La patinoire Mériadeck est pleine à craquer pour ce match 4 de la finale de Ligue Magnus. Les acteurs sont les mêmes que la veille, à l’exception des ailiers de la jeune quatrième ligne grenobloise. Les jeunes « Chambériens » Hugo Raveaud et Sacha De Smitt remplacent en effet Toukmatchev et Matima.
Hier soir, le premier tiers-temps s’était déroulé sans la moindre pénalité. Mais ce soir, le match débute par une obstruction de Maxim Lamarche sur Guillaume Leclerc derrière la cage. Grenoble est donc tout de suite à 5 contre 4, mais ce même Leclerc se fait voler le palet en zone neutre par Baptiste Bruche, qui file au but et dribble Pintaric (1-0). Ce but en infériorité numérique est un coup de poignard, mais les Brûleurs de Loups réagissent sur la mise au jeu : Sacha De Smitt fausse compagnie à son vis-à-vis Tomasino, fonce au but et lance… sur le poteau.
L’attaque grenobloise peine à construire le jeu. Une perte de palet du top scorer François Beauchemin en zone offensive oblige même son partenaire Christophe Boivin à un cinglage sur Poudrier pour empêcher un 2 contre 1. Le jeu de puissance de Bordeaux est à son tour inefficace. L’indiscipline n’est pas punie ce soir. Une crosse haute de Kindl conduit Grenoble à jouer à 6 contre 5 mais la longue pénalité différée n’a pas la même conséquence que celle d’hier dans l’autre sens. Réduits à quatre, les Boxers repoussent ensuite parfaitement leurs adversaires dans le périmètre pour une circulation de palet stérile.
Les arbitres restent prêts à siffler les fautes, mais sans se laisser abuser. Fertin accroche Tomasino qui part en 2 contre 1 mais l’attaquant bordelais en rajoute. Compte tenu de cette simulation, les deux joueurs partent tous deux en prison. On joue donc à 5 contre 5. C’est dans cette situation que le lancer de la bleue de Nicholas Pageau, semble-t-il dévié par le patin de Nogaretto, fait sauter la gourde de Pintaric (2-0, photo ci-dessus).
Mériadeck est sous le choc quand le fidèle Julien Guillaume reste immobile au sol après avoir été poussé vers la balustrade par Valentin Grossetête (photo ci-dessous). Il se relève mal en point, presque incapable de tenir debout et soutenu par ses équipiers. Les arbitres, qui n’ont pas de sifflé sur l’action, tiennent un conciliabule mais n’infligent pas de sanction. Ils sifflent en revanche une (légère) obstruction de Karlsson peu après, toujours sans conséquence
Alors que Grenoble tourne autour de la cage bordelaise, la transition très rapide envoie Loïc Farnier à 2 contre 1. Andrius Kulbis Marino se jette sur lui crosse en avant et abandonne la ligne de passe, qu’exploite l’attaquant français pour servir la reprise directe de Loïk Poudrier (3-0).
Bordeaux a donc pris une large avance de trois buts, mais on a vu 24 heures plus tôt qu’elle n’augurait pas d’une fin de match tranquille. Mais dès la première minute du deuxième tiers-temps, le score enfle encore. Pierre-Olivier Morin gagne son duel dans la bande avec Pontus Englund en zone neutre, accélère sur l’aile gauche et centre au second poteau pour la reprise puissante de Tommy Giroux (4-0).
Cette deuxième ligne des Boxers ne desserre pas ses mâchoires de sa proie. Tomasino se procure une occasion chaude dans le slot et subit une dure charge incorrecte d’Englund. Pendant la pénalité, les tirs se multiplient sur Matija Pintaric qui met même du temps à se relever après cette séquence intense. Le gardien slovène a pris 7 tirs en 5 minutes depuis le but !
La suite de la deuxième période et plus équilibrée. Quentin Papillon doit s’employer de plus en plus souvent. Il détourne de la plaque un puissant slap d’Aurélien Dair en haut du cercle droit, puis s’interpose face à Hugo Nogaretto sur un centre d’Antoine Fertin qui a volé le palet à Tom Guidoux (entré en jeu depuis la blessure de Guillaume).
