Dernière sortie pour les Kölner Haie dans ce parcours en CHL avant les séries éliminatoires. Ce retour en Coupe d’Europe est déjà une réussite, avec un parcours solide et une troisième place au classement général, synonyme de qualification. Il reste à terminer le travail par un déplacement à Genève, où le défi s’annonce particulièrement relevé.
Genève-Servette fait pourtant face à une cascade de blessures parmi ses joueurs cadres, ce qui bouleverse son effectif. Cela ne semble toutefois pas affecter ses résultats en championnat : l’équipe affiche le deuxième meilleur bilan sur les cinq derniers matchs et reste sur trois victoires consécutives. Thomas Berglund, l’entraîneur de Cologne, aborde donc cette confrontation avec prudence : « Il est toujours difficile d’affronter des équipes suisses, surtout lorsqu’elles figurent parmi les meilleures de leur championnat. Genève possède beaucoup de talent et aborde la compétition avec de grandes ambitions. De plus, avec Sam Hallam, ils disposent d’un entraîneur extrêmement expérimenté et couronné de succès. Nous nous attendons à un match difficile à l’extérieur, dans une ville qui vit intensément le hockey, et nous nous réjouissons de nous mesurer à un adversaire aussi solide. »
Le respect et la méfiance sont également de mise du côté suisse, comme le souligne Sam Hallam : « Les Haie comptent parmi les clubs allemands les plus historiques et bénéficient toujours d’un soutien fantastique. Ils évoluent dans un environnement passionné par le hockey et ont constitué une équipe très compétitive. Nous nous attendons à un défi de haut niveau ce mercredi. »
Le décor est planté : un duel au sommet nous attend. Pour l’occasion, Tim Bozon est aligné en première ligne dès le coup d’envoi.
Genève part le premier à l’assaut. Jesse Puljujärvi remporte déjà un duel et récupère le palet, permettant au jeune Ignatavicius d’adresser un revers au portier Nico Wiens, titularisé pour cette rencontre. Le défi est de taille pour ce dernier, qui a peu joué en DEL2 et n’a disputé qu’un seul match en DEL.
La partie est très engagée, avec de nombreux duels âpres. Genève impose son rythme et verrouille sa zone défensive, hormis sur une échappée de MacLeod, qui percute le gardien sans parvenir à tirer. Les deux équipes multiplient les interceptions et contrarient la construction du jeu adverse.
Marcel Noebels s’engage le long de la bande, progresse sur le côté gauche et transmet à MacLeod pour un changement de côté. Le Canadien reprend à pleine vitesse, mais son tir est arrêté par Joren Van Pottelberghe (7’30). Là aussi, le titulaire habituel a laissé sa place à un nouveau numéro deux : le gardien belgo-suisse vient d’arriver de Lugano, dans le cadre d’un échange avec Robert Mayer.
Cologne gagne progressivement du terrain dans le camp suisse, tandis que Genève-Servette se projette lui aussi à grande vitesse. Tim Bozon déborde un défenseur et tire en pleine course (10’25). Depuis le début de la rencontre, Genève se montre clairement plus rapide.
Les séquences sont intenses, et la domination helvétique finit par se concrétiser. Sous pression à côté de sa cage, Jan-Luca Münzenberger manque son contrôle et perd la rondelle. Marco Miranda la récupère et sert Verboon, qui l’envoie au fond des filets (1-0, 11’23).
Genève-Servette maintient une pression infernale en zone offensive, avec une circulation de palet très rapide. Cologne, arc-bouté devant sa cage, laisse passer l’orage. Un rayon de soleil apparaît toutefois grâce à l’éternel Marcel Noebels, qui transmet à Fischbuch. À l’origine de cette contre-attaque, Jesse Puljujärvi s’est emmêlé les patins à la ligne bleue offensive, chutant et perdant le palet. Brady Austin conclut finalement l’action d’une reprise (1-1, 19’28).
Après cette entrée en matière difficile, Cologne s’en sort et revient au score juste avant une pause bien méritée.

Dès le début de la deuxième période, MacLeod se présente de nouveau devant le gardien suisse pour tenter de dévier le palet. Les Kölner Haie poursuivent sur leur lancée et se ruent vers la bande après une mise au jeu en zone offensive. Tyrväinen arrive le premier sur le palet et sert en retrait Daniel Fischbuch, qui l’expédie dans les filets (1-2, 21’29).
Cologne enchaîne ensuite les pénalités en accrochant ses adversaires. Puljujärvi en profite pour décocher un tir puissant de loin, tandis que Jooris fait écran (22’20). Malgré une visibilité réduite, Nico Wiens parvient à capter ce palet brûlant. Grâce à une défense solide, Cologne résiste en infériorité numérique.
