Au moment où la capitaine de l’équipe de France, Lore Baudrit, a raccroché les patins, aussi bien pour l’équipe de France que pour son équipe d’Ingolstadt, sa compagne Marion Allemoz – retraitée il y a quatre ans (voir sa biographie) – a été nommée entraîneuse de ce même club allemand.
Cet échange de rôles se comprend aussi quand on sait que le couple élève un enfant en bas âge. Cela n’est pas aisé, a fortiori en pays étranger loin de leurs familles. Le compromis permettra que ce soit désormais Lore Baudrit qui soit en tribune avec le bébé quand sa compagne sera le long de la bande. Depuis deux ans, c’était Marion Allemoz qui suivait chaque entraînement et chaque match depuis la tribune, et cela lui donne une connaissance de l’équipe qu’elle entraînera avant même de prendre son poste.

C’est un choix fort de la part d’Ingolstadt, qui a utilisé une partie du budget habituellement dévolu à l’engagement des joueuses étrangères pour embaucher Marion Allemoz. Sa nomination est un pas important pour la professionnalisation de la DFEL, le championnat féminin d’Allemagne, parce qu’elle y sera la seule entraîneuse à plein temps. Elle pourra travailler toute la journée sur la préparation, les entretiens individuels avec les joueuses, mais aussi les analyses vidéo, qu’elle faisait déjà pour l’équipe de France aux derniers Mondiaux.
Ce défi d’Allemoz arrive à un moment où la DFEL est en pleine mutation. Après une équipe néerlandaise d’Amsterdam (pas au niveau et disparue), elle a accueilli depuis deux ans une équipe de Budapest qui est un peu une simili-équipe nationale de Hongrie. Mais cela s’est fait en sacrifiant le développement des clubs allemands qui ne peuvent suivre de tels déplacements. Il n’y a que quatre équipes allemandes de la ligue, et personne ne veut monter, pas même l’équipe championne de division inférieure qui est pourtant issue du grand club de Düsseldorf. La fédération essaie de mettre en avant des incitations, mais en vain (voir page du championnat d’Allemagne féminin 2025/26 pour le contexte).
Les seuls candidats viennent de l’étranger. Le modèle de Budapest se répètera l’an prochain avec une équipe créée de toutes pièces à Bratislava, en pratique une simili-équipe nationale de Slovaquie. C’est quasiment un mini-championnat du monde de division IA qui sera en répétition toute la saison en Allemagne. La Norvège ne s’y est pas trompée et son club dominant de Stavanger s’est aussi porté candidat, mais là, ça faisait vraiment trop loin (voir page sur la Norvège).
Les déplacements rallongés rendront de plus en plus difficile la compatibilité avec la vie professionnelle des joueuses allemandes, malgré leur engagement de tous les joueurs, à l’exception des soldates payées par l’armée pour pratiquer le sport à haut niveau. Le panel de hockeyeuses n’augmente pas en Allemagne et le modèle est très fragile. En revanche, le niveau de jeu est appelé à s’élever encore plus.
C’est donc un second championnat de haut niveau que Marion Allemoz ajoutera à son CV d’entraîneuse, elle qui avait fait ses classes dans le championnat européen de référence, la Suède. Autant de belles expériences qui pourraient être utiles indirectement pour le hockey tricolore, car on imagine bien Allemoz entraîner un jour l’équipe de France…


