La fatigue se ressent de plus en plus dans tous les organismes. Une pénalité pour dureté de Karlsson met fin au temps fort grenoblois. Puis c’est un balayage de Pierre Crinon qui fait basculer Bruche en arrière et le laisse un peu sonné car il est retombé sur le dos et même sur la nuque. Le défenseur devenu le plus controversé du championnat écope de 5’+20′ sur cette action de judo.
Pintaric, que l’on ne sentait plus en pleine possession de ses moyens, cède sa place à Cebald Debiak à la pause. Le gardien d 20 ans entre en jeu dans des circonstances difficiles, avec encore 3’41” à jouer en infériorité numérique. Mais il se rassure en arrêtant une échappée de Bruche (photo ci-dessus) qui fait suite à une contre-attaque grenobloise avortée par une crosse cassée. En action placée, Bordeaux n’a rien fait de son long powerplay.
Une fois au complet, Grenoble peut donc repartir de l’avant. Guillaume Leclerc arrive le premier sur un palet envoyé au fond par Boivin et le remet aussitôt en retrait à François Beauchemin, à qui son vis-à-vis Poudrier a laissé trop de champ dans l’enclave (4-1).
Rambelo prend une pénalité en zone offensive quand il retient Prissaint derrière la cage grenobloise, mais il ne craint rien car le défenseur grenoblois est le troisième joueur en deux soirs à être sanctionné pour « exagération ».
Les Brûleurs de Loups n’arrivent donc pas à rallumer la flamme. Les courants d’air sont de plus en plus nombreux dans la défense. Cebald Debiak s’impose de la mitaine quand Tom Guidoux se présente en un contre un. Sur une nouvelle contre-attaque, Fertin fait trébucher Tomasino. La pénalité est tuée avec de bonnes interceptions Englund et de Treille, ainsi qu’un arrêt de l’épaule de Debiak devant Poudrier.

Le jeune gardien mériterait bien de finir ses vingt minutes sans but, mais il est battu côté plaque par Tommy Giroux sur un palet trop facilement sorti du coin par Loïc Farnier face à un Rautanen passif (5-1).
Une petite échauffourée à cinq secondes de la fin n’y change rien : les Boxers ont largement gagné ce match et ont été collectivement supérieurs sur ces deux rencontres à Mériadeck. Après avoir balayé Rouen, les hommes d’Olivier Dimet sont en passe de faire chuter l’autre équipe qui truste tous les titres depuis huit ans. Avec 3 victoires à 1, Bordeaux n’a jamais été aussi proche de son premier titre de champion de France, qui peut être obtenu dès samedi à Grenoble.
Désignés joueurs du match : Quentin Papillon pour Bordeaux et François Beauchemin pour Grenoble.
Commentaires d’après-match (dans le Dauphiné Libéré)
Olivier Dimet (entraîneur de Bordeaux) : « La victoire d’équipe, c’est ce qui nous satisfait le plus ce soir. On s’attendait à une grosse réaction de Grenoble avec un match assez physique. Je crois que notre collectif était bien en place et une mention spéciale pour Papillon dans sa cage. Il faut aussi souligner le travail de l’unité spéciale en infériorité. Depuis le début des play-offs, c’était un des mots d’ordre qu’on s’était donné. De rester discipliné. On a gardé la tête froide dans les moments où on aurait pu sortir de notre plan de jeu. Il faut donner beaucoup de crédit aux joueurs. Maintenant, on va continuer, garder le même état d’esprit, jouer notre hockey, celui qu’on joue depuis le début des play-offs. On va tout faire pour gagner le prochain match. »
Edo Terglav (entraîneur de Grenoble) : « C’était important pour nous bien finir et d’arriver au prochain match en peu plus en confiance. C’était important de faire les choses qu’on n’a pas faites pendant les deux premières périodes. Comment expliquer ces deux premiers tiers ? Ce sont trop d’erreurs de discipline, trop d’erreurs individuelles. On leur donne le premier et le troisième but. Ce sont des choses qu’on répète beaucoup et qu’on essaie de corriger. On doit récupérer et on a joué beaucoup de matchs depuis le début. Il y a un peu de fatigue mentale, on doit récupérer maintenant et ne pas regarder trop loin. On a eu l’impression que chacun attendait qui allait faire le job, qui va réagir. On était moins bien à cinq contre cinq, on a encore pris des pénalités stupides. Pendant toute la saison, on a eu beaucoup de problèmes sur cet aspect, on ne peut pas jouer à leur place, ni gérer leurs émotions. Des fois, il faut penser plus à l’équipe. Notre but, c’est de revenir ici lundi. »
Sacha Treille (attaquant de Grenoble) : « On commence à jouer quand on est dans la merde. Donc il va falloir commencer à jouer avant. C’est un peu la même histoire qui se répète depuis le début de ces playoffs. C’est à nous d’apprendre de nos erreurs et d’essayer d’arriver plus affûtés pour ce début de match à la maison, samedi. Le hockey, ça reste du sport, donc on sait que ce n’est jamais fini. Tant qu’il n’y a pas quatre matchs pour Bordeaux ou pour nous, on continuera de se battre. On est motivés, on ne veut rien lâcher. On va continuer de travailler avec l’équipe que l’on aura, parce que je pense qu’on risque d’avoir deux ou trois absents. On va avoir l’appui du public et ça nous réussit généralement. Il y a la plus belle des coupes à aller chercher, inutile de chercher une autre source de motivation. »
Bordeaux – Grenoble 5-1 (3-0, 1-0, 1-1)
Mercredi 15 avril 2026 à 20h30 à Mériadeck. 3500 spectateurs.