La situation ne s’arrange pourtant pas : Mo’ Müller rejoint à son tour le banc des pénalités. Berglund a réajusté son équipe, qui fait désormais jeu égal avec Genève. L’unité allemande d’infériorité numérique se montre rapide et efficace. Le palet circule à vive allure et, sur une combinaison à trois impliquant Miranda, Henauer tente de conclure au poteau opposé. Nico Wiens repousse des jambières (28’20).
Toujours en infériorité, Frederik Storm récupère un palet au pressing et s’échappe. Jimmy Vesey rejoint lui aussi le banc des pénalités après avoir retenu la crosse de Storm. À 4 contre 4, le jeu file d’un camp à l’autre, jusqu’à une erreur de changement de ligne qui vaut à Cologne un surnombre. Au fil de ces pénalités, les deux équipes se retrouvent de nouveau à quatre contre quatre.
La pression est intense, mais l’insaisissable Frederik Storm hérite du palet. Il contourne Puljujärvi et se retrouve face à une cage grande ouverte. Le gardien suisse se jette alors en avant, s’étend de tout son long et dévie le palet avec le manche de sa crosse. L’arrêt est tout simplement hallucinant !
À la fin de sa pénalité, MacLeod sort du banc et part avec le palet, mais un défenseur le rattrape et l’empêche de tirer. Les sanctions continuent de tomber : dans un duel, Brady Austin touche un adversaire au visage avec sa crosse.
En double infériorité numérique, Cologne finit par céder. Puljujärvi conclut une longue séquence de passes autour de l’enclave par un tir qui traverse le trafic, à seulement trois secondes de la fin de la période (2-2, 39’57). Ce but fait mal aux Allemands, qui avaient pourtant réussi à hausser leur niveau et à faire jeu égal avec Genève. Leur indiscipline leur coûte cher.
La troisième période débute avec Genève en infériorité numérique. Le combat pour la conquête de la rondelle est d’une intensité digne des séries éliminatoires, notamment le long des bandes. L’unité suisse d’infériorité numérique se montre toutefois très solide.
De retour à cinq, Genève accélère encore ses remontées de palet. Son repli défensif, tout aussi rapide, réduit les possibilités de Cologne d’approcher la cage. L’occasion la plus dangereuse est genevoise, avec un tir qui frappe le poteau. Devant la cage ouverte, Jan Luca Sennhenn écarte le danger d’un coup de patin dans la rondelle (51’34).
La pression devient infernale sur Nico Wiens, qui vit un véritable baptême du feu à ce niveau. Cologne ne parvient plus à sortir de sa zone et fait le dos rond.
Dans cette séquence digne de Fort Alamo, Daniel Fischbuch frappe le manche d’une crosse cassée restée sur la glace. Le morceau percute la palette de Puljujärvi et lui fait perdre la rondelle. L’arbitre sanctionne le geste et accorde un tir de pénalité. Malgré les protestations de Fischbuch, le géant finlandais se fait justice lui-même (3-2, 54’38).
Une fois la déception passée, les Allemands remettent les gaz et repartent à l’assaut de la cage suisse. Depuis la zone défensive, Kemiläinen alimente Fischbuch. Maxi Kammerer arrive à pleine vitesse, laisse Mika Henauer derrière lui et dévie la passe pour égaliser (3-3, 56’59).
La rage au ventre, les joueurs de Cologne poursuivent sur leur lancée et poussent pour arracher la victoire. Ils maintiennent le palet en zone offensive et créent plusieurs situations brûlantes, sans parvenir à conclure.
Il faut donc en passer par la mort subite. Genève fonce vers la cage et Jesse Puljujärvi décoche un tir direct (4-3, 60’07).
Genève crucifie les Allemands et conclut une rencontre passionnante, disputée avec une très grande intensité. Un hockey comme on aimerait en voir plus souvent, qui a régalé les passionnés.
Les deux gardiens numéros deux ont tenu leur rang à ce niveau européen, tandis que Genève a dû composer avec l’absence de ses stars finlandaises. Genève-Servette semble avoir les moyens de réaliser un beau parcours dans la suite de la compétition. Cologne a également démontré de sérieuses qualités : reste à voir jusqu’où cette équipe pourra aller.

