
Une avance préservée avec une grande volonté dans tous les duels, illustrée par la quatrième ligne de Sacha Treille et Luc Tardif dont le travail en fond de zone crée la meilleure occasion de la deuxième période. La réussite des Bleus ce soir, ils la doivent à leur discipline maintenue pendant une grande partie des deuxième et troisième tiers-temps : ils résistent à la tentation d’accrocher, privilégient l’effort sur le coup de patin et le bon placement en zone défensive. Pendant longtemps, la seule prison ne vient pas d’une indiscipline mais d’un dégagement raté par Quessandier, en tribune. Pénalité bien tuée. Et puis, à cinq minutes de la fin, Yorick Treille perd sa crosse en recevant un tir dans la main et rentre changer au banc en urgence. Avant qu’il soit sorti de la glace, son remplaçant François Rozenthal intercepte le palet à la bleue… Surnombre ! Lhenry repousse un rebond sur le poteau et tue cette infériorité-là aussi.
Le plus stressant est à venir : dans les deux dernières minutes, Laurent Meunier commet une faute stupide, un geste de la crosse un peu revanchard loin de son but et de l’action. Le capitaine s’asseoit sur le banc de la prison, la tête enfouie sous sa serviette, dévasté des possibles conséquences de son geste. Mais ses coéquipiers vont l’absoudre. Une Allemagne installée à six contre quatre, une dernière frayeur sur un lancer de Butenschön détourné à quelques centimètres du poteau, une autre quand le seul pur centre Zwikel se fait renvoyer du dernier engagement à sept secondes de la fin, et puis, en position d’ailier, c’est quand même lui qui dégage ce dernier palet au loin. Les Bleus forment une grande mêlée, Dave Henderson et Pierre Pousse s’étreignent, toute la délégation se congratule : ils l’ont fait !
Les Allemands, protégés de la relégation, n’avaient pas le couteau entre les dents, la France si. Maintenant, les premiers vont se retrouver dans la poule de maintien, où une seule nation se sauvera, entre la Hongrie et les perdants d’Autriche-Lettonie et Norvège-Danemark demain. Une situation qui va faire râler…
Mais de tout ça, les Bleus s’en fichent. Ils vont « s’amuser » contre les Suédois, Américains et Lettons (si ceux-ci ne se ratent pas contre l’Autriche), sans pression. On peut remercier nos amis allemands de leur invitation à participer à « leur » Mondial l’an prochain, à Cologne, Mannheim et pourquoi pas Gelsenkirchen (tant qu’à faire, cousins teutons, autant nous convier à faire le match d’ouverture dans le stade de 71 000 places dont les billets sont déjà tous vendus, ce serait sympa). Deutschland, wir kommen !




