Arbitres : Jérémy Rauline et Geoffrey Barcelo assistés de Nicolas Constantineau et Joffrey Yssembourg.
Pénalités : Bordeaux 30′ (8′, 0′, 2′+10′+10′) ; Grenoble 9′ (6′, 4′+5′+20′, 4′+10′+10′)
Tirs : Bordeaux 33 (9, 12, 12) ; Grenoble 31 (11, 11, 9).
Évolution du score :
1-0 à 02’19” : Bruche (inf. num.)
2-0 à 13’07” : Pageau assisté de Pompei
3-0 à 18’34” : Poudrier assisté de Farnier et Pelletier
4-0 à 20’57” : Giroux assisté de Morin et Tomasino
4-1 à 46’28” : Beauchemin assisté de Leclerc et Boivin
5-1 à 56’25” : Giroux assisté de Farnier et Leborgne
Bordeaux
Attaquants :
Craig Puffer (-1) – Loik Poudrier (C) – Baptiste Bruche
Tommy Giroux (+2) – Pierre-Olivier Morin (+1) – Quentin Tomasino (+1, 2’)
Kaylian Leborgne (+3) – William Pelletier (+1) – Mathieu Pompei (+1)
Aina Rambelo (+1) – Julien Guillaume (A) puis à 16’ Tom Guidoux – Loïc Farnier (+2, 10’)
Arrières :
Kevin Dusseau (A, +2) – Maxim Lamarche (+1, 2’+10’)
Jules Boscq – Jeremy Beaudry (+1)
Jakub Kindl (+2, 4’) – Nicholas Pageau (+2)
Gardien :
Quentin Papillon
Remplaçant : Ewan Barrier (G). Absents : Alex Dubeau (G, étranger surnuméraire), Enzo Carry (blessé au bras), Ulysse Tournier (surnuméraire).
Grenoble
Attaquants :
Christophe Boivin (2’) – François Beauchemin (+1) – Guillaume Leclerc
Sacha Treille (C, -2) – Adel Koudri (-3) – Martin Karlsson (-2, 4’)
Valentin Grossetête (-1) – Nicolas Deschamps (A, -2) – Aurélien Dair
Sacha De Smitt (-1) – Hugo Nogaretto (-1) – Hugo Raveaud (-1)
Défenseurs :
Nolan Zajac (-1) – Andrius Kulbis-Marino (-1)
Antoine Fertin (4’) – Pontus Englund (-3, 2’+10’)
Juho Rautanen (-2, 10’) – Axel Prissaint (-2, 2’)
Pierre Crinon (-1, 5’+20’)
Gardien :
Matija Pintarič [sorti de 07’24” à 07’39”] puis à 40’00” Cebald Debiak
Absents : Jakub Štěpánek (G, étranger surnuméraire), Théo Gueurif (commotion), Matias Bachelet (épaule), Fredric Weigel (cuisse), Alexandre Mallet (blessé), Rudy Matima, Maxime Toukmatchev (surnuméraires).












































