Luleå et Angers : 2 bastions à conquérir pour les Bleues

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Après deux dernières saisons ponctuées d’annulations et d’incertitudes à cause de la pandémie de covid, l’équipe de France féminine est en train de quitter les eaux troubles pour naviguer à vue, avec en point de mire le Tournoi de qualification olympique et les Mondiaux 2022.

Le congrès IIHF à la fin du championnat du monde masculin a permis d’en savoir plus sur la prochaine saison, officialisant les diverses attributions pour les programmes internationaux à venir. Point intéressant en marge de cette publication : le souhait de la fédération internationale d’organiser des Mondiaux élite féminins lors des années olympiques, ce qui n’était pas le cas avant. Depuis l’introduction du hockey féminin aux JO 1998 de Nagano, le tournoi olympique se substituait systématiquement aux championnats du monde élite tous les quatre ans, tandis que les mondiaux des divisions inférieures étaient bel et bien disputés. La tenue des mondiaux élite lors des années olympiques permettrait ainsi de gagner en cohérence, notamment en matière de promotion / relégation (évitant ainsi des solutions peu convaincantes comme le gel de relégation ou une série de qualifications pour le Mondial élite post-olympique). Cette proposition, qui sera soumise aux votes en septembre prochain, a aussi et surtout pour but de valoriser et faire progresser la discipline. « Growing the game« , comme on dit outre-Atlantique.

Luleå et un ticket olympique à la clef

Il était prévu que la Suède accueille le Tournoi de qualification olympique, du 11 au 14 novembre. Le lieu restait à déterminer. Les Bleues se rendront aux portes du cercle polaire, à Luleå. Que la fédération suédoise ait choisi la ville du Norrbotten n’est pas une grande surprise puisque son club du Luleå HF est une place forte du hockey suédois, en particulier la section féminine qui a remporté quatre des cinq derniers titres nationaux. Les joueuses de Luleå savent mobiliser leur public, battant à plusieurs reprises le record d’affluence pour un match féminin en Suède. Le 16 novembre 2018, grâce à une campagne publicitaire bien relayée sur les réseaux sociaux, 6 220 spectateurs avaient assisté au match de SDHL entre Luleå et AIK. Cette marque demeure l’une des meilleures performances en terme d’affluence pour un match de hockey féminin, hors compétitions internationales.

Les Bleues Lore Baudrit (à gauche) et Clara Rozier (à droite)

On peut imaginer que cette marque, le directeur marketing de ce TQO, Peter Jidström, en rêve et qu’il souhaitera capitaliser sur la popularité du club local. D’autant plus après une pandémie qui tend à régresser grâce à la vaccination. « C’est gratifiant et excitant. Nous espérons que toutes les restrictions auront alors disparu, et que ce sera une grande fête avec le public. [En Suède] Luleå est la capitale du hockey féminin », confiait-il dans le communiqué de la fédération suédoise. L’obligation de passer par un TQO pour accéder aux JO, c’est inédit pour une sélection suédoise, masculine ou féminine, et une conséquence de la relégation surprise de la Damkronorna en 2019.

Que l’évènement soit festif, on le souhaite après que bon nombres de tournois, dont le dernier Mondial masculin, se soient joués à huis-clos, à défaut d’avoir été tout simplement annulés. Mais que ce soit à Luleå ou ailleurs en Suède, les Bleues afficheront la même détermination. À l’image de l’attaquante de l’équipe de France Clara Rozier, qui a terminé 12e meilleure marqueuse en Finlande cette saison avec 30 points en 27 matchs, et une médaille de bronze autour du cou. La joueuse du HIFK, qui jouera toujours dans la capitale finlandaise la saison prochaine, ne cache pas son impatience à HockeyArchives : « le TQO, nous savions qu’il allait probablement avoir lieu en Suède. Personnellement, peu m’importe où l’on va le jouer. L’objectif est d’aller chercher cette qualification olympique. Les Suédoises seront à domicile, mais on se prépare fort, et on sera prête. »

Le Mondial enfin à Angers

La qualification pour les Jeux olympiques 2022 de Pékin sera donc jouée à Luleå face à la Suède, la Slovaquie et une équipe issue du tour qualificatif précédent. Ce sera la première grande échéance de cette saison 2021-2022, avec le Mondial Division 1A, confirmé une fois de plus à Angers suite aux annonces du congrès IIHF. Après les annulations en 2020 puis 2021, la troisième sera probablement la bonne pour la cité angevine qui accueillera la France, la Suède, la Norvège, l’Autriche, la Slovaquie et les Pays-Bas du 11 au 18 avril 2022.

Clara Rozier et Estelle Duvin, expatriées en Finlande (Photo Riku Laukkanen pour HockeyArchives)

Voilà donc une saison 2021-2022 qui est en train de prendre forme après des mois et des mois de frustration. « Ce sont des super nouvelles. Enfin du concret et pas d’annulation » s’exclame Clara Rozier. « Le Mondial d’Angers, ça fait deux ans qu’on l’attend ! Donc on est toutes impatientes d’y être ! »

Les restrictions s’allégeant désormais, il reste à planifier la saison à venir, avec le retour des duels face aux autres nations après une longue année d’introspection, les matchs intra-équipes ou les affrontements face à des équipes masculines dans l’hexagone. « Les matchs internationaux manquent beaucoup », avoue la snipeuse des Bleues et du HIFK. « Nous avons joué des matchs contre des équipes masculines françaises mais cela reste complètement différent. C’est compliqué de se comparer à une équipe masculine. Donc on attend avec impatience les prochains matchs internationaux. »

Luleå en novembre 2021 et Angers en avril 2022 sont donc désormais cochés par les Bleues sur le calendrier. À moins qu’y soit ajouté en cours de route le tournoi olympique des JO de Pékin, du 4 au 20 février 2022, en cas de succès à Luleå. Ce serait évidemment une première pour l’équipe de France féminine de hockey, qui espère concrétiser ce rêve.

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