La dernière rencontre du carré final propose comme sa devancière un duel entre deux formations ayant croisé le fer plus tôt dans la saison. Vainqueur des deux premiers affrontements, ce qui ne constitue pas une garantie tant les débats furent indécis, les Lions sont assurés de remonter en Division 2 et cherchent à préserver leur invincibilité à domicile… tout en empochant un deuxième titre de champion de France.
Les joueurs de François Piquet mettent beaucoup d’énergie dès la rondelle lâchée, un arrière normand faisant obstacle sur un rebond convoité par Hamish Diedrichs. Les Drakkars laissent passer la tempête et investissent la zone, où Paul Vassard temporise avant de lancer dans le trafic, puis Maxime Bertrand plombe l’ambiance dans le dos de Mareschal pour servir Claireaux (0-1 à 02’54″). Laissé libre, Labanowicz offre à son tour une bonne occasion à Grandmougin, déjoué par le gardien local. La riposte vient d’Otto Polakovs, dont la percée entre deux arrières est repoussée mais l’arrière Vassard est à la faute. Toneatto et Simanovičs s’échangent la position d’artilleurs, en vain, et Zaprivoda est pour l’instant en quête de précision. Wasquehal est surpris par la sortie de prison de Paul Vassard, mais pas Tristan Mareschal, solide de la botte… pour retarder l’échéance, car Timéo Catherine force le passage devant l’ancien Caennais Lucas Clef et trouve la faille via le poteau opposé (0-2 à 07’53″). Alekss Simanovičs ne fait pas gamberger ses troupes, la rondelle récupérée à l’entrée de la zone est ainsi propulsée vers le haut du but (1-2 à 08’31″).
Voyant Polakovs poussé vers la cage sans générer de sanction, le public gronde dans la minute suivante ; un autre ancien Caennais, Erwan Jean-Baptiste, est coupable d’une crosse haute. Les joueurs au maillot blanc préservent leur dernier rempart durant une minute, retardant l’essai de Vassard, et se retrouvent au complet pendant plusieurs secondes, équilibre rompu par la crosse haute de Zajac, synonyme de sanction doublée. Aleksandrs Zaprivoda répond à la remontée de palet de Bertrand et la tenaille se referme sur les dynamiques représentants du Calvados. Quand Demarcy parvient à percer, sa passe en retrait ne trouve pas preneur et une relance contrée d’Allouis annonce une faute du mentor Roch Chevalier. Avec trois minutes à faire dans la période initiale, une série de sept lancers est dirigée vers Ulysse Benbassat, impérial sur les trois essais de Polakovs bien placé, Simanovičs ne pouvant profiter de la perte de crosse de Cambon.
La pression demeure au retour à forces égales, car Zaprivoda contourne deux adversaires pour s’ouvrir le chemin d’une cage bien gardée. À l’aise, son compatriote de défenseur prend le temps d’ajuster Benbassat, dont l’enclave est très fréquentée (2-2 à 21’20″). Dans la minute suivante, Nathan Thomm est déjoué par le jeune gardien originaire de Haute-Savoie. Polakovs récupère le caoutchouc, contourne la cage et offre une deuxième chance au numéro 8 (3-2 à 22’02″). Encore défiés par une contre-attaque menée par Zaprivoda et Clef, les hommes de Virgile Mariette sont acculés dans leur camp, d’où Adamczak trouve la mitaine du portier, vite obligé de se coucher devant Zaprivoda et de chercher la rondelle lancée par Lagrise. Auteur d’un bel arrêt sur un tir ras glace de Polakovs, il souffle car les discussions s’éternisent au sujet d’une obstruction de Martin Lagrise.