Réactions d’après-match
Sam Hallam (entraîneur de Genève) : « Oui, cela se passe ainsi pour nous pendant presque toute la saison. Les deux dernières semaines ont été folles. Les joueurs en bonne santé accumulent les minutes de jeu et réagissent très bien. Nous trouvons différentes façons de gagner les matchs, et ce soir en a été une nouvelle illustration. Je suis également heureux de retrouver nos jeunes, nos juniors, qui progressent à chaque match. Cette fois, nous avons eu de la chance. Un adversaire a porté un coup de crosse au visage, puis nous avons rapidement joué un deux contre un avec deux joueurs vraiment talentueux. Cette situation nous convenait parfaitement. Tout est allé très vite, et nous pouvons maintenant nous réjouir à l’approche des séries éliminatoires. Pour la Ligue des champions, nous devons d’abord connaître notre adversaire [NDLR : ce sera Fribourg-Gottéron pour un due romand fratricide]. J’espère ensuite que nous pourrons compter sur le retour de quelques-uns de nos titulaires. »
Thomas Berglund (entraîneur de Cologne) : « Ils ont fait un bon match. Je pense que nous avons eu davantage d’occasions de marquer, mais nous ne les avons pas concrétisées, puis la rencontre s’est jouée en prolongation. C’était un bon match pour nous. Je pense que nous avons respecté notre système de jeu. Nous avons réalisé une bonne prestation contre un bon adversaire, donc prendre un point est une bonne chose. Il faudra revoir le match, mais je pense que nous avons fourni un bel effort. Tout le monde était sur la même longueur d’onde et nous avons bien appliqué notre tactique. Je suis donc satisfait des efforts des joueurs. »
Genève – Cologne 4-3 après prolongation (1-1, 1-1, 1-1, 1-0)
Mercredi 14 octobre 2026 à 19 h 30 à la patinoire des Vernets. 5894 spectateurs.
Arbitres : Roland Gerber et Michael Tscherrig (SUI), assistés de Michael Stalder et Aurélien Urfer (SUI).
Pénalités : Genève 6’ (0’, 4’, 2’, 0’), Cologne 14’ (0’, 10’, 4’, 2’).
Tirs : Genève 29 (13, 11, 4, 1), Cologne 28 (8, 7, 13, 0).
Évolution du score :
1-0 à 11’23” : Verboon assisté de Miranda
1-1 à 19’28” : Austin assisté de Fischbuch et MacLeod
1-2 à 21’29” : Fischbuch assisté de Tyrväinen
2-2 à 39’57” : Puljujärvi assisté de Jooris et Vesey (double sup. num.)
3-2 à 54’38” : Puljujärvi (tir de pénalité)
3-3 à 56’59” : Kammerer assisté de Fischbuch et Kemiläinen
4-3 à 60’07” : Puljujärvi assisté de Vesey et Le Coultre
Genève-Servette
Attaquants :
Jimmy Vesey (+1, 4’) – Joshua Jooris – Tim Bozon
Marco Miranda (-1) – Matthew Verboon (-1) – Johnny Neubuehler (-1)
Simas Ignatavicius (-1) – William Hedlund (-1) – Jesse Puljujärvi (2’)
Arthur Dandois – Tristan Lemyre – Raphael Achermann
Défenseurs :
Simon Le Coultre (+1) – Théo Vouardoux
Mika Henauer (-3) – Roger Karrer (-3)
Loïc Mukuna (+1) – Dave Sutter (+1)
Gardien :
Joren Van Pottelberghe
Remplaçant : Stéphane Charlin (G). Absents : Jérémie Bucheler (infection), Giancarlo Chanton (main), Vili Säärijärvi (haut du corps), Ramon Untersander (bas du corps), Oliver Achermann, Markus Granlund (haut du corps), Luca Hischier (haut du corps), Sakari Manninen (bas du corps), Nicolas Müller (haut du corps), Vincent Praplan (genou), Tanner Richard (commotion), Noah Rod (haut du corps), Jan Rutta (bas du corps), Adam Boqvist (renfort tout juste annoncé).
Cologne
Attaquants :
Marcel Noebels (-2) – Gregor MacLeod (-2, 2’) – Tim Fleischer
Louis Marc Aubry – Markus Ljungh – Marco Münzenberger (2’)
Maximilian Kammerer (+3) – Juhany Tyrväinen (+3) – Daniel Fischbuch (+2)
Kevin Niedenz – Frederik Storm – Mateu Späth Mariscal
Défenseurs :
Vel-Matti Vittasmäki – Valtteri Kemiläinen (-1)
Jan Luca Sennhenn (+1) – Robin Press (+1, 2’)
Brady Austin (+1, 2’) – Moritz Müller (+2, 2’)
Jan Luca Münzenberger (-1)
Gardien :
Nico Wiens
Remplaçant : Aaron Kaiser (G). Absents : Felix Brückmann (G, déchirure musculaire à la cuisse), Dominik Bokk (épaule), Ryan MacInnis (blessé), Patrick Russell (accouchement imminent de sa femme), Carlos Händel (malade).




































