parvenue à maintenir le 0-0 après la première période malgré quelques bonnes occasions des Bleues. Mieux, à la 29e minute, l’équipe de Lisa Haley a réussi à ouvrir le score : Taylor Baker a récupéré le palet en zone offensive avant de déborder, son premier tir est arrêté mais relâché par Margaux Mameri, un cadeau pour Baker. Canadienne naturalisée tout comme l’Américaine Hayley Williams, Baker inscrit à son tour son premier but en sélection.
La Hongrie a affiché davantage de sérieux et de fluidité dans son jeu. Quant à Anikó Németh, malmenée la veille, la rempart de 24 ans a démontré pourquoi elle est la gardienne numéro 1 de la Hongrie. Malgré la volonté des Bleues d’arracher l’égalisation, Németh est restée vigilante, s’arrachant sur un tir de Lara Escudero, détournant de la mitaine un tir de Chloé Aurard. Et à quelques minutes de la fin, elle est restée patiente devant Marion Allemoz, démarquée et s’approchant doucement devant le but sans pour autant trouvé la cible. Malgré la sortie de Mameri pour une joueuse supplémentaire, la France n’a finalement pas trouvé la solution, les Hongroises manquant de peu de marquer en cage vide.
Victorieuses 5-3 jeudi, les Bleues, cette fois-ci en manque d’efficacité, ont été piégées 1-0 ce vendredi par une équipe de Hongrie plus affûtée et rigoureuse. Cette double confrontation aura eu le mérite de remettre les Bleues dans le bain du hockey international après seize longs mois. Leur préparation qui mène aux qualifications inclura deux autres stages estivaux, en juillet et en août.
Alignements
Hongrie
Attaquantes :
Mira Seregély – Hayley Williams – Alexandra Gowie
Regina Meztler – Emma Kreisz – Kinga Jókai-Szilágyi
Petra Szamosfalvi – Alexandra Rónai – Andrea Kiss
Nina Szelényi – Imola Horváth – Zsofia Pázmándi
Défenseures :
Sarah Knee – Taylor Baker
Réka Pártos – Bernadett Németh
Lotti Odnoga – Enikő Tóth
Jelena Grkovic
Gardienne :
Anikó Németh (matchs 1 et 2)
France
Attaquantes :
Lara Escudero – Marion Allemoz – Clara Rozier
Emmanuelle Passard – Estelle Duvin – Chloé Aurard
Anouck Bouché – Morgane Rihet – Jade Barbirati
Julia Mesplède
Défenseures
Léa Villiot – Athéna Locatelli
Gwendoline Gendarme – Lucie Quarto
Léa Parment – Marie-Pierre Pelissou
Gardiennes :
Caroline Baldin (match 1) / Margaux Mameri (match 2)