Seulement dangereux par un break de Tom Savary, Caen bénéficie ainsi d’un avantage de cinq minutes, dont il tire profit après 59 secondes grâce à Sacha Brzezula au rebond (3-3 à 28’53″). Il reste encore quatre tours de chronomètres à la pénitence des Métropolitains, aidés par le travail de Yaïno Adamczak pour protéger le palet loin de leur camp, Otto Polakovs venant relayer son partenaire en défiant un Benbassat couché avec à-propos. Alliant calme et solidité, Simanovičs neutralise le vif Bertrand et relance, malheureusement dans le visage de Paul Vassard, contraint de regagner le banc. Les Drakkars parviennent à créer le danger peu de temps avant la fin de la pénalité, par un débordement de Savary et une déviation de Chevalier, sans parvenir à reprendre les rênes de la partie. La domination nordiste reprend, portée par un tir voilé d’Aleksandrs Zaprivoda, habile pour se défaire du marquage normand, et par son compère de l’attaque frustré par l’extérieur du poteau. Pas plus heureux, le troisième larron Simanovičs ne profite pas d’une situation confuse au cours de laquelle un Caennais, dépourvu de son casque, quitte le glaçon en urgence.
À l’abord du dernier acte, une sorte de temps d’observation s’installe, au cours duquel les atouts nordistes sont particulièrement surveillés. Infatigable, Simanovičs feinte le lancer pour tenter de surprendre Benbassat, qu’il ne peut pas plus tromper d’une déviation dans la continuité d’une nouvelle séquence de possession. À la bleue, Erwan Jean-Baptiste tente sa chance, mais il est contré et voit Sacha Brzezula s’échapper, contourner la cage et battre Tristan Mareschal (3-4 à 47’10″). Ce coup du sort n’est pas suffisant pour décourager Polakovs, qui repique dangereusement vers l’enclave, lance à mi-distance et voit enfin son essai écarté par le patin de Joshua Davenel. Les deux autres membres de la première ligne enchaînent : la longue passe de Clef est parfaitement contrôlée par Zaprivoda, dont l’accélération se terminée en déséquilibre dans le filet. Une charge contre la tête de Simanovičs à moins de sept minutes du dernier coup de sirène coupe l’élan de Wasquehaliens dont les actions sont alors au plus bas. Les Drakkars ne se jettent pas à l’assaut pour autant, connaissant les capacités de leurs hôtes en infériorité, et si Maxime Bertrand parvient employer Mareschal, c’est depuis la périphérie. Quant à Gaspard Janil, il se retrouve en mauvaise posture en percutant un arbitre le long de la balustrade.
Les Lions retrouvent leur relanceur de choix pour les cinq dernières minutes, une dizaine de secondes après un contrôle manqué par Rousselin, qui renverse un adversaire. La supériorité numérique ne tarde pas : sitôt freiné par une parade de Benbassat, Aleksandrs Zaprivoda préfère s’avancer pour mieux trouver la faille (4-4 à 55’32″) et rétablir la parité. Poussés par une patinoire en folie, les Wasquehaliens acculent leurs jeunes adversaires. Lancé par Adamczak, Polakovs couche le portier paré de rouge, sauvé par sa cage. On retrouve vite les deux protagonistes, la passe du premier depuis le coin trouvant la conclusion recherchée chez le natif de Riga (5-4 à 56’44″). La table de marque a juste le temps d’annoncer ce but de la libération que Toneatto oblige Ulysse Benbassat à concéder un rebond à Zaprivoda (6-4 à 57’21″). Sonnés par ces deux minutes de folie, les joueurs de Virgile Mariette tentent bien un retour, par Catherine et Demarcy, sans pour autant déjouer Tristan Mareschal, auteur d’une dernière intervention du gant pour intercepter l’essai puissant de Thibault Claireaux.
Pour l’anecdote les duettistes lettons ont tour à tour manqué le filet déserté au cours de la dernière minute. Peu importe, ils auront grandement contribué à ce titre de champion de France, onze ans après celui obtenu sous la gouverne de Frédéric Nilly, présent pour distribuer les récompenses auprès de Morgan Madec, représentant de la FFHG, et de la présidente Karine Deleville. Témoin du titre de 2015, Aurélien Zajac peut soulever avec son capitaine Matteo Toneatto le trophée dans une ambiance festive, où les bruyants Toulonnais peuvent eux aussi célébrer leur retour à l’échelon supérieur : la défaite caennaise leur offre la deuxième place.
Photos Alexandre Caffiaux
Commentaires d’après match :
Virgile Mariette (entraîneur de Caen) : « D’entrée nous avons été solides et investis, mais perdre deux joueurs nous a rendu la suite plus compliquée, notamment l’un de nos U20 les plus expérimentés. Nous sommes un peu dégoûtés par le déroulement de la rencontre, la longue supériorité, les blessés et généralement comme nos adversaires par l’arbitrage tout au long du week-end qui gâche un peu la fête. La défaite d’entrée sur un match important nous compliquait les choses, et Toulon a profité de la baisse physique de Briançon. L’équipe est jeune, mais on visait la montée. Malheureusement la réglementation me prive de certains joueurs plus jeunes alors qu’il est possible en D3 de recruter à l’extérieur. On ne peut donc développer certains jeunes, cela va à l’encontre de la formation en France. Je suis déçu pour Maxime Bertrand car il n’a pas pu faire les playoffs de D1, mais il a pu évoluer au niveau international et avec la D3. Les plus anciens ont également été bien présents, ils encadrent et acceptent leur rôle. »
Wasquehal – Caen II 6-4 (1-2, 2-1, 3-1)
Dimanche 10 mai 2026 à 15h00 à la patinoire Serge Charles. 480 spectateurs.
Arbitres : Mattéo Germond assisté de Thomas De Sousa et Tristan Le Roy.
Pénalités : Wasquehal 13′ (6’, 5’, 2’), Caen II 6’ (4’, 0′, 2’).
Tirs : Wasquehal 51 (16, 20, 15), Caen II 41 (15, 15, 11).
Évolution du score :
0-1 à 02’54″ : Claireaux assisté de Bertrand et Brzezula
0-2 à 07’53″ : Catherine assisté de Claireaux
1-2 à 08’31″ : Zajac assisté de Lagrise
2-2 à 21’20″ : Simanovičs assisté de Diedrichs et Zaprivoda
3-2 à 22’02″ : Thomm assisté de Polakovs et Adamczak
3-3 à 28’53″ : Brzezula assisté de Claireaux et Vassard (sup. num.)
3-4 à 47’10″ : Brzezula
4-4 à 55’32″ : Zaprivoda assisté de Toneatto et Polakovs (sup. num.)
5-4 à 56’44″ : Polakovs assisté d’Adamczak et Jean-Baptiste
6-4 à 57’21″ : Zaprivoda
Wasquehal
Attaquants :
Aleksandrs Zaprivoda – Otto Polakovs – Lucas Clef
Martin Lagrise (A) – Aurélien Zajac – Hamish Diedrichs
Yaïno Adamczak (A) – [Polakovs] – Nathan Thomm
Défenseurs :
Alekss Simanovičs – Matteo Toneatto (C)
Erwan Jean-Baptiste – Marc-Antoine Herbet
Gardien :
Tristan Mareschal
Remplaçants : Quentin Zimmermann, Léo Studer, Ilyes Dauvergne. Absents : François Piquet, Raphaël Berquet.
Caen II
Attaquants :
Sacha Brzezula – Maxime Bertrand – Thibault Claireaux
Timéo Catherine – Théophile Miquelot – Roch Chevalier (C) ou Florian Rousselin
Ysvan Allouis – Tom Savary – Mathéo Demarcy
Evan Duclos – Aurélien Grandmougin – Quentin Labanowicz
Défenseurs :
Paul Vassard (sorti au deuxième tiers) – Kilian Cambon
Thomas Dubourg (A) – Joshua Davenel (A)
Alexi Girardet – Gaspard Janil
Syrian Marie
Gardien :
Ulysse Benbassat (sorti à 59’15″)
Remplaçant : Hugo Bastardie-Conte (G).












